L'église Sainte-Geneviève de Gouvieux est une église catholique paroissiale située à Gouvieux, commune de l'Oise. Derrière sa façade de style classique et ses murs en grande partie repris au , se cache un édifice de style gothique primitif huit fois centenaire. À l'intérieur, les remaniements et réparations successifs ne sont pratiquement visibles qu'au niveau de l'étage des fenêtres hautes et dans les dernières travées des bas-côtés ; ils s'expliquent par l'instabilité du terrain et l'insuffisance des fondations qui ont occasionné des désordres de structure. Les voûtes d'ogives d'origine ont disparu depuis longtemps et ont été remplacées par de fausses voûtes en bois et plâtre en 1861. Les quatre travées orientales ont été édifiées à la fin du et sont influencées par la cathédrale Notre-Dame de Paris et le chœur de Saint-Leu-d'Esserent. Les deux premières travées remontent aux années 1220 et appartiennent au courant architectural initié par les cathédrales de Soissons et de Chartres. Dans son ensemble, l'église Sainte-Geneviève demeure un édifice intéressant qui est tout à fait représentatif de l'architecture religieuse d'Île-de-France à son époque. Elle a été inscrite monument historique par arrêté du . et a fait l'objet de réparations et embellissements récents. Gouvieux est toujours une paroisse indépendante réunissant Coye-la-Forêt et Lamorlaye sous le titre de « paroisse de Thève-et-Nonette - paroisse Sainte-Thérèse de l'Enfant Jésus ». Ainsi des messes sont célébrées en l'église Sainte-Geneviève tous les dimanches, et plusieurs fois en semaine.

Localisation

L'église Sainte-Geneviève se situe en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, près de la vallée de l'Oise, sur la commune de Gouvieux, au nord du centre-ville, rue Corbier-Thiebaut (RD 612). Cette route arrive directement en face du portail sud, celui habituellement utilisé, et contourne l'église et le parvis devant la façade occidentale. Quatre autres voies débouchent sur l'église, dont la rue des Repas arrivant depuis l'est et longeant l'élévation septentrionale. Le chevet donne presque immédiatement sur un terrain privé, mais l'on peut faire le tour de l'église grâce à une étroite venelle. L'église est donc dégagée d'autres édifices, mais du fait de la configuration du tissu bâti, aucun point ne permet de bénéficier d'une vue d'ensemble de l'édifice. L'intérieur est de toute façon nettement plus intéressant que l'extérieur.

Histoire L'histoire de la paroisse thumb|upright|left|Statue de sainte Geneviève, acquise en 1861.

Les origines de la paroisse ne sont pas connues. Sous l'Ancien Régime, Gouvieux relève du diocèse de Beauvais, et non de celui de Senlis, d'une étendue très modeste. Plus particulièrement, la paroisse de Gouvieux dépend du doyenné de Beaumont et de l'archidiaconé de Clermont.. Le collateur de la cure est le chapitre de la cathédrale Notre-Dame de Senlis. La patronne de l'église est sainte Geneviève. Les registres paroissiaux remontent jusqu'au . Cependant, l'histoire de la paroisse n'est connue grâce à des publications qu'à partir du concordat de 1801. Celui-ci apporte l'annexion du diocèse de Beauvais à celui d'Amiens, situation qui dure jusqu'en 1822. Gouvieux est alors la localité la plus peuplée du canton de Creil, ce qui change avec révolution industrielle à partir des années 1820. Le curé d'avant la Révolution, l'abbé Louis-Thomas Lafleur, exerce maintenant son ministère à Nogent-sur-Oise, pour ne revenir à Gouvieux que l'année de sa mort, en 1843. Un nouveau curé est nommé le avec l'abbé Simon-Nicolas Roucoulet, né le . Il doit prêter serment devant le sous-préfet de Senlis. Le conseil de fabrique, rétabli sous le concordat, compte sept membres, dont deux nommés par le préfet sur proposition du maire, trois par l'évêque sur proposition du curé, ainsi que le maire et le curé. Parmi les membres du conseil de fabrique, deux marguilliers, puis trois à partir de 1826, sont élus au suffrage universel par les hommes de la paroisse..

