Hans-Olaf Henkel, né le à Hambourg, est un directeur d’entreprise, essayiste et homme politique allemand. Il exerce diverses fonctions en tant que chef d'entreprise, puis est entre 1995 et 2000 président du Bundesverband der Deutschen Industrie (BDI, la confédération patronale allemande). Il est d'autre part, de 2001 à 2005, président de la Leibniz-Gemeinschaft, une société scientifique.
De 2013 à 2015, il est membre du parti eurosceptique Alternative pour l'Allemagne (AfD) et est élu député européen sur les listes de ce parti en 2014.
Biographie Vie privée et formation À l’âge de cinq ans, Hans-Olaf Henkel perd son père, qui a été avant la Seconde Guerre mondiale représentant général pour le compte de l’industrie papetière, et qui meurt en Hongrie vers la fin de la guerre. Orphelin de père, il grandit à Poppenbüttel, dans la banlieue nord de Hambourg, auprès de sa mère et de ses grands-parents. Son beau-père est le chanteur populaire Richard Germer (1900–1993), alors fort prisé de la population hambourgeoise..
Après avoir fréquente un total de quatorze écoles différentes, et obtenu la mittlere Reife (certificat d’études moyennes délivré à l’issue de dix années de scolarité), il accomplit chez la firme Kuehne + Nagel à Hambourg un stage d’apprentissage en vue du titre d’expert en services logistiques. À partir de 1960, il suit, en cours du soir, à l’université des Sciences économiques et politiques de Hambourg (Hamburger Universität für Wirtschaft und Politik, anciennement Académie d'économie sociale, établissement à l’époque encore proche du monde syndical) des formations en gestion d’entreprise et en macroéconomie, ainsi qu’en sociologie.
En 2004, il divorce de sa femme Marlene, avec qui il a eu trois enfants. Il convole en secondes noces avec la professeure d’université Bettina Hannover en 2005Ein Jahr nach der Scheidung hat Hans-Olaf Henkel seine Allerliebste geheiratet B.Z.-Berlin du 21 septembre 2005. Il est le père de deux fils et de deux filles..
Parcours professionnel Il entre au service d’IBM Allemagne en 1962, exerce diverses fonctions de gestion au sein de l’entreprise, avant d’être nommé en 1987 président du comité de direction. De à , il est PDG d’IBM Europe, Moyen-Orient et Afrique, dont le siège est établi à Paris. De 1995 à 2000, il est (à titre bénévole) président de l’organisation patronale Bundesverband der Deutschen Industrie (litt. Fédération professionnelle de l’industrie allemande, en abrégé BDI, équivalent allemand du MEDEF en France), et se signale bientôt par son franc-parler et ses points de vue controversés.
Entre 2001 et 2005, Henkel est président de la société scientifique Leibniz-Gemeinschaft. Lorsque le chimiste Ernst Theodor Rietschel prend sa succession en , une nouvelle espèce de papillon, le Bracca olafhenkeli, est, en guise de cadeau d’adieu, nommé en son honneur.; l’on institua en outre le prix Hans-Olaf-Henkel, destiné à récompenser à intervalles de deux ans une action remarquable en matière de politique scientifique, dont le premier lauréat est en 2007 Benno Parthier, ancien président de la Leopoldina.
Depuis 2006, Henkel conseille la Bank of America en tant que senior advisor pour l’aire germanophone, concourant ainsi à consolider la position de cette banque sur le marché allemand des investissements..
Henkel est membre des conseils de surveillance de Bayer AG (Leverkusen), de Continental AG (Hanovre), de la DASA (Munich), de SMS GmbH (Düsseldorf), de Ringier AG (Zofingue, Suisse) et de Heliad Equity Partners (Francfort-sur-le-Main et Zurich). Henkel est également membre du comité de gestion de la Ligue allemande des familles (Deutscher Familienverband).
Depuis , il enseigne comme professeur agrégé à la chaire de gestion internationale d’entreprise de l’université de Mannheim, y dispensant des cours de Management dans un monde globalisé..
