La famille de Jouffroy d’Abbans, anciennement Jouffroy, est une famille subsistante de la noblesse françaiseRégis Valette, Catalogue de la noblesse française, Edition Robert Laffont, 2007, page 106., originaire de Franche-Comté dont La filiation suivie remonte à Perrin Jouffroy, marchand de Luxeuil, anobli en 1444 par lettres du duc de Bourgogne. Elle est avec la branche de Jouffroy-Gonsans l'une des deux seules branches subsistantes de la famille de Jouffroy. Elle donna notamment le marquis Claude François de Jouffroy d'Abbans (1751-1832) un des premiers inventeurs de la navigation à vapeur.

Histoire La famille de Jouffroy a une filiation prouvée qui remonte à Perrin Jouffroy, marchand de Luxeuil qui vint se fixer vers 1435 à Besançon et fut anobli par lettres de Philippe le Bon en 1444.

Des auteurs anciens ont relié cette famille à un Jean dit Jouffroy, seigneur de Bletterans, dont le testament est mentionné en 1347 dans les testaments de l'officialité de BesançonR. de Lurion, Nobiliaire de Franche-Comté, 1890, page 414. mais cette origine a été contestée lorsque le chef de la branche d’Abbans fit une demande et présenta ses preuves en 1782 pour les honneurs de la CourAnnuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe, 1894, page 453..

Au , certains auteurs, partant d’une ressemblance d’armoiries (fascé d’or et de sable de six pièces), ont écrit que la famille de Jouffroy serait issue de la famille de Ria en Cerdagne espagnole, dont une branche se serait fixée en Franche-Comté à une époque inconnueJ. C. Alfred Prost, Le marquis de Jouffroy d'Abbans: inventeur de l'application de la vapeur à la navigation, E. Leroux, 1889, page 25., mais il n’existe aucune preuve à cela, la filiation suivie de la famille de Jouffroy ne remontant pas au-delà de Perrin Jouffroy, marchand à Luxeuil, qui s’installa à Besançon en 1435.

À l'époque contemporaine, ces origines ne sont plus retenues :

Sylvain Pidoux de la Maduère dans ses Notices généalogiques (1963) écrit « les documents ne prouvent pas que les Jouffroy, de Luxeuil soient issus de l’ancienne famille Jouffroy, de Bletterans. Cette filiation serait essentiellement prouvée par l’acte du , aux termes duquel Huguenin de Jouffroy, écuyer, demeurant à Luxeuil, donne son approbation au mariage de Perrin Jouffroy, son fils, avec Jeannette de Savigny. Or nous savons que Jeannette de Savigny épousa en effet, mais bien plus tard, Perrin Jouffroy, puisqu’en 1421 et 1424 elle était encore mariée à Jean Prévost. S’ensuit la certitude qu’on se trouve ici en face d’un faux. Tout ce qui en découle est donc sujet à caution.»Sylvain Pidoux de la Maduère, Notices généalogique page 115..

Il indique que l'on trouve très anciennement des Jouffroi à Luxeuil<Sylvain Pidoux de la Maduère, Notices généalogique , 1951 page 116. : Jean Joffridi, notaire à Faucogney teste en 1358 ; Pepin Joffridi, bourgeois de Luxeuil teste en 1366 ; Jean Joffridi est signalé en 1388 au testament de Richard Séchal, de Vy.

Il écrit que la filiation suivie de la famille de Jouffroy commence avec Perrin Jouffroy, marchand de Luxeuil, fils de Jeannette Hinzelin, qui s’établit en 1435 à Besançon où il fera une fortune considérable. Il est au nombre des notables de la ville de Besançon le et des quatorze gouverneurs le . Il participera à la lutte de la Cité contre son archevêque, ce qui lui vaudra une excommunication temporaireFrançois-Alexandre Aubert de La Chesnaye-Desbois, Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l'histoire & la chronologie des familles nobles de France, seconde édition (1774) tome VIII, page 251.. Co-gouverneur de Besançon, il est anobli par lettres de Philippe le Bon en 1444Henri Jougla de Morenas, Grand Armorial de France, tome 4, 1939, page 354..

Le baron de Woelmont de Brumagne dans ses notices généalogiques (1923) indique que selon Chérin la famille de Jouffroy est issue de Perrin Jouffroy «marchand et fils de marchand à Luxeuil, anobli par lettres signées de Philippe le Bon, duc et comte de Bourgogne, au mois de (enregistrées le ), et données à la sollicitation de Jean Jouffroy, fils dudit Perrin, qui de simple religieux bénédictin, était parvenu aux dignités d’évêque et de cardinal»Henry de Woelmont, Notices généalogiques, deuxième série, 1923, page 405..

