François Spoerry, né le à Mulhouse et mort le à Port Grimaud, est un architecte français, rendu célèbre par la réalisation de cités lacustres et autres marinas, dont notamment celle de Port-Grimaud dans le Midi de la France.
Biographie
Fils d'Henry Spoerry, industriel, et de Jeanne Schlumberger et frère d'Anne Spoerry médecin française avec laquelle il était entré dans la Résistance sous l'occupation. Issu d'une grande famille d'industriels protestants, originaire de Fischenthal et Männedorf, dans le canton de Zurich, en Suisse, après des études secondaires, il commence sa formation d'architecte à Strasbourg en 1930, puis devient l'assistant de Jacques Couëlle entre 1932 et 1934, avant d'être diplômé de l'école des Beaux-Arts le . Résistant, il est arrêté et interné à Fresnes avec sa sœur Anne. Il est ensuite déporté à Buchenwald par le convoi parti de Paris le (convoi I.169), puis à Dachau.
Après sa libération, l'ancien déporté qui était un homme de convictions religieuses supportait mal de voir des sans-abris et des mal-logés. Il participa en 1954 au projet Emmaüs de construction d'HLM.
Devenu le gendre d'Antonin Besse, il ouvre son premier cabinet d'architecture après la guerre à Mulhouse, où il est associé à un nombre important de projets de reconstruction. Il y construit, en sa qualité d'urbaniste du nouveau centre ville (il sera conseiller municipal pendant vingt-quatre ans), la Tour de l'Europe, la plus grande structure française de l'époque, au sommet de laquelle se trouve un restaurant panoramique tournant. Il y bâtit aussi plusieurs ensembles résidentiels : la Tour Wilson (second plus haut immeuble de la ville après la Tour de l'Europe), la résidence Clemenceau, la résidence Pierrefontaine…
, trouvant son expression dans des cités lacustres dont la marina de Port Grimaud, créée de toutes pièces en lieu et place d'un marécage.
, il a incontestablement posé les bases de la qui renversera aussi le Mouvement moderne en urbanisme trente ans après.
À la fin des années 1980, il a été de l'Association mondiale pour l'investissement immobilier et la construction (AMIIC), siégeant rue du Rhône à Genève International Amiic Tribune, juillet 1988, mars et juillet 1989, et participé à plusieurs colloques internationaux animés par Jean-Pierre Thiollet à Genève, Paris et MarbellaL'AMIIC est dissoute sans liquidation en 1997.).
Il a également construit Porto Cervo en Sardaigne, le village de Bendinat à Palma de Majorque, Puerto Escondido au Mexique, Port-Liberté dans la baie de New-York, Port-Louis en Louisiane, le cœur du village de Saint-Clément-de-Rivière, Port-Cergy dans le Val-d'Oise; il dessine aussi le cœur de ville du Plessis-Robinson qu'il ne verra pas achevé.
Décédé le , son corps repose désormais dans un caveau de l'église Saint-François-d'Assise de Port Grimaud.
Sa sœur, Anne Spoerry, médecin, a soigné les populations des zones reculées d'Afrique, qui l'ont surnommée « Mama daktari », pratiquement jusqu'à sa mort survenue à Nairobi, le .
Principales réalisations
En France cité lacustre de Port-Grimaud, quartier de Grimaud, quartier de Port-Cergy à Cergy-Pontoise, aménagement de la tour réalisée par Auguste Perret à Amiens, nouveau village de Gassin dans le Var (projet primé par une Marianne d'or et le prix européen d'architecture Philippe-Rotthier) tour de l'Europe à Mulhouse, cœur de ville du Plessis-Robinson cœur du village de Saint-Clément-de-Rivière, dans l'Hérault
À l'étranger quartier de Puerto Escondido en Basse-Californie du Sud (Mexique), quartier de Port Liberté, à Jersey City (New Jersey) dans la baie de New York, quartier de Porto Cervo en Sardaigne (Italie), quartier de Port-Louis en Louisiane, village de Bendinat à Palma de Majorque (Baléares), village de Saifi (le quartier des Arts) à Beyrouth (Liban).
Distinction
(décret du )
Hommages En , le conseil municipal de Mulhouse décide de rendre hommage à l'architecte mulhousien et ancien résistant (déporté) qui fut élu municipal pendant 24 ans, en donnant le nom de François-Spoerry à une rue de la ville.
L'une des places de Port Grimaud porte depuis quelques années son nom.
Une place porte son nom dans la Grande-Rue du quartier du cœur de ville du Plessis-Robinson
Références
Bibliographie Raymond Oberlé, « François Spoerry », in Nouveau Dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 35, p. 3707 « Une ville qui réduirait la violence » avec Paul Léauté, in Sécurité et Liberté, La Documentation française, 1980 L'Architecture douce, Éditions Robert Laffont, Paris, 1977, prix Hercule-Catenacci de l'Académie française
Liens externes
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