Péyiri, parfois orthographié Péhyiri, est un village du département et la commune urbaine de Koudougou, situé dans la province du Boulkiemdé et la région du Centre-Ouest au Burkina Faso.

Géographie

Localisation Péyiri est situé à 9 km du chef-lieu départemental.

Le village de Péyiri est limité : à l’est par la ville de Koudougou (département de Koudougou) au sud par les villages de Sigoghin (département de Koudougou) et de Salbisgo (département de Ramongo). au sud-ouest par le village de Kamedji (département de Koudougou) au nord par le village de Goundi (département de Réo)

Il est accessible à partir de Koudougou par trois pistes automobiles. Cependant, l’état de ces pistes est défectueux en saison hivernale.

Géologie et relief

Relief Le village de Péyiri a un relief assez plat et fait partie du plateau mossi avec une altitude moyenne de . Cependant, on remarque quelques petites élévations dans sa partie ouest et nord-ouest. Ce village, sur le plan géomorphologique, est essentiellement sur le craton d'Afrique de l'Ouest, formation cristallines de l’Antéburrimien et du BurrimienMonographie de Péyiri, édition 2016, document disponible auprès du siège de l'ONG « Le Soleil dans la Main »..

Sols Tout comme sur l’ensemble de la commune de Koudougou, Péyiri présente divers types de sols parmi lesquels : Les lithosols sur cuirasse : rencontrés sur les versants à faible pente et destinés aux activités pastorales. Les sols ferrugineux tropicaux lessivés : souvent constitués de matériaux gravillonnaires représentant une forte proportion, pauvres en matières organique, en azote, en phosphore, en potassium avec une faible capacité d’échange, et destinés à l’agriculture. Les sols hydromorphes : rencontrés tout au long des cours d’eau et bas-fonds. Ils sont plus souvent sablo-limoneux ou argilo-sableux associés à des ferrugineux, et favorables à la production du sorgho, riz, plantes à tubercule, les cultures maraîchères et à l’agroforesterieBureau national des sols du Burkina Faso, octobre 1998..

+Aptitude des sols de la commune de Koudougou. Type de sols Fertilité chimique potentielle Usages Lithosols sur cuirasse Faible Strictement pastorale Sols ferrugineux tropicaux lessivés ou appauvris Faible Agricole (mil, sorgho, arachide) Sols hydromorphes Élevée Agricole ou pastorale

Climat Le village de Péyiri a le même type de climat que la commune de Koudougou. Le climat de cette zone est de type nord-soudanien, chaud et sec caractérisé par une saison pluvieuse de mai à septembre et une saison sèche d’octobre à avril. Les deux saisons sont influencées par le vent, la température et les précipitations.

Pluviométrie vignette|Impact de l'érosion sur les sols de Péyiri. La pluviométrie de la zone a une durée irrégulière et une grande variabilité spatio-temporelle handicapant l’agriculture. L’analyse de la station de Koudougou entre 2002 et 2011 montre une évolution en dents de scie au cours de la période. La moyenne annuelle pour la période considérée est de avec une pluviométrie minimale de en 2002 et une pluviométrie maximale de en 2003. De même, en termes d’intensité, il a été enregistré sur ces dix années 41 jours de pluie en 2004 et 57 jours de pluie en 2010. De façon générale, les précipitations sont insuffisantes et irrégulières. Outre cette importante variation des pluies, leurs intensités produisent des effets sur les sols. Autrement dit, le caractère orageux et violent des précipitations entraine des ruissellements importants qui provoquent l’érosion des sols nus.

+L’évolution de la pluviométrie de Koudougou entre 2002 et 2011. Années2002200320042005200620072008200920102011 Postes H J H J H J H J H J H J H J H J H J H J Koudougou 645,5 42 965,5 55 775,0 41 825,5 51 853,0 44 904,0 52 903,0 52 878,5 52 856,5 57 698,0 41 H = Pluviométrie totale annuelle (en mm) ; J = Nombre annuel de jours de pluieDirection Provinciale de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources Halieutiques du Boulkiemdé, janvier 2012..