Henri Jougla de Morenas dans le Grand Armorial de France (1939) fait remonter la famille de Jouffroy à Perrin Jouffroy, anobli en 1444 par lettres du duc de Bourgogne et qui eut entre autres: Jean Jouffroy (1412-1473), évêque d’Arras et d’Albi, il remplit différentes ambassades pour le duc de Bourgogne, conseiller du roi Louis XI, et Pâris Jouffroy qui de son mariage vers 1444 avec Pierrette Maillardet fut à l’origine de plusieurs branches qui donnèrent les familles de Jouffroy-Gonsans (subsistante), de Jouffroy d’Uzelles (éteinte en 1785), de Jouffroy-Novillars (éteinte en 1760) et de Jouffroy-d’Abbans (subsistante).

Régis Valette dans son Catalogue de la noblesse française (2007) indique que la famille de Jouffroy fut anoblie en 1444.

La branche de Jouffroy d’Abbans a pour auteur Jacques de Jouffroy, seigneur de Marchaux et d’Abbans, second fils de Pâris Jouffroy et de Pierrette Maillardet, marié en 1484 Anne de Joux, dernière descendante de sa maison et héritière de la seigneurie et du château d'Abbans, qui passèrent dans la famille de Jouffroy. Depuis cette époque, le château d’Abbans est resté dans la descendance de la famille de Jouffroy d’Abbans.

La famille de Jouffroy d’Abbans compta de nombreux officiers qui au cours des siècles se distinguèrent dans la carrière des armes, d’abord au service de la maison de Habsbourg, souverains du Comté de Bourgogne puis des rois de FranceNicolas-Antoine Labbey de Billy, Histoire de l'Université du comté de Bourgogne, tome 2 page 3, Éditeur : C.-F. Mourgeon, Besançon, 1815.

Plusieurs de ses membres furent chevaliers de l'ordre de Saint-Georges de Bourgogne et de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis.

Lors du siège défensif de Lille en automne 1708, Claude François de Jouffroy d'Abbans (1682-1771) se distingua aux côtés du maréchal de Boufflers, aussi, par lettres patentes de enregistrées le , Louis XIV érigea en sa faveur ses terres d'Abbans, Villars-Saint-Georges et dépendances en marquisat de Jouffroy d'AbbansSylvain Pidoux de la Maduère, Notices généalogique page 142..

Branches établies hors de France Branche fixée au Brésil en 1820 Au début du , Jean-Charles-Gabriel de Jouffroy d'Abbans (1788-1820), troisième fils du marquis Claude François Dorothée de Jouffroy d'Abbans (1751-1832), inventeur des bateaux à vapeur, épousa N. Marmillon, fille de l'artisan d'Abbans qui avait aidé son père dans ses constructions et s'embarqua au Havre le pour chercher fortune au Brésil. Il mourut à Fejoca en 1826 à 38 ans, laissant son fils Louis (né en 1817), alors âgé de 9 ans, à la charge de son épouse qui lui survécut une vingtaine d'années au Brésil « n'ayant rien pour vivre ». En 1894 son fils, Luiz de Jouffroy d'Abbans vivait alors « dans la plus profonde misère » à Villaciosa, dans la province de Bahia. On ignore s'il eut des descendants.

Branche fixée en Angleterre en 1940 Une descendance portant le nom de Jouffroy d'Abbans se fixa en 1941 en Angleterre avec Jacqueline de Jouffroy d'Abbans (née le 20.01.1918 et décédée en 1996 à Kingsclere, Hampshire, Angleterre) fille du marquis Marie Joseph Albert de Jouffroy d'Abbans (né en 1874) et de Clémentine DiègheAbbé Sylvain Pidoux de la Maduère, Notice généalogiques, 2e série, 1964, page 151.Thepeerage page 228777.Mosley, Charles, editor. Burke's Peerage, Baronetage & Knightage, 107th edition, Wilmington, Delaware, U.S.A.: Burke's Peerage (Genealogical Books) Ltd, 2003, volume 1, page 1335..

