Dordogne libre (surnommé par le sigle DL ; ) est un quotidien départemental français fondé à Périgueux en 1876. D'abord titré L'Avenir de la Dordogne puis Périgueux Libéré, il prend la dénomination de Dordogne libre après la Libération, le . Depuis 1983, le journal est la propriété du groupe Sud Ouest.

Diffusé principalement dans le département de la Dordogne, le quotidien couvre essentiellement l'actualité locale de Périgueux et de son agglomération. Le journal est connu pour ses unes parfois provocantes et sa manière d'aborder certains sujets sur un ton décalé ou humoristique. Imprimé à au plus fort de son succès en 2009, son tirage mensuel moyen s'élève en 2020 à .

En 2020, Dordogne libre est l'un des plus anciens quotidiens de France et l'un des derniers quotidiens locaux en Dordogne.

Depuis 2022, Dordogne libre est dirigée par Renaud Solacroup.

Ligne éditoriale Le journal Dordogne libre fait partie de la presse quotidienne régionale et départementale. Il traite des sujets d'actualité locale et s'adresse essentiellement aux habitants de la Dordogne... Avec un projet rédactionnel orienté sur la proximité, Dordogne libre est en 2020 l'un des plus anciens quotidiens de France et l'un des derniers quotidiens locaux en Dordogne. Il se définit lui-même comme au niveau microlocal., un et un . Aucune source n'établit un positionnement éditorial précis au quotidien, à l'exception de L'Humanité, journal ouvertement communiste, qui le juge au moment des élections cantonales de 1994.. La rédaction affirme garder son indépendance quand elle traite régulièrement de sujets institutionnels et de vie politique locale.

Historique L'Avenir de la Dordogne (1876-1944) alt=Une de journal.|upright|vignette|gauche|Premier numéro de L'Avenir de la Dordogne datant du .

Avec l'appui financier d'un distillateur franc-maçon de Bordeaux nommé Secrétat., l'imprimeur Dominique Joucla fonde L'Avenir de la Dordogne et en devient son directeur de la publication.. Il est décrit comme un . Avec son premier numéro imprimé à Périgueux et paru en le , L'Avenir de la Dordogne est le premier journal politique, républicain et libéral du département de la Dordogne..... Dans l'introduction de ce premier numéro, le journal s'identifie clairement comme un soutien politique de la majorité républicaine à la Chambre des députés. Alors membre de la loge maçonnique de Périgueux « Les Amis Persévérants et l'Étoile de Vésone Réunis »., Dominique Joucla devient une personnalité locale importante et l'un des dignitaires du Grand Orient de France. Grâce au tirage de son journal, il influence le vote des citoyens périgourdins en soutenant des positions anticléricalistes et en s'opposant à des hommes de droite comme Pierre Magne et Oscar Bardi de Fourtou.

En 1881, Dominique Joucla ouvre une nouvelle imprimerie à Périgueux, au 19 rue Lafayette, où il fait éditer le journal. E. Dantou puis Léopold Chaumont lui succèdent en tant que rédacteurs en chef.

Entre le et le , le journal fait publier d'un supplément hebdomadaire intitulé L'Avenir illustré.. Chaque supplément comporte huit pages et paraît tous les mercredis.. Souvent illustré par des croquis du dessinateur Jean Moy, le supplément traite de l'histoire de la Dordogne, du patrimoine architectural et religieux local, de la faune et de la flore en Périgord, mais aussi des contes et légendes de la région.. Pendant la grève des typographes du 5 au et la grève des imprimeurs du 7 au , le journal se réunit avec L'Argus du Périgord sous le titre L'Avenir et l'Argus réunis.

En 1938, L'Avenir de la Dordogne est tiré en . Le journal, propriété de Jeanne Clair, la fille de Dominique Joucla, est alors dirigé par Victor Bousquet. Censuré puis réquisitionné pour la propagande sous le régime de Vichy, le quotidien cesse de paraître le , après .

