Iko Iko est une chanson de La Nouvelle-Orléans qui raconte la confrontation des parades de deux tribus d'Indiens de Mardi gras. La chanson, originellement intitulée Jock-A-Mo, a été écrite en 1953 par James « Sugar Boy » Crawford à La Nouvelle-Orléans. L'histoire raconte qu'un « Spy Boy » (c'est-à-dire le guetteur d'une des deux tribus) rencontre le « Flag Boy » (le porte-enseigne) d'une autre tribu et menace de mettre le feu à son étendard.

Crawford a mis les phrases chantées par les Indiens de Mardi gras en musique, il déclara n'avoir aucune idée de ce que les paroles signifiaient, mais que celles-ci étaient , et alors le président de Checker Records Leonard Chess, ayant mal saisi, écrivit sur le disque.

Jock-A-Mo est la version originale de la chanson Iko Iko enregistrée par The Dixie Cups en 1965. Leur version est presque accidentelle : elles étaient en studio d'enregistrement à New York, quand elles commencèrent une version impromptue d'Iko Iko accompagnées seulement de percussion jouée sur les cendriers du studio.

Droit d'auteur The Dixie Cups, qui avaient entendu leur grand-mère chanter Iko Iko, n'en connaissaient pas les auteurs, c'est pourquoi les membres du groupe sont crédités : Barbara Ann Hawkins, sa sœur Rosa Lee Hawkins et leur cousine Joan Marie Johnson.

Après la publication de la version des Dixie Cups en 1965, le groupe et leur label ont été poursuivis en justice par James Crawford selon qui Iko Iko était la même chanson que son Jack-A-Mo. La procédure se termina sur un en 1967 aux termes duquel Crawford n'était ni l'auteur ni le propriétaire de Iko Iko, mais est crédité 25 % pour les exécutions publiques (par exemple à la radio) dIko Iko aux États-Unis. Bien que la comparaison des deux chansons démontre qu'elles sont identiques, Crawford prit l'arrangement, fatigué d'années de procédure sans royalties. À la fin, il déclara : .

Dans les années 1990, les Dixie Cups réalisèrent que d'autres gens se réclamaient comme auteurs d'Iko Iko. Leur ancien manager Joe Jones et sa famille avaient déposé un copyright en 1991, alléguant qu'il avait écrit les paroles en 1963. Joe Jones parvint à déposer Iko Iko hors d'Amérique du Nord ; c'est donc lui qui est crédité sur la bande originale de Mission impossible 2 en 2000. Les Dixie Cups attaquèrent Joe Jones en justice, le procès se déroula à La Nouvelle-Orléans. Le , le jury unanime affirma que les Dixie Cups étaient les seules parolières d'''Iko Iko et leur accordèrent plus d'argent qu'elles en demandaient. La cour d'appel des États-Unis pour le cinquième circuit condamna Joe Jones en appel.

Interprétations

La chanson est régulièrement interprétée par des artistes de La Nouvelle-Orléans tels que The Neville Brothers, Larry Williams, Dr. John, The Radiators, Willy DeVille, Buckwheat Zydeco ou Zachary Richard, on l'entend souvent dans les rues et les bars de La Nouvelle-Orléans, particulièrement pendant le mardi gras.

Elle a été reprise par Cyndi Lauper (sur son deuxième album studio, True Colors (1986) et elle suit immédiatement après la chanson What's Going On), les Grateful Dead (qui en ont fait un incontournable de leurs spectacles depuis 1977), , Warren Zevon, Long John Baldry, Dave Matthews & Friends, The Ordinary Boys, Glass Candy, et Sharon, Lois & Bram, Pow woW, entre autres. Amy Holland a repris la chanson sur la bande originale du film K-9, Aaron Carter l'a reprise sur celle de The Little Vampire et en a fait un clip. The Dixie Cups l'ont interprété sur la bande originale de La Porte des secrets et la reprise par The Belle Stars figure dans les films Rain Man, Knockin' on Heaven's DoorKnockin' on Heaven's Door (1997) - Soundtracks et Very Bad Trip. Justine Bateman, Julia Roberts, Britta Phillips et Trini Alvarado l'interprètent dans le film de 1998 Satisfaction. Une version plus récente de Zap Mama, avec des paroles ré-écrites figure au générique de début de Mission impossible 2.

