thumb|Logiciel de montage vidéo. Le montage vidéo consiste à sélectionner des séquences d'images pré-enregistrées en vidéo et à les assembler en une suite cohérente ou sous forme d'expression artistique. Le montage vidéo est l'une des étapes de post-production pour la réalisation de documentaires, téléfilms, reportages, clips vidéo, films d'animation, etc. Le support exploité peut être la bande magnétique, le disque dur ou magnéto-optique. Depuis les années 2000 et avec l’avènement de la technologie numérique, ce type de montage est exploité pour le cinéma, dans une version spécifique, notamment en haute définition.
Exploitation Exploité par les professionnels pour le cinématographe depuis ses origines, tant pour les effets spéciaux que pour formuler une ellipse dans un récit, le montage est à la portée du public depuis l'avènement du film amateur. Son essor grand public s'est intensifié avec les progrès de la micro-informatique à partir des années 1990, notamment grâce aux logiciels dédiés et aux caméscopes numérique permettant de créer et monter, films de famille ou fictions personnelles. Les premiers logiciels de montage vidéo commercialisés ont été Adobe Premiere au début des années 1990 puis Final Cut Pro à la fin de la même décennie pour concurrencer le professionnel Avid Technology, dans un premier temps pour le Macintosh puis adaptés à l'univers PC-Windows.
À partir de 1956, l'arrivée des premiers magnétoscopes professionnels par la marque américaine Ampex permet de réaliser les tout premiers montages vidéo. Toutefois à cette époque, le montage s'effectue sur le même principe que la pellicule cinématographique. L'opérateur repère visuellement une rupture dans la piste enregistrée et la découpe en suivant précisément le tracé, afin de conserver autant que possible la continuité du signal vidéo. Il assemble ensuite le deuxième segment de bande magnétique avec un adhésif. Toutefois, à l'écran, les coupures sont grossières et un certain décrochage de la synchronisation verticale apparaît le plus souvent durant une fraction de seconde. Il s'agit alors d'assembler quelques longues séquences plutôt que d'un véritable montage « artistique ».
Le banc de montage thumb|Le cinéaste finlandais Risto Jarva à la table de montage vidéo (annnées 1970). Terme provenant du cinéma, le terme « banc de montage » est récupéré par les professionnels de la vidéo et de la télévision.
On distingue deux types d'équipements : le banc de montage « linéaire » ou « régie multimachines » équipé au minimum d'un magnétoscope lecteur et d'un second, enregistreur ; le banc de montage « non linéaire » ou « virtuel » obligatoirement numérique : montage par un logiciel, sur un ordinateur ou une station dédiée doté de supports de sauvegarde.
Avant la fin des années 1990, une régie composée d'un banc de montage multimachines dispose dans les configurations professionnelles ou broadcast, outre plusieurs magnétoscopes, d'une interface de pilotage ou « éditeur de montage » (Sony RME 400, RME 450, BVE 600, BVE 900, BVE 2000, BVE 9000, BVE 9100…), souvent d'un mélangeur vidéo avec ou sans effets spéciaux, toujours d'une console de mixage audio et parfois d'un processeur multi effet (ADO 100, Sony DME 7000…). Depuis l’avènement de la technologie numérique, la régie multimachines disparaît peu à peu, laissant place aux stations de montage « virtuel » regroupant toutes ces fonctionnalités voire davantage.
Pour les supports numériques grand public tels que le DV ou, le format pionnier abandonné HDV, la station de montage ou l'ordinateur est équipé d'un port firewire ou eSATA, figurant sur la carte mère ou sur une interface auxiliaire, pour numériser ou échantillonner, les prises de vue enregistrées sur cassettes vidéo ou sur carte mémoire. Un ou plusieurs supports de sauvegarde, par exemple des disques durs, permettent de traiter ou stocker provisoirement les fichiers vidéo et audio numériques dont la taille, en matière d'espace-mémoire, est importante.
