Le , littéralement Cercle Bruges royal Association sportive, abrégé en Cercle Brugge KSV, couramment appelé Cercle en néerlandais et Cercle Bruges ou Le Cercle en français, est un club de football belge fondé en 1899 et basé à Bruges. Le club, présidé par Paul Vanhaecke depuis le , évolue depuis 2018 en Jupiler Pro League. Il dispute en 2026-2027 sa saison dans les divisions nationales, la au plus haut niveau.

Le club est fondé par l'association des anciens élèves de l'Institut Saint-François-Xavier de Bruges sous le nom de Cercle sportif brugeois, et s'affilie à la Fédération belge le . Il fusionne peu après avec le Rapid Football Club, puis en 1902 accueille une partie des anciens membres du .

Le Cercle est la première équipe flamande à remporter le Championnat de Belgique de football en 1911, après un club wallon (le RFC Liège, trois fois) et deux clubs bruxellois (le Racing Bruxelles et l'Union, six fois chacun). Il remporte deux autres titres de champion de Belgique, en 1927 et en 1930, ainsi que deux Coupes de Belgique en 1927 et en 1985.

Après la Seconde Guerre mondiale, le Cercle entame une longue traversée du désert, chutant même à deux reprises en Division 3, et sans jamais s'approcher du haut du classement lors des saisons qu'il dispute en première division. Depuis son dernier retour au plus haut niveau en 2003, le club termine régulièrement en milieu de classement, obtenant son meilleur classement, une quatrième place, en 2008. Enfin, le Cercle participe également à trois reprises aux compétitions européennes (en 1985, 1996 et 2010), sans cependant dépasser le stade du premier tour.

Dès sa création, le Cercle entretient une forte rivalité avec l'autre club de la ville de Bruges, le Club Bruges KV, considéré comme l'équipe des bourgeois avec une tendance libérale, en dépit d'une grande diversité sociale et politique parmi les supporters, à l'opposé du Cercle, réputé plus catholique presque unanime.. Dans la Venise du Nord, on doit choisir son camp : on est soit « » ( pour le Club), soit « » ( pour le Cercle). Si la rivalité était autant idéologique que sportive durant près de quarante ans, l'évolution opposée des deux entités depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, notamment la montée en puissance du Club à partir de la fin des années 1960, a réduit l'impact sportif de leurs confrontations. Néanmoins, une défaite contre le rival ancestral est toujours très mal vécue, et à l'inverse, les victoires sont longuement célébrées et commentées. Bien que rivaux, les deux clubs partagent le stade Jan Breydel depuis 1975.

Histoire Fondation du club et débuts en championnat (1899-1902) La fondation du club remonte au et est le résultat de la fusion de deux entités existantes mais non affiliées à l'Union Belge des Sociétés de Sports Athlétiques, qui deviendra plus tard l'URBSFA. Il y a le Vlaamsche Football Club et le Rapid Football Club (dont les dates respectives de création sont inconnues). Ensemble, ils forment le Cercle Sportif Brugeois en tant que section sportive de « l'Association des Anciens Elèves de l'Institut Saint-François-Xavier de Bruges »Foot 100 ASBL. Dictionnaire des clubs affiliés à l'URBSFA depuis 1895: archives de l'URBSFA., qui compte quatre autres disciplines en plus du football : le tennis, le cyclisme, la course à pied et le cricket.

Le , la section football du CS Brugeois s'affilie à l'UBSSA, comme « membre effectif » . Son équipe représentative est versée dans le « Groupe Flandres » de la Division d'Honneur 1899-1900, le championnat national, les divisions inférieures n'existant pas encore. Les premiers derbies face au FC Brugeois ont lieu lors de cette saison. L'association choisit d'évoluer avec un maillot rayé verticalement en noir et vert, sans qu'aucune raison spécifique ne soit avancée.

