L'histoire du département du Loiret, en tant qu'entité administrative, commence le par un décret de l'Assemblée constituante, qui n’entre cependant en vigueur que quelques mois plus tard, le . Il est constitué à partir d'une partie des anciennes provinces de l'Orléanais et du Berry.

Le est marqué par une succession de régimes politiques et, à partir du Second Empire, par une période de prospérité économique reposant sur la production agricole (céréales en Beauce, vigne en val de Loire), l'évolution des moyens de transport (marine de Loire, puis chemins de fer) et de nouvelles industries.

Vie politique Consulat et premier Empire (1799-1815) vignette|alt=Dessin à la plume de Jean Philibert Maret, premier préfet du Loiret, vu de trois-quarts arrière|Jean Philibert Maret, premier préfet du Loiret. Le coup d'État du 18 brumaire An VIII () de Napoléon Bonaparte marque la fin du Directoire et de la Révolution française, et le début du Consulat., qui est officiellement installé le (11 nivôse an VIII). La loi du 28 pluviôse an VIII () porte sur l'administration locale. Le point le plus important de cette loi est la création des préfets. Elle conserve les départements hérités de la Révolution mais elle redécoupe les divisions intérieures. Les districts deviennent des arrondissements, la commune est définie et le canton créé. À chaque niveau on trouve un fonctionnaire public (nommé) ainsi qu'une assemblée consultative (élue). Jean Philibert Maret, premier préfet du Loiret, prend ses fonctions le . Les sept districts du département sont remplacés par quatre arrondissements : Pithiviers, Orléans, Montargis et Gien. En 1926 les arrondissements de Gien et Pithiviers sont supprimés et en 1942 Pithiviers est restauré..

Les guerres napoléoniennes n'ont que peu d'impact sur le Loiret : seules les levées de troupes affectent la population et le blocus continental entrave un moment le commerce orléanais.. Le département et la ville d'Orléans en particulier sont davantage concernés à partir de 1808, quand s'ouvre la guerre d'Espagne. Celle-ci vaut aux Orléanais le passage des mamelouks, puis celui de la garde impériale, cantonnée dans le grand cimetière. Elle leur vaut aussi la visite de Napoléon, qui passe dans la ville la nuit du 2 au , suivi trois jours plus tard de l'impératrice Joséphine. Les combats d'Espagne deviennent rapidement plus difficiles et il faut envoyer des renforts, notamment la division de Lefèvre, qui traverse la ville en septembre. La nécessité d'acheminer rapidement des troupes vers l'Espagne pousse Napoléon à accélérer la construction de la route Paris-Tours, par Chartres et Vendôme, une liaison dont les Orléanais s'évertuaient à empêcher la réalisation depuis le milieu du , qui est achevée à la fin de l'Empire..

Avec l'entrée en guerre de l'Autriche, le département voit repasser, mais en sens inverse, des éléments de la Grande Armée. La victoire de Napoléon à Wagram, en , précède de peu la désastre de la retraite de Russie. Victimes déjà de la pénurie de sucre et de café du fait du blocus, les habitants sont encore touchés à partir de 1810, par la hausse du prix du pain, à la suite de mauvaises moissons, ils connaissent à nouveau les souffrances et les inquiétudes qui avaient si souvent caractérisé l'époque révolutionnaire, et qui les avaient au contraire épargnés pendant la première partie de l'Empire. En outre, l'extraordinaire vendange de « l'année de la Comète » (1811) entraîne un effondrement des cours qui mécontente les vignerons du Val de Loire. Conjugués avec les défaites de Napoléon, ces événements conduisent à une certaine hostilité des habitants à l'Empire..

En , lors de la déroute napoléonienne, les alliés, après avoir envahi Paris, atteignent le Gâtinais et les cosaques pillent Pithiviers, Gien et Châteauneuf-sur-Loire. Le préfet se replie à Beaugency. L'impératrice et son fils arrivent à Orléans et repartent le pour rejoindre l'empereur d'Autriche. Le jour même, les autorités se rallient à Louis . Le , le général russe Sesbarin somme la ville d'Orléans de se rendre, mais le général Chassereaux, commandant la place, ne se soumet pas. Le 18 à l'aube, il poste à Saint-Jean-de-Braye la garnison d'Orléans, quelque , y compris des volontaires, et de passage. Malgré plusieurs tentatives, les cosaques ne peuvent enlever la position : une contre-attaque les repousse au contraire jusqu'à Chécy. Quelques jours plus tard, à la nouvelle de la victoire de Napoléon à Montereau, ils quittent le département : la capitulation de Paris () et l'abdication de l'empereur le surviennent avant qu'ils aient le temps de revenir..

