Hubert Reeves, né le à Montréal et mort le à , est un astrophysicien, vulgarisateur scientifique et écologiste franco-canadien d'origine québécoise.
Il commence sa carrière en tant que chercheur en astrophysique dans les , pratique la vulgarisation scientifique à partir des et devient militant écologiste au début des .
Biographie Jeunesse et formation Joseph Jean Louis Hubert Reeves naît le à Montréal.. Ses parents, Joseph-Aimée Reeves et Manon Beaupré, se sont mariés en 1927.. Son grand-père, l'architecte Charles-Aimé Reeves, marié avec Alida Laporte en 1893, a dessiné entre autres les plans de plusieurs édifices montréalais, tels qu'écoles, collège, église ou bibliothèque.. D'après les recherches généalogiques réalisées par son frère aîné André, hématologue (1930-2009)., Joseph Rives, leur ancêtre à la septième génération en lignée masculine, et son épouse Jane Crine ont émigré des Lowlands, territoire écossais au nord de l'Angleterre, dans les ..
Le jeune Hubert demeure à Léry, une petite ville au bord du lac Saint-Louis au Québec (Canada), quand son père, représentant de commerce., apporte à la maison l’Encyclopédie de la jeunesse. Cette lecture ouvre en lui le désir d'explorer le monde et le cosmos..
Inscrit à la faculté des sciences de l'Université de Montréal, il obtient un baccalauréat en physique en 1953. Il présente un mémoire de maîtrise intitulé (en français : Formation de Positronium dans l'Hydrogène et l'Hélium), à l'Université McGill à Montréal en 1955.
Il poursuit ses études en astrophysique nucléaire à Cornell (Ithaca, NY) aux États-Unis, où il côtoie plusieurs physiciens contemporains, tels que George Gamow, Richard Feynman, Fred Hoyle, Philip Morrison et Edwin Salpeter, son directeur de thèse.. En 1960, il y soutient sa thèse de doctorat, intitulée (en français : Réaction thermonucléaire impliquant des noyaux moyennement légers).
Début de sa carrière de professeur universitaire De 1960 à 1964, il enseigne la physique à l'Université de Montréal, tout en étant conseiller scientifique de la NASA, à New York..
Cette période coïncide avec la Révolution tranquille québécoise qui entraîne, entre autres, un certain mouvement francophile chez plusieurs professeurs de l'Université de Montréal. Reeves, qui refuse d’utiliser uniquement des manuels scolaires francophones, perçoit une dégradation du climat de travail lorsque certains de ses collègues professeurs lui font des remarques aigres, ce qui lui donne envie d'« aller voir ailleurs ». Le refus de collaboration entre des professeurs de l'Université de Montréal francophone et l'Université McGill anglophone sur un projet d'accélérateur de particules est, selon Reeves, déterminant quant à son choix de quitter le Québec.. Durant un stage d'été au Centre nucléaire de , en Ontario, il lui est proposé de donner une série de cours à des chercheurs belges de physique nucléaire. Quelques mois plus tard, le (Caltech) de Pasadena lui offre un poste au sein du laboratoire du physicien américain William Fowler.
Hubert Reeves, voulant réaliser un vieux rêve de s'établir en Europe et s'étant déjà engagé envers les Belges, demande à Caltech de reporter son offre d'un an, ce qui lui est refusé. Selon Reeves, cet événement va refroidir ses relations avec cette université jusqu'à la fin des ..
Départ de Montréal pour l'Europe L'Université de Montréal accorde à Hubert Reeves une année sabbatique et ce dernier déménage, en 1964, à Bruxelles, en Belgique. Il commence à enseigner à l'Université libre où il constate, entre autres, une forte différence entre l'Amérique du Nord et l'Europe dans les relations professeur étudiants.. La même année, recevant une invitation de l'Académie des sciences soviétique, il fait un séjour en URSS où il rencontre, notamment, Iakov Zeldovitch.. Reeves est profondément marqué par la culture communiste instaurée dans ce pays..
