L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul est une église catholique paroissiale située à Précy-sur-Oise, dans l'Oise, en France. Ce n'est certainement pas la première église de Précy. Sa partie la plus ancienne, le chœur, remonte à la fin du , et est de style gothique primitif. Le chevet plat se remarque par une composition particulièrement bien équilibrée, et à l'intérieur, le chœur est traité avec un raffinement exceptionnel. Les élévations latérales et la sculpture des chapiteaux sont influencées par la première cathédrale Notre-Dame de Paris. La nef, qui est aussi large et aussi élevée que le chœur, a été reconstruite sous le seigneur Louis de Saint-Gelais à partir de 1570. Le style est gothique flamboyant, alors que la Renaissance arrive déjà à son apogée. Sur le plan architectural, la nef est beaucoup moins remarquable, mais elle s'harmonise bien avec le chœur. Le clocher comporte des éléments des deux campagnes de construction, et il a été exhaussé au . Les deux portails de l'église ont été refaits au dernier quart du . Inscrite aux monuments historiques en 1950., l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul a été restaurée et se trouve aujourd'hui en bon état. Elle est au centre de la paroisse Saint-Louis, la plus petite du diocèse de Beauvais, qui inclut également les communes voisines de Boran-sur-Oise et Blaincourt-lès-Précy, et des messes dominicales anticipées y sont célébrées régulièrement le samedi à 18 h 30.
Localisation thumb|left|Élévation nord.
L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul se situe en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, dans le Parc naturel régional Oise-Pays de France, près de la rive droite de l'Oise et de la limite avec l'Île-de-France, sur la commune de Précy-sur-Oise, place de l'Église. C'est une position périphérique par rapport au centre ancien du bourg, qui s'explique sans doute par la position du château, qui fait face à l'église côté ouest. L'église est entièrement dégagée d'autres constructions, et l'on peut en faire le tour. Le chevet donne sur la rue Gaston-Wateau, sur laquelle débouche la place de l'Église. L'élévation méridionale, vers la rue Gaston-Wateau, et l'élévation septentrionale, vers la place, sont précédées par des pelouses. Ainsi l'église est bien mise en valeur. Seule la façade occidentale ne peut s'apprécier en prenant du recul, car la clôture du domaine du château est toute proche ici. L'on entre habituellement en l'église par le porche devant le bas-côté nord, qui est tourné en direction du centre-ville.
Histoire Les origines
La première église du village est apparemment bâtie à l'emplacement d'un lieu de culte païen, qui aurait été dédié à Cérès, déesse de la fécondité. Dans une pierre en forme de ventre féminin, l'on y déposait les prémices des récoltes (fruits, légumes, blé). À la fin du , un seigneur franc de Chambly nommé Vandémire donne un terrain pour la fondation d'une abbaye. Elle est placée sous le vocable de Saint-Martin, et Farulfus en est abbé en 690. Vandémire et sa femme Ercamberte choisissent l'abbaye comme lieu de sépulture. Une charte donnée par le roi Charles II le Chauve en 861 mentionne encore l'abbaye Saint-Martin de Précy, qui a donc survécu à l'invasion normande. Mais à partir du , plus aucun document ne cite l'abbaye, et elle s'est apparemment éteinte. L'église actuelle est édifiée vers la fin du et consacrée à Notre-Dame...
Les reliques thumb|upright|Châsse de saint Vital, saint Clair et saint Évagre. thumb|upright|Châsse de sainte Vincence et saint Arator.
Au retour de la première croisade à la fin du , le seigneur Philippe de Précy rapporte plusieurs reliques, dont une portion de la Vraie Croix. L'autel majeur est plus particulièrement dédié à la Sainte-Croix depuis cette époque. L'abbé Speybroeck estime que la possession de cette insigne relique justifie l'érection canonique de l'église en collégiale., titre auquel peuvent seulement prétendre une dizaine d'églises dans le diocèse au .. Les autres reliques rapportées de Terre sainte sont conservées au château pendant plusieurs siècles. À la fin du , Marie Anne d'Albert de Luynes, duchesse de Montmorency-Luxembourg et châtelaine de Précy, les offre à la paroisse. L'évêque de Beauvais, le cardinal de Forbin-Janson, les reconnaît comme authentiques en date du , ce qui n'est certes pas une preuve absolue de leur authenticité. Les reliques sont alors enfermées dans deux boîtes en bois précieux, elles-mêmes encastrées dans des châsses d'argent doré, ornées de gemmes et d'émaux où figurent les armoiries de Précy. Ces reliquaires sont perdues à la Révolution française, quand elles sont vendues ou jetées sur le feu. Le maître d'école les retrouve indemne parmi les cendres, et les garde chez lui jusqu'au retour du curé. Sous l'abbé Robert en 1830, deux nouvelles châsses néogothiques en cuivre doré sont commandées. L'une contient des reliques de saint Clair, saint Évrage et saint Vital (l'on ignore de quel saint de ce nom il s'agit exactement) ; l'autre renferme des reliques de saint Vital et de saint Arator, prêtre, tous les deux martyrisés à Alexandrie. Les reliques se présentent sous la forme d'ossements et de médaillons ; il y a aussi une petite boîte en bois fermée par un sceau. La minuscule relique de la Vraie Croix est encastrée dans un petit reliquaire en vermeil poinçonné à la tête de sanglier, qui est seulement ornée d'une couronne d'épines en argent. Ce symbole figure déjà sur le blason de Philippe de Précy. À l'intérieur du couvercle en vermeil, se dessine un Christ en croix avec, à ses pieds, Marie Madeleine à genoux. L'authenticité de la relique est certifiée par le cardinal François-Nicolas-Madeleine Morlot par un acte du . Le reliquaire est conservé dans un ostensoir du , qui est exposé à la vénération des fidèles le Vendredi saint de chaque année..