Après la bataille de Waterloo, en , les vestiges de l'armée française, sous la conduite du maréchal Davout, se retirent au sud de la Loire à la Source tandis que les adversaires en occupent la rive droite. Le maréchal Davout se soumet au roi, le avec les restes de l'armée impériale57..

Restauration et Monarchie Constitutionnelle (1815-1848) La Restauration ouvre alors une ère de vie politique sans éclat. En 1815, le Loiret envoie quatre royalistes à la Chambre introuvable (deux députés pour Orléans et un pour chacun des autres arrondissements). En 1816, cette Chambre est dissoute et le Loiret ne nomme plus que trois députés, tous royalistes. En 1817, une nouvelle loi électorale est votée : les députés sont élus au scrutin de liste par département. Cette fois les libéraux gagnent un siège.. Anselme Crignon d'Ouzouer est élu à Orléans, le baron Daniel-Alexandre de Talleyrand à Pithiviers et Henri de Longuève à Montargis.

Jusqu'en 1820, le rapport de force est en faveur des libéraux, comme l'atteste en 1819 la nomination d'un préfet favorable à ce courant, le vicomte de Riccé. Cette conjoncture profite a Laisné de Villevèque dès 1817: ce négociant Orléanais à l'éloquence grandiloquente, qui anime le courant libérai pendant toute la Restauration, est en effet alors élu député (par le collège de Pithiviers il est vrai), en même temps que son ami politique le manufacturier montargois Alexandre Périer.. Pour arrêter le progrès des idées libérales, la loi électorale est encore modifiée en 1820 avec la loi du double-vote. Le Loiret a lors trois collèges d'arrondissements (Orléans, Pithiviers, Montargis-Gien), nommant chacun un député et comprenant les électeurs payant 300 francs de contributions directes, un collège départemental nommant deux députés et comprenant les électeurs payant 1000 francs de contributions directes. Les élus au collège départemental sont Henri de Longuève et Louis Drouin de Rocheplatte..

Mais l'assassinat du duc de Berry en 1820 modifie brutalement l'attitude du gouvernement, qu'il rapproche des conservateurs. Il en résulte localement un rapide effritement des positions électorales des libéraux, et en 1824, tous les députés du Loiret sont royalistes. Laisné de Villevèque, cependant, continue d'entretenir dans la ville d'Orléans un courant attaché à la défense des intérêts économiques Orléanais et à la cause des mouvements nationaux qui se développent alors dans le monde. Ses efforts ne sont pas vains : dès mars 1827, à la faveur d'une élection partielle, à Orléans, il retrouve son siège de député. En novembre suivant, les élections générales confirment cette tendance : les libéraux obtiennent un grand succès dans tout le pays. Ils obtiennent quatre sièges sur cinq dans le Loiret. Tandis que Laisné de Villevèque triomphe à la fois à Orléans (où une partielle désignera pour le remplacer Cormenin) et à Pithiviers, ses amis politiques l'emportent à Montargis (Alexandre Périer) et même au grand collège (Augustin Crignon de Montigny), ne laissant pour tout partage à la droite que le second siège de ce grand collège, conquis par Dugaigneau de Champvallins.

Charles dissout la Chambre en 1830. Le gouvernement ne ménage pas ses efforts en perspective des élections de . Mais le remplacement du préfet Gabriel-Marie de Riccé, peu sûr, par Marie-Joseph de Foresta, l'exploitation du tout récent succès d'Alger, la nomination d'hommes dévoués à la direction des bureaux de vote ne suffisent pas à retourner la situation en sa faveur. Non seulement les libéraux retrouvent les quatre sièges qu'ils détenaient déjà (l'un d'eux allant à de Riccé), mais ils parviennent même à conquérir celui de Champvallins qui normalement ne devait pas échapper à la droite. C'est que les conservateurs se sont divisés au moment décisif, témoignant par là de leur désarroi devant une situation qui leur échappe. Le département envoie donc cinq libéraux à la Chambre..