Le , la fabrique décide que toutes les places de l'église soient vendues à vie au prix d'un franc, à l'exception des places du chœur, qui seront louées à l'année. Avec le produit des casuels et des quêtes, cet argent est la seule ressource de la fabrique. Le produit du cimetière ne semble s'y ajouter que quelques années plus tard. Le budget de la commune est également très faible. Ainsi, trente ans après le rétablissement de la liberté du culte, l'église manque toujours d'ornements liturgiques, et le mobilier liturgique n'est pas au complet. Plusieurs acquisitions en 1831 comblent ces lacunes. Les frais de fonctionnement ordinaires de la paroisse sont alors les suivants : pain et vin - ; encens - ; cierges - ; entretien du mobilier - ; blanchissage du linge - ; traitement du bedeau - ; frais de bureau - ; imprévus - ; soit au total. Il n'y a pas de frais de chauffage, car l'église n'est pas chauffée, et le curé est payé par l'État. Les recettes ordinaires ne s'élèvent qu'à , mais à titre exceptionnel, un excédent de 253 reste de l'exercice précédent. En 1832, un nouveau cimetière est mis en service en dehors du centre du bourg, et les enterrements autour de l'église cessent. En 1841, le traitement du bedeau passe de 30 à , et la fabrique participe pour la première fois à la réparation de l'église. L'année suivante, les ossements de l'ancien cimetière sont transférés vers le nouveau cimetière, et une place publique bordée d'arbres est aménagée autour de l'église. À partir de 1843, le traitement d'un chantre apparaît pour la première fois dans le registre de comptes de la fabrique. Il touche par an. La cotisation à une caisse de retraite pour les prêtres âgés devient obligatoire en 1845. En 1847, François Jacquin, notaire de son état et maire de Chantilly, renoue avec la tradition de fondation de messes connue avant la Révolution, et donne à la paroisse pour l'achat d'une rente, qui permettra de verser au desservant pour dire deux messes annuelles pour le repos des âmes des membres de la famille..

Le , l'abbé Hannotte quitte Gouvieux en raison de la liaison intime avec l'institutrice qu'on lui prête. Elle s'était trouvée enceinte et avait brusquement quitté son poste. Le , tout le conseil de fabrique démissionne après le désistement du trésorier. Le maire refuse de proposer deux nouveaux conseillers, et explique au préfet qu'aucun candidat ne voudra siéger dans une assemblée présidée par un prêtre indigne de la mission sacerdotale. Concrètement, le maire accuse le curé de malversations, d'attentat à la pudeur et de diffamation à l'égard de l'instituteur. Fin janvier 1865, l'évêque transfère donc l'abbé Litonnois dans une autre paroisse, en l'occurrence Saint-Vaast-lès-Mello. Après l'acquittement des dettes de la fabrique envers l'ancien curé, les choses entrent dans l'ordre, et en novembre 1866, monsieur et madame Borget rapportent de Rome des reliques de sainte Geneviève et de saint Germain d'Auxerre, ainsi qu'un grand tableau de la Cène peint par Joseph Mano. C'est l'occasion de renouveler une partie des ornements liturgiques, et l'église de Gouvieux est désormais correctement équipée pour toutes les cérémonies. La commune achète un nouveau presbytère en 1869. En 1883, la baronne James de Rothschild (veuve de Nathan-James de Rothschild, 1844-1881), emménage au château des Fontaines, qui vient d'être terminé. Bien que n'étant pas catholique, elle offre chaque année un cadeau à la paroisse : un calice, un calorifère, la prise en charge de la réparation des vitraux, un chasuble, des statues, etc. Lors de sa visite du 11 au , en vue d'administrer le sacrement de la confirmation, l'évêque, Joseph Péronne, est hébergé au château des Fontaines. Le premier mariage entre un mari protestant et une épouse catholique est célébré en 1896, avec la condition que les enfants soient élevés dans la foi catholique. Les mariages dits « mixtes » ont lieu à la sacristie..

