Le Ghetto de Kletsk (en hébreu : קלעצקער געטאָ)(-) est le lieu de déportation sous la contrainte des Juifs de la ville de Kletsk, dans le raïon de Minsk, en Biélorussie, selon le processus de la Shoah, pendant l’occupation des territoires de l’URSS par les armées du Troisième Reich durant la Seconde Guerre mondiale.

thumb|Klecak, Vilenskaja.Synagogue de Kletsk (1930)

Communauté juive de Kletsk La communauté juive remonte au moins au . Deux synagogues sont construites aux s. En 1897, la population juive qui se monte à personnes, constitue 73 % de la population de la ville ; en 1921, elle atteint personnes sur une population totale de soit 73,9 % Leonid Smilovitsky, "La Shoah en Biélorussie" Л. Смиловицкий. (Leonid Smilovitsky, Ph. D., Diaspora Research Institute of Tel Aviv University) Гетто Белоруссии — примеры геноцида (из книги «Катастрофа евреев в Белоруссии, 1941—1944 гг.».

Occupation de Kletsk

Dans les années d’avant-guerre, la ville de Kletsk comptait une population de habitants dont Juifs E. Benari : "les Juifs de Kletsk, leur résistance et leur destruction" Э. Бенари. Евреи Клецка, их сопротивление и уничтожение. Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, en , un grand nombre de familles juives qui fuient la Pologne occupée par les nazis viennent s’ajouter à cette population.

La ville de Kletsk se trouve sous occupation allemande pendant 3 ans, du au (la date du 25 est également citée) Периоды оккупации населенных пунктов Беларуси(période d'occupation de la Biélorussie).

Les habitants de la ville tentent de fuir, mais seul un petit nombre y parviennent. Les avions allemands tirent sans arrêt sur les réfugiés dispersés sur les routes. Et la plupart de ceux qui atteignent l’ancienne frontière de l’URSS, se voient arrêtés par les gardes soviétiques et forcés de rebrousser chemin Kletsk dans l'encyclopédie juive électronique en russe ЭЕЭ|15608|Клецк Jean-Charles Szurek, Annette Wieviorka : Juifs et Polonais 1939-2008,chapitre : par Andrzej Zbikowski : Le début de la seconde guerre mondiale dans les témoignages de réfugiés juifs des confins de l’Est de la Pologne Kresy page 98 et 99. Éditeur : Albin Michel 2009, .

Depuis les premiers jours de l’occupation, les Allemands dans le cadre de la réalisation du plan hitlérien de la Solution finale de la question juive commencent à pratiquer la terreur contre les Juifs et organisent la collaboration biélorusse pendant la Seconde Guerre mondiale, une police locale composée de Biélorusses et de Polonais, qui recevait les pleins pouvoirs contre les Juifs. Un officier SS du nom de Koch fut nommé commandant de la ville, avec comme adjoint un nommé Noyman, qui ne cachait pas ses inclinations sadiques et battait à mort les juifs condamnés aux travaux forcés avec une matraque en caoutchouc. thumb|Klecak, Rynak. Place du marché à Kletsk (1939) Dès le début de l’occupation, les juifs organisèrent un « comité juif d’assistance mutuelle », qui bientôt, par ordre des Allemands et en vue de faire respecter leurs directives fut transformé en Judenräte. Tous les Juifs tombèrent sous la coupe d'ordres sans nombre et discriminatoires. En premier lieu, ils durent sous peine de mort, porter l’étoile de David en brassard, puis bientôt l’étoile jaune sur le dos et sur la poitrine. Il fut interdit aux Juifs de marcher sur les trottoirs sous peine de mort, et ils devaient ôter leur chapeau devant tout Allemand croisé en chemin. Chaque jour, il était procédé à l’arrestation et la fusillade de Juifs. De plus la communauté juive devait payer des «contributions» sous forme de bijoux, d’argent, de vêtements et même de savons.

