Le cheval des montagnes du Pays basque (en espagnol , en basque ) est une race de chevaux lourds de montagne rustique, originaire de la communauté autonome du pays basque espagnol. Issue d'un groupe de poneys propres au nord de la péninsule Ibérique, la race a évolué au cours du . Les croisements avec des chevaux de trait, notamment Bretons, visaient à l'adapter à la traction agricole jusqu'aux années 1960. Le cheval des montagnes du Pays basque est désormais une race à vocation bouchère, élevée pour produire de la viande de poulain.

Élevé depuis des siècles en système extensif, il est progressivement reconnu comme un symbole culturel de sa région d'origine après les années 1980. Sa reconnaissance officielle en tant que race remonte à 1999, avec la création du studbook. Le cheval des montagnes du Pays basque forme une race locale rare, mais en expansion grâce au versement de primes d'élevage. L'effectif recensé est de fin 2014. Ce cheval est mis à l'honneur chaque année pendant la Journée du cheval de montagne d'Alava, fêtée à Arluzea.

Dénomination Le nom officiel de la race en castillan, donné par la communauté autonome du Pays basque à l'occasion de la reconnaissance officielle de la race en 1999, est , soit « cheval des montagnes du Pays basque » en français... Le nom local en langue basque est ., de même signification. Les chevaux des montagnes du Pays basque étant particulièrement nombreux dans les montagnes d'Alava, ils portent parfois le nom de Arabako mendiko zaldia (soit « cheval des montagnes d'Alava »)..

Histoire vignette|gauche|Cheval des montagnes perdant son poil d'hiver.|alt=Un petit cheval brun perdant son poil. L'origine exacte de la race n'est pas connue.. Les ancêtres du cheval des montagnes sont certainement typiques des petits chevaux d'Europe occidentale adaptés à leur biotope, avec une pression de sélection naturelle très forte.. La population équine originelle d'Alava partage vraisemblablement une origine commune avec le Pottok, le poney des Asturies et celui de la Navarre : de petits animaux de montagne hauts d' à , pesant à , de robe noire ou alezane, avec une grosse tête, de petites oreilles, des crins abondants et un profil rectiligne ou légèrement concave, le dos droit, les membres fins aux fanons fournis.

L'élevage se perpétue par le recours au pastoralisme sur des zones de pâturage communes., les chevaux faisant partie des productions agricoles basées sur l'économie de subsistance.. Dès le , la race commence à décliner avec la vente des terrains communaux, les progrès de l'agriculture et la déforestation. Les provinces de Bizkaia et Guipuscoa sont les plus touchées, la population de chevaux diminuant d'environ deux tiers. L'Alava est relativement épargnée. Les progrès agricoles entraînent une demande en chevaux plus adaptés au travail. Dans ce but, jusque dans les années 1860, le gouvernement d'Alava met à disposition des éleveurs locaux un petit groupe d'étalons reproducteurs andalous importés de Tolède, d'Aranjuez et de l'Andalousie, et les répartit dans six ou sept stations de monte. L'influence de ces étalons est relativement mineure. Elle est très critiquée à l'époque, car les propositions de croisement ne tiennent pas compte des particularités des chevaux de montagne d'Alava. L'utilisation d'étalons de Alto Aragon Ampurdán (haut-Aragon) est préconisée. Ces animaux sont assez petits, mais très sobres.

Au vignette|Cheval de trait en semi-liberté dans le Pays basque, probablement une race employée en croisement sur le cheptel local (Ardennais, trait belge...), ou alors un Burguete.|alt=Gros cheval de trait vu de profil. À la charnière des , la demande s'accroît pour des chevaux plus aptes à la traction agricole. Des étalons de trait sont introduits dans ce but, et croisés avec la souche locale.. Des étalons Bretons et surtout, de la Navarre et de l'Aragon (eux-mêmes influencés par les races bretonne et percheronne) se mêlent progressivement aux petits chevaux des montagnes du Pays basque, sans que les croisements ne soient réellement importants avant les années 1940 et 1950. La gestion de l'alimentation de ces chevaux évolue en qualité. Avec les années 1950, l'arrivée de l'économie capitaliste modifie le mode de vie des Basques et provoque une crise dans l'élevage équin. La motorisation agricole fait péricliter le cheval des montagnes, au point que la race est menacée d'extinction dans les années 1980.. Cette époque coïncide avec un processus de revitalisation du tissu économique, social et culturel du Pays basque. L'économie capitaliste montre ses limites dans la région, un discours post-moderne se développe..

De 1984 à 1999, ce processus aboutit à une « re-traditionalisation » du cheval des montagnes.. Un groupe d'éleveurs qui maintient le pastoralisme dans les montagnes d'Alava, et garde des chevaux comme patrimoine, sollicite l'aide du conseil provincial en 1984 pour obtenir un soutien... Ils font le choix d'une relance de la race à travers la production de viande. Conscients de la difficulté à introduire un tel produit sur le marché conventionnel, ils obtiennent un soutien de l'association gastronomique internationale , qui les aide à élaborer une stratégie de production locale et de commercialisation directe en circuit court. D'après la thèse d'Ixone Fernández de Labastida Medina (2011), la sauvegarde de cette race aurait été impossible sans le contexte économique bien particulier créé par le sentiment post-moderne..

