La gendarmerie mobile est une subdivision d'arme de la Gendarmerie nationaleLe mot « gendarmerie », lorsqu'il désigne l'organisme d’État à caractère unique, e.g. dans les expressions « la Gendarmerie » ou « la Gendarmerie nationale », prend une majuscule comme cela est préconisé dans l'article sur les Wikipédia:Conventions typographiques, notamment au § Organismes uniques et au § Unités militaires ; dans les autres cas, il garde la minuscule, comme pour la « gendarmerie mobile » ou les « forces de gendarmerie ». française spécialisée dans le maintien ou le rétablissement de l'ordre. Dans ses missions quotidiennes, elle participe à la sécurité publique générale aux côtés de la gendarmerie départementale.
La gendarmerie mobile est composée d'environ Rapport public annuel de 2017 sur l'emploi des forces mobiles, Cour des comptes, février 2017, consulté le . Elle met en œuvre 116 escadrons dits "de marche" En général, dans les forces armées françaises, une unité (régiment, bataillon etc.) est dite « de marche » lorsqu'elle est constituée temporairement, souvent à partir d'éléments divers n'appartenant pas à la même formation organique, pour accomplir une mission particulière pendant une période donnée. Dans la Gendarmerie, le terme est également utilisé pour distinguer les unités tactiques des unités de soutien (escadron de marche vs escadron des services ; peloton de marche vs peloton hors rang etc.). De nos jours, pratiquement tous les escadrons de gendarmerie mobile sont des escadrons de marche – à l’exception de quelques escadrons de la région parisienne qui assurent des missions de sécurité et de soutien. Ces dernières unités ne se déplacent pas et ne sont pas engagées au maintien de l’ordre comme les escadrons de marche., ainsi que quelques unités spécialisées dans les missions de sécurité ou de soutien et la Musique de la gendarmerie mobile. Les personnels du Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) appartiennent également à la gendarmerie mobile.
Au sein de la Gendarmerie, la gendarmerie mobile est surnommée « la jaune » en raison de la couleur dorée de ses galons (historiquement, couleur des armes à pied)La gendarmerie départementale, elle est appelée « la blanche » en raison de la couleur argentée des siens (historiquement, couleur des armes à cheval). Les médias, ou plus rarement le grand public, utilisent parfois les termes de « gardes mobiles » ou plus rarement de « moblots » (ou mobleaus) pour qualifier les gendarmes mobilesCes deux termes proviennent de l'ancienne appellation de la gendarmerie mobile qui était « garde républicaine mobile » et, en remontant plus en amont, de celle de la garde nationale mobile au .
La création en 1921, de pelotons mobiles de gendarmerie au sein de la gendarmerie départementale répond à la prise de conscience du besoin d’une force de Gendarmerie spécialisée dans le maintien de l'ordre pour compléter l’action de la police et surtout pour éviter l’emploi de l’armée, avec tous les risques que celui-ci comporte (fraternisation avec la foule ou, à l'opposé, emploi d'une violence excessive).
En 1926, les pelotons mobiles prennent l'appellation de garde républicaine mobile (GRM). La GRM devient une nouvelle subdivision d'arme de la Gendarmerie nationale en 1927.
La GRM est dissoute après l'armistice de 1940 et remplacée en zone sud par la Garde, nouvelle formation principalement constituée d'anciens gendarmes mais qui est séparée de la Gendarmerie.
Réunie à nouveau à la Gendarmerie en 1944, elle prend l'appellation de garde républicainePendant cette période, la garde républicaine actuelle - qui fait partie de la même subdivision d'arme) s'appelle Garde républicaine de Paris qu'elle gardera jusqu'à ce que, par décret du , elle change de nouveau de nom pour devenir la gendarmerie mobile.
Force de réserve gouvernementale, son cœur de métier reste le maintien de l'ordre même si la loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure (LOPSI) du a encore renforcé son rôle et ses missions de sécurité générale.
En 2009, la Gendarmerie dans son ensemble est rattachée au ministère de l'Intérieur tout en conservant son statut militaire, des liens particuliers avec le ministère de la Défense et certaines missions à caractère militaire.
Jusqu'en 2015, il existait des unités de réserve de gendarmerie mobile (escadrons dérivés ou EDGM puis escadrons de réserve ou ERGM) mais ces unités ont été dissoutes lors de la fusion des réserves de la gendarmerie départementale, de la gendarmerie mobile et de la garde républicaine, les réservistes étant réaffectés au sein de compagnies de réserve territoriale (CRT).
C'était, en France, l'un des seuls métiers, avec celui de légionnaire, encore récemment interdit aux femmes, car seuls les emplois d'officiers leur étaient ouverts. L'intégration des sous-officiers féminins, a débuté en 2015 sous forme d'expérimentationDans son numéro 369 de septembre 2014, le magazine Gend'Info mentionne l'annonce par le directeur général de la Gendarmerie nationale (DGGN) le 9 juillet 2014 que la démarche de « préfiguration de la féminisation en gendarmerie mobile » serait lancée en avril 2015. Dans son numéro 375 de mars 2015, le magazine annonce l'intégration d'une trentaine de personnels féminins au sein des escadrons 11/1 (Satory), 21/2 (Mont-de-Marsan) et 11/5 (Sathonay-Camp) et avril et juin 2015 dans le cadre d'une première phase expérimentale devant s'achever à la fin du premier semestre 2016, et au terme de laquelle une évaluation sera conduite afin de « déterminer les modalités de sa généralisation »., puis a été confirmée en Généralisation de l'intégration des femmes dans les escadrons de gendarmerie mobile sur le site de l'Essor de la Gendarmerie, consulté le 22 juin 2016 http://lessor.org/generalisation-de-lintegration-femmes-escadrons-de-gendarmerie-mobile/.