Températures Les températures les plus élevées s’observent de mars à mai (mars : 39,2 °C ; avril : 39,7 °C ; mai : 38,3 °C) tandis que les plus basses sont enregistrées entre décembre (16,2 °C) et janvier (16,7 °C). Notons également que la température moyenne annuelle est de 27,5 °C à 28 °C.

Vents Selon le Schéma Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme de la ville de KoudougouSchéma directeur d’aménagement et d’urbanisme, on note principalement deux types de vents soufflant dans cette zone, à savoir l’harmattan et la mousson. Le premier est un vent sec et frais qui souffle de novembre à mars essentiellement de direction sud-est / nord-ouest. La mousson quant à elle est un vent chaud et humide de direction sud-ouest / nord-est qui s’installe à partir d’avril jusqu’en octobre entrainant des précipitations. Cependant, la direction et la vitesse de ces vents varient en fonction des saisons.

Même si ces vents contribuent à réduire le niveau de pollution de l’air, lorsqu’ils sont très puissants, ils provoquent l’érosion des sols. Aussi, à cause de la suspension poussiéreuse qu’ils créent, ces vents sont souvent vecteurs de maladies telles la méningite, la conjonctivite (), et les maladies respiratoires.

Hydrographie vignette|La construction de briques accélère l’érosion hydrique. Sur le plan hydrographique, Péyiri est pauvre et n’est traversé que d’un cours d’eau principal appelé Péyiri Baong s’écoulant d’est en ouest. Il possède une ravine principale localisée dans le quartier Youlou s’écoulant du nord au sud en traversant le chemin de fer et passant à l’est du Centre Noomdo. Cette ravine se jette dans Péyiri Baongo qui collecte ces eaux vers la partie occidentale du village. En période de crue pendant la saison pluvieuse, ce plan d’eau rend certaines zones difficilement accessibles.

Les principaux problèmes rencontrés par l’hydrographie de cette zone sont liés à l’ensablement du lit du cours d’eau, la forte érosion hydrique des abords et son tarissement précoce en saison sèche. Cette forte érosion est aussi accentuée par les activités anthropiques à travers non seulement la confection de briques en banco pour la construction d’habitat et pour la commercialisation pendant la saison sèche mais aussi par le prélèvement du sable du lit du cours d’eau.

Flore et faune

Végétation Le village de Péyiri étant dans le domaine nord-soudanien, on y rencontre une végétation composée essentiellement de savane arborée faisant progressivement place à une savane arbustive avec des arbustes ne dépassant guère 7 m et de quelques arbres qui coiffent le paysage.

Selon le plan de gestion du terroir de Péyiri réalisé par la population en 2005 avec la participation du PNGT2 et l’appui technique de la Société d'étude et de réalisation agricole (SERA), cette dégradation est due aux activités anthropiques (agriculture, élevage, coupe abusive du bois, les feux de brousse). Le long du cours d’eau est bordé d’arbres et d’arbustes. On note également des vergers d’eucalyptus et de manguiers. Cette flore varie en fonction des saisons et se compose de diverses espèces d’arbres et d’arbustes, les espèces les plus répandues étant résumées dans les 2 tableaux ci-dessous.

+Les espèces d'arbres et d'arbustes dans le village de Péyiri Nom vernaculaire (français) Nom scientifique Nom local (mooré) Arbres karité Vitellaria paradoxa taanga néré Parkia biglobosa rouanga margousier Azadirachta indica neem raisinier Lannea microcarpa sabga Arbustes - Piliostigma reticulatum bagandé liane du Sénégal Saba senegalensis wèdga guiera Guiera senegalensis wilenwiiga balanite égyptien Balanites aegyptiaca kieglga

