La Pêcheuse d'âmes est un roman gothique allemand de Leopold von Sacher Masoch paru en 1886 sous le titre Die Seelenfängerin. Il est traduit en français par Louis-Casimir Colomb et publié chez Hachette en 1889, puis réédité en 1991 avec une préface de Jean-Paul Corsetti aux Éditions Champ Vallon.

Pour Jean-Paul Corsetti : .

Résumé Pour l'héroïne du livre La pêcheuse d’âmes, le seul but de la vie c'est la grande Mort. Elle refuse l'amour qui est pour elle une vie contenue dans un dé à coudre. Elle développe toute une religion de la mort qui donne à aimer la mort sur la Scène du théâtre érotique. Et donc à distance.

L'histoire de Dragomira, c'est de ne vivre d'aspirer à vivre que dans un univers de jouissance extrême, d'éprouver de manière la plus intense la vie, en ayant la sensation finalement de faire vibrer son esprit et son sexe dans un lieu qui serait celui du carrefour mort/vie. Dragomira :

Dragomira exécute ses amants pour les offrir à son Dieu la Mort. Masoch veut qu'elle ait un corps de marbre, on retrouve la notion fétichiste de la femme attachée. La secte, c'est une doctrine homicide à la fin, lorsqu'ils seront cernés par la police, Dragomira, plutôt que de fuir, elle ira au devant de la mort.

Analyse Pour Gilles Deleuze, ce roman est avec La Mère de Dieu un des plus grands romans de Sacher-Masoch. Dragomira est pour Masoch la déesse de l'amour, de l'éros noir. Contrairement à La Vénus à la fourrure que Sacher-Masoch tentera de mettre en scène dans sa vie. Dans plusieurs autres romans comme La Mère de Dieu ou La Pêcheuse d'âmes, Masoch dépeint les personnages tels que des héros sadiens, des femmes sadiques et tueuses déchaînées. Elles sont, donc, impossibles à incarner sans la vie réelle. Pour Jean-Paul Corsetti, ils se rapprochent aussi des héros de pacotille qui hantent les châteaux de la subversionAnnie Le Brun, Les châteaux de la subversion, Paris, Gallimard, coll Folio essais, 1986 ., chers à la gothic story: . Quant à Pascal Quignard, pour lui : ..

Selon Roland Jaccard, .

Philosophie de Dragomira

Pour Dragomira, l'ordre de la nature, est profondément cruel, il n'y a aucune forme d'éthique. Que tout ce qui Est, est voué à la destruction. Que le plus faible est systématiquement assailli ou meurtri par le plus fort et que donc cela en revient à dire que la nature n'est pas du tout le règne de l'harmonie, de la joie, de la sérénité, et que par conséquent la nature n'est pas du tout l’œuvre créée d'un Dieu de bonté.

Pour Dragomira l'état de nature n'est pas du tout civilisé, l'état nature est un état de guerre permanent de chacun contre tous. Et qu'à partir du moment ou l'on soutient de telles affirmations l'idée d'un Dieu du bien devient contradictoire et absurde. Si l'on soutient l'existence d'un créateur, cela ne peut être qu'un Dieu de la destruction qui crée une œuvre pour la détruire incessamment et que par conséquent : Dieu est la mort.

Critiques et préfaces La Pêcheuse d'âmes est tour à tour qualifiée de « roman noir » par Gilles Deleuze.

Et « de mixte de série noire et de fantastique, de petit roman et de théologie » par Pascal Quignard.

Pour Jean-Paul Corsetti, il s'agirait ainsi d'une véritable gothic story dans la plus parfaite tradition du genre, et d'un récit d'intrigue aux limites de la fiction policière, mêlant habilement le roman d'aventures initiatiques et la fantaisie romantique.

Vampire par passion du malheur, pour Jean Paul Corsetti on peut d'ailleurs rapprocher l'étymologie de Drakula, au sens diable : de drac : démon, de draci : être possédé, de celle Dragomira.

Pour Pascal Quignard :

Bibliographie , préface de Jean-Paul Corsetti

Notes et références

Liens externes

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