vignette|Fujiwara no Hirotsugu, dessin de Kikuchi Yōsai

La est une rébellion avortée de l'époque de Nara du Japon menée par en 740. Hirotsugu, mécontent des autorités politiques, soulève une armée contre le gouvernement Dazaifu de l'île de Kyūshū mais est vaincu par les forces gouvernementales.

Source historique La rébellion Fujiwara no Hirotsugu est peu documentée et l'essentiel de ce qui est connu à ce sujet, y compris les dates exactes, provient d'une seule source historique, le Shoku Nihongi. Achevée en 797, il s'agit d'une des Six Histoires nationales commandées par l'empereur qui couvre la période allant de 697 à 791. Il s'agit d'un document précieux pour les historiens, mais toutes les dates qui y figurent ne doivent pas être considérées comme exactes.

Contexte Le clan Fujiwara influence la politique japonaise depuis que son fondateur, Nakatomi no Kamatari, a participé à un coup d'État en 645, à l'issue duquel le clan Soga est renversé et qu'est lancé peu après un programme de réformes (réforme de Taika) dont le but est de renforcer l'autorité impériale. Dans les années 730, l'organe consultatif impérial connu sous le nom de « Conseil d'État » ( Daijō-kan) est contrôlé par quatre fils de Fujiwara no Fuhito appelés les « Quatre Fujiwara » : Fujiwara no Muchimaro, ministre de la droite depuis 729; Fujiwara no Fusasaki, consultant depuis 729; Fujiwara no Umakai et Fujiwara no Maro qui ont rejoint le conseil en 731. Ensemble, ils occupent quatre des dix positions de cet important conseil placé directement sous l'autorité de l'empereur et responsable de toutes sortes d'affaires séculièresUn deuxième conseil, appelé « Conseil des divinités » (Jingi-kan) dispose d'un statut à peu près égal et est chargé de la surveillance du clergé et des rituels shinto. Par ailleurs, les Fujiwara sont liés à l'empereur car tant la mère de l'empereur Shōmu que son impératrice consort Kōmyō, sont filles de Fujiwara no Fuhito.

En 735 une dévastatrice épidémie de variole, qui tue finalement environ un tiers de la population japonaise, éclate sur l'île de Kyūshū et se propage ensuite au nord-est. Alors que la plupart des victimes sont les habitants de l'ouest et du centre du Japon, en 737, l'épidémie atteint la capitale à Heijō-kyō (Nara), causant la mort et la terreur parmi l'aristocratie. L'empereur Shōmu est épargné mais au de 737, dix fonctionnaires de quatrième rang ou plus sont morts, dont les « Quatre Fujiwara ». La mort de leurs meilleurs représentants et chefs des quatre branches Fujiwara affaiblit considérablement l'influence du clan Fujiwara.

vignette|upright|gauche|Kibi no Makibi Les nominations suivantes entraînent un déplacement du pouvoir vers les nobles étroitement liés à l'empereur et à l'écart des clans non-impériaux tels que les Fujiwara. En 737, le prince Suzuka, frère du prince NagayaLes « Quatre Fujiwara » ont participé auparavant à la manœuvre qui a poussé le prince Nagaya au suicide. est nommé chancelier (daijō daijin), plus haute position du « Conseil d'État ». Au début de l'année suivanteère Tenpyō 10, (janvier/février, 738) : Tachibana no Moroe devient ministre de la droite Tachibana no Moroe, demi-frère de l'impératrice Kōmyō, accède à la position de ministre de la droite, occupé par Muchimaro avant sa mort. Le seul Fujiwara dans le conseil à l'époque est le fils de Muchimaro, Fujiwara no Toyonari qui possède un rang relativement faible. En outre, tous les clans qui se sont opposés aux « Quatre Fujiwara » comme les Ōtomo, les Saeki ou les Inukai sont des partisans de Moroe. Contrairement à ce qui se passait du temps des « Quatre Fujiwara », l'empereur n'est plus contesté par une seule faction forte puisque les membres de ce nouveau Conseil proviennent de clans différents.