En 1906, les tensions montent successivement pendant les mois qui suivent la promulgation de la loi de séparation des Églises et de l'État de 1905, mais la municipalité conserve de bons rapports avec la paroisse. La fabrique est dissoute par office, et ses biens sont mis sous séquestre. Contrairement à de nombreuses autres communes, où les curés sont expulsés, le presbytère est laissé à la disposition du curé, qui doit désormais verser un loyer. Il est pris en charge par la baronne de Rothschild, puis par madame Hersent. Début 1908, l'évêque nomme les membres du premier conseil paroissial, qui sont les membres de l'ancien conseil de fabrique. En 1913, une grande mission encourage une centaine d'habitants de revenir dans le giron de l'Église. Cent trois paroissiens meurent sous la Première Guerre mondiale. Le monument aux morts de l'église est inauguré en octobre 1921. Le patronage des jeunes gens est fondé au mois de novembre. Sous le titre de « patronage Saint-Jacques », il propose notamment des activités sportives, un groupe de théâtre et des conférences, et organise une kermesse annuelle. Un bulletin paroissial commence à paraître en 1926. Jean Hersent fait construire un nouveau presbytère au 2, rue des Repas, qui est mis à la disposition du curé par l'intermédiaire de l'association diocésaine en 1930. Celle-ci doit verser un loyer de par an. Une antenne locale du Secours catholique se constitue en 1953. En cette même année, la location des chaises cesse au bout de cent-cinquante ans, et est remplacée par une deuxième quête les dimanches et jours de fête. En 1960, les rues du quartier du Bois-Saint-Denis situées sur la paroisse de Gouvieux sont rattachées à la paroisse de Chantilly. À partir de la fin de l'année 1961, les messes sont célébrées « face au peuple » grâce à un autel provisoire.. Gouvieux est toujours resté une paroisse indépendante, et constitue aujourd'hui le siège de la « paroisse de Thève-et-Nonette - paroisse Sainte-Thérèse de l'Enfant Jésus », qui comprend en outre les anciennes paroisses de Coye-la-Forêt et Lamorlaye. Des messes dominicales sont célébrées dans l'église Sainte-Geneviève tout au long de l'année, ainsi que trois messes en semaine..

+ Liste des curés de Gouvieux. Début Fin Identitéavant 16521687Gilles du Chauffour (inhumé dans le chœur)16871692Pierre Chanu16931708Claude Cherier (inhumé à Gouvieux)17081744Pierrot17441784Henri Lemoine (né en 1717, inhumé à Gouvieux)17841792Louis Thomas Lafleur (né en 1757, inhumé à Gouvieux en 1843)18031827Simon Nicolas Roucoulet (né en 1759, inhumé à Gouvieux)18281848Jean-Baptiste Laignier (né en 1794, transféré)18481860Louis Hanotte (né en 1810, transféré)18601865Jean-Baptiste Litonnois (né en 1806, transféré à Saint-Vaast-lès-Mello)18651879Ambroise Prosper Pain (né en 1813, inhumé à Gouvieux en 1880)18791905Firmin Decressonnière (né en 1830, retraité) 19051920Louis Lessertisseur (né en 1869, inhumé à Gouvieux)19201959Albert Anglarès (né en 1876, inhumé à Gouvieux en 1962)19591967Adolphe Mazéas (né en 1905, transféré)19671975Paul Bouillon (né en 1905, transféré)19751980Bernard Certeaux (né en 1927, transféré)19801990Léon Gruart (né en 1920, ancien curé de Saintines, inhumé à Gouvieux)19902002Daniel Guette (né en 1929, élu administrateur diocésain en octobre 2002)20022016André Byl2016Marc Depecker

L'histoire de l'église thumb|upright|Vue en venant du centre-ville. thumb|upright|Plaque commémorative pour Antoine Amic.