Les autels tauroboliques de Valence, conservés au musée d'Art et d'Archéologie de Valence (Drôme), sont deux autels commémorant chacun un taurobole (sacrifice d’un taureau) et un criobole (sacrifice d’un bélier), en l’honneur de la déesse Cybèle.

Autel des dendrophores de Valence

Cet autel, assez bien conservé, fut découvert à Châteauneuf-sur-Isère (près de Valence) en 1786, à proximité d’un pont dit « de la Déesse », rive droite de l’Isère, sur la voie romaine entre Valence et Tain. Il fut longtemps conservé maison de SucyAlexis Chalieu, Mémoires sur diverses antiquités du département de la Drôme, Valence, Marc Aurel, 1814 avant de gagner le musée de Valence. En pierre calcaire, il mesure de haut, sur de large et de profondeur. Il est assez proche stylistiquement de l’autel de Tain-l’Hermitage.

La face principale porte une tête de taureau en bas-relief, avec les bandelettes rituelles retombant de chaque côté (bucranium vittatum), en assez mauvais état, vraisemblablement martelé à une époque inconnue. Au-dessus est gravé le texte suivant () : M(ATRI) D(EVM) I(DAEAE) TAVROBOL(IVM) DENDROPHOR(I) VAL(ENTINI) (SVA) P(ECVNIA) F(ECERVNT)

Selon ce texte, ce sacrifice a été offert par les dendrophores de Valence, et payé par leurs propres deniers. Il est possible que l’inscription se soit poursuivie sous le bucrane, mentionnant comme à l’accoutumée le nom du prêtre ayant accompli le sacrifice, mais aucune trace n’en est visible, ce qui rend la localisation et la datation difficiles.

La face postérieure présente un pin au feuillage largement étendu. Le pin est l’arbre associé à Attis, parèdre de Cybèle, et le symbole des dendrophores ou « porteurs d’arbre ».

La face latérale gauche représente cinq objets liés au culte : une œnochoé, un ciste, une patère à manche, surmontant un tympanon et un bonnet phrygien.

La face latérale droite est sculptée d’une tête de bélier à larges cornes également ornées de bandelettes, ce qui évoque un criobole associé au taurobole. Au-dessous sont représentés un aspersoir (aspergillum) et un pedum (bâton recourbé liturgique).

Autel aux Augustes thumb|Autel aux Augustes, découvert place des Ormeaux à Valence. Ce second autel est en fait la partie supérieure d’un autel, découvert en 1863 place des Ormeaux, entre la cathédrale Saint-Apollinaire de Valence et l’ancien évêché, où se trouvait déjà le musée. Également en calcaire, ses dimensions actuelles sont de haut, de large, de profondeur. Il ne porte aucune décoration sculptée visible. Le texte gravé sur la face principale est () : PRO SALVTE AVG(VSTORVM) PROQVE D(OMO) D(IVINA) TAVROBOLIVM ET C(RI)OBOLVM M(ATRI) D(EVM) M(AGNAE) I(DEAEAE) FECER(VNT) C(AIVS) VALERIVS VR(BA)- (N)VS SACERDOS C(AIIUS) FL(AVIUS) RE- STITVTVS (TIBICEN)

Le sacrifice a été effectué, pour le salut des Augustes, par le prêtre Caius Valerius H.-G. Pflaum, un historien du XXe siècle, Droz, 2006 Urbanus, le tibicen (joueur de flûte) étant Flavius Restitutus, un affranchi envoyé de Lyon, dont le nom figure par ailleurs sur trois autres autels tauroboliques de Lyon, ce qui permet de dater cet autel de la fin du deuxième - début du troisième siècle. Les Augustes seraient donc, soit Marc Aurèle et Lucius Verus, soit Septime Sévère et Caracalla Robert Turcan, Les religions de l’Asie dans la vallée du Rhône, Brill, Leyde (Pays-Bas), 1972.

Références

Bibliographie Robert Duthoy, The Taurobolium : its evolution and terminology, E. J. Brill, Leiden, 1969 J. Alvar, Romanising Oriental Gods. Myth, Salvation and Ethics in the Cults of Cybele, Isis and Mithras, Brill, Leyde, 2008 Compte rendu par L. Bricault. Maarten Jozef Vermaseren, Corpus Cultus Cybelae Attidisque, Brill, 1997 ;

Voir aussi Taurobole Autel taurobolique Autels tauroboliques de Lyon Autels tauroboliques de Die Autel taurobolique de Tain-l'Hermitage Autels tauroboliques de Lectoure Musée d'Art et d'Archéologie de Valence Autel taurobolique de Bordeaux

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