Jacqueline de Jouffroy d'Abbans fut la mère de Jean Williams Charles de Jouffroy d'Abbans (né en 1941, décédé en 1992 à Hampshire, Angleterre), qui eut deux filles : Anoushka Jacqueline de Jouffroy d'Abbans (née en 1976) et Rosanna Katharine de Jouffroy d'Abbans (née en 1978)Genes Reunited. qui portent de nos jours le nom Jouffroy d'Abbans en Angleterre.

Jacqueline de Jouffroy d'Abbans épousa ensuite en 1952, le major Thomas Sidney Astell, dont Isabelle Jacqueline Laline Astell (née en 1955 à Bruxelles), mariée en 1982 à Merlin Sereld Victor Gilbert Hay, 24e comte of ErrollThepeerage page 4632..

Personnalités Jean Jouffroy (1412-1473), d’abord aumônier du duc de Bourgogne qui lui confie plusieurs ambassades dont celle auprès du Pape Nicolas V, il est nommé abbé de Luxeuil en 1450, évêque d'Arras en 1453, et légat en France du Pape Pie II en 1459. Conseiller du roi Louis XI vers 1460, il est créé cardinal en 1461 et nommé évêque d'Albi en 1462. Il devient abbé de Saint-Denis en 1464. À son décès son corps est embaumé et inhumé dans la cathédrale d'AlbiCharles Fierville, Le cardinal Jean Jouffroy et son temps, Librairie Hachette, Paris (1874).. Hélion Jouffroy (†), neveu du précédent, clerc du diocèse de Besançon et docteur en droit civil, chanoine et grand chantre de la cathédrale Notre-Dame de Rodez, en date du , puis prévôt de la cathédrale Sainte-Cécile d'Albi et du chapitre collégial de Saint-Salvi d'Albi; héritier d'une bonne partie de la fortune de son oncle, il fonde le couvent des chartreux de Rodez à partir de 1511, puis de celui du nouvel ordre des annonciades à partir de 1515 . Claude de Jouffroy d'Abbans (1751-1832), inventeur de la navigation à vapeur. D’abord lieutenant au régiment de Bourbon-Infanterie, une altercation avec le comte d’Artois lui vaut en 1772 une lettre de cachet pour être emprisonné pendant deux ans au fort Royal sur l’île Sainte-Marguerite (archipel de Lérins). De sa cellule, il observe le passage des galères, cette observation serait à l’origine de sa recherche pour l’application de la vapeur à la navigationNicolas François Louis Besson, Claude Jouffroy, inventeur de la navigation à vapeur. Annales Franc-Comtoises, Volume 2, page 452 Imprimerie Jacquin, Besançon (1864. Architecte naval et ingénieur il fut l’inventeur et le constructeur des premiers bateaux à vapeur, avec le Palmipède (1776 à Baume les Dames), le Pyroscaphe (1783 à Lyon) et le Charles-Philippe (1816 à Paris-Bercy)J. C. Alfred Prost, Le Marquis de Jouffroy d'Abbans : inventeur de la vapeur appliquée à la navigation, Edit. Ernest Leroux, Paris 1889. Claude Balthazar de Jouffroy d’Abbans (1757-1792), frère cadet du précédent. Garde du corps du roi, il fut chargé d’arrêter le cardinal de Rohan lors de l'affaire du collier de la reineSylvain Pidoux de la Maduère, Notices généalogique page 148 (1951).. Achille de Jouffroy (1785-1859), fils de Claude François Dorothée de Jouffroy d'Abbans. Ingénieur dans les forces maritimes du royaume d'Italie, directeur pendant deux ans des mines de plomb de Vice Novo puis commissaire de guerre du corps d'armée à Udine, il revint en France en 1814 et suivit Louis XVIII à Gand en 1815 et le nomma chevalier de la légion d'honneur. Directeur de la « Gazette de France » de 1816 à 1823 et auteur des Fastes de l'anarchie sur la Révolution, après la chute de Charles X, il se retira à Londres, où il publia le journal "La Légitimité" dont la publication fut interdite en France. Il abandonna ensuite la politique et retourna en France où il fit breveter plusieurs inventions dont en 1843, un système de chemin de fer comportant un troisième rail à crémaillère. En 1856, le gouvernement sarde lui demanda un projet de chemin de fer à travers les Alpes par le Mont Cenis, il se rendit pour cela en Italie, mais mourut à Turin le . Joseph de Jouffroy d'Abbans (1820-1903), petit neveu de Claude François DorothéePar son père Agricole Louis Venceslas (1784-1837) et son grand-père Claude Baltazar., député du Doubs de 1889 à 1897.