Faune En raison de la végétation, la faune est plus ou moins diversifiée. Elle est essentiellement constituée de petits gibiers, des insectes et une gamme variée d’oiseaux. La chasse est toujours traditionnelle et la pêche seulement pendant la saison pluvieuse avec la présence de poissons et de batraciens. La perturbation des habitats, notamment la pollution des plans d’eau a des conséquences sur cette biodiversité. +Espèces animales rencontrées Nom vernaculaire (français) Nom scientifique Nom locale (mooré) tourterelle - walé francolin Francolinus bicalcalcaratus koadinga rat sauvage - rayouga lièvre du Cap Lepus capensis soamba varan des savanes Varanus exathematicus wiougou silure - saala carpe - pian couleuvre - - vipère Echis carinatus rourouga grenouille - loanga

Histoire

Politique et administration

Population et société

Données démographiques Selon les projections démographiques de l’INSD de 2007 à 2020 par région et province, la population du village de Péyiri se compose comme consigné dans le tableau ci-dessous. +Projection de la population de Péyiri en 2017 selon le sexe et l'âge Entité géographique Population résidente Tranches d'âge Hommes Femmes Total % femmes 0-14 ans 15-64 ans 65 ans et + Village de Péyiri Commune de Koudougou Province du Boulkiemdé Région du Centre-Ouest

Près de 48,30% de la population du village de Péyiri est âgée de moins de 15 ans, ce qui traduit la grande jeunesse de sa population.

Ménages Péyiri, village rattaché à la commune de Koudougou, comptait dans selon le recensement général de la population de 2006. ..

La taille moyenne des ménages est de 7 personnes dans ce village, même chiffre aussi dans la province du Boulkiemdé que dans la région du Centre-ouest. Cependant, ce nombre est au-dessus de la moyenne nationale qui est de 6 personnes par ménage. Cette situation peut s’expliquer par la forte natalité de la zone.

+Taille moyenne des ménages en 2006 Entité géographique Nombre total de ménages Population totale Taille moyenne des ménages Village de Péyiri Commune de Koudougou Province du Boulkiemdé Région du Centre-Ouest Burkina Faso

Habitat Les habitations dans le village de Péyiri sont principalement de trois types en fonction des matériaux utilisés pour la construction (pailles, banco, dur ou semi dur), de la toiture (en chaume ou en tôles).

Le premier type d’habitation est construit en paille ou en brique de terre, ronde avec une porte et un toit en chaume. Il est caractéristique des habitats d’éleveurs avec un très faible niveau de revenu, d’hygiène et d’assainissement. Ce type d’habitation ne possède généralement aucun lieu d’aisance (latrines). Ils sont localisés à l’extrême sud et sud-ouest du village. Le second type d’habitation est construit en banco et ayant un terrassement en terre battue ou en ciment. Ce sont des maisonnettes avec des toits recouverts de terre battue et des portes en bois ou en tôle. Le village n’étant pas loti, les habitats sont dispersés. Ce qui rend le tissu rural discontinu, de forme ronde ou rectangulaire, caractéristique de l’habitat mossi : c’est le type d’habitat traditionnel avec un niveau d’hygiène moyen. Ce type d’habitation possède généralement des latrines en banco. Le dernier type d’habitations est semi-moderne caractérisée par des maisons plus grandes et construites en briques de ciment avec une toiture plus ou moins moderne caractéristique d’un niveau de vie et d’une commodité acceptables. Ce dernier type d’habitat est essentiellement localisé dans les quartiers Youlou et Péyiri Centre.

Pour ces trois types d’habitats, la source d’approvisionnement en eau de boisson reste les forages.

Société Sécurité Il existe dans le village de Péyiri un groupe d’auto-défense dont les membres sont nommés « les Koglweogo » (en mooré : la protection de la brousse). Les Koglweogo sont regroupés en association et sont présents sur presque l’ensemble du territoire national (surtout dans les zones rurales) avec le même mode de fonctionnement et le même objectif. Ce groupe est né à la suite de l’insécurité grandissante notamment avec les cas récurrents de vol, d’escroquerie, de meurtre, etc. Considérant les forces de défense et de sécurité « lentes, corrompues et inefficaces », il a pour objectif de protéger les populations et leurs biens.