Le (Conseil Provincial d'Alava) encourage l'emploi d'étalons massifs en croisement à partir de 1985. L'année suivante, l′ (Asgaequino, Association des éleveurs équins) est créée pour promouvoir cet élevage de chevaux lourds. Trois étalons Comtois sont importés de Bretagne pour le croisement. De nouveaux croisements interviennent entre 1984 et 1990 pour adapter la race au marché hippophagique, avec des importations d'étalons depuis les régions voisines du nord de Burgos et de la Navarre, et surtout des chevaux Ardennais, Bretons, Comtois et Belges... Jusqu'à nos jours, les races qui influencent le plus les chevaux d'Alava sont les mêmes que celles qui influencent la race voisine dite Burguete : les étalons Hispano-Bretóns, Postiers Bretons, Jaca Navarra et Belges. Les éleveurs se rendent en Bretagne, en Normandie et en Belgique pour acquérir ces étalons de trait à utiliser en croisement.. Ces chevaux de trait européens « à viande » sont stratégiquement placés dans deux régions de montagne : Izki (localités d'Arluzea et de Markinez) et Bitigarra.. Ainsi, entre 1984 et 1990, la population de chevaux lourds connaît une très nette expansion, passant de à .

En 1993, plusieurs habitants du village d'Arluzea créent une fête communautaire autour des chevaux. Cependant, entre 1990 et 1997, le nombre d'exploitations agricoles diminue et celui des chevaux connaît lui aussi une légère baisse. En 1997, une étude des caractéristiques morphologiques rend possible l'établissement d'un profil commun des caractéristiques et des qualités de la race, à partir des chevaux répertoriés par l'Asgaequino.. Le standard de la race est officiellement approuvé le avec la création du stud-book, et publié au , le bulletin officiel du Pays basque., le .. Le , le reconnaît le cheval des montagnes du Pays basque comme race autochtone en danger d'extinction..

Au vignette|Groupe de chevaux des montagnes bais, dont la morphologie est adaptée à la production de viande.|alt=Deux chevaux courts sur jambe vue de face. Le cheval des montagnes du Pays basque représente désormais un symbole vivant de la culture locale, en particulier des montagnes d'Alava.. Le marché hippophagique a permis de relancer la race, mais aussi de créer une activité économique participant au dynamisme du territoire montagnard. Après une très nette expansion à la fin du siècle précédent, les effectifs de chevaux des montagnes s’accroissent plus lentement au début du , l'effectif total recensé dans les montagnes d'Alava étant passé de chevaux en l'an 2000 à en 2006.. Le mode d'élevage a légèrement évolué : dans les années 1980, les éleveurs ne possédaient généralement pas d'étalon et recouraient aux animaux mis à disposition par les organismes publics basques dans des stations de monte. L'élevage ayant été libéralisé, la majorité des éleveurs possède désormais un étalon destiné à être relâché dans les montagnes au printemps pour saillir le troupeau de juments..

En 2003, un centre d'essais et de tests est créé à Markinez sur une suggestion de l'Asgaequino, et avec le soutien financier du Ministère de l'Agriculture du Conseil Provincial d'Àlava. Il est destiné au contrôle des animaux de la race, suivant les lignes directrices publiées en 1999.. La création de ce centre a diminué la dépendance du Pays basque aux importations d'étalons d'autres races, et offre aux éleveurs une possibilité de mesurer la croissance des poulains.. En 2006, un label de viande local, Zalmendi, est créé pour la viande de poulain, en s'appuyant sur la stratégie de la promotion du produit local.. Le cheval des montagnes représente désormais un symbole vivant de la culture basque, en particulier des montagnes d'Alava. Le gouvernement local participe à la promotion de la viande de poulain.

En 2012, une aide de a été débloquée par le département d'agriculture du Pays basque, dont en faveur du maintien des races animales de rente autochtones, une mesure dont le cheval des montagnes a bénéficié...

Description

Morphologie

La population de chevaux des montagnes du Pays basque présente une certaine variabilité morphologique, bien que cette dernière soit, dans l'ensemble, parfaitement adaptée à son biotope.. Les premières mesures zoométriques sont effectuées sur , 105 poulains et 10 étalons en 1999. Elles sont très révélatrice de l'orientation bouchère de la race.. Les croisements ont augmenté la taille et le poids. Ils se présentent dans l'ensemble comme des chevaux eumétriques et brévilignes.. Le poids moyen à l'âge adulte est d'environ , pour une taille moyenne de , la fourchette allant de à . Les mâles ont une fourchette de taille plus importante, allant jusqu'à . Dans tous les cas, la tête est longue d'environ et large de , le tour de canon étant de . Les juments présentent un périmètre thoracique allant de à , celui des mâles allant de à <ref>, Reglamentación específica de la raza de Caballo de Monte del País Vasco del 21 de julio de 1999"", cité par .</ref>. Il y a des différences notables en fonction de la région d'élevage. Les chevaux d'Izki et de Bitigarra ont une tête et une encolure plus musclées mais plus petites, et présentent moins de fanons.

Tête vignette|gauche|Détail de la tête.|alt=Tête d'un cheval portant une cloche au cou. La tête est de taille moyenne, bien proportionnée, avec un front large.. Elle présente un profil rectiligne ou légèrement concave, avec de petites oreilles dressées et très mobiles. Le masséter est bien musclé et recouvert de poils, donnant des maxillaires souvent très poilus en hiver. Les naseaux sont larges, les lèvres épaisses et de couleur foncée. Le toupet est abondant, il tend à tomber sur les yeux, tout particulièrement chez les mâles. Les yeux sont vifs et expressifs. Les longs poils présents sur les maxillaires et les lèvres épaisses permettent aux chevaux de manger des branches et des buissons épineux sans se blesser..

Corps et membres