La guerre civile sud-soudanaise a été un conflit armé au Soudan du Sud opposant du au les partisans du président Salva Kiir à ceux du vice-président Riek Machar. Cette rivalité fit resurgir d'anciennes dissensions entre les différents clans du Mouvement populaire de libération du Soudan, l'ancienne rébellion qui mena le pays à l'indépendance en 2011, sur fond de rivalité ethnique : d'un côté les Dinkas (ethnie majoritaire de Salva Kiir) et de l'autre les Nuers (ethnie de Riek Machar).
Le , la guerre se termine officiellement avec un cessez-le-feu. Les affrontements sporadiques restent cependant réguliers.
Contexte et causes
vignette| Combattant armé d'un fusil MIC Dinar (copie soudanaise du HK G3).|alt= Le Soudan est victime de multiples guerres civiles durant pratiquement toute la deuxième moitié du . Ravagé par différents coup d'états, conflits religieux, famines et exodes de population, en 2011 le Soudan du Sud gagne son indépendance. Une nouvelle guerre civile éclate en 2013 dans un pays politiquement et ethniquement divisé en deux.
Déroulement 2013 Le , des combats éclatent dans la capitale Djouba, entre les partisans de Salva Kiir et ceux de Riek Machar. Le , le président Kiir annonce qu'un coup d'État a été déjoué. Au soir du , les affrontements ont déjà fait . Dix personnes sont arrêtées, parmi lesquelles huit anciens ministres du gouvernement limogé en juillet. Cependant Riek Machar, « en fuite », est recherché, tout comme quatre autres importantes figures politiques sud-soudanaises. Les Occidentaux décident d'évacuer leurs ressortissants. Plusieurs rotations d'avions américains puis britanniques, allemands et italiens sont mobilisées à partir du . L'ONU déclare avoir découvert au moins un charnier et annonce que ont déjà été déplacés par le conflit. De leur côté, des groupes du MPLS ont appelé, dans une déclaration, les forces de sécurité à « agir avec retenue » afin que le conflit ne prenne pas une dimension ethnique. Le , les soldats de Riek Machar capturent la ville stratégique de Bor, contraignant les compagnies pétrolières China National Petroleum Corporation, Oil and natural gas corporation et Petronas à cesser leur activité au Soudan du Sud et leurs à trouver refuge dans un complexe de l'ONU à Bentiu pour être évacués. Le , le gouvernement sud-soudanais affirme avoir repris Bor , mais le les rebelles reprennent à nouveau la ville, l'armée ayant effectué une « retraite tactique » selon les autorités du pays .
2014 Le , un général de l'armée sud-soudanaise est tué dans une embuscade . Le , le Soudan et le gouvernement sud-soudanais se sont mis d'accord sur la nécessité de sécuriser les champs de pétrole.
Le , le gouvernement sud-soudanais annonce que l'armée régulière a repris la ville clé de Bentiu, dans la région pétrolifère du nord du pays, à la suite de combats acharnés qui ont forcé des dizaines de milliers de personnes à fuir la région. Un porte-parole du président Salva Kiir déclare que la ville est « désormais sous notre contrôle » . Le , l'armée gouvernementale affirme avoir repris le contrôle de Bor et deux jours plus tard, le , le village stratégique de Malakal après une semaine de combats urbains . Le , gouvernement et rebelles se mettent d'accord sur les termes d'un cessez-le-feu signé à Addis-Abeba, capitale de l'Éthiopie, effectif le et qui prévoit entre autres la libération de onze proches de Riek Machar . Malgré sa signature, un porte-parole des rebelles affirme le que les forces gouvernementales ont attaqué des positions rebelles dans l'Unité et le Jonglei, de son côté le gouvernement accuse les rebelles d'avoir attaqué l'armée .
Le , un porte-parole des rebelles affirme que l'armée a repris le contrôle de Leer dans l'État de l'Unité, ville natale du dirigeant rebelle Riek Machar . En date du , les négociations pour un accord de paix en Éthiopie sont toujours infructueuses , alors que quelques jours plus tôt de l'armée gouvernementale ont déserté et rejoint les rangs rebelles avec leur équipement et véhicules . Le , un porte-parole de l'armée sud-soudanaise, le colonel Philip Aguer, déclare que les combats ont repris après que les forces rebelles ont attaqué la ville de Malakal (ville pétrolière et capitale de l'État du Nil Supérieur ).