vignette|Statue de Genbō Kibi no Makibi et Genbō sont promus à des postes importants, malgré l'absence d'antécédents familiaux prestigieux. Tous deux ont passé 17 ans auprès de la dynastie Tang de Chine et rentrent au Japon en 735. Makibi, qui a rapporté plusieurs textes confucéens importants, conseille l'empereur sur les derniers développements du continent au sujet des codes juridiques, de la guerre et de la musique. Il est promu à un grade supérieur et devient professeur impérial (daigaku no suke) à la cour. En 736, (mars/avril), le moine Genbō, qui est revenu avec plus de rouleaux bouddhistes et des commentaires, se voit donner une grande parcelle de terrain, huit serviteurs et un kesa ocre par la cour. Lorsque la peste atteint la cour en 737, il lui est demandé d'effectuer des rituels de guérison pour la famille impériale, et ses activités sont considérées comme réellement de nature à guérir Fujiwara no Miyako, la mère de l'empereur. En conséquence son influence à la cour augmente et en 737, (août/septembre), Genbō devient prêtre en chef du Kōfuku-ji, chef de la branche nord de la secte Hosso du bouddhisme, et il acquiert le plus haut rang monastique sōjō (prélat principal).

Plusieurs Fujiwara sont exilés à des postes dans des provinces éloignées. Fujiwara no Hirotsugu, fils aîné de Umakai et neveu de l'impératrice Kōmyō, est le chef de la branche Shikike de la famille Fujiwara. Hermann Bohner le décrit comme un « chevalier », très talentueux dans la guerre, la danse, la musique, la poésie et la science, mais aussi casse-cou à la recherche d'ennemis à attaquer et d'occasions de prendre des risques. Témoin de l'influence décroissante des Fujiwara, Hirotsugu destitue Genbō et s'oppose verbalement à Makibi. Cependant Shōmu se confie à ses conseillers les plus influents et fait rétrograder Hirotsugu de son poste de gouverneur de la province de Yamato du centre, poste auquel il a été nommé un an plus tôt, pour l'envoyer dans la lointaine île Kyūshū où il devient vice-gouverneur du gouvernement dazaifu en 738.

La rébellion Dans une requête envoyée à l'empereur en ère Tenpyō 12, , (24 septembre 740) : Hirotsugu exige la démission de Kibi no Makibi et Genbō, Hirotsugu déclare qu'il tient Kibi no Makibi et le prêtre Genbō pour responsables de la corruption et du mécontentement général dans la capitale. Il souligne les « échecs de la politique récente, les catastrophes décrites du ciel et de la terre » et exige leur renvoie. Quatre jours après que la cour a reçu son messageère Tenpyō 12, , (28 septembre 740) : Hirotsugu lance le mouvement de rébellion, il se déclare en rébellion, de façon assez semblable à ce qu'Iwai a fait quelque 200 ans plus tot. À cette époque, les habitants de Kyūshū connaissent une période difficile après les épidémies de variole, des années de sécheresse et de mauvaises récoltes. Le gouvernement réagit à cette situation avec un projet de construction d'un temple de grande envergure visant à apaiser les dieux. Cependant, les familles d'agriculteurs ne peuvent pas se permettre la corvée imposée sur la construction du temple. La cause de Hirotsugu est soutenue par les agriculteurs mécontents, les chefs de district locaux et des membres de la minorité Hayato du sud de Kyūshū. Il essaye également d'obtenir le soutien du royaume coréen de Silla. Faisant usage de sa position officielle dans le gouvernement dazaifu, Hirotsugu rassemble bientôt une armée d'environ .

vignette|400px|Plan indiquant les événements majeurs de la rébellion Avec ses forces concentrées dans Dazaifu qui occupe une position vitale et les relations de Hirotsugu dans la capitale, cette situation constitue une menace grave pour le gouvernement central. Shōmu, qui peut également être inquiet d'une possible implication de Silla, répond en nommant Ōno no Azumabito général d'une armée de répression forte de hommes pris dans l'est et l'ouest du Japon, sauf dans Kyūshū - plus grand armée royale du . Comme les conscrits ont été libérés un an auparavant en raison de l'épidémie, il faut un mois avant qu'ils puissent être rassemblés. Le ère Tenpyō 12, , (29 septembre 740) : Le gouvernement envoie une mission de reconnaissance auprès des Hayato, le gouvernement envoie une équipe de reconnaissance de 24 natifs Hayato. Les forces de chaque côté sont composées à la fois d'infanterie et de cavalerie et sont placées sous le commandement local des magistrats de district. Selon William Wayne Farris, au , les cavaliers jouent un rôle décisif dans la force d'une armée au Japon. Avant toute bataille, dans ce conflit, une grande partie des troupes gouvernementales sont recrutées dans le Honshū occidental où se trouvent beaucoup de bons archers montés, leur donnant un avantage décisif sur Hirotsugu limité à Kyūshū. Plus tard dans le conflit, certains des soldats à cheval de Hirotsugu font défection, ce qui augmente d'autant cet avantage pour l'armée impériale.

