Gilbert Azibert, né le dans le de Marseille et mort le à Bordeaux, est un magistrat français de l'ordre judiciaire.

Ancien directeur de l'École nationale de la magistrature et procureur général près la cour d'appel de Bordeaux, il est nommé en 2010 premier avocat général près la Cour de cassation. Il prend sa retraite en 2014.

Mis en examen dans l’« affaire Bismuth », qui implique l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, il est condamné en 2021 à trois ans de prison, dont deux avec sursis, pour corruption passive et recel de violation du secret professionnel ; la peine est confirmée en appel en .

Carrière De 1976 à 1996 Gilbert Azibert commence sa carrière en 1976 comme substitut du procureur de la République à Marseille, ville dont il est originaire. Il s'y fait remarquer en s'opposant au juge Michel qui, en tant que juge d'instruction, avait autorisé les policiers à acheter, sur frais de justice, un magnétophone pour enregistrer les conversations des trafiquants de drogue. Gilbert Azibert avait contesté cette dérogation aux règles de la comptabilité publique Gilbert Thiel, On ne réveille pas un juge qui dort..

En , il est nommé substitut du procureur de la République au tribunal judiciaire de Paris.

Il est par la suite nommé conseiller référendaire à la Cour de cassation en , puis conseiller à la cour d'appel de Versailles en .

En 1990, André Braunschweig, ancien président de la chambre criminelle de la Cour de cassation, qui avait connu Gilbert Azibert quelques années auparavant, lui propose de coordonner avec lui la rédaction du Code de procédure pénale des éditions Litec (devenues ultérieurement LexisNexis). En 1996, au décès du président Braunschweig, il devient le principal coordinateur de la rédaction de ce code.

Il est nommé président du tribunal judiciaire de Nîmes en .

De 1996 à 2007 En , Gilbert Azibert est nommé par Jacques Toubon, ministre de la Justice de l’époque, directeur de l'administration pénitentiaire.

En , il est nommé au poste stratégique de président de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris, qu'il occupe jusqu'en 2002 et où il se fait remarquer par l'annulation de nombreux actes judiciaires, ce qui lui vaut le surnom péjoratif d'« Annulator »..

En , il est nommé. par Dominique Perben, Garde des Sceaux, directeur de l'École nationale de la magistrature (ENM), située à Bordeaux.

En , il est nommé procureur général près la cour d'appel de Bordeaux, et est nommé président du conseil d'administration de l'École nationale d'administration pénitentiaireLégifrance - décret du 26.12.2005..

De 2008 à 2014 Le , Gilbert Azibert accède aux fonctions de secrétaire général du ministère de la Justice, poste stratégique du ministèreLégifrance - décret du 04.07.2008..

À compter du , il est premier avocat général près la Cour de cassation, affecté à la deuxième chambre civileLégifrance - décret du 27.08.2010.. En 2011, son rival Jean-Claude Marin lui est préféré pour succéder à Jean-Louis Nadal à la tête du parquet général de la Cour de cassation..

Après avoir décidé de prolonger sa carrière après avoir atteint l'âge de la retraite en 2012, en , il demande à cesser son activité et fait valoir ses droits à la retraite ...

Procès pour corruption

En 2013, dans le cadre d'une enquête sur le possible financement libyen de sa campagne électorale de 2007 (Affaire Sarkozy-Kadhafi), les juges décident de mettre sur écoute un téléphone portable de l'ancien président de la République Nicolas Sarkozy ( - ). Les écoutes judiciaires révèlent la tenue de conversations entre Nicolas Sarkozy et son avocat sur des téléphones mobiles enregistrés sous de faux noms ; Thierry Herzog a ouvert une ligne pour Nicolas Sarkozy au nom de Paul Bismuth, dans l'espoir de déjouer la surveillance de la police.

En , à la suite de ces écoutes judiciaires, Gilbert Azibert, alors magistrat à la Cour de cassation, est suspecté d'avoir renseigné Nicolas Sarkozy des avancées devant la Cour de la procédure Bettencourt. Les conversations enregistrées tendraient à montrer qu'il leur faisait connaître l'état des débats au sein de la Cour de cassation, qui devait statuer sur la saisie des agendas de l'ancien président de la République et dire si ces agendas pouvaient être utilisés dans d'autres dossiers impliquant Nicolas Sarkozy. Il aurait aussi tenté d'influencer trois autres magistrats du siège de la Cour ..

Le bureau de Gilbert Azibert à la Cour de cassation est perquisitionné le ..

Selon Le Monde, il ressortirait des écoutes que a évoqué la possibilité d'un « renvoi d'ascenseur » sous forme d'un appui à la candidature de Gilbert Azibert à un poste judiciaire à Monaco... Le témoignage de Michel Roger, ministre d'État de la principauté de Monaco du au , a été sollicité par les juges.. L'ex-président Sarkozy réfute ces accusations et affirme n'avoir jamais demandé aucune faveur aux autorités monégasques pour Gilbert Azibert.

Le , Gilbert Azibert est hospitalisé au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Bordeaux. Selon certains médias, il aurait tenté de se suicider, ne supportant pas sa mise en cause médiatique., ce que sa famille réfute en précisant qu'il a chuté dans l'escalier de son domicile.

Le , il est placé en garde à vue pour cette affaire, en même temps que et un avocat général à la Cour de cassation, Patrick Sassoust.. A l'issue de cette garde à vue, il est mis en examen, notamment pour trafic d'influence et corruption passive ., par les juges Claire Thépaut et Patricia Simon.

Le rapport de synthèse des enquêteurs, signé par le chef de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales, conclut le que les ..

En , le Parquet national financier requiert le renvoi en correctionnelle de Gilbert Azibert., ce qui est fait le par ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris. Le , La justice valide définitivement le renvoi devant le tribunal correctionnel ..

Le procès s'ouvre le .. Le , le procureur du Parquet national financier (PNF) requiert à l’encontre des trois prévenus quatre ans d’emprisonnement, dont deux avec sursis..

Le , alors que Nicolas Sarkozy et Thierry Herzog sont condamnés pour corruption à trois ans de prison, dont deux avec sursis, Gilbert Azibert est condamné à la même peine pour corruption passive par magistrat. et recel de violation du secret professionnel. ; la peine prononcée pour Gilbert Azibert est confirmée en appel. et devient définitive le après le rejet du pourvoi en cassation..

Décorations

France au titre de « directeur de l'école nationale de la magistrature » (2004).

À la suite de sa condamnation pour corruption passive et recel de violation du secret professionnel dans l'affaire Bismuth, il est exclu de l'ordre national de la Légion d'honneur (dont il avait été fait chevalier en 1996 puis officier en 2004Décret du 31 décembre 2004, JO du janvier 2005, section « Ministère de la Justice »..) et de l'ordre national du Mérite (dont il avait été fait commandeur en 2010.Sur Déni-de-justice (à Azibert).) par arrêté du , avec effet au (date de sa condamnation en appel)...

Par arrêté de la ministre de l'Éducation nationale en date du , Gilbert Azibert est également exclu de plein droit de l'ordre des Palmes académiques..

Étranger sans cadre|50x50px Commandeur de l'ordre d'Isabelle la Catholique (Espagne).

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Affaire Woerth-Bettencourt Liste des secrétaires généraux du ministère de la Justice

Liens externes

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