Un physicien travaillant au Centre de sciences nucléaires et de sciences de la matière (CSNSM) à Orsay participe à une séance d'enseignement de Reeves et lui offre de venir travailler avec lui. Reeves demande une seconde année sabbatique à l'Université de Montréal, qui la lui accorde. Le CNRS français lui offre un poste de directeur de recherche et la famille Reeves déménage en France en 1965.. La même année, Reeves devient aussi consultant scientifique au Commissariat à l’énergie atomique à Saclay.
Durant cette période, les groupes de recherche en astrophysique nucléaire du CSNSM, à Orsay et du laboratoire de Fowler, à Caltech, s'ignorent mutuellement dans leurs publications respectives. D'après Reeves, les relations entre ces groupes de recherche se sont améliorées lors d'une intervention de Fowler à une conférence à Jérusalem en 1969. Le froid aurait pris définitivement fin lors d'une publication commune aux deux laboratoires en 1970..
En 1971, Reeves publie avec deux de ses étudiants, Jean Audouze et Maurice Meneguzzi, un article intitulé . (en français : La production des éléments Li, Be et B par les rayons cosmiques galactiques dans l'espace et sa relation avec les observations stellaires), qui s'avère fondamental concernant la nucléosynthèse stellaire. Quatorze ans après le célèbre article BFH, cet article permet de combler le vide existant entre les éléments fabriqués lors du Big Bang (l'hydrogène, l'hélium et quelques traces de lithium) et ceux produits lors de la vie des étoiles, soit tous ceux situés après le carbone dans le tableau périodique des éléments de Dmitri Mendeleïev. Tout comme BFH, cet article clef est plus connu sous les initiales de ses auteurs : MAR Audouze, J. (1999), ():() ;() ;() .In , , . Reuven Ramaty, Elisabeth Vangioni-Flam, Michel Cassé Keith Olive. (ASP), San Francisco, ..
Vulgarisation scientifique Dans les années 1970, Reeves commence à s'exprimer publiquement sur divers sujets liés, entre autres, à la physique nucléaire. C'est lors de vacances à Carry-le-Rouet, dans les Bouches-du-Rhône, où il partage, nuit après nuit, ses connaissances en astronomie avec d'autres vacanciers, qu'il commence réellement une carrière de vulgarisateur scientifique.. Sur la suggestion d'une amie, il décide de mettre par écrit ses connaissances et commence la rédaction de Patience dans l'azur, dont le titre est inspiré d'un poème de Paul Valéry. Le manuscrit, refusé par une trentaine de maisons d'édition, est réécrit par Reeves avec l'aide de son ami physicien Jean-Marc Lévy-Leblond, pour être finalement publié en 1981. Le livre connaît un grand succès après sa présentation à l'émission Apostrophes de Bernard Pivot.. Depuis, il s'est vendu à plus d'un million d'exemplaires.
Pendant cette période, au début des années 1980, Reeves est de plus en plus populaire et donne de nombreuses conférences publiques et participe à des émissions de télévision et à des films, parlant non seulement de l'astronomie, mais aussi de l'environnement.
vignette|Les éléments lourds de l'Univers se forment à l'intérieur des étoiles massives et sont rejetés dans l'espace à la mort de ces dernières.
Plusieurs lecteurs d'Hubert Reeves lui écrivent des lettres qui influencent la pensée et les choix d'écriture du scientifique.. Ainsi, une lectrice de Patience dans l'azur lui envoie une lettre qui l'inspire à écrire Poussières d'étoiles, sorti en 1984 et dans lequel il met en exergue un passage de la lettre qui l'a inspiré : Dans ce livre, il rappelle, entre autres, que les atomes qui composent la Terre et ses habitants ont été constitués à l'intérieur des étoiles massives et ont été disséminés dans l'espace lors de la mort de ces dernières.
Certains lecteurs critiquant ce qu'ils considèrent comme un « optimisme excessif » chez Reeves, ce dernier décide, en 1984, d'écrire sur la plus grande menace planétaire perceptible à l'époque, celle engendrée par la guerre froide. Il publie ainsi L'Heure de s'enivrer en 1986, où il dresse, entre autres, un portrait inquiétant des arsenaux nucléaires des deux grandes puissances américaine et soviétique..
vignette|gauche|Pyramide de la complexité telle que développée par Reeves.
