Nouria Benghabrit (en arabe ), née le à Oujda (Maroc), est une sociologue et chercheuse algérienne. Elle est ministre de l'Éducation nationale du Ministre de l'Éducation nationale sur premier-ministre.gov.dz au . Sa rigueur et sa fermeté dans la mise en œuvre de ses décisions, notamment face aux syndicats, lui ont valu le surnom de « Dame de fer »Les élèves au repos forcé. La « Dame de Fer » défie les puissants syndicats de l'éducation nationale Par Sadek Belhocine, Le Midi Libre du 10 février 2015.

Origines et études Elle est issue d'une famille tlemcénienne d'origine andalouseHamza Ben Driss Ottmani, "Kaddour Benghabrit, un maghrebin hors du commun", Chapitre I, P 13. Quant à son mari, sa famille est d'origine morisque, dont le patronyme Remaoun provient de l'arabisation du nom espagnol Ramón Algérie .. controverse sur les «origines» juives d'une nouvelle ministre, sur Al Arabiya.net.

Elle est la fille de Djilali Benghabrit, décédé en 2007, et la petite-fille du frère de Si Kaddour Benghabrit, fondateur de l’institut musulman de la Grande Mosquée de ParisNouria Benghabrit à El Watan : «L'enseignement de tamazight doit être obligatoire», El Watan du 29/05/2014..

Elle obtient en 1973 une licence en sociologie, puis en 1977, soutient son diplôme d'études approfondies (DEA) en sociologie de l'éducation à l'université d'Oran sur la problématique de l'orientation scolaire et professionnelle. Elle était une étudiante studieuse, en phase avec les données politiques de l’époque qui mettaient la majorité dans le giron des « progressistes » luttant contre l’impérialisme et le capitalisme exploiteur. Elle était alors très active dans le Comité universitaire de volontariat, (CUV) qui mobilisait les étudiants dans la campagne d’explication de la révolution Agraire aux paysans, Bel Abbes Info du 15/05/2014..

En 1982, elle obtient son doctorat, dans le même domaine d'études que son DEA, délivré par l'université Paris V . Elle est habilitée à diriger des recherches et spécialiste des sujets relatifs à l'éducation, la jeunesse, les femmes dans la société et la famille.

Carrière professionnelle Tout en enseignant depuis 1973 à l'Université d'Oran, elle est nommée en 1976, chef du département de Sociologie à la même université حصة "حوار الساعة" لفريدة بلقسام (émission télévisée "Débat de l'heure") du 25 mars 2015, sur Algérie 3. Elle rejoint plus tard, à sa création en 1985, l'Unité de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle (URASC), d'abord en tant que chercheuse et responsable du laboratoire de recherche sur l'éducation et les systèmes de formation qu'elle a monté, puis en tant que directrice de l'URASC de 1989 à 1992, année au cours de laquelle l'unité se transforme en centre de recherche. Elle a ainsi dirigé "Quel développement durable pour l'Algérie? Contribution à un débat", Portail de l'Unesco, P 12"Session de travail 10: La déclaration de Kampala et les perspectives pour l'avenir", site web du Codesria le Centre national de recherche en anthropologie sociale et culturelle (CRASC)La sociologie comme mode de décryptage des changements sociaux dans El Moudjahid du 22 mars 2012CRASC : les résultats des programmes de recherche PNR présentés dans El Watan du 22 décembre 2013, de sa création en 1992 à sa nomination en 2014 à la tête du ministère de l'Éducation nationale. N'ayant pas d'appartenance politique particulière, elle est considérée comme étant une ministre technocrate.

Elle fait partie de la commission dite Benzaghou, chargée en 2001 de proposer un rapport visant à réformer le secteur de l'éducation en Algérie. thumb|upright|Nouria Benghabrit en septembre 2014 à Ghardaia pour le lancement de l'année scolaire 2014-2015 Elle est élue en 2002 et en 2005, pour deux mandats successifs de trois années, membre représentant l'Afrique du Nord au Comité exécutif du Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA).

De 2003 à 2006, elle est la présidente du comité arabe de l'UNESCO pour l'enseignement supérieurBiographie de N. Bengharbrit-Remaoun sur le site de l'Unesco et, à ce titre, membre du Comité mondial du forum de l’Unesco pour l’enseignement supérieur, la recherche et la connaissance.

Elle est, de 2007 à 2010, vice-présidente du conseil d’administration de l'Institut Africain de la Gouvernance (IAG)Nouria Benghebrit «fait le ménage» au ministère de l'éducation, Par Walid Ait Said dans L'expression du 25 mai 2014. thumb|left|Nouria Benghabrit serrant la main du Président du Kenya, Uhuru Kenyatta, à l'occasion de la Conférence panafricaine de haut niveau sur l'éducation (Nairobi, avril 2018) En 2012, à la suite de sa désignation par le secrétaire général des Nations unies, elle rejoint le Comité des politiques de développement pour un mandat de trois ans. Ce Comité devant présenter au Conseil économique et social des Nations unies des analyses et avis indépendantsMembres du Comité pour les Politiques de Développement, elle a dû en démissionner à sa nomination en tant que ministre dans un gouvernement.

En 2015, elle est classée par le site d'information algérien Almanach-Dz comme personnalité Algérienne de l'annéeRétrospective/Les 15 Algériens qui ont marqué l’année 2015 Algérie Focus, du 23 décembre 2015..

En 2017, un arrêté de son ministère interdit le niqab et le voile intégral dans les établissements scolaires algériensSafia Mjid, « Vidéo. L'Algérie interdit le voile intégral et le niqab dans les établissements scolaires », h24info.ma, 21 septembre 2017..

