En cristallographie, le système cristallin cubique (ou isométrique) est l'une des sept catégories de classement des cristaux dans l'espace tridimensionnel sur la base de leurs symétries morphologiques et de leurs propriétés physiques. Il regroupe les cristaux de symétries 23, m, 432, 3m, et mm, selon la notation d'Hermann-Mauguin, et repose sur le système réticulaire cubique, dont la maille a des paramètres cristallins , avec les angles . Il existe trois modes de réseaux cubiques : primitif, cubique à faces centrées et cubique centré.
Réseau de Bravais Cubiquesimple, ou primitif Cubiqueà faces centrées Cubiquecentré Symbole de Pearson cP cF cI Maille cristalline 100px|Cubique primitif 100px|Cubique à faces centrées 100px|Cubique centré
Classes cristallines
Le tableau ci-dessous fournit les numéros de groupe d'espace des tables internationales de cristallographie. du système cristallin cubique, les noms des classes cristallines, les notations Schoenflies, internationales, et des groupes ponctuels, des exemples, le type et les groupes d'espace. Il y a au total d'espace cubiques.
N° Groupe ponctuel Exemple Type groupes d'espace Classe (Groth)Crystallography and Minerals Arranged by Crystal Form, Webmineral Schön. Intl Orbi. Cox. Simple Faces centrées Centré
Tétartoïdal T 23 332 [3,3] Ullmannite Énantiomorphe P23 F23 I23
P23
I23
Diploïdal T
3*2 [3,4] Pyrite Centrosymétrique Pm, Pn Fm, Fd I
Pa
Ia
Gyroïdal O 432 432 [3,4] Petzite Énantiomorphe P432, P432 F432, F432 I432
P432, P432 I432
Hexakistétraédrique T 3m *332 [3,3] Sphalérite
P3m F3m I3m
P3n F3c I3d
Hexakisoctaédrique O
*432 [3,4] Galène Centrosymétrique Pmm, Pnn, Pmn, Pnm Fmm, Fmc, Fdm, Fdc Imm, Iad
Position des vides dans la maille élémentaire
Une maille cubique simple possède un seul vide cubique en son centre.
Une maille cubique centrée possède six vides octaédriques situés au centre de chaque face de la maille, soit un total net de trois vides octaédriques. De plus, il y a 36 vides tétraédriques situés dans un espacement octaédrique autour de chaque vide octaédrique, soit un total net de dix-huit vides tétraédriques. Ces vides tétraédriques ne sont pas des maxima locaux et ne sont techniquement pas des vides, mais ils apparaissent parfois dans des mailles multi-atomiques.
Une maille cubique à faces centrées possède huit vides tétraédriques situés à proximité des sommets de la maille, légèrement décalés vers le centre, soit un total net de huit vides tétraédriques. De plus, il y a douze vides octaédriques situés au centre des arêtes de la maille ainsi qu'un trou octaédrique exactement au centre, soit un total net de quatre vides octaédriques.
Compacité et exemples d'éléments chimiques
Une des caractéristiques importantes d'une structure cristalline est sa compacité. Elle est calculée en considérant que tous les atomes sont des sphères identiques, ayant un rayon assez grand pour que chaque sphère touche ses voisines. Le facteur de compacité atomique est la proportion de l'espace occupée par ces sphères.
Dans un réseau cubique primitif avec un cube de côté a et un atome par point du réseau, le rayon de la sphère est et le facteur de compacité atomique vaut environ 0,524 (ce qui est assez faible). De même, dans un réseau cubique centré (bcc) le facteur de compacité vaut 0,680, et dans le réseau cubique à faces centrées (fcc) il vaut 0,740. La valeur fcc est la valeur théorique la plus élevée possible de tous les réseaux, bien qu'il existe d'autres réseaux qui atteignent la même valeur, à savoir le réseau hexagonal compact et une version du réseau tétraédrique bcc.
En règle générale, puisque les atomes d'un solide s'attirent mutuellement, les arrangements d'atomes les plus compacts tendent à être les plus communs (toutefois, des arrangements assez lâches existent, par exemple si l'hybridation des orbitales nécessite certains angles de liaison). Logiquement, la structure cubique primitive, ayant une compacité particulièrement faible, est rare dans la nature, mais existe avec le polonium. La découverte originale fut publiée dans J. Chem. Phys. 14, 569 (1946), web link. Voir aussi cet article récent et non technique.. Les structures bcc et fcc, avec leur plus grande densité, sont toutes deux très courantes dans la nature. Le fer, le chrome, le tungstène et le niobium sont des exemples de bcc. L'aluminium, le cuivre, l'or et l'argent sont des exemples de fcc.
Composés multi-éléments
Les composés chimiques simples qui contiennent plus d'un type d'atome (par exemple les composés binaires) ont souvent des structures cristallines reposant sur le système cristallin cubique. Certaines des structures les plus courantes sont présentées ci-dessous.
Structure chlorure de césium
La première structure est la structure "chlorure de césium". Chacun des deux types d'atome forme une sous-structure cubique simple ; l’une occupe le centre de cube de l'autre. Globalement, l'arrangement des atomes est la même que celui du réseau cubique centré, mais avec des types d'atome alternés sur les différents sites du réseauVoir l'image sur The Cesium Chloride Structure, sur ilpi.com.. De manière alternative, on peut voir cette structure comme une structure cubique simple avec un atome secondaire dans son vide cubique.
