vignette|L'autobus 960 Egged après l'attentat-suicide du au carrefour Yagur. 8 passagers sont tués et 19 autres blessés.
Le terrorisme palestinien fait référence aux actes de terrorisme perpétrés par des individus ou des organisations palestiniennes, principalement dans le cadre du conflit israélo-palestinien.
Introduction Aspect juridique Perspective antiterroriste Le contexte du terrorisme, est parfois décrit comme celui de la « guerre contre le terrorisme ». Ainsi la mesure Defence (Emergency) Regulations de 1939, imposée par le mandat britannique, reste appliquée par Israël, qui à ajouté à son arsenal juridique, l'État d'urgence, le Prevention of Terrorism Act de 1948, ainsi que le Prohibition of Terror Financing Law de 2005 et divers textes comme le Code pénal israélien et le Police Ordinance.
L'application de la loi anti-terroriste, fait face à un paradigme entre les mesures «administratives spéciales» de prévention, et le code pénal. De plus il existe une application différée concernant le territoire de juridiction pour ce qu'il en est de la Cisjordanie, étant sous occupation militaire. Finalement la Cour suprême israélienne exerce un contrôle judicaire concernant l'application de la loi, sans prendre en compte l'intérêt national et militaire, ce qui limite aussi son application.
En mars 2026, la peine de mort pour les auteurs d'actes de terrorisme palestinien est adoptée par le parlement israélien, la Knesset. La constitutionnalité de cette mesure et sa compatibilité avec le droit international est controversée. Perspective anticoloniale
Selon le protocole additionnel aux conventions de Genève et des résolutions de l'ONU, comme la Résolution 2621 (XXV) de 1970, qui reconnaît « le droit inhérent des peuples coloniaux de lutter par tous les moyens nécessaires contre la domination coloniale et étrangère », les conflits armés dans lesquels des peuples luttent contre la domination coloniale, l'occupation étrangère ou les régimes ségrégationnistes dans l'exercice de leur droit à l'autodétermination sont considérés comme des conflits armés internationaux, sauf si cela s'exerce contre des civils.
En particulier, le droit international humanitaire impose la distinction entre civils et combattants, et la proportionnalité dans l'usage de la force. Ainsi, les attaques contre les civils israéliens constituent une violation de ce principe, et sont considérées comme du terrorisme.
En contrepartie, une critique soutient que la conduite de ces actes de violence pour atteindre des objectifs particuliers, serait susceptible de prévaloir sur l'interdiction de la violence indiscriminée contre les civils. Ainsi comme le fait remarquer Michael Walzer : « les terroristes ne souhaitent pas être identifiés et jugés sur le message qu'ils envoient, mais plutôt sur les objectifs qu'ils proclament : non pas la destruction, l'élimination ou la subordination radicale d'un peuple, mais la victoire dans une guerre juste, la libération nationale ou le triomphe de leur religion. ».
Histoire
Historiquement, depuis 1919, des groupes palestiniens locaux attaquent la population juive du Yichouv, en opposition aux aspirations du sionisme. De 1949 à 1956, les fedayin commettent des attentats dans le cadre du conflit israélo-arabe. Depuis 1965, une nouvelle période de terrorisme voit le jour, avec des attentats organisés par des groupes palestiniens, au nom de la « libération de la Palestine » ainsi que pour créer un État palestinien.
L'attaque de l'aqueduc national d'Israël le , marque le début du terrorisme palestinien contemporainCountering Palestinian Terrorism in Israel: Toward a Policy Analysis of Countermeasures, RAND CORP SANTA MONICA CA, Alon Hanan, publiée en . Le terrorisme palestinien ne devient notoire dans les médias occidentaux qu'à la fin des années soixante, à l'occasion d'actes de piraterie et de prise d'otagesJames M. Lutz, Brenda J. Lutz, Global Terrorism, 2004, . Durant la Seconde intifada, il prend particulièrement la forme d'attentats-suicides. La tactique des attentats-suicides est abandonnée par les brigades Izz al-Din al-Qassam en 2006.
Le 7 octobre 2023, les groupes armés palestiniens de la bande de Gaza organisent leur plus grande série d'attaques terroristes.
Liste d'attentats terroristes
Tous les attentats palestiniens contre des cibles israéliennes sont documentés par l'État d'Israël. La presse, des ONG et des études académiques documentent les cas d'attentats les plus marquants. Le Israel Security Agency (ISA) documente les attentats à la bombe en Israël et le profil des terroristes. Les organisations palestiniennes publient quant à elles des biographies de leurs combattants tués.
Des bases de données sur le terrorisme documentent les incidents terroristes palestiniens comme celles du Global Terrorism Database (GTD) ou du National Memorial Institute for the Prevention of Terrorism (MIPT). D'autres se focalisent sur les incidents terroristes transnationaux comme celles du International Terrorism: Attributes of Terrorist Events (ITERATE).
Statistiques + Victimes causées par le terrorisme palestinien. Années 1920 1930 1940 1950 1960 1970 1980 1990 2000 (approximation.) Nombre de morts 164 181 756 347 169 361 174 348
D'après les chiffres de l'État d'Israël, de 1948 à 2003, le terrorisme palestinien a fait plus de et en Israël, Cisjordanie et bande de Gaza, principalement des Juifs israéliens.. La Jewish Virtual Library donne un nombre de tués par le terrorisme palestinien de 1948 à 2014.
De à , sur les terroristes palestiniens documentés par le National Memorial Institute for the Prevention of Terrorism (2006) en Israël, Cisjordanie et bande de Gaza, 90,6 % ont été menés par 5 principaux acteurs sur les 48 groupes palestiniens documentés : Fatah, Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP), Hamas, Jihad islamique et terroristes « inconnus ».