Le , les Allemands fusillèrent Sophia Taïts et Khana Geller. Le furent tués 35 juifs parmi lesquels Histoire de la ville de Kletskhttp://jewage.org/wiki/ru/Article:История_города_Клецк_ru>РЕЭ|Клецкname=autogenerated5> Histoire de la ville de Kletsk История города Клецк, il faut compter Joseph Joukhovitskiy, Grigory Koval, G.A. Grigory, G.A. Taraboura, M. Rozenfeld. Beaucoup de juifs avaient travaillé au service de nettoyage des chevaux dans les casernes et furent fusillés parce qu'ils ne supportaient pas des travaux aussi durs ou parce qu'ils essayaient de s'enfuir. La veille du nouvel an juif, Roch Hachana, il fut ordonné aux juifs de ramener du centre du marché toutes les marchandises qui se trouvaient dans les hangars, 75 personnes étant affectées à cette charge. Koch et Neumann, sans aucune pitié massacrèrent ensuite ces travailleurs, si bien que le Judenräte rassembla des bijoux pour tenter d'amadouer, autant que faire se puisse, ces deux monstres. C'est un fait établi, que quand Neumann tombait sur une femme juive qui avait oublié de porter son étoile de David il l'emmenait dans une carrière de sable à l'extérieur de la ville (où furent plus tard tués de nombreux juifs de la ville), la violait puis la tuait.

Durant les trois premiers mois, les forces d'occupations ne distribuèrent aucun produit alimentaire et chacun devait trouver seul ses sources d'approvisionnement en nourriture. Chaque jour la situation des juifs empiraient, les provisions arrivaient à leur fin, et trouver de la nourriture devenait de plus en plus difficile.

À partir de les Juifs du raïon de Kletsk furent rassemblés dans un ghetto par les nazis Adamouchko :" sur les lieux d'extermination de la population civile des territoires de Biélorussie". Archives nationales de Biélorussie. Адамушко В. И., Бирюкова О. В., Крюк В. П., Кудрякова Г. А. «Справочник о местах принудительного содержания гражданского населения на оккупированной территории Беларуси 1941-1944». — Мн.: Национальный архив Республики Беларусь, Государственный комитет по архивам и делопроизводству Республики Беларусь, 2001. — 158 с. — 2000 экз. — .

Création du ghetto Le matin du , sur ordre du commandement allemand, le Judenrat envoya 34 juifs affectés soi-disant à la récolte des pommes de terre. Ces personnes furent amenées en camion à l'extrémité de la ville, dans le cimetière catholique dans la rue de Niasvij et furent tuées. Selon le témoignage de témoins : Ces sadiques allemands se saisirent de moi et me gardèrent deux heures à la Kommendatur, où se trouvait déjà un groupe de 36 juifs qui étaient traités sans pitié. Nous fûmes envoyés au cimetière catholique où il y avait un grand ravin. Ils nous donnèrent des pelles et ordonnèrent : “En une heure il faut creuser un trou pour vous les juifs !” Quand nous eurent terminé, ils ordonnèrent aux 36 Juifs : que par cinq les Juifs s'avancent d'un pas en avant, se déshabillent et rassemblent leurs vêtements : bottines, culottes et chemises. Celui qui ne faisait pas cela à la perfection était battu. Une fois déshabillés ils étaient obligés de s'allonger visage contre terre. Un des tueurs arrivait avec un pistolet, se tenait debout devant le corps du premier prisonnier et lui tirait une balle dans la tête. Puis il faisait de même avec tout le groupe. Nous six, nous devions faire tomber les corps dans la fosse et les allonger les uns à côté des autres. Et ainsi nous comblâmes le fossé avec tous les fusillés les uns après les autres. Certains étaient morts et d'autres seulement blessés.

Le tous les Juifs de Kletsk furent obligés de se faire enregistrer à la bourse du travail. La rumeur se répandit suivant laquelle un ghetto allait être organisé à proximité de la caserne près de la carrière de sable. À ce moment les Allemands préparaient déjà des fosses pour les fusillades de leur prochaine « action » (c'est par cet euphémisme que les nazis appelaient l'organisation des massacres de masse). Le soir du l'ordre fut donné à tous les Juifs de se trouver le lendemain matin à six heures sur la place du marché, sans rien emporter. Le matin du la foule des Juifs qui était arrivée fut placée en rangs. De manière imprévue, des camions étaient arrivés transportant des soldats lituaniens collaborateurs qui entouraient toute la place et qui se mirent à séparer les Juifs par groupes. Un des groupes d'environ personnes dut rester sur la place du marché, un second groupe d'environ personnes fut mené dans le bâtiment de la Grande Synagogue. De ce groupe furent retirés les artisans et les ouvriers spécialisés. À l'entrée de la synagogue, le commandant Koch contrôla personnellement ceux qui étaient amenés et séparé environ 500 personnes, surtout des vieillards et les renvoya au marché. Ceux qui restaient, soit environ personnes furent enfermés dans la synagogue sous la garde de collaborateurs biélorusses et de Baltes lituaniens.