En 1965, Rolf Harris enregistra une version avec des paroles légèrement modifiées, en enlevant les références au « Flag Boy » et les autres régionalismes, tout en gardant une grande partie des paroles en créole louisianais et en faisant une sorte de scat absurde. Cette version rendit le chant populaire en Angleterre et en Australie dans les années 1960.

En 1967, Julie Dassin en enregistra une version française sous le titre Aïko Aïko.

La version qui eut le plus de succès au Royaume-Uni est celle de Natasha England, qui atteignit le top 10 en 1982. Sa version, sortie la même semaine que celle de The Belle Stars, se vendit nettement mieux que la compétition. La version de The Belle Stars sortit aux États-Unis en 1988, où elle atteignit la au Billboard Hot 100 en , dépassant la version des Dixie Cups.

Version de Justin Wellington et Small Jam

Description Le chanteur de Papouasie-Nouvelle-Guinée Justin Wellington enregistre une version d'Iko Iko avec le groupe des Îles Salomon Small Jam en 2017, sous le nom dIko Iko (My Bestie). La chanson sort en single le et connaît le succès en 2021 après être devenue virale sur TikTok. Cette version change beaucoup de paroles et possède des sections inédites, mais garde le chœur original. Elle est par la suite ajoutée en tant que danse TikTok dans Fortnite Battle Royale.

Classements hebdomadaires Classements (2021) Meilleureposition (Canadian Hot 100)49 (Digital Songs)1

Certifications

Paroles Les linguistes et les historiens ont proposé de nombreuses origines au couplet apparemment absurde, qui laisse penser que les paroles proviennent d'un mélange culturel.

Selon le linguiste Geoffrey D. Kimball, les paroles de la chanson dérivent en partie de , langue vernaculaire amérindienne morte, pidgin de Choctaw et de Chickasaw et utilisée par les Amérindiens du Sud-Est, les Afro-Américains et les colons Européens. Dans cette langue, (interprété comme ) est une phrase courante signifiant .

Si le refrain est en créole louisianais, il peut se traduire comme suit : En créole louisianais :En français : Eh là ! Eh là ! Écoutez, écoutez tous Tout notre amour a fait naître un nouveau roi Tout notre amour l'a fait arriver

En 2009, dans un article du magazine américain OffBeat'', le linguiste social ghanéen Evershed Amuzu affirme que le refrain est , témoignant de schémas sonores d'Afrique de l'Ouest. L'article note que la formule , souvent doublée en est courante chez les Akan et les Ewe — peuples des actuels Togo, Ghana et Bénin — et qui signifie ou . Ces deux peuples ont été largement vendus comme esclaves, souvent vers Haïti — qui servait d'étape vers la Louisiane. Les Ewes sont considérés comme ayant apporté la culture d'Afrique de l'Ouest en Amérique, et en particulier les rites Vaudou en Haïti et à La Nouvelle-Orléans.

Le musicologue a soutenu l'idée que le refrain plonge ses racines dans la culture des esclaves d'Haïti, considérant que les rythmes des Indiens de Mardi gras sont impossibles à distinguer des rythmes Kata haïtiens. Il note également que est un nom répandu chez les Taïnos, qui habitaient Haïti au début de la traite des esclaves.

En 1991, Sybil Kein proposa, lors d'une conférence à la New Orleans Social Science History Association, une traduction du refrain à partir du yoruba et du créole : Langue de code ! Dieu veille Jacouman provoque, nous serons émancipés Jacouman l'exhorte, nous allons attendreEn anglais : .

Utilisation au cinéma Cette chanson est utilisée dans le film Rain Man de Barry Levinson (1988) ainsi que dans Mission impossible 2 de John Woo (2000) et également dans Alvin et les Chipmunks : À fond la caisse (2015).

Notes et références Notes

Références

Catégorie:Chanson sur La Nouvelle-Orléans Catégorie:Chanson de 1953 Catégorie:Chanson interprétée par les Dixie Cups Catégorie:Single publié par Red Bird Records