Alain Rousset, né le à Chazelles-sur-Lyon (Loire), est un homme politique français, membre du Parti socialiste. Président de la région Aquitaine de 1998 à 2015 et président de l'Association des régions de France de 2004 à 2016, il est président du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine depuis 2016 et député de la Gironde de 2007 à 2017.
Biographie Jeunesse, formation et parcours professionnel Alain Rousset naît dans la région du Forez, à Chazelles-sur-Lyon, capitale française du chapeau de feutre, en déclin au début des années 1970. Ses parents et autres membres de sa famille sont ouvriers, employés dans les chapelleries de la ville. Son père était un militant de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC). Sa famille fut active dans la Résistance, ce qui emmène ses parents à être gaullistes. Le jeune Alain est élevé dans le catholicisme militant..
Sa scolarité se passe au collège rural et religieux des Frères maristes de Chazelles, puis en 1966 comme interne au Lycée Claude-Fauriel de Saint-Étienne en section littéraire. Il obtient son baccalauréat en et s’inscrit en septembre en première année de Droit et Sciences économiques à l’université de Lyon. Il réussit le concours d’admission à l'Institut d'études politiques de Paris (« Sciences Po ») et entre en première année, en , tout en continuant son droit. Il y fait connaissance de Jean-Maurice Ripert et de Claudine Landler, future épouse de ce dernier, de François Hollande, d'Alain Anziani qui deviendra son ami, et de Dominique Bussereau. Il redouble sa première année à Sciences Po, et obtient sa licence de droit en 1972. Il est également diplômé d'études supérieures juridiques. Il est enfin diplômé de Sciences Po, section « service public » en 1974. Naturellement, il prépare le concours d’entrée à l'ENA mais échoue ainsi qu’à ceux d’administrateur des services de l'Assemblée nationale ou d'administrateur du Sénat. Après son échec au concours de l'ENA, il enseigne l'économie, l'histoire-géographie dans un lycée. Puis grâce à sa camarade de Sciences Po, Claudine Landler, il est embauché au ministère de l'Industrie pour travailler sur la récupération de chaleur des centrales nucléaires, vue sous l'angle économique et politique.
Il adhère au Parti socialiste en 1973-1974 et crée avec Alain Anziani une section socialiste à la cité universitaire de Châtenay-Malabry. Il fait la connaissance de sa future épouse Murielle, professeur d’allemand, et du beau-père de celle-ci, Henri Stootz, dirigeant national d'après-guerre de la Jeunesse étudiante chrétienne (JEC) et proche d'André Labarrère. Grâce à son beau-père, il prend contact avec André Labarrère, et lorsque celui-ci est élu à la présidence de la Région Aquitaine quelques mois plus tard, il est pris comme directeur de son cabinet puis de celui de Philippe Madrelle, présidents socialistes successifs du conseil régional d'Aquitaine, de 1979 à 1985. Nouveau venu en Aquitaine, il découvre la région grâce à Jean-Louis Breteau, directeur de cabinet du président du Conseil économique et social.
Au changement de majorité au conseil régional d'Aquitaine, présidé en 1985 par Jacques-Chaban-Delmas, il perd son poste de directeur de cabinet. Il trouve un emploi chez Elf Aquitaine, alors entreprise publique, sur une mission de reconversion industrielle du bassin de Lacq en liaison avec le ministère de l'Industrie, de 1986 à 1998. Elu maire de Pessac en 1989, il travaille à mi-temps sur cette mission.
Carrière politique Maire de Pessac Il obtient son premier mandat électif en 1988 en se faisant élire conseiller général de la Gironde pour le canton de Pessac-2, en battant le sortant du Rassemblement pour la République (RPR), Robert Sicre. Réélu en 1994, il devient alors le de l'assemblée départementale, secondant son président Philippe Madrelle, en étant chargé du secteur de la solidarité. Il reste conseiller général jusqu'en 1998, date de son arrivée à la tête de l'exécutif régional.