Il restait finalement Juifs sur la place du marché Histoire de la ville de Kletsk http://jewage.org/wiki/ru/Article:История_города_Клецк_ru>РЕЭ|Клецк. Par groupes de 100 et plus, ces personnes furent conduites du côté du cimetière catholique, où avaient été creusées auparavant trois fosses de de long sur de large. Les témoins se souviennent : « Les gens étaient obligés de se déshabiller. On les fouillaient à la recherche d'argent, d'or et de bijouterie. Puis on les chassait dans les fossés et on les obligeait à se coucher face contre terre, puis on les fusillait. » Ceux qui n'avaient plus la force de bouger parce qu'ils étaient vieux ou malades étaient tués sur place dans la rue, puis leur corps était jeté sur une charrette et conduit à la fosse. Finalement on recouvrait de terre ceux qui étaient morts mais aussi ceux qui n'étaient que blessés. Quelques Juifs tentèrent de s'enfuir, d'autres opposèrent de la résistance. Ayzik Katsev mit fin à ses jours près des fossés. Les Allemands jusqu'au bord du fossé promettaient la vie sauve à qui leur donnerait de l'or ou de l'argent. Quelques Juifs s'exécutèrent pour donner de l'argent, mais ils furent aussi tués ensemble avec en tout les autres.

Des forces de la Wehrmacht prirent également une part active à ce massacre des Juifs le 27-К. Козак. Германский оккупационный режим в беларуси и еврейское население(Kozak: extermination des populations juives pendant l'occupation allemande de la Biélorussie). Le général von Bechtolsheim qui était à la tête de la division d'infanterie dirigea les opérations mobiles de tueries des Juifs. La division, qui ne comptait que deux régiments était déployée de Baranavitchy à Minsk. À l'intérieur de l'ancien territoire soviétique, il employa des éléments du bataillon de réserve de la police. Ils étaient assistés par des compagnies de la police lituanienne. Du début au début il fit exécuter les Juifs des villages de Sloutsk, Kletsk, Smilovitchi, Rudensk, Smolevitchi, Kliniki et Koydanov. Le bilan de ces opérations en Biélorussie fut de victimes : partisans et criminels en majorité juifsLes actions de Sloutsk et de Kletsk coûtèrent ensemble la vie à Juifs.

Après la guerre, des documents allemands furent trouvés, suivant lesquels dans le rapport du commandement du Reichskommissariat Ostland à Riga était indiqué : « Lors de l'opération de nettoyage (Säuberungsaktion) sur le territoire de Sloutsk-Kletsk le bataillon de police avait fusillé Juifs » Raul Hilberg : La destruction des Juifs d'Europe I. Édition Gallimard (folio histoire) 2006 Voir le rapport mensuel de l'officier d'opération de von Bechtolsheim (von der Osten) appendice 4, 11 novembre 1941 ; Archives fédérales allemandes RH 26-707/2

Le soir de ce jour du , le commandant Koch arriva à la synagogue, montra aux Juifs restant en vie les plans du nouveau ghetto et ordonna que les maisons soient occupées chacune par 34 personnes. Quelques-uns essayèrent de retourner secrètement dans leurs habitations antérieures pour prendre quelques vêtements et un peu de nourriture, mais une partie d'entre eux fut tuée par les policiers biélorusses. Le ghetto fut entouré de barbelés et sévèrement gardé. Les affaires qui restaient dans les maisons des Juifs fusillés furent prises et partagées entre les Allemands. Ceux-ci envoyèrent aussi une partie en Allemagne, quant aux meubles ils les vendirent à vil prix aux habitants locaux.