Ephémère Vlaamsche FC Comme souvent, surtout à cette époque des pionniers, la fusion d' ne plait pas à tout le monde. Des "dissidents" poursuivent l'activité du Vlaamsche FC de Bruges qui rejoint à son tour l'UBSSA, d'abord comme "membre adhérent, le puis comme « membre effectif » le . Mais la durée d'existence de ce « Vlaamsche FC » est très éphémère. C'est sans doute à la suite de désaccords pour lesquels on n'a pas retrouver de traces fiables que les membres se dispersent, principalement en trois groupes. Une fusion est entérinée le avec le...FC Brugeois, alors que certains préfèrent rejoindre le CS Brugeois. D'autres personnes mais aucun joueur, participent à la création du Vlaamsche FC Ostende qui prend ensuite le nom d'Ostende FC, le . Le "Vlaamsche FC de Bruges" est démissionné de l'UBSSA le .

Pendant un an, le CS Brugeois joue sur un terrain appartenant à l'école. Le Cercle déménage ensuite vers un terrain situé près du « » appartenant aux « » à Sint-Andries, dans la banlieue de Bruges. Cet emplacement est choisi notamment pour sa proximité avec la gare de Bruges et la possibilité d'utiliser le café Le Petit Paris, en face du terrain, comme vestiaire.

Rapidement, le Cercle met en place une structure dirigeante pour gérer les activités de l'équipe. Le Baron Julien le Bailly de Tilleghem et le Comte Louis de Briey deviennent « Présidents d'Honneur » en remerciement de leur contribution à la fondation de l'association et la présidence est assurée par Leon De Meester, assisté d'Edgard De Smedt.

Progression et premier titre de champion (1902-1914) Au début du , le championnat est dominé par deux clubs bruxellois, le Racing Club de Bruxelles et l'Union Saint-Gilloise, qui remportent chacun six titres en douze saisons. Le Cercle ne peut rivaliser avec ces deux ténors et termine dans le milieu de classement, que le championnat soit disputé en une poule unique ou divisé en groupes géographiques. L'équipe participe en outre régulièrement à des tournois amicaux en marge du championnat de Belgique. Il remporte son premier trophée, la Coupe Henri Fraeys, en 1902, venant à bout de clubs français dont l'Iris Club lillois, un des prédécesseurs du LOSC Lille Métropole, et l'US Tourcoing. Un an plus tard, il remporte l'officieux Championnat des Flandres, ainsi que la Coupe du Baron De Vinck en 1905.

Après dix années d'existence, le Cercle commence à obtenir de meilleurs résultats en championnat, notamment grâce à l'apport de ses deux attaquants Alphonse Six et Louis Saeys. Sixièmes en 1909, puis troisièmes la saison suivante, à deux points des leaders l'Union et le FC Brugeois, les joueurs remportent leur premier titre de champion de Belgique en 1911. Pour la première fois, un club flamand est sacré champion, après les trois titres du RFC de Liège à la fin du et la domination sans partage des équipes bruxelloises depuis onze saisons. Ce titre est savouré d'autant plus par les supporters du Cercle qu'il est remporté au détriment des rivaux du Club, deuxièmes avec un point de moins, et tenu au match nul lors de la dernière journée du championnat.. De plus, Alphonse Six inscrit 40 buts en 22 matches, et est sacré fort logiquement meilleur buteur du championnat.

Avec ce titre, le nombre de spectateurs lors des matches à domicile de l'équipe augmente, forçant les dirigeants à trouver un endroit permettant de recevoir plus de monde. Leur choix se porte sur un terrain situé au croisement de la et de la , aujourd'hui le . Les dirigeants font construire une tribune le long du terrain, et remportent un nouveau trophée, la Coupe de la Côte face au Sparta Rotterdam, le champion des Pays-Bas. Le CS Brugeois termine les deux saisons suivantes à une honorable cinquième place et atteint la finale de la Coupe de Belgique 1912-1913 où il s'incline face au champion, l'Union Saint-Gilloise. Il finit à nouveau troisième en 1914, devant le Club Brugeois, juste avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale.