Mais surtout, son implantation locale à Pessac est concrétisée par son élection comme maire de cette commune de la banlieue ouest de Bordeaux, lors des élections municipales de 1989. Il bat alors, au second tour, le sortant RPR Jean-Claude Dalbos avec 53,6 % des suffrages exprimés. Il est ensuite réélu dès le premier tour en 1995 (réunissant 65,51 % des scrutins) et en 2001 (obtenant 70,73 % des voix). À la tête de la troisième commune de l'agglomération bordelaise en nombre d'habitants, il devient bientôt l'une des principales figures de l'opposition aux maires RPR successifs de Bordeaux Jacques Chaban-Delmas puis Alain Juppé au sein de la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB) dont il est l'un des vice-présidents de 1989 à 2004. En 2001, il décide, pour raisons de cumul de mandats, de laisser son fauteuil de premier magistrat à l'un de ses suivants de liste, Pierre Auger, mais reste délégué aux grands projets, au développement économique et à l'emploi jusqu'à son élection comme député en 2007, ainsi que vice-président de la CUB (bien que la gauche soit désormais majoritaire d'une voix au sein de cet établissement intercommunal, Alain Juppé avait été réélu à la présidence en 2001 face à Alain Rousset grâce à deux voix dissidentesBien que la gauche puissent compter sur 61 voix contre 59 à la droite, Alain Juppé recueille 61 voix et Alain Rousset 59 voix. [source : ]) jusqu'en 2004.
Le , il profite de la mise en retrait momentanée d'Alain Juppé de la vie politique locale et nationale (à la suite de sa condamnation judiciaire) pour prendre la tête de la Communauté urbaine, grâce à un « accord de gestion » passé avec la droite qui ne présente aucun candidat contre lui. Il le reste là encore jusqu'à son élection à l'Assemblée nationale en 2007, laissant alors sa place à un autre maire socialiste, celui de Blanquefort Vincent Feltesse.
En 2014, il fait partie de la liste de Jean Jacques Benoit pour les élections municipales à Pessac. Il est en dernière position de celle-ci. Sa liste est battue au second tour à la faveur du candidat de l'union de la droite et du centre, Franck Raynal. Président de la région Aquitaine Premier mandat (1998-2004)
Aux élections régionales du , il est choisi pour remplacer Henri Emmanuelli (d'abord désigné, mais frappé le par une condamnation à deux ans de privation des droits civiques dans le cadre du procès sur l'affaire Urba) comme chef de file régional des socialistes contre la majorité sortante RPR-UDF de Jacques Valade, en étant plus particulièrement la tête de liste PS en Gironde. Il fait campagne en présentant l'Aquitaine comme « une région qui s'endort » et la droite comme étant « incapable » de la réveiller, tout en ne réussissant pas à unifier dans une liste unique l'ensemble de la gauche plurielle, au pouvoir sur le plan national depuis l'année précédente. En Gironde, il rassemble néanmoins derrière lui le Parti radical de gauche (PRG) et le Mouvement des citoyens (MDC). Ainsi, il doit faire face à son relatif manque de notoriété sur la scène régionale et aux candidatures dissidentes des Verts du député-maire de Bègles et conseiller régional sortant Noël Mamère dans les cinq départements et au Parti communiste français (PCF) dans trois départements sur cinq (l'union n'a été possible avec les communistes qu'en Dordogne et en Lot-et-Garonne), dont surtout en Gironde avec pour tête de liste le maire de Fargues (et lui aussi élu sortant de l'assemblée d'Aquitaine) Pierre AugeyG. LAVAL, « Régionales 98. Batailles pour un fauteuil. Chasse très ouverte en Aquitaine. Entre le sortant RPR Jacques Valade et le challenger PS Alain Rousset, l'écart se jouera à quelques sièges. », Libération, 27/02/1998.
