Ein Hod (en hébreu : עֵין הוֹד) est un village situé au nord d'Israël. C'est un ancien village palestinien situé au pied du Mont Carmel. À la suite de la guerre israélo-arabe de 1948, la plupart des habitants arabes sont expulsés, mais certains restent dans la région et s'installent à proximité, formant un nouveau village et reprenant l'ancienne dénomination de Ein Hawd.

En 1953, le village est devenu une colonie d'artistes sous l'impulsion du dadaïste Marcel Janco. Le village est fréquenté notamment par le peintre Arik Brauer.

Géographie Le village est situé au pied du Mont Carmel et au sud de Haïfa, sur une colline au milieu des oliviers, avec une vue sur la Méditerranée et une forteresse des Croisés du .

Histoire Le village est l'un des villages fondés par la famille de l'émir Hussam al-Din Abu al-Hija. Abu al-Hija (l'audace) était un Kurde irakien, renommé pour sa bravoure, et le commandant des forces kurdes ayant pris part à la conquête par Saladin des États latins d'Orient dans les années 1180. Abu al-Hija est retourné apparemment en Irak, mais plusieurs membres de sa famille sont restés en Palestine sous les ordres de Saladin. Ces membres de la famille se sont installés sur des étendues spacieuses de terre qui leur ont été octroyées dans la région. Une de ces concessions de terre est devenue le village d'Ein Hawd.

Partie prenante de l’empire Ottoman, le bourg est décrit à plusieurs reprises par des voyageurs occidentaux. En 1851, le voyageur néerlandais van der Velde visite Ain Haud et « passe une agréable soirée dans la maison du cheikh Soleiman ». Il note l'émotion des villageois, tous musulmans, à la suite de l'annonce de la conscription à l'armée ottomane, alors qu'ils en avaient été exemptés par le passé. En 1870, l'explorateur français Victor Guérin visite à son tour le village. Il y compte , avec des maisons construites en pisé ou différents agrégats de construction. Le village est entouré par un petit mur. En 1881, Ain Haud est décrit comme un petit village situé à l'extrémité d'un éperon, habité par une cinquantaine de personnes. Au début du , on recense 283 habitants.

En 1920, cette région passe sous mandat britannique. Dans le recensement de 1922, le village d’Ayn Hawd a une population de , et , les chrétiens étant tous des Maronites. Au moment du recensement de 1931, la population a augmenté et est passée à , tous des musulmans, dans un total de occupées. En 1945, la population est de 650 personnes, avec un total de de terre. sont des plantations et des terres irrigables, et sont consacrées à des céréales.

Dans le plan de partage de la Palestine voté par l’assemblée générale des Nations unies le 29 novembre 1947, Ayn Hawd est attribué à l’État juifSami Hadawi, « Palestine - Index to villages & settlements », Palestine Arab Refugee Office, 1949..

En , malgré l'attaque des forces israéliennes durant la guerre israélo-arabe de 1948, les villageois refusent de quitter les lieux. Ils en sont chassés malgré eux fin juillet, selon l'historien israélien Benny Morris. La plupart se réinstallent en Cisjordanie proche, pour la plupart dans le camp de réfugiés de Jénine. Mais un groupe de se réfugie à côté d'un oued, à peu de distance du village initial. Procédant par résistance passive, ils se maintiennent sur place mais sont difficilement tolérés. Les tentatives visant à les déposséder par des moyens légaux échouent. Ce nouveau village reprend l'ancienne dénomination Ein Houd ou Ein Hawd. Au départ, les autorités israéliennes ne reconnaissent pas cette implantation : il n'y a pas de route, pas d'électricité, pas d'évacuation des eaux usées, ni de téléphone, et aucune autorisation de cultiver les terres, ni d'élever des chèvres ou des moutons. En 1988, ces habitants contribuent à former l'association des arabes villages non reconnus en Israël. En 1992, finalement, l’État israélien reconnaît officiellement le village, et en 2005, il est connecté au réseau électrique d'Israël.

En , la mise en place d'un moshav est tentée dans l'ancien village palestinien, dépeuplé. Cette communauté agricole est destinée à des immigrants en provenance de Tunisie et l'Algérie. Mais cette transformation du village en communauté agricole échoue et est abandonnée. Le village reste déserté un an et demi de plus. En 1953, le village, désigné sous l'appellation Ein Hod, devient une colonie, animée par Marcel Janco, un artiste connu, qui préserve le village de la démolition par les forces de sécurité et réussit à convaincre le gouvernement israélien de lui laisser y fonder un village d'artistes. De nombreux peintres, sculpteurs et musiciens israéliens y vivent désormais, et y maintiennent des studios et des galeries ouvertes au public. Des efforts ont été faits pour préserver certaines des vieilles maisons. La mosquée du village a été transformée en restaurant-bar calqué sur le café Voltaire à Zurich. Au cours de l'incendie de la forêt du mont Carmel en 2010, Ein Hod est évacué et le village a subi des dommages matériels considérables.

Démographie En 2008, le village comptait une population de 559 habitants.

Références culturelles à l'histoire du village La réalisatrice Rachel Leah Jones a réalisé en 2002 un documentaire, Un arpent sur la lune, consacré à l'histoire de ce village. Cette histoire sert également en partie de trame au roman de Susan Abulhawa, The Scar of David, publié en 2006 (et en 2008, en français sous le titre : Les Matins de Jénine).

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie Classement par date de parution. . . . . . . . Susan Slyomovics, Mustapha Kamal, « Mémoire collective des lieux : reconstruire des villages palestiniens d’avant 1948 », in Hannah Davis Taïeb, Rabia Bekkar, Jean-Claude David, Espaces publics, paroles publiques au Maghreb et au Machrek, 1997.

. . . . . Susan Slyomovics, The Object of Memory: Arab and Jew Narrate the Palestinian Village, University of Pennsylvania Press, 1998, 978-0-8122-1525-0,

Webographie

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