Léglise Saint-Germain de Barneville est un édifice catholique, du , très remaniée aux , , , placé sous le vocable de Germain d'Auxerre, qui se dresse sur le territoire de l'ancienne commune française de Barneville-sur-Mer, dans le département de la Manche, en région Normandie. L'édifice est classée au titre des monuments historiques.
Localisation L'église est située sur le territoire de Barneville-sur-Mer commune intégrée à Barneville-Carteret, dans le département français de la Manche. Elle est édifiée à côté d'une motte castrale ou enceinte circulaire surmontée d'un calvaire dite « le tertre à Malet », et à l'emplacement d'une petite basse-cour.
Historique On attribue la fondation de l'église, placée sous le vocable de Germain d'Auxerre, à Roger de Barneville, mort en 1096 au cours de la première croisade, mais elle pourrait avoir été construite par son fils, de Barneville, vers 1150. Une charte de cette époque nous apprend que donne des terres en alleux (), ce qui entraîna sans aucun doute une augmentation de la population du bourg et par voie de conséquence le besoin d'agrandissement de l'église. L'église est donnée à l'abbaye de Grestain par Robert de Mortain (1091), demi-frère de Guillaume le Conquérant. Robert donna, en plus des dîmes et du droit de patronage de l'église, quelques pièces de terres qui furent constitués en fief connu jusqu'à la Révolution sous le nom de fief de Grestain. C'est l'abbé de Grestain, qui nomme à la cure, perçoit les deux tiers des dîmes et sur son fief, des rentes en argent, grains, œufs et oiseaux. Le seigneur de Barneville n'est que patron honorifique.
Dès la première moitié du , le point fortifié du bourg est la tour de l'église, car l'ancien château à motte de Roger de Barneville ne devait plus avoir grande valeur stratégique.
Selon Robert Blondel, chroniqueur normand, en , lors de la reconquête de la Normandie par le roi de France, à la fin de la guerre de Cent Ans, une compagnie d'Écossais, enrôlée dans l'armée du roi de France , qui s'y était retranchée afin de surveiller les havres de Carteret et de Portbail, résista aux assiégeant anglais venus de la garnison du château de Saint-Sauveur-le-Vicomte.. Les Anglais ne parvinrent pas à pénétrer à l'intérieur de l'église.
En 1657 ou 1658, François Pitteboult, écuyer, seigneur de Graffard, trésorier de la paroisse, époux de Charlotte Thomas, inhumée dans l'église, donne une rente foncière de pour l'entretien de la chapelle Saint-Sébastien.
Le , la déclaration de la cure faite par le curé Pierre Le Cannellier précise : . Le revenu annuel de la cure est en 1692 de .
Avant la Révolution l'abbé de Grestain était patron de la paroisse, nommaint à la cure et prélevait les deux tiers de la dîme.
Entre 1891 et 1893, l'édifice a fait l'objet de grands travaux, sous l'autorité de l'abbé Victor Louis Hamelin, curé doyen de Barneville.
Description vignette|left|180px|Élévation de la nef L'église, normalement orientée, est-ouest, adopte un plan rectangulaire sans transept, avec une nef à deux élévations : grandes arcades et fenêtres hautes au-dessus, collatéraux et chœur profond de deux travées terminé par un chevet plat.
La nef romane, du quart du ., est composée de cinq travées, quatre de plan barlong, et la cinquième, celle précédant le chœur, de plan carré, qui ont été couvertes en croisée d'ogives en 1891. Avant cette date, la nef devait probablement être couverte par une charpente. et un plafond plat, que soutenaient des colonnes engagées surmontées des supports devant recevoir celle-ci.
Le bas-côté sud a été reconstruit lors de la grande campagne de travaux de 1890. Le bas côté nord a été rétabli à la fin du .
Les grandes arcades à rouleaux qui séparent la nef des collatéraux sont en plein cintre et décorées de bâtons brisés en forme de chevrons et de frettes crénelées. Elles sont supportées par des piliers quadrangulaires cantonnés de deux demi-colonnes dont des chapiteaux, pour l'essentiel du , à décor historié : Daniel dans la fosse aux lions, baptême du Christ, la punition de l'avare en enfer, une scène de crime qui peut être interprété comme le meurtre d'Abel par Caïn, où décorés d'un bestiaire varié, lions affrontés, griffons affrontés chevauchés par des hommes où griffons buvant dans un calice, dragons dévorant un personnage, quadrupède, oiseaux, serpents, et des motifs simples, végétaux, entrelacs, godrons (feuillages qui sortent de la commissure des lèvres d'un masque), galons perlés, cannelages , volutes, masques, avec des tailloirs ornés de palmettes ou d'une frise végétale..