L'histoire de la paroisse sous l'Ancien Régime
Sous l'Ancien Régime, Précy-sur-Oise relève du doyenné de Beaumont-sur-Oise, de l'archidiaconé de Clermont et du diocèse de Beauvais. Le collateur de la cure est le prieuré de Saint-Leu-d'Esserent.. Du passé de la paroisse, on ne connaît guère plus que les fondations de chapellenies. La chapelle Notre-Dame est fondée par Philippe de Précy, seigneur de Précy, en 1328. Cette fondation est approuvée par un bref du pape Jean XXII daté du de la même année, ainsi que par deux lettres patentes de Philippe VI de Valois de et de juin 1334. Il est possible que la construction de la chapelle au nord du bas-côté nord du chœur résulte de la fondation de la chapelle Notre-Dame. Depuis le , elle est par ailleurs également connue comme chapelle Saint-Jean, car sa statue y était également présente. La chapelle est desservie par un chapelain, qui est nommé à vie sur proposition du seigneur. Sa mission essentielle est de dire une messe par jour pour le seigneur et pro operaiis, soit pour ceux qui travaillent. — Le , la veuve du seigneur Louis de Saint-Gelais, de Lansac, laisse par testament une rente qui doit être partagée par quatre prêtres chapelains résidant à Précy. Ils ont pour obligation de chanter tous les jours la messe et les vêpres au chœur, sauf les dimanches et fêtes, quand la fondation demande seulement une messe basse. Les termes de la fondation sont respectées jusqu'à la Révolution française, mais la rente finit par devenir insuffisante pour quatre chapelains, et le seigneur réduit leur nombre à trois. Les chapelains résident dans une petite maison attenante à l'église. Pierre Gambier suppose qu'elle occupait l'emplacement de la chapelle moderne, qui se situe actuellement au nord de la dernière travée du bas-côté nord. Le , Louis d'Eaubonne, seigneur des Tournelles résidant à Paris, fonde une autre chapellenie au titre de Saint-Louis. Cette fondation est approuvée par Nicolas Choart de Buzenval, évêque de Beauvais, en date du de la même année. D'après Pierre Gambier, l'actuelle sacristie serait l'ancienne chapelle Saint-Louis. Elle a ensuite été transférée au chevet du bas-côté attenant. Les cinq à six chapelains de l'église n'ont apparemment jamais formé un chapitre de chanoines, et il est donc quelque peu surprenant que l'église Saint-Pierre et Saint-Paul de Précy-sur-Oise soit érigée en collégiale au ..
La paroisse à la Révolution française
En 1789, l'abbé Louis-Florent Delaunoy, curé de Précy, devient député aux états généraux du bailliage, puis district de Senlis. À l'automne de l'année 1790, la « Charité de Précy », ce qui est le nom donné à l'hôtel-Dieu, est dissout, et ses biens sont vendus aux enchères. En 1791, les maîtres d'école sont interdits. À Précy, cette fonction est exercée par Louis Sébastien Landru, qui est payé par le seigneur, et officie en même temps de chantre pour les messes de fondation quotidiennes. Privé de revenus, il adresse une requête du district, et obtient une gratification équivalent au traitement d'une année. Il finit par être employé par la municipalité comme secrétaire-greffier. En 1792, le seigneur de Précy, Anne Léon II de Montmorency-Fosseux et son épouse s'exilent en Belgique, et revendent la seigneurie à François d'Avrange d'Haugéranville. Celui-ci ne cache pas son royalisme, et est arrêté l'année suivante avec un bon nombre de concitoyens dénoncés pour manque de patriotisme. Le , trois parmi les quatre cloches de l'église sont précipitées dans le cimetière et envoyées au district de Senlis. Les Précéens sont généralement modérés, et il n'y a pas de débordements jusqu'à la création d'un « Comité de surveillance » le . Les registres des délibérations du conseil municipal des années 1790-1793 et les chroniques de Decaux et de Battelier conservées dans les archives paroissiales se contredisent sur certains points, et la succession chronologique des faits n'est pas présentée de la même manière. Selon la première source, le curé aurait prêté serment à la Constitution civile du clergé ; selon la deuxième source, il l'aurait refusé. Mais les chroniques ont été rédigées après la Révolution. En tout cas, pour arrêter un prêtre non jureur, il faut au moins vingt dénonciations, mais l'abbé Delaunoy est respecté à Précy, et aucun habitant ne le dénonce. Malgré cela, le comité révolutionnaire le fait arrêter pour manque de patriotisme, un matin à l'issue de la messe de sept heures..