DéputésPréfetsOrléansPithiviersMontargisGrand collège1816Anselme Crignon d'Ouzouer (R) - baron Daniel-Alexandre de Talleyrand (R) - Henri de Longuève (R) - Alexandre-Balthazar-François de Paule, baron de Baert (R)baron Daniel-Alexandre de Talleyrand1817Anselme Crignon d'Ouzouer (R)baron Daniel-Alexandre de Talleyrand (R)Henri de Longuève (R) Maximilien de Choiseul-Daillecourt (comte)1818Anselme Crignon d'Ouzouer (R)Laisné de Villevèque (L) Alexandre Périer (L)1819Gabriel-Marie de Riccé (vicomte)18201821Louis Drouin de Rocheplatte (R)Henri de Longuève (R)1822Anselme Crignon d'Ouzouer (R) Laisné de Villevèque (L) Alexandre Périer (L)Louis Drouin de Rocheplatte (R)Henri de Longuève (R)18231824Anselme Crignon d'Ouzouer (R) de Fougeroux (R)Henri de Longuève (R)Louis Drouin de Rocheplatte (R)Miron de l'Espinay (R)182518261827Laisné de Villevèque (L)1828Cormenin (L)Laisné de Villevèque (L) Alexandre Périer (L)Crignon de Montigny (L)Champvallins (R)18291830Cormenin (L)Laisné de Villevèque (L)Alexandre Périer (L)Crignon de Montigny (L)Gabriel-Marie de Riccé(L)Joseph-Marie de Foresta (marquis)

Proclamée le après les émeutes dites des « Trois Glorieuses », la monarchie de Juillet (1830-1848) succède en France à la Restauration. Louis-Philippe, devenu roi des Français, réunit les biens de l'apanage du duc d'Orléans, qui lui avait été restitués par Louis au début de la Restauration, au domaine de l'État et cette institution, désormais périmée, disparaît en 1832.

En 1848, le régime de la monarchie de Juillet est usé et le mécontentement populaire est latent du fait des conditions économiques. Du 22 au , sous l'impulsion des libéraux et des républicains, le peuple de Paris, à la suite d'une fusillade, se soulève à nouveau et parvient à prendre le contrôle de la capitale. Louis-Philippe, refusant de faire tirer sur les Parisiens, est donc contraint d'abdiquer en faveur de son petit-fils, Philippe d'Orléans, le . Dans le Loiret, un début de soulèvement apparaît aussi, mais le calme revient rapidement. À l'élection présidentielle du , avec une participation de 87 %, le Loiret donne (90 %) à Louis-Napoléon Bonaparte..

République et le Second Empire (1848-1870) vignette|left|upright=0.7|alt=Gravure du portrait du général d'Aurelles de Paladines, vainqueur de la bataille de Coulmiers|Général d'Aurelle de Paladines, vainqueur de la bataille de Coulmiers le 9 novembre 1870. Après le coup d'État du 2 décembre 1851 de Napoléon III, le Loiret est un des rares départements à se soulever et est placé en état de siège afin de parer à tout soulèvement massif, comme 31 autres départements. De violentes manifestations républicaines éclatent à Montargis, Briare, Bonny-sur-Loire, Chécy et Orléans qui avait accueilli froidement le prince-président lors d'un de ses voyages de propagande. Mais l'instauration du Second Empire calme les esprits. Finalement, dans le Loiret plus de cinq cents opposants sont arrêtés, sont déportées dont deux à Cayenne et 227 en Algérie. La répression atteint surtout les milieux paysans, artisans et petits-bourgeois. Lors du plébiscite du , le Loiret accepte le fait accompli et rallie Louis Napoléon Bonaparte avec .Jacques Olivier Boudon, Les Bonaparte : regards sur la France impériale. La Documentation photographique, dossier 8073, janvier-février 2010, (carte de Gilles Pécout).