Reconstruction après le premier conflit mondial (1919-1926) Lorsque les compétitions reprennent en 1919, le Cercle doit reconstruire une toute nouvelle équipe, pas moins de vingt-deux joueurs ayant perdu la vie pendant la guerre. D'autres sont blessés, disparus, ou trop âgés pour continuer à jouer au football. De l'équipe de base qui avait terminé la dernière saison avant le conflit, il ne reste que Louis Saeys, nommé joueur-entraîneur et autour duquel un nouvel effectif est bâti. Les supporters n'attendent pas de grands résultats de leur nouvelle équipe mais sont rassurés lorsque l'Union Belge décrète qu'il n'y aura pas de rétrogradés au terme de cette saison de reprise. L'équipe parvient néanmoins à se classer à la huitième place, suivie d'une cinquième place la saison suivante. De jeunes joueurs, qui pour certains étaient réservistes avant la guerre, se révèlent au grand jour, comme Célestin Nollet ou Florimond Vanhalme, et deviennent les coqueluches des fans. L'équipe remporte plusieurs compétitions amicales organisées en Belgique ou à l'étranger, notamment la Coupe Emmanuel Decloedt face à Liverpool.

En 1921, les dirigeants du Cercle font ériger un monument en hommage aux joueurs morts au combat. La cérémonie est marquée par la tragédie lorsqu'un petit avion biplan censé survoler le stade avec une banderole s'écrase, coûtant la vie à ses deux passagers. Ce monument existe toujours et se trouve devant le Stade Jan Breydel. Durant la saison 1922-1923, le Cercle fait à nouveau partie des meilleures équipes du championnat et de plus en plus de spectateurs viennent les voir jouer. La tribune s'avère vite trop étroite pour assurer le confort et la sécurité. L'équipe fait alors construire un nouveau stade, situé une centaine de mètres plus loin, et baptisé sobrement « Stade du CS Brugeois », qui deviendra plus tard le Stade Edgard De Smedt. Un an plus tard, le , le Cercle est reconnu « Société Royale » et adapte son appellation officielle en Royal Cercle Sportif Brugeois. En championnat, il termine à la troisième place pour la deuxième saison consécutive, à cinq points du vainqueur, le Beerschot.

En , le Cercle est en tête du championnat lorsqu'il reçoit le matricule 12. Cependant, les blessures de plusieurs cadres de l'équipe lui coûtent le titre, l'équipe terminant finalement cinquième.

L'âge d'or du club (1926-1930) À la suite de la désillusion de la fin de saison ratée, plusieurs joueurs quittent le club. Les dirigeants doivent à nouveau bâtir une équipe, ce qui fait craindre une saison difficile aux supporters. Mais contre toute attente, le Cercle joue les premiers rôles en championnat et, grâce à une victoire épique 5-6 sur le terrain Daring CB lors de l'avant-dernière journée, décroche son deuxième titre de champion de Belgique en 1927. Le de la même année, le club remporte pour la première fois la Coupe de Belgique, réalisant le deuxième doublé Championnat-Coupe de l'Histoire du football belge.

L'ambiance n'est pas totalement à la fête pour autant dans les rangs du Cercle, la saison étant endeuillée par deux décès. Le premier est celui du joueur Albert Van Coile, le , des suites d'une blessure encourue lors d'un match amical contre l'US Tourcoing qui n'a pas été détectée à temps. Deux semaines plus tard, le président René de Peellaert décède à son tour d'une pneumonie, contractée lors des funérailles de Van Coile.

Le Cercle termine dans le haut du tableau les saisons suivantes, finissant troisième en 1928, puis quatrième en 1929. Au cours de cette dernière saison, les supporters se découvrent une nouvelle idole en la personne du jeune gardien Robert Braet. Il débute en équipe première contre le Liersche le , à . Il jouera pendant près de pour le Cercle et devient ensuite membre du Conseil d'Administration, puis président de 1967 à 1970.