En , elle est nommée membre du Conseil d’administration d’un nouveau fonds de la Banque islamique de développement intitulé «Transform», doté d'un budget de 500 millions de dollars américains. Elle y siège aux côtés de personnalités comme Mehmet Şimşek, vice-Premier ministre de Turquie, Sanusi Lamido Sanusi, émir de Kano et ancien gouverneur de la Banque centrale du Nigeria, Helle Thorning-Schmidt, ancienne Première ministre du Danemark et Richard Curtis, cinéaste Néo-Zélandais . L'objectif de ce fonds est d'encourager la science et les technologies dans les pays en développement, en adéquation avec les Objectifs de développement durablePersonnalités/Bengharbrit dans le Conseil d’administration du fond «Transform» d’aide à la science de la Banque islamique du développement Algérie Focus, du 8 avril 2018..

Polémique autour de l'introduction de la langue darja dans l'enseignement primaire

La polémique trouve son origine dans l'une des recommandations issues de la Conférence nationale sur l’évaluation de la mise en œuvre de la réforme du système éducatif algérien tenue les 25 et . Cette recommandation propose l'usage par les enseignants des langues maternelles. Parmi les arguments avancés par les pédagogues, psycholinguistes, neurolinguistes et orthophonistes, il est important de ne pas choquer les écoliers avec une langue arabe littéraire qui en réalité est une nouvelle langue pour eux. L'argument tient compte de la diglossie existant dans la société algérienne (principalement entre arabe algérien et arabe classique).

La réaction à cette recommandation ne s'est pas fait attendre, en effet une campagne virulente ininterrompue émanant notamment de puristes conservateurs et de députés de la coalition islamiste Alliance Verte qui s'en sont violemment pris à la ministre. Ils ont ainsi réclamé « le départ immédiat » de la ministre à travers certains médias arabophones et les réseaux sociaux. Ils assimilent « sa décision » (qui est dans les faits la proposition d'experts présents à la Conférence nationale évoquée) de remplacer l'arabe classique par la darija « à une tentative de nuire à l’arabe, qui est la langue du Coran, de l’islam et du peuple algérien »Attaquée par les islamo-conservateurs : Benghebrit ne démissionne pas. El Watan, du 28 août 2015.Enseignement en « derja » : les partis islamistes se mobilisent contre Benghebrit. El Watan, du 29 aout 2015.. Cette polémique infondée voulant que l'arabe classique soit remplacé par la derja a perduré, même après le démenti fait par la ministre, dans lesquels elle a aussi rappelé que le secteur de l'éducation et sa personne sont sujets à rumeurs et désinformation perpétuelles depuis sa nomination au poste de ministre. Elle a ainsi déclaré « qu'il ne faut pas tromper la société »<ref>[http://www.huffpostmaghreb.com/2015/08/02/benghabrit-lange-arabe-dialectal-polemique_n_7921166.html 'Nouria Benghabrit tente de mettre fin à la polémique : pas touche à la langue arabe !] Huffpostmaghreb, du 2 août 2015</ref>. Certains journaux sont allés jusqu'à déformer les propos de Benghabrit qui s'interrogeait lors d'une interview du faible niveau en arabe de certains élèves issus d'environnements arabophones et inscrits dès leur jeune âge à l'école coranique. Ces journaux ont publié des titres affirmant que la ministre a traité les élèves ayant eu un passage par l'école coranique de faibles en matière de niveau scolaire, une désinformation aberrante sachant qu'il est aisé de vérifier cela à travers la vidéo de la conférence de presseبن غبريت: تلاميذ المساجد والمدارس القرآنية ضعيفو المستوى El Bilad du 2 août 2015..

thumb|upright|Nouria Benghabrit en 2015 à Idles.

Soutien du Premier ministre Abdelmalek Sellal Le Premier ministre de l'époque, Abdelmalek Sellal, a exprimé publiquement son « soutien indéfectible » à la ministre de l’Éducation nationale et à sa réforme de l’école. Il a ainsi a mis fin à la polémique en ces termes : « La réforme de l’école se fera loin des idéologies et des arrière-pensées politiciennes » en ajoutant «...que telle est la volonté du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, inscrite dans son programme légitimé par le suffrage populaire »Sellal apporte son soutien à Nouria Benghebrit. El Watan, du 22 aout 2015..

D'autres soutiens D'autres soutiens, ayant précédé celui du Premier ministre, ont aussi appuyé la ministre de l'Éducation nationale. Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs, s'est insurgé contre ceux qui « s’autoproclament » gardiens des valeurs identitaires de l’Algérie. Pour Hanoune la guerre des langues en Algérie est un débat tranché par l’Histoire et il ne viendrait à l’esprit de personne de remettre en cause le statut de la langue arabe, encore moins la ministre de l’ÉducationLouisa Hanoune prend la défense de Mme Benghabrit Par Lila Ghali , Algérie1 du 03/08/2015.. Khaoula Taleb Ibrahimi, spécialiste en sciences du langage et nièce de l'ancien ministre de l'Éducation Ahmed Taleb Ibrahimi, a pour sa part estimé que « la langue arabe mérite mieux que les gesticulations de ceux qui ont mené notre école à la ruine ». Des syndicats de l'éducation et des associations de parents d'élèves ont également marqué leur soutienObjet d'un lynchage islamo-conservateur : les courageux combats de Benghebrit Par M. Kebci, Le Soir d'Algérie du 02/08/2015..