+Incidents terroristes palestiniens de à , en Israël, Cisjordanie et bande de Gaza, documentés par le National Memorial Institute for the Prevention of Terrorism (2006) Nom du groupe Nombre d'incidents Nombre de victimes dont attentats-sucidesFatah180 1 596 22 FPLP63 505 7 Hamas543 3 474 50Jihad islamique150 1 165 29 Inconnus 1 798 2 754 38 Total des 5 acteurs 2 734 9 494 146 Pourcentage sur le total (48 groupes) 90,6 % 81,6 % 94,2 %
ont aussi été tués par des « actes terroristes intra-palestiniens » de 1987 à 2014 selon la Jewish Virtual Library.. D'autres personnes sont mortes dans des attentats transnationaux ou internationaux.
Les données israéliennes assimilent à des « victimes du terrorisme » aussi bien les soldats israéliens tués au combat que les civils victimes d'attentats.
Organisations palestiniennes considérées comme terroristes Les organisations palestiniennes sur la liste des organisations terroristes des États-Unis, du Canada, de l'Union européenne, d'Israël et d'autres pays sont : le Hamas, l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), le Jihad islamique palestinien, le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG), le Fatah-Conseil révolutionnaire.. Ces organisations ne sont généralement pas considérées comme terroristes en dehors des pays occidentaux.
Depuis les accords d'Oslo en 1993, le Fatah et d'autres factions de l'OLP ont déclaré renoncer à la lutte armée contre l'occupation israélienne. Toutefois, certaines factions du Fatah, telles que les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa et le Fatah-Tanzim, sont restées impliquées dans des attaques contre l'armée israélienne ; Israël estime que la direction du Fatah continue de contrôler et soutenir ces actions., bien que des journalistes jugent ces organisations indépendantes du Fatah.
Les groupes palestiniens désignés comme terroristes sont repris dans cette liste non exhaustive : Nom de l'organisationSur la liste terroriste d'États Organisation de libération de la Palestine (jusqu'à 1991), (jusqu'à 1991), (1988 – 1991) et autres Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, , , Fatah-Conseil Révolutionnaire, , , ( – ) Front populaire de libération de la Palestine, , , . Front Populaire pour la Libération de la Palestine-Commandement général , , , , .. Front de libération de la Palestine , , Hamas , , , , , , Jihad islamique palestinien , , , , , , , Al-Aqsa Foundation (Al-Aqsa Nederland) Al-Aqsa e.V. Force 17, Conseil Moudjahidin Shoura des environs de Jérusalem (Majlis Shura Al-Mujahideen), ,
L'OLP utilise l'expression de « lutte armée » pour décrire ses actes de violence contre les civils, qui sont présentées comme une tactique pour faire connaître sa cause indépendantiste dans le monde. Le Hamas se revendique comme mouvement de résistance et de jihad..
En , l'ONG Amnesty International qualifie le terrorisme palestinien de crime contre l'humanité. L'ONG Human Rights Watch attend la fin 2002, pour désigner la responsabilité politique de Yasser Arafat qui entretient un « climat d'impunité » autour des responsables d'attentats, selon HRW. L'ONG décrit aussi les terroristes palestiniens comme des « criminels de guerre et contre l'humanité »..
Dans la communication, la désignation comme « terroriste » s'inscrit dans une guerre des mots opposant l'Etat israélien et ses soutiens aux Palestiniens. La journaliste Iris Lambert souligne que cette terminologie,« de par le flou délibéré qui l’entoure, participe à l’expulsion des désignés du champ moral des locuteurs, invisibilise l’asymétrie des rapports de force, efface l’historicité des conflits et occulte les dynamiques internes aux groupes désignés - ouvrant la porte à la mise en place de mesures liberticides et mortifères. »
Certains médias internationaux comme la BBC et l’AFP revendiquent une « impartialité nécessaire à l’information libre et indépendante » et se refusent à employer le terme pour désigner les groupes armés palestiniens. Dans la société Effets sur la société israélienne vignette|Bombe placée dans un extincteur.Le terrorisme palestinien a différents effets sur la société israélienne et a eu des répercussions sur le processus de paix. Certains postulent un lien entre les effets du terrorisme sur la société israélienne et l'augmentation de la violence et de la criminalité en Israël. Le terrorisme palestinien semble avoir un effet négatif sur les relations entre Juifs et Arabes israéliens.
Les attaques terroristes peuvent être utilisées pour affecter l'opinion publique en IsraëlBerrebi C, Klor EF. On terrorism and electoral outcomes: Theory and evidence from the Israeli–Palestinian conflict. J Conflict Resolut. 2006;50:899–925Gordon C, Arian A. Threat and decision making. J Conflict Resolut. 2001, 45:196–215. En particulier lors de la Seconde intifada, l'électorat israélien est affecté, ce qui mène à l'élection d'Ariel Sharon. Elles peuvent être utilisées par des groupes opposés au processus de paixKydd HA, Walter BF. Sabotaging the peace: The politics of extremist violence. Int Organ. 2002;56:263–296. et pour endommager l'économie israélienne. Berrebi C, Klor EF. Londres, CEPR; 2005. The impact of terrorism across industries: An empirical study. Center for Economic Policy Research Discussion Paper No. 5360Eckstein Z, Tsiddon D. Macroeconomic consequences of terror: Theory and the case of Israel. J Monet Econ. 2004;51:971–1002.. Selon les professeurs Claude Berrebi et Esteban Klor (2006), les interactions entre le terrorisme et les résultats électoraux peuvent être analysées par une dynamique de la théorie des jeux. Le modèle prédit un soutien pour les partis de droite après une période d'augmentation du terrorisme et une augmentation momentanée du terrorisme pendant le terme d'un gouvernement de gauche.