Pour les formats professionnels, la station de montage devra être équipée de connectique compatible selon le format : Betacam SP : entrées / sorties composantes. Format analogique pratiquement abandonné sauf pour la numérisation d'archives ; Betacam numérique : entrées / sorties SDI. Premier format numérique broadcast mais progressivement abandonné car non Haute Définition ; HDCAM : entrées / sorties HD SDI (10bits) ; HDCAM SR : entrées / sorties double HD SDI pour gérer le flux 4:4:4.
Le montage linéaire thumb|400px|right|Monteur posant devant une régie de montage linéaire.
Le montage « linéaire » est historiquement la seconde forme de montage vidéo basé sur un collage de deux segments de bande magnétique.
L'édition linéaire consiste à exploiter au minimum deux magnétoscopes dont au moins un est lecteur et l'autre enregistreur. Le support vierge cassette dans l'enregistreur permet de copier dans l'ordre chronologique et définitif du plan de montage, de façon linéaire « du début vers la fin », les différents segments vidéo sélectionnés et listés dans la source, avec le lecteur.
Ce type de montage a longtemps été l'unique moyen d'assembler des images, jusqu'à la fin des années 1980 à travers des solutions de plus en plus perfectionnées : Ajout d'une interface de pilotage ou « console de montage » ergonomique avec molette « Jog/Shuttle » pour télécommander lecteurs et enregistreurs. Possibilité d'utiliser plusieurs sources vidéo telles que les bancs dits « 3 machines », permettant effets spéciaux comme les fondus et transitions. Possibilité de mixer sur plusieurs canaux, le son associé à la piste vidéo en fond sonore au son d'ambiance, commentaires, effets spéciaux… Utilisation d'un mélangeur vidéo permettant des trucages vidéo complémentaires tels que l'incrustation sur fond bleu ou par cache, les volets et d'autres transitions ou effets spéciaux.
L'ajout de ces différentes fonctionnalités nécessite des équipements spécialisés et occupe un certain espace, ce qui transforme peu à peu les salles de montage en cockpit d'avion.
Le montage linéaire reste exploité dans certaines salles de reportage et d'actualité, pour ses fonctions, sa rapidité et sa fiabilité. Toutefois, le numérique condamne à terme ce type de configuration, par son ergonomie, sa puissance de créativité, sa grande souplesse, l'économie de temps réalisée et son évolutivité.
Désavantages majeurs du montage linéaire à bande magnétique : perte de temps à cause de l'impossibilité d'accéder directement à un contenu spécifique en raison de l'étape de bobinage ou de rembobinage de la bande magnétique ; impossibilité d'identifier avant de lire la source, les renseignements du média; les métadonnées ne sont pas associées au contenu et une description externe est donc indispensable ; avec un seul magnétoscope enregistrant une source en direct, la relecture est impossible, une fonction pourtant indispensable pour le « replay » ou le ralenti, par exemple ; la relecture d'une séquence ou d'un extrait impose un délai significatif en raison du rembobinage de la bande magnétique.
Pour les montages professionnels de documentaire ou de téléfilm, le montage linéaire s'effectuait en deux étapes : le montage off-line avec un timecode incrusté à l'image permettait de modifier de nombreuses fois la durée de chaque plan et de chaque séquence en recopiant plusieurs fois les parties montées. À chaque copie ou génération, la qualité de l'image se dégradait. Le montage off-line permettait de trouver petit à petit le rythme du film ; le montage on-line ou conformation était une étape purement technique. Grâce au timecode les images originales étaient remontées exactement comme dans le dernier montage off-line mais sans la perte de qualité due aux multiples copies du montage off-line.
Le montage non linéaire ou « virtuel » Le montage vidéo non linéaire ou « virtuel » a été rendu possible grâce au numérique et aux progrès en vitesse, résolution d'écran et capacité mémoire de Techniques informatique.