Les exemples de composés ayant cette structure comprennent le chlorure de césium lui-même, ainsi que certains autres halogénures de métaux alcalins lorsqu'ils sont à basse température ou sous haute pressionSeitz, Modern Theory of Solids (1940), p.49. Plus généralement, cette structure se forme plus facilement avec des éléments dont les ions ont à peu près la même taille (par exemple, le rayon ionique du Cs = 167 pm, et celui du Cl = 181 pm).
Le groupe d'espace de cette structure est noté Pmm dans la notation d'Hermann-Mauguin, correspondant au des tables cristallographiques internationales. La désignation Strukturbericht est "B2"The CsCl (B2) Structure.
La coordinence de chaque atome de la structure est de 8 : le cation central est coordonné à 8 anions situés sur les sommets d'un cube, et de la même façon, l'anion central est coordonné à 8 cations situés sur les sommets d'un cube.
Structure sel (chlorure de sodium)
Une autre structure commune est celle sel ordinaire, ou chlorure de sodium (halite). Dans celle-ci, chacun des deux types d'atome forme une structure cubique à faces centrées séparé, les deux structures étant interpénétrées de façon à former une forme de damier tridimensionnelVoir l'image sur The Sodium Chloride Structure, sur ilpi.com.. De manière alternative, on peut voir cette structure comme une structure à faces centrées avec des atomes secondaires dans ses vides octaédriques.
Les exemples de composés ayant cette structure comprennent le chlorure de sodium lui-même, presque tous les halogénures de métaux alcalins, ainsi que "beaucoup d'oxydes, de sulfures, de séléniures et de tellurures métalliques divalents". Plus généralement, cette structure se forme plus facilement si le cation est un peu plus petit que l'anion (rapport rayon cation/rayon anion compris entre 0,414 et 0,732).
Le groupe d'espace de cette structure est noté Fmm dans la notation d'Hermann-Mauguin, correspondant au des tables cristallographiques internationales. La désignation Strukturbericht est "B1"The NaCl (B1) Structure.
La coordinence de chaque atome de la structure est de 6 : chaque cation est coordonné à 6 anions sur les arêtes d'un octaèdre, et de la même façon, chaque anion est coordonné à 6 cations sur les arêtes d'un octaèdre.
Les distances interatomiques (distance entre le cation et l'anion, ou la moitié de la longueur de la maille élémentaire a) de quelques cristaux de structure sel valent : () pour NaF, pour NaCl et 3,2 Å pour SnTe.
Structure blende
vignette|Maille élémentaire de la blende.
Une autre structure commune est la structure "blende" (ou "blende de zinc"), nommée d'après le minéral blende (sphalérite). Comme la structure "sel", les deux types d'atome forment deux structures cubiques à faces centrées interpénétrées. Cependant, elle diffère de la structure "sel" par la façon dont les deux structures sont positionnées l'une par rapport à l'autre. La structure blende a une coordinence tétraédrique : les quatre plus proches voisins de l'atome d'un type sont des atomes du type opposé, positionnés comme les quatre arêtes d'un tétraèdre régulier. Globalement, la disposition des atomes de la structure "blende" est la même que celle de la structure cubique diamant, mais avec des types d'atome alternés sur les positions des atomes de carbone directement liés dans le diamantVoir l'image sur The Zincblende (ZnS) Structure, sur ilpi.com..
Des exemples de composés ayant cette structure incluent la blende elle-même, le nitrate de plomb(II), de nombreux composés semi-conducteurs (tels que l'arséniure de gallium et le tellurure de cadmium), ainsi qu'une large gamme de composés binaires.
De plus, si on suppose que les deux atomes sont ceux du carbone, la structure blende est équivalente à celle du diamant.
Le groupe d'espace de cette structure est noté F3m dans la notation d'Hermann–Mauguin, correspondant au des tables cristallographiques internationales)Birkbeck College, University of London. La désignation Strukturbericht est "B3"The Zincblende (B3) Structure.
Structure de Weaire–Phelan
vignette|Structure de Weaire-Phelan.
La structure de Weaire-Phelan a une symétrie Pmn (223). Elle possède trois orientations de tétradécaèdres empilés avec des cellules pyritoédriques dans les trous. C'est une structure cristalline rencontrée en chimie où elle est habituellement appelée "structure clathrate de type I". Les hydrates de gaz formés par le méthane, le propane et le dioxyde de carbone à basse température ont une structure dans laquelle les molécules d'eau sont situées aux nœuds de la structure de Weaire–Phelan et sont liées entre elles par une liaison hydrogène, et où les molécules plus grosses de gaz sont piégées dans les cages polyédriques.
Références
Voir aussi
Articles connexes
Structure cristalline Réseau de Bravais#Famille cristalline cubique Système réticulaire cubique Structure diamant Dislocation (matériaux) Réseau réciproque Effet Snoek Atomium : construction qui représente la maille conventionnelle cubique centrée du fer, avec une diagonale verticale passant par le nœud central
Bibliographie
Cornelius S. Hurlbut, Cornelis Klein, Manual of Mineralogy, , Wiley, 1985
Cubique