Activité politique
Engagement en faveur des droits de l’homme
Hans-Olaf Henkel est depuis 1996 membre de l’organisation de défense des droits de l’homme Amnesty International (AI), à laquelle il reverse volontairement le montant des recettes tirées de la vente de ses livres et de ses prestations dans les médias.. En outre, à l’occasion de son anniversaire, il fait don à AI de , somme assortie de la prière « de renforcer les efforts en faveur des droits des femmes, surtout dans le monde musulman ». En revanche, il répudie le droit au travail, inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l'homme, au motif que ce droit, au même titre que le vie éternelle, n’est pas susceptible d’être garanti.
Henkel s’efforce d’améliorer la situation des droits de l’homme à Cuba et tente en particulier d’y obtenir l’abolition de la peine de mort. Il a à cet effet des entretiens réguliers avec Fidel Castro; cependant, le dialogue avec Castro est rompu en 2003, lorsque celui fait incarcérer 75 dissidents et lève le moratoire sur la peine de mort, conduisant à l’exécution de trois hommes reconnus coupables de terrorisme. Henkel protest contre cette pratique..
Henkel s’érige aussi en défenseur de l’artiste chinois persécuté Ai Weiwei, lançant en 2011 le dénommé appel de Berlin, dans lequel est exigée la libération de l’artiste, alors emprisonné dans un lieu non identifié... Dans le même contexte, Henkel critique le peu d’engagement en faveur des droits de l’homme et de la démocratie dont feraient preuve selon lui les entreprises allemandes implantées en Chine..
Henkel se dit convaincu que, quel que soit le pays, le libre-échange et l’économie de marché entraînent nécessairement une amélioration de la situation des droits de l’homme et une consolidation des droits démocratiques...
Combat électoral et travail parlementaire
Dès avant d’être cofondateur de l’association eurocritique Wahlalternative 2013, Henkel appuyait déjà l’association Freie Wähler, lorsque celle-ci était encore opposée à l’euro. Dans son billet hebdomadaire Henkel Trocken, il ne cessait d’émettre des jugements critiques sur la politique de sauvetage de l’euro menée par le gouvernement fédéral allemand. En 2013, il se proposait, conjointement avec Hubert Aiwanger et Stephan Werhahn, de conduire les Freie Wähler au BundestagLa campagne anti-euro des Freie Wähler Welt Online du 30 mai 2012. S’il soutint le FDP lors des élections parlementaires anticipées de 2005La campagne électorale du FDP pour l’élection du Bundestag 2005 (PDF, S. 20; 1,3 MB), en en revanche, il jugeait le FDP promis à un piètre avenir étant donné l’« aversion pour le principe du libéralisme » qu’aurait ce parti.
En 2013, Henkel est l’un des fondateurs de Wahlalternative 2013, qui donnera naissance ensuite au parti politique Alternative pour l'Allemagne (Alternative für Deutschland, AfD)zu den Gründern zählen u. a., Wahlalternative 2013, consulté le 20 septembre 2012.. On apprit en que quelques semaines auparavant Henkel avait rejoint l’AfD et qu’il souhaitait figurer sur la liste des candidats en vue des élections européennes de 2014Adhésion remarquée : Henkel rejoint le parti Alternative pour l’Allemagne, Focus, le 8 janvier 2014.. Il occupa effectivement la deuxième place sur la liste des candidats de l’AfD pour les européennes de 2014, et fut nommé en outre, lors du congrès du parti en mars, porte-parole suppléant du parti.
En 2014, Henkel est élu membre du Parlement européen, où il est président suppléant de la Commission de l'industrie, de la recherche et de l'énergie (ITRE) et membre de la Sous-commission des droits de l'homme (DROI). Il est en outre membre suppléant de la Commission des affaires étrangères du Parlement européen (AFET) et membre de la Délégation (allemande) aux relations avec le Japon (D-JP) et de la Délégation aux relations avec la république populaire de Chine (D-CN).