Le , les rebelles s'emparent de Bentiu et massacrent plusieurs centaines de civils. Dans un rapport publié début , la Mission de l'ONU dans le pays (Minuss) affirme que des crimes contre l'humanité ont vraisemblablement été commis au Soudan du Sud« Soudan du Sud : des crimes contre l'humanité commis », Le Figaro, vendredi 9 mai 2014, page 5.. Le a lieu en Éthiopie une rencontre entre Salva Kiir et Riek Machar pour y signer la fin des combats dans les 24 heures ; ce cessez-le-feu se conclut après des pressions américaines et des menaces de sanctions de l'ONU. Il est pourtant violé dès le début de la semaine suivante. La guerre a à ce moment fait plusieurs dizaines de milliers de morts et déplacé 1,2 million de Sud-Soudanais, lesquels sont par ailleurs menacés de famine« Soudan du Sud : l'accord de cessez-le-feu déjà violé », Le Figaro, lundi 12 mai 2014, page 8..
Le , Kiir et Machar se mettent d'accord sur le fait d'entamer des discussions sur la formation d'un gouvernement de transition. Les pourparlers doivent durer et les parties sont tenues de s'abstenir de combat au cours de cette période . Cependant, les deux parties ont boycotté les pourparlers , et le , des violations du cessez-le-feu sont signalées .
En , une délégation du Conseil de sécurité de l'ONU rencontre Salva Kiir à Djouba, puis s'entretient avec Riek Machar en visio-conférence. Mais la délégation se montre pessimiste quant à un accord de paix rapide.
Le , un hélicoptère MI-8AMT de la MINUSS a été abattu près de Bentiu dans l’État de l'Unité. L'incident a fait trois morts et un blessé grave au sein des membres de l'équipage, composé de Russes.
2015 En , la ville de Malakal est prise par les rebelles commandés par le général Johnson Olony puis reprise en juillet par les forces gouvernementales .
Le , un accord de paix est signé par le président Salva Kiir à Djouba. Cependant le , des combats éclatent à Malakal et les deux camps s'accusent mutuellement de violer la trêve, Riek Machar s'engage à faire cesser les hostilités le à minuit, mais les combats se poursuivent. L'ONU menace alors le gouvernement du Soudan du Sud de sanctions si l'accord n'est pas respecté. En octobre et novembre, gouvernementaux et rebelles continuent de s'affronter autour de Malakal et à Leer.
2016 Le , Salva Kiir annonce la nomination de rebelles et la formation d'un nouveau gouvernement de transition comprenant 16 ministres du camp gouvernemental et 10 de la rébellion . Le , le président sud-soudanais réinstalle Riek Machar comme vice-président . Le , les premiers soldats rebelles se déploient à Djouba conformément à l'accord de paix . Le , alors que gouvernementaux et sont présents dans la capitale sud-soudanaise, Riek Machar arrive à Juba, où il prête serment en tant que vice-président du Soudan du Sud
.
Du 8 au , de violents combats éclatent de nouveau à Djouba, faisant au moins selon l'Organisation mondiale de la santé . Riek Machar et les forces du SPLA-IO se retirent de Djouba qui passe entièrement sous le contrôle des forces gouvernementales. Le , le président Salva Kiir donne un ultimatum de 48 heures à Riek Machar pour regagner la capitale sud-soudanaise, faute de quoi il perdra son poste de vice-président. Mais ce dernier juge que sa sécurité ne peut plus être assurée à Djouba et refuse . Le , Salva Kiir annonce alors la nomination du général Taban Deng Gai comme vice-président. Taban Deng Gai, Nuer, ancien membre de la rébellion mais qui est resté dans la capitale après les combats, est un rival de Riek Machar. Ce choix est condamné par le Mouvement populaire de libération du Soudan en opposition (SPLM-IO) qui rompt avec le nouveau vice-président. Le , Riek Machar accusait le général de .