Le jour du scrutin, sa liste en Gironde talonne celle de Jacques Valade, avec (27,72 % des suffrages exprimés) et 12 sièges sur les 36 à pourvoir de ce département, soit seulement 263 votes de moins (soit un écart de 0,05 points) avec l'union RPR-UDF du président sortant, et autant d'élus. S'y ajoutent, dans cette même préfecture, les 7,23 % et 3 conseillers régionaux obtenus par le PCF de Pierre Augey et les 6,58 % et 2 élus Verts de Noël Mamère. Sur l'ensemble de la région, le PS totalise 28 sièges (8 de plus que dans le conseil de la fin de la précédente mandature), soit autant que la majorité de droite sortante (3 de moins qu'avant le scrutin, pour 15 UDF et 13 RPR), associés à 8 communistes (2 de plus), 3 Verts (1 de plus) et 1 MDC (1 de plus) : la gauche plurielle détient alors 40 des 85 élus du conseil régional d'Aquitaine, soit un gain de 12 sièges par rapport à l'assemblée sortante. Les 8 conseillers de Chasse, pêche, nature et traditions (CPNT, 2 de moins) et les 9 membres du Front national (1 de plus) se posent, comme 6 ans auparavant, comme les parti charnières, empêchant toute majorité absolueREGIONALES 1998. RESULTATS. AQUITAINE, Libération, 17/03/1998. Jacques Valade ayant refusé les voix du FN, Alain Rousset est élu président du conseil régional d'Aquitaine le , à la majorité relative au troisième tour, avec les 40 voix des élus de gauche plurielle, contre 28 à Jacques Valade, 9 au FN Jacques Colombier et 8 au président de CPNT Jean Saint-Josse.. C'est la première fois depuis l'élection au suffrage universel direct des conseils régionaux en 1986 que l'Aquitaine revient à la gauche, qui avait auparavant déjà dirigé la région de 1979 à 1985.
Son premier mandat est marqué par la signature du contrat de plan État-Région 2000-2006 et par le lancement du schéma régional d'aménagement et de développement du territoire (SRADT), dit « Aquitaine Horizon 2020 », en 2003. La démarche d'élaboration de ces deux plans est présentée devant le conseil régional le : elle s'articule autour d'une « Conférence Aquitaine », réunie régulièrement à partir du , ainsi que de 18 ateliers de réflexion thématiques, sectoriels et territoriaux formés le , voulus pour mettre en concertation le conseil régional avec les autres acteurs publics en Aquitaine (État, départements et principales agglomérations)RAPPORT D’ETAPE DES ATELIERS DE LA CONFERENCE AQUITAINE - PREMIERES PROPOSITIONS D’ORIENTATIONS STRATEGIQUES, CONFERENCE AQUITAINE DU 15 AVRIL 1999, Document de travail, site officiel du Conseil régional d'Aquitaine. À la suite du résultat de cette conférence et de ses ateliers, le contrat de plan État-région 2000-2006 est adopté par le Conseil régional les 27 et et finalement signé avec le représentant de l'État le suivant, pour un montant de 1.45 milliard d’euros. Il donne alors une grande importance au développement des infrastructures de transports (945,18 millions d'euros, dont 533,57 pour les équipements routiers et 411,61 pour le ferroviaire, le transport combiné et le développement portuaire). Il prévoit notamment de rouvrir la ligne ferroviaire transfrontalière Pau - Canfranc - Saragosse (fermée partiellement en 1970, la relance du tronçon Oloron - Bedous a été annoncé en 2007 et les travaux ont commencé en 2008), de « supprimer le bouchon ferroviaire de Bordeaux » en développant de nouvelles interconnexions vers l'Espagne, Toulouse ou le Massif central ou encore réaliser « une liaison rapide et sûre à vocation autoroutière entre Bordeaux et Pau pour l’horizon 2010 » (ce qui affirme l'attachement des différents acteurs, et notamment d'Alain Rousset, du projet de l'A65 initié en 1995 : la consultation des principales collectivités territoriales, chambres consulaires et associations représentatives pour la comparaison des différentes bandes de est menée de mai à , la décision ministérielle sur le choix de la bande de est finalement donnée le et l'appel de candidatures pour la mise en concession est lancé le , pour des travaux qui ont finalement commencé en 2008 et une ouverture, après une forte opposition des mouvements écologistes mais le soutien indéfectible d'Alain Rousset, le )Planification : Le Contrat de plan 2000-2006, site officiel du Conseil régional d'Aquitaine.