Pour obtenir un soutien spirituel pour la mission, Ōno no Azumabito reçoit l'ordre de prier Hachiman, le dieu de la guerre. C'est l'une des premières crises dans lesquelles les Japonais ont recours à Hachiman comme kami de la puissance. Un messager est envoyé pour faire des offrandes au Ise-jingū et Shōmu ordonne que des statues de de haut de bosatsu Kannon soient coulées et des sūtras copiés et lus dans toutes les provinces.

Afin d'encercler les forces gouvernementales, Hirotsugu divise son armée en trois unités : l'une sous son commandement et les autres sous le commandement de ses subordonnés, respectivement Tsunade et Komaro. Ensemble, ils avancent le long de différentes routes vers le nord de Kyūshū où le détroit de Kanmon sépare Kyūshū de Honshū, l'île principale du Japon. En route, le ère Tenpyō 12, , (19 octobre 740) : Hirotsugu s'arrête au quartier général du district d'Oka, Hirotsugu s'arrête au quartier général du district d'Oka pour « dresser le camp, préparer ses arbalètes, élever les signaux de balise et former les conscrits de la province de Chikuzen ». Finalement, il arrive aux fortifications (chinsho) dans le district de Miyako, province de Buzen près de la route d'invasion attendue. Mais les plans de Hirotsugu pour une attaque organisée sont déjoués parce qu'une armée de plusieurs milliers d'hommes n'arrive pas et qu'une autre unité est en retard. L'armée gouvernementale débarque avec succès sur Kyūshū, s'empare d'hommes et d'armes dans les trois camps de Tomi, Itabitsu et Miyako dans la province de Buzenère Tenpyō 12, , (19 octobre 740) : Les forces gouvernementales occupent trois camps. Plus tôt, l'armée de la cour a été renforcée les 16/ère Tenpyō 12, , / jours (16/17 octobre 740) : Renforcement de l'armée gouvernementale dans la province de Nagato de plus de dont 40 bons soldats (jōhei) du district de Toyoura dans la province de Nagato. Le ère Tenpyō 12, , (20 octobre 740) : Quelques alliés de Hirotsugu font défection, plusieurs alliés de Hirotsugu se rendent et changent de camp : quatre fonctionnaires du district font défection avec 500 guerriers à cheval et un citoyen de la province de Buzen tue un des rebelles. Plus tard, un officiel d'un district de Buzen revient avec les têtes de plusieurs rebelles tués à la bataille. Le ère Tenpyō 12, , (24 octobre 740) : L'empereur émet un décret pour discréditer Hirotsugu, un décret impérial est distribué parmi la population et les responsables de Kyūshū, en vue de discréditer Hirotsugu et promettant des récompenses à qui le tuerait

Le ère Tenpyō 12, , (2 novembre 740) : Bataille sur la Itabitsu-gawa, le reste de l'armée de Hirotsugu, qui passe pour compter encore cavaliers, rencontre les forces gouvernementale sur la Itabitsu-gawa. Comme elle est incapable de traverser la rivière, l'armée de Hirotsugu est défaite et se disperse. Alors qu'il essaye d'atteindre Silla par la mer, Hirotsugu est refoulé par la tempête et capturé par les forces gouvernementales commandées par Abe no Kuromaro (安倍黒麻呂) le à Chikanoshima dans les îles Gotō, province de Hizenère Tenpyō 12, , (16 novembre 740) : Hirotsugu est capturé. Une semaine plus tard, le , un général le décapite sans la permission de la cour.

Tour de l'empereur Shōmu dans les provinces de l'est vignette|gauche|upright|200px|L'empereur Shōmu