Resté caché pendant plus d'un mois dans les environs de la capitale, Riek Machar quitte le Soudan du Sud à la mi-août. Il gagne la République démocratique du Congo, puis l'Éthiopie .
En , un vote du conseil de sécurité de l'ONU permet l'envoi de bleus supplémentaires, principalement constitués de soldats éthiopiens, kényans et rwandais, et cela malgré le désaccord du gouvernement du Soudan du Sud. Cette force supplémentaire aux bleus déjà présents, a vocation à se déployer à Djouba notamment autour de l'aéroport et des bases de l'ONU .
2017
Le , le gouvernement du Soudan du Sud déclare l'état de famine dans plusieurs zones du pays .
Le , un cessez-le-feu est conclu dans la région de Yei après une médiation de l'Église presbytérienne évangélique du Soudan du Sud .
Accords de cessez-le-feu en 2018 Le , quelques jours après la signature à Khartoum d'un accord de cessez-le-feu permanent avec Salva Kiir, il est annoncé que Riek Machar retrouverait son poste de premier vice-président, que les titulaires sortants seraient maintenus à leurs fonctions et qu'une femme membre de l'opposition serait également nommée..
Le , un nouvel accord signé à Khartoum prévoit la nomination pour trois ans de Machar comme vice-président, et de quatre autres vice-présidents, la formation d'un gouvernement de transition de , dont 20 de Kiir, 9 de Machar, ainsi que l'élargissement du parlement à , dont 332 loyaux à Kiir et 128 à Machar..
Le , l'accord de paix est signé à Addis-Abeba.. Cependant, des combats éclatent le ..
En , Salva Kiir et Riek Machar se rencontrent pour mettre en application l'accord de , dans le but de former un gouvernement pour .
En , après plusieurs mois de tension entre le gouvernement et le SPLM/A IO, les chefs des deux entités s'engagent à former le gouvernement d'union nationale à la fin du mois de ..
À la suite de cet accord, Riek Machar est nommé vice-président le ..
En , un homme d'affaires sud-soudanais et ancien officier de renseignement, Kerbino Wol, annonce le lancement d'un nouveau groupe rebelle, appelé « Mouvement du » en référence à la date d'une émeute dans la prison où Wol a été détenu sans procès pendant deux ans. Il dit avoir l'intention de renverser ce qu'il appelle « la direction corrompue du pays ». Wol avait été gracié par le président Salva Kiir en ..
En , un nouvel accord est conclu pour mettre en place une commandement militaire unique entre les deux parties..
2025
De « nombreuses » modalités de l'accord de paix de 2018 ne sont pas mises en application.
Des combats se déroulent début 2025 dans plusieurs États du pays. Ceux-ci opposent l'armée, soutenant le président Salva Kiir, et des forces décrites comme proches de Riek Machar.. En février, le SPLM/A IO dénonce le bombardement d'un « point de rassemblement » de forces de l'opposition dans l'État du Nil Supérieur () par l'armée régulière. Cette attaque n'est pas confirmée par l'armée.. Le président Kiir remplace deux de ses cinq vice-présidents ( de l'Alliance de l'opposition du Soudan du Sud (SSOA), remplacé par , aussi du SSOA, et James Wani Igga du SPLM, remplacé par Benjamin Bol Mel).
Début mars, Puot Kang Chol, le ministre du Pétrole, et le général , chef adjoint des Forces de défense du peuple sud-soudanais, tous deux proches de Riek Machar, sont arrêtés par les forces armées.. Les ambassades de l'Union européenne, des États-Unis et du Royaume-Uni appellent à la « la cessation immédiate des hostilités ». Riek Machar annonce la formation d'un comité comprenant des chefs traditionnels des comtés d'Ulang et Nasir pour protéger les troupes de l'armée qui se rendent à Nasir des attaques de la White Army. Le président Kiir et ses vice-présidents affirment que le rôle de l'armée n'est pas de désarmer la White Army. Cela n'empêche pas une reprise des combats à Nasir entre l'armée et la White Army..
Crimes de guerre et crimes contre l'humanité