Les signaux vidéo et audio sont numérisés, transformés en fichiers puis sauvegardés sur un disque dur local, une mémoire ou via un serveur vidéo. Certains éléments logiciels ou codecs exploités par le programme de montage permettent le montage direct et la sauvegarde sur ce même support. Par comparaison, le montage « linéaire » s'apparente à une mise en page par dactylographie ou saisie manuelle et le montage « non linéaire » au traitement de texte informatique. Ainsi, par exemple, l'insertion d'une nouvelle phrase dans un texte déjà tapé par la dactylo nécessite de recommencer ou de restructurer de la mise en page fastidieuse, alors que l'ordinateur et le logiciel permettent de faire un simple « copier / coller ».
Le montage non linéaire permet de déplacer à son gré un plan ou une séquence en cours de montage, à l'instar du montage traditionnel avec film pellicule, par la segmentation en plans. Cette opération est bien moins commode avec le montage linéaire.
Il existe deux techniques pour « monter » en non linéaire.
La première, plus « temporelle » s'apparente à du montage linéaire (Sony Vegas, Logiciels Avid, Final Cut, DaVinci Resolve, Adobe Premiere...). L'opérateur choisit les séquences qu'il souhaite insérer puis on les « numérise » à l'unité ou par lots, avant de les déposer sur la ligne temporelle ou « Timeline ». Toutefois il reste possible d'intégrer des séquences au milieu du montage, dès qu'on le souhaite.
La seconde technique est le « drag and drop », ou « glisser/déposer ». Le clip à insérer est sélectionné puis glissé dans la ligne temporelle. Pour déplacer les clips préalablement déposés sur la ligne, on les sélectionne et on les fait glisser à l'endroit désiré, opération impossible avec la méthode « drag and drop », plus simple cependant pour les débutants.
Le « montage non linéaire » permet la captation, l'édition et la relecture « à la volée » des évènements en direct comme le sport ou certains spectacles, en évitant toute perte de temps notamment en évitant le transcodage ou le délai de latence dû au rembobinage et en permettant la lecture pour diffusion quasi instantanée, dès que le montage est achevé voire partiel.
L'acquisition Aussi appelée « importation », « capture », « numérisation », « échantillonnage », « filing » signifiant transformation en fichier, « input » signifiant entrée ou encore « ingest » signifiant ingestion, cette fonction doit permettre de transférer et éventuellement convertir les données vidéo provenant d'une source vidéo externe, telle qu'un caméscope, un magnétoscope, un signal de télévision transmis par satellite ou un flux vidéo via Internet, vers le disque dur de l'ordinateur ou un serveur vidéo.
Pour les sources et équipements analogiques, l'ordinateur doit être pourvu d'une carte d'acquisition convertissant les signaux en fichiers numériques. Si le signal est d'origine numérique, la connexion est généralement établie via le port IEEE 1394 / FireWire / i-Link ou une entrée vidéo numérique compatible (DVI, HDMI…).
Pour les ordinateurs exploitant Linux, le service video4linux généralement installé par défaut permet l'acquisition d'image ou de vidéos et gère le port IEEE 1394. Selon les configurations, il convient d'adapter le logiciel d'exploitation afin d'exploiter un programme de montage spécialisé, tel que Kino.
Pour les PC exploitant Windows XP, le service WIA permet l'acquisition vidéo sans installation de pilotes supplémentaires mais uniquement à partir de certains caméscopes compatibles Video Camcorders That Are Supported by Drivers That Are Included in Windows XP - Microsoft Support, 13 janvier 2006. Sinon, il convient d'installer le « pilote » logiciel du caméscope pour réaliser l'opération.
Pour les formats et supports professionnels en résolution standard ou SD, une carte d'acquisition en signaux composantes ou SDI est indispensable. Pour les signaux vidéo Haute Définition, une carte HD SDI est nécessaire.