L'Union fédérale des étudiants (UFE) est une organisation étudiante qui de 1926 à 1938 rassemble des étudiants membres ou proches du Parti communiste français et de la Confédération générale du travail unitaire.
Historique Le , des étudiants proches du Parti communiste créent l'Union fédérale des étudiants. lors du congrès de l’Union Générale des Elèves Techniciens de l’Industrie, du Commerce et de l’agriculture (UGETICA). Cette dernière était la branche étudiante de l'Union syndicale des techniciens de l’industrie, du commerce et de l’agriculture (USTICA) alors proche de la Confédération générale du travail unitaireLe congrès de l'UFE s'est déroulé en présence de membres de la CGTU..
Cette organisation, dont l'existence dure jusque vers 1937-1938, considérée par ceux qui en firent partie comme « communiste », comprend cependant de nombreux non-communistesPar non-communiste, on entend ici, qu'ils n'ont pas la carte du PCF ou du Mouvement de la Jeunesse communiste. Rien ne permet d'établir une quelconque proportion des uns et des autres.. Il en résulte une ambiguïté sur sa nature : association politique ou « organisation de masse » de type syndicat étudiant. Des discussions en découlent quant à son adhésion ou non à la CGTU. Cette ambiguïté se manifeste ainsi à l'École normale de la Seine, où l'UFE est accusée de concurrencer l'Amicale des élèves et d'insuffler un . Pour améliorer son implantation parmi les élèves instituteurs, l'UFE a créé une Union générale des étudiants pour l'enseignement (UGE) qui apparait en 1927 sur des tracts distribués à l'École normale de la Seine. En 1928, l'UGE prétend avoir une trentaine de sections dans les Écoles normales et édite un journal, Le Jeune travailleur de l'enseignement..
Si l'Union fédérale des étudiants est très minoritaire, elle n'est plus, à partir de 1934 un groupuscule, et de nombreux jeunes intellectuels y acquièrent une expérience politique. Elle participe ainsi à l'éphémère « Front populaire de la jeunesse » où elle est représentée dès la réunion de fondation en par André Hoschiller. Elle participe aussi aux cortèges du meeting du ..
Lors de l'Affaire Jèze, l'UFE n’appelle pas à manifester, car selon Hoschiller : .. L'UFE participe à un Front universitaire antifasciste, dirigé par Henri Noguères qui a la particularité d'être membre de l'UFE et des Étudiants socialistes.
À la rentrée 1935, elle s’engage aussi contre l'augmentation des frais d'inscriptions décidées par le gouvernement Laval, en partenariat avec les étudiants catholiques de la Fédération française des étudiants catholiques (FFEC). Cette campagne se mène d'ailleurs sans l'Union nationale des étudiants de France (UNEF), car, selon son secrétaire général, Alain Baron : Alain Baron, Lettre du 19 décembre 1935, citée dans ..
Lors des élections aux conseils des facultés de Paris le , l'Union corporative, membre de l'UFE, arrive devant l'Association corporative, membre de l'UNEF, en partie grâce au soutien des étudiants catholiques de la FFEC. Cette campagne débouche même sur la création d'un Groupement corporatif interfédéral des étudiants (CGIE) présidé par Roger Millot et rassemblant avec la FFEC, l'UFE et l'union corporative des étudiants, l'amicale des étudiants en Pharmacie, l'association catholique des étudiants en Pharmacie, l'association des étudiants en Médecine, la conférence Laënnec et la corporation de Droit. Le GCIE est reçu par le ministre de l'Instruction publique, Henri Guernut le . Pour calmer la contestation étudiante, le gouvernement Sarraut décide finalement de revenir sur la réforme des droits d'inscription et crée une commission à laquelle participent l'UNEF et la FFEC.
Selon une note de la Préfecture de Police du , l'UFE compte 500 adhérents. Elle crée un office de placement qui obtient le patronage du recteur, un office de remplacement pour les officines pharmaceutiques et un service d’échanges de livres. En , son journal, L'Étudiant d'avant-garde devient Étudiants.
L'UFE est également présente dans certaines facultés de province. Ainsi à Strasbourg, Maurice Kriegel-Valrimont en est un adhérent depuis Voir le témoignage de celui qui ne s'appelle encore que Maurice Kriegel, Mémoires rebelles, éditions Odile Jacob, Paris, 1999, . La définition de l'Union fédérale des étudiants qu'il donne est celle-ci : . Les deux responsables nationaux de l'UFE dont il se souvient sont vers 1936 Pierre Hervé et le docteur Albert (probablement Aimé Albert).. Ses effectifs sont renforcés par l'adhésion des Étudiants socialistes en 1935?. Les secrétaires de l'Union fédérale des étudiantsD'après les notices biographiques du Maitron. en : 1933 : Henri Chrétien, étudiant en médecineLe docteur Henri Chrétien, né en 1912, membre de l'UFE de 1929 à 1936, participe au service médical des Brigades internationales puis à la Résistance (tome 22 du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français). 1934-1936 : Aimé Albert, étudiant en médecineJ. Varin, Les étudiants communistes... .etc, matériaux pour l'histoire du temps présents, op.cit. Aimé Albert, né en 1909, mort à Paris en 1982 était membre du Parti communiste depuis 1928. En 1935 il est délégué à Moscou au de l'Internationale des jeunesses communistes. Établi médecin à Ivry-sur-Seine, il participe à la Résistance, où il fut médecin des FTP. Cf. la biographie d'Aimé Albert dans Claude Pennetier(sous la direction de) : Figures militantes en Val-de-Marne, 1870-1970, Paris, Les éditions de l'Atelier, 2009''.. 1934-1938 : Francis Cohen, étudiant en sciences naturellesNotice de Francis Cohen, dans le Maitron, tome 23, signée par Jean Maitron. Jacques Varin, ibid.. nomme un autre responsable de l'UFE entre 1936 et 1939, Gaston Casanova..
Personnalités membres de l'UFE Entre 1927 et 1930, Laurent Casanova, étudiant en droit en est un des dirigeantsnotice "Laurent Casanova", établie par Jean Maitron et Claude Pennetier, dans le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, tome 21.. Le groupe de l'UFE de la faculté de médecine est dirigé par une étudiante corse, Danielle Casanova (à l'époque, elle se nomme Vincentella Perini). Leurs destins se croisent là. Selon une des biographes de Danielle Casanova, , en 1927Simone Téry, Du soleil plein le cœur. La merveilleuse histoire de Danielle Casanova, Les éditeurs français réunis, 1949, .. Parmi les militants de l'UFE, les biographies du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français livrent les noms suivants :
Notes
Voir aussi Articles connexes Union des étudiants communistes Confédération générale du travail unitaire
Bibliographie
Catégorie:Association politique étudiante disparue en France Catégorie:Parti communiste français Catégorie:Ancienne organisation communiste en France