Développement d'un journal d'après-guerre (1944-1983) alt=Une de journal.|upright|vignette|Premier numéro de La Dordogne libre datant du .

Le comité communal de Libération a besoin d'un titre de presse indépendant.. La Résistance ne veut pas que le journal garde le même nom, dorénavant associé à la collaboration française pendant l'Occupation. Elle le titre donc Périgueux Libéré et le premier numéro paraît le .. Le résistant Édouard Hemmerlé, dit Achard, en devient le directeur de la publication. Il publie le discours prononcé par Marcel-Edmond Naegelen, alors maire adjoint de Strasbourg, lors des obsèques des du régiment d'infanterie.

Le journal cesse de paraître pour être remplacé par le premier numéro de La Dordogne libre, vendu dans les kiosques le à partir de . Fermée depuis le , l'imprimerie Joucla reprend son activité. Le journal sort au prix d'un franc et propose les informations de la ville sur une page. Après avoir obtenu plus de papier, le journal paraît sur deux pages à partir du . Le , La Dordogne libre est exceptionnellement publiée en couleurs pour une publicité en faveur de l'emprunt de la Libération. Le journal connaît très rapidement un vif succès au niveau local, la population ayant besoin d'informations vraies après plusieurs années de propagande nazie sous l'Occupation. La société à responsabilité limitée (SARL) du journal est créée le , date à laquelle Abel Mèredieu devient le nouveau directeur de la publication.

En 1951, un incendie embrase les bureaux de l'imprimerie, mais la parution du journal n'est pas interrompue. En 1952, Victor Bousquet reprend la gérance du quotidien. Son beau-fils Jean Babayon (marié à sa fille unique Rolande), alors professeur à l'école privée Saint-Jean, devient son rédacteur en chef, puis le remplace en tant que directeur jusqu'en 1979.

Entre 1946 et 1981, le journal quotidien publie en parallèle un supplément hebdomadaire intitulé La Dordogne républicaine, qui soutient explicitement le Rassemblement des gauches républicaines (RGR) et les mouvances radicales-socialistes..

Rachat du quotidien par le groupe Sud Ouest (depuis 1983) Dès la fin des années 1970, le quotidien et l'imprimerie Joucla font face à des pertes financières.. Interrogé par Le Monde en , Jean-François Lemoigne, directeur du groupe Sud Ouest, explique qu'il refuse d'acheter le quotidien, ne souhaitant pas que .. Alors qu'elle utilise principalement des linotypes et emploie une masse salariale plus élevée que la moyenne, l'imprimerie Joucla n'est plus compétitive face au développement de l'offset et de la photocomposition. Le journal fait alors l'objet d'intérêts politiques de rachat par des proches du maire de Périgueux, Yves Guéna, de l'opposition municipale mais aussi de proches du conseil général de la Dordogne. Placé sous redressement judiciaire, le journal est provisoirement administré par l'adjoint d'Yves Guéna, maire de Périgueux. L'idée de former une société coopérative et participative est émise.

Alors que le journal est toujours la propriété de la famille Joucla, le groupe Sud Ouest réagit à nouveau et fait finalement l'acquisition de Dordogne libre et de l'imprimerie en . La transaction se fait dans un contexte où le groupe restructure son journal-phare et cherche à s'implanter durablement sur le territoire face au groupe Hersant Média... Alors considéré comme l'un des plus petits titres de la presse française, Dordogne libre devient le cinquième quotidien à intégrer le groupe. Les moyens du groupe, devenu actionnaire majoritaire, permettent l'augmentation du nombre de pages, de journalistes et de lecteurs. Le journal souhaite alors se départir de l'étiquette de quotidien du maire, après l'intérêt politique qu'il avait suscité juste avant son rachat.

Jusqu'alors publié l'après-midi, le journal sort le matin à partir du . Le suivant, le quotidien change de format. En 1989, le quotidien franchit pour la première fois le cap des .