Il anime une série d'émissions conférences télévisées intitulée Histoire de l'Univers, qui est diffusée à plusieurs reprises au cours des années 1990 et 2000 sur la chaîne de télévision éducative québécoise Canal Savoir. Il y reprend, entre autres, l'idée de la pyramide de la complexité, un concept, développé dans L'Heure de s'enivrer, décrivant la complexification de l'Univers, du Big Bang jusqu'à aujourd'hui.
En 2000, il fait don de à l'Université Laval à Québec pour créer le fonds Hubert-Reeves, qui permet d'offrir chaque année des bourses à des étudiants de deuxième cycle en astrophysique..
Ses principaux ouvrages, Patience dans l'azur, Poussières d'étoiles et L'Heure de s'enivrer, connaissent un énorme succès et sont traduits dans plusieurs langues. vignette|Hubert Reeves lors de la « Nuit des étoiles filantes » du au château de Malbrouck (Moselle). Par ailleurs, Hubert Reeves participe à des émissions télévisées de vulgarisation scientifique, dont la plus emblématique est sans doute la Nuit des étoiles, diffusée sur la chaîne publique française .
Pour les du magazine Sciences et Avenir, Hubert Reeves participe à la rédaction du numéro de () en tant que rédacteur en chef exceptionnel, avec quatre autres scientifiques. Il y écrit notamment sur l'Univers et les grandes découvertes qui s'y rapportent..
En 2020, il apporte son soutien à la vidéothèque de Paris pour permettre l'ouverture du savoir scientifique au plus grand nombre..
Militantisme À l'aube des , sensibilisé à l'impact environnemental de l'activité humaine, Hubert Reeves devient un militant pour la défense de l'environnement. De 2001 à 2017, il préside Humanité et biodiversité (anciennement Ligue ROC pour la préservation de la faune sauvage et la défense des non-chasseurs), une association reconnue d'utilité publique. Il en est le président d'honneur à partir de . En 2003, il publie le livre Mal de Terre qui fait un constat inquiétant de l'état de l'environnement terrestre.H. Reeves : "L'astronomie, le passé, l'écologie, l'avenir" Place Gre'net, .. Il participe également à une conférence avec le biologiste David Suzuki, Alerte climatique, donnée à Montréal le , organisée par Équiterre en collaboration avec l'Université du Québec à Montréal et les Éditions du Boréal, devant au Palais des congrès de Montréal...
En 2005 et en 2007, Hubert Reeves publie deux livres reprenant ses chroniques diffusées sur France Culture : Chroniques du ciel et de la vie et Chroniques des atomes et des galaxies. Un de ses derniers livres, Je n'aurai pas le temps, retrace le parcours scientifique de l'auteur depuis son enfance à Montréal jusqu'à aujourd'hui.
Dans son ouvrage Chroniques du ciel et de la vie, en 2005, il estime probable que l'humanité s'achemine vers un régime végétarien, pour des raisons à la fois éthiques et environnementales.. Selon le bulletin d'information TVA Nouvelles, il plaide même pour le végétarisme dans ses livres et conférences, au registre .. Cependant, dans le livre d'entretiens Je chemine avec Hubert Reeves, en 2019, il déclare ne pas être lui-même végétarien :
vignette|En conférence le à Metz, avec Jean-Marie Pelt. gauche|vignette|Hubert Reeves en conférence à Luxembourg le . En outre, Hubert Reeves participe à des conférences spectacles où il mêle les thèmes de l'astronomie et de l'écologie., parfois en compagnie d'autres interlocuteurs comme Jean-Marie Pelt.
Il est aussi membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence, et du comité d'honneur de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité, et préface le livre « Exit final. Pour une mort dans la dignité »Montréal, Éditions Le Jour, 1991, cité par Encyclopédie sur la mort..
En 2007, certaines de ses pensées sont utilisées dans l'album Du simple au néant, des Ogres de Barback..