Les escadrons de gendarmerie mobile et les compagnies de CRS sont désignés par l'appellation commune d'Unité de force mobile.
300px|thumb|Gendarmes mobiles lors d'une manifestation en 2013. 300px|thumb|Gendarmes mobiles lors d'une manifestation - années 1970.
Chronologie Unités temporaires aux Le terme « mobile » a été utilisé à de nombreuses reprises au cours des et pour qualifier des unités de Gendarmerie : colonnes mobiles, bataillons mobiles etc., mais ces unités ne s'étaient pas pérennisées.
Parmi ces unités temporaires, on peut citerHistorique de la Gendarmerie (guide de recherche) sur le site du Service Historique de la Défense. Voir ci-dessous Bibliographie et Liens externes. Voir également Histoire de la Gendarmerie mobile d'Ile-de-France, volume I, Éditions SPE-Barthelemy, Paris, 2007, : Des colonnes mobiles (1798-1814) constituées de gendarmes et de gardes nationaux auxquels s’ajouteront éventuellement des troupes de ligne. Les missions de ces colonnes incluent le contrôle de la conscription, le maintien de l’ordre, l’assistance aux brigades de Gendarmerie et la surveillance des frontières. Un bataillon de voltigeurs corses (1822-1850) puis un bataillon de gendarmerie mobile de Corse (1850-1851) dont les missions principales sont le maintien de l’ordre et la lutte contre le banditisme. Trois bataillons mobiles de gendarmerie (1830-1831), unités créées pour lutter contre l’agitation légitimiste dans l’Ouest de la France et pour renforcer la gendarmerie départementale. Deux régiments provisoires de gendarmerie à cheval (1831-1835). Créés respectivement dans l’ouest et dans le midi pour assurer le maintien de l’ordre et lutter contre l’agitation légitimiste. Deux bataillons de gendarmerie mobile (1848-1852) créés à Versailles puis à Paris. Ils participent au coup d’état de ainsi qu’à la répression de l’insurrection qui s’ensuit avant d'intégrer en 1852 la gendarmerie d’élite impériale. Une légion puis un bataillon de gendarmerie mobile (1871-1885). Créée à Versailles, la légion comporte initialement un bataillon d’infanterie et un escadron de gendarmerie puis, après la dissolution de ce dernier en 1879, elle devient simplement bataillon de gendarmerie mobile. Ses missions principales sont la garde de l’Assemblée et du chef de l’État. Elle fournit également des renforts en métropole et outre-mer. Après sa dissolution, la plupart de ses hommes seront intégrés à la garde républicaine.
Troupes supplétives, sections prévôtales et pelotons de réserve Jusqu'au début des années 1920, hors Paris qui dispose d'une force de police importante, le maintien de l'ordre en France est principalement du ressort de la Gendarmerie et de l'Armée (de terre).
La Gendarmerie mobilise en cas de besoin des pelotons de « troupes supplétives »Le terme « troupe supplétive » est fréquemment employé dans les documents officiels de l'époque (voir Archives du Service Historique de la Défense - par exemple carton GR 9N272). Par la suite, on parlera plutôt de Pelotons de Gendarmerie de Réserve Ministérielle (PGRM).. Ces pelotons sont constitués de gendarmes prélevés dans les brigades à raison d'un ou deux hommes par brigade, ils ne sont ni formés pour le maintien de l'ordre ni encadrés par leurs chefs habituels. De plus, leur absence - souvent prolongée - désorganise le service.
Le recours à l'armée reste donc fréquent pour contenir ou réprimer les mouvements sociaux, avec des conséquences souvent désastreuses : fraternisation entre les manifestants et les conscrits ou usage excessif de la violence avec ouverture du feu, l'un des exemples les plus tragiques se produisant lors de la Fusillade de Fourmies. Le besoin d'une force spécialisée dans le maintien de l'ordre ne fait pas l'unanimité car une telle force reste difficile à justifier et à financer. De plus, certains responsables politiques redoutent la création d'une nouvelle « garde prétorienne »Voir notamment : Les origines de la Garde républicaine mobile. Colonet Viet. Mémorial de la Gendarmerie. Voir également : La Gendarmerie Mobile (de 1921 à 1937). Sa création, sa montée en puissance et son adaptation aux opérations majeures de maintien de l'ordre entre les deux guerres. François Alègre de la Soujeole (capitaine). Mémoire de Maîtrise, Université Paris I Panthéon Sorbonne, 1990.
Par ailleurs, la Première Guerre mondiale provoque de nombreuses changements dans la Gendarmerie. Ainsi, la gendarmerie prévôtale, est profondément réorganisée en mai- par regroupement d'une partie importante de ses effectifs en sections prévôtales d'une trentaine d'hommes (réforme Bouchez du nom du général Léon Bouchez commandant l'Inspection Générale de la Gendarmerie aux Armées IGGA)Louis N. Panel La Grande Guerre des Gendarmes nouveau monde éditions et Ministère de la Défense DMPA - , 2013 et suivantes. Ces sections sont déployées aux armées ainsi qu'à l'intérieur du pays pour maintenir l'ordre lors de conflits sociaux. Après la dissolution de la gendarmerie prévôtale en 1919, une partie de ses effectifs est réaffectée au sein de pelotons de Gendarmerie de réserveCes pelotons sont comparables aux pelotons de gendarmerie de réserve ministérielle (PGRM) créés après la Seconde Guerre mondiale (cette dernière appellation n'était pas encore en usage à l'époque). Leur utilité ainsi démontrée incite le gouvernement à pérenniser l'existence de ces pelotons.
Pelotons mobiles de gendarmerie (1921-1926)