Toujours en 1989, l'imprimerie Joucla est transférée en banlieue de Périgueux, à Boulazac, et cesse d'exister en . En 1990, le journal décide de confier l'impression à Charente libre, un quotidien départemental situé à Angoulême et faisant également partie du groupe Sud Ouest. Le journal compte alors . Pendant l'année 1993, Dordogne libre est le quotidien le moins cher de France, en étant vendu au numéro à .

À partir de 1993, l'Office de justification de la diffusion (OJD) remet plusieurs étoiles à la rédaction pour l'évolution positive de ses ventes : une en 1993, une en 2003., une en 2005., une en 2009. et une en 2010.. Jusqu'alors située rue Guynemer, la rédaction emménage, en parallèle, dans les locaux de l'allée d'Aquitaine, qu'elle occupe depuis 2002. À partir de 2003, alors que la presse quotidienne traverse une crise importante en France, Dordogne libre est l'un des seuls journaux à gagner des lecteurs... et dépasse même les vendus en 2005. Il atteint son record de diffusion en 2009, avec par jour. Le prix au numéro s'élevait alors à , ce qui en faisait l'un des quotidiens départementaux les moins chers de France..

En 2012, alors qu'il fait face à une baisse de diffusion et à une chute des recettes publicitaires, le groupe Sud Ouest procède à une réorganisation du groupe et à une suppression de postes, notamment au sein de la rédaction de Dordogne libre.. Ce journal reste en 2020 l'un des plus anciens quotidiens de France..

Équipe rédactionnelle +Rédacteurs en chef de Dordogne libre 1944 – 1952 Édouard Hemmerlé 1956 – 1979 Jean Babayon. 1984 – 1987 Michel Frindel 1987 – 1997 Richard Lavigne. 1999 – ? Jean-Pierre Barjou 2004 Jean Marziou. 2009 Stéphane Vacchiani 2017 - 2022 Thomas Brunet. Depuis 2022Renaud Solacroup

La rédaction compte cinq journalistes en 1993, puis sept journalistes et un rédacteur en 1999. En 2009, elle s'agrandit avec quatorze journalistes. Fin 2019, elle ne compte plus que neuf journalistes permanents, auxquels s'ajoutent deux journalistes sportifs et deux photographes... Pour compléter les effectifs de journalistes salariés, la rédaction fait appel à des correspondants bénévoles dans certaines communes du département. La conférence de rédaction a lieu chaque matin. Le soir, vers , chaque journaliste soumet sa une.

Les relations entretenues par les rédactions de Dordogne libre et Sud Ouest, toutes deux rattachées au groupe homonyme, mènent à une entre les deux quotidiens. En 1993, le rédacteur en chef de Dordogne libre, Richard Lavigne, confie au Monde qu'ils . Les offres apparaissent complémentaires, plutôt que concurrentes.

Maquette et rubriquage La maquette change radicalement après le rachat du journal par le groupe Sud Ouest en 1983. Le grand format a fait place au tabloïd, la couleur est apparue et l'information locale occupe dorénavant huit puis vingt-quatre pages (au lieu de quatre pages précédemment)...

La une se veut le reflet de l'actualité locale et est parfois amenée à être provocante. Guy Dutheil, journaliste au Monde, mentionne notamment la une du , titrée « Les États-Unis font une crise de foie » ; il souligne la volonté de la rédaction , ici lorsque les menaces américaines de sanctions financières à l'encontre des produits du terroir sont commentées . Frédérique Roussel, journaliste chez Libération, évoque la une du , après que le magazine Voici avait publié des photos en vacances de Xavier Darcos, alors maire de Périgueux et nouveau ministre de l'Éducation nationale ; Dordogne libre avait titrée sa une : « Les Darcos la jouent people ».

Édité en page 2 depuis 1953, « Monsieur Écho » est le billet le plus ancien du quotidien. Longtemps rédigée par le journaliste Michel Labussière, cette rubrique a pour objectif d'aborder des éléments d'un sujet d'actualité, des brèves ou des faits-divers sur un ton décalé ou humoristique..