Le , il décide de quitter l'AfD à la suite de l'élection de Frauke Petry à la tête du parti.
Après avoir rempli son mandat de cinq ans, il ne se représente pas en 2019.
Prises de position politiques Dans ses écrits et lors de ses apparitions publiques, Hans-Olaf Henkel défend des points de vue favorables au libéralisme économique et à une politique centrée sur l’offre, se faisant en particulier l’avocat de la mondialisation, se prononçant pour la réforme du fédéralisme en Allemagne (entrée en vigueur en 2006), prônant « moins d’État dans l’État » et plus de « compétition », et fustigeant « l’égalitarisme à outrance » (GleichmachereiPeut aussi se comprendre comme uniformisation à outrance (à propos de choses)). Concernant la mondialisation, il utilise souvent, lors de ses conférences, l’image du « triangle sympathique », dont les côtés figurent l’économie de marché, la démocratie et les droits de l'hommeHans-Olaf Henkel: Das sympathische Dreieck, NZZ Podium du 4 février 2010 (PDF; 51 kB). Il préconise de réduire à un minimum l’État-providence et de baisser les impôts. L’évolution vers une union monétaire européenne telle que voulue et promue jusqu’ici n’est pas propice à l’intégration de l’Europe, mais conduit selon lui plutôt vers une sorte d’UERSS..
En Allemagne, il est fréquemment sollicité à intervenir dans des émissions-débats politiques à la radio ou à la télévision en tant qu’interviewé et invité, ou à titre de membre fondateur du Konvent für Deutschland, association parrainée par de grandes entreprises, des fondations privées et des particuliers, laquelle association, selon ce qu’elle affirme elle-même, œuvre, sous la direction de l’ancien président fédéral Roman Herzog, pour une « réforme de la capacité de réforme » de l’Allemagne. Il est en outre un collaborateur extérieur régulier du quotidien Handelsblatt, pour lequel il rédige chaque lundi un billet appelé Henkel Trocken (qu’on pourrait traduire par Henkel crûment, sans ambages)., de l’hebdomadaire Focus, et des quotidiens Die Welt et Hamburger Abendblatt. Enfin, il a écrit des articles pour le compte de Bild et de Junge Freiheit..
En 2008, dans le souci que soient créées, dans un système à cinq partis, des conditions de gouvernement un tant soit peu stables, Henkel appela de ses vœux l’instauration du scrutin uninominal majoritaire à deux tours majoritaire en République fédérale d’AllemagneHenkel für Mehrheitswahlrecht, stern.de, février 2008.
En , par la voie d’une lettre ouverte, Henkel remercia Thilo Sarrazin, alors codirecteur de la Banque fédérale d'Allemagne, pour l’entretien très controversé qu’il avait accordé au pendant allemand de la revue Lettre internationale ; Henkel y assura qu’il soutenait sans restriction aucune (Ich unterstütze ohne jedes Wenn und Aber) les thèses de Sarrazin et qu’y compris les formulations utilisées par celui-ci ne lui paraissaient nullement déplacées (Er hat sich auch in der Ausdrucksweise nicht vergriffen)Lettre ouverte de Henkel à Thilo Sarrazin, welt.de, septembre 2009.
En , dans un article paru dans Focus, Henkel proposa, pour faire face à la crise de la dette dans plusieurs pays d’Europe (Grèce d’abord, puis Irlande et Espagne), de scinder l’euro en deux unités monétaires distinctes; il y aurait ainsi un euro nord dur, auquel devraient selon lui adhérer, outre l’Allemagne, des pays tels que les pays du Benelux, l’Autriche, la Finlande et également l’Irlande, et où l’on s’attacherait à respecter la stabilité de la devise et à maintenir une discipline budgétaire (Festhalten an Geldwertstabilität und Haushaltsdisziplin), à côté d’un euro sud mou, placé sous l’égide de la France et s’accordant avec « le penchant pour la dépense et le talent d’improvisation monétaire » (Ausgabenfreude und währungstechnisches Improvisationstalent) de ces pays.