L'arc triomphal, à l'entrée du chœur, constitué d'un arc brisé composé de trois archivoltes est gothique, alors que les chapiteaux, pauvres en décor (godrons peu marqués, feuillages), sont romans. Le porche d'entrée ouest date de 1891, et est un pastiche du porche roman conservé dans le bas-côté nord. Le chœur a été refait au .
La chapelle des seigneurs de Graffard, côté nord, dédiée à saint Sébastien, voutée sur croisée d'ogives, peut être datée de la première moitié du . La chapelle près du chœur, côté sud, a été couverte au d'une voûte sur croisée d'ogives et sa fenêtre a été agrandie au . On peut encore voir la moitié de la porte, bouchée à la suite de la construction en 1726 de la tourelle d'escalier, par laquelle entrait le seigneur sur le mur extérieur près du clocher.
Les vitraux des bas-côtés, signés Barillet, posés en 1937, illustrent la vie de saint Germain d'Auxerre patron de la paroisse. Sont également conservées, dans le pavage du chœur, six pierres tombales avec des inscriptions funéraires, de curés et « bourgeois de Barneville ».
Comme beaucoup d'églises situées sur la côte du Cotentin, l'édifice possède une tour carrée remontant au , rehaussée et fortifiée au pendant la guerre de Cent Ans, appuyée ici sur le côté sud. On retrouve notamment ce type de clocher-tour à Portbail, La Haye du Puits ou Saint-Germain-sur-Ay. La tour est couronnée de faux mâchicoulis sur arc s’appuyant sur des corbeaux réemployant des éléments de sarcophages dont on peut encore distinguer le décor. On y trouve une salle de garde pourvue d'une cheminée et elle est percée de trous de fusil. On y accède par une porte située dans la cinquième travée de la nef. La tourelle d'escalier ne datant que de 1726. Entièrement reprise au , la base de la tour a conservé des parements en opus spicatum., ce qui laisse supposer, tout comme son vocable ancien, à l'existence d'une église pré-romane.
La tour abrite trois cloches dont l'une antérieure à la Révolution, nommée Marie-Bernardine en .
Protection L'église est classée au titre des monuments historiques par arrêté du ..
Mobilier L'église abrite notamment un ancien maître-autel du classé au titre objet aux monuments historiques., des statues de saint Sébastien du , et une Vierge à l'Enfant du ..
Lieux de sépulture Le , fut inhumé dans le chœur, Jean Pitteboult, écuyer, seigneur de Graffard. Sa veuve, dame Jeanne des Fontaines (1666), par contrat passé le , devant Baratte, Ces messes devaient être chantées dans la chapelle Saint-Sébastien qui avait été fondée et érigée dans l'église de Barneville par le « prédécesseur de ladite dame », noble homme Charles Labley (ou Labbé).
Le , toujours dans le chœur, sera inhumée Charlotte Thomas épouse de François Pitteboult, seigneur de Graffard.
François Pitteboult (-), écuyer, seigneur de Sortosville-en-Beaumont, et époux de Charlotte-Françoise du Saussey, mort sans postérité sera à son tour inhumé dans le chœur le . Le , c'est Madeleine de Cussy, mère de Pierre-Georges-François-Robert-Pitteboult, décédée au château d'Écausseville qui fut inhumée à l'entrée du portail de l'église. Le , Madeleine Pitteboult, épouse de Jean-Baptiste-François Rossignol, décédée en novembre au château d'Écausseville, sera inhumée par le curé de Saint-Georges-de-la-Rivière au haut de la nef, en .
Le , fut inhumé, par le curé du Rosel, dans le chœur de l'église, le corps du seigneur de Graffard, Pierre-Georges-François Pitteboult (), époux d'Anne-Catherine de Hennot du Rosel (), en présence d'un grand nombre d'ecclésiastiques..
Notes et références Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie . . . .
Articles connexes Liste des monuments historiques de l'arrondissement de Cherbourg Barneville-Carteret
Liens externes
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Germain Barneville Catégorie:Monument historique classé en 1906 Barneville Barneville