(en breton: Pleuvihan) est une commune française située dans le département des Côtes-d'Armor, en région Bretagne.

Géographie Situation vignette|gauche|220px La ville est située entre Paimpol et Tréguier et borde la côte bretonne. Située à proximité de l’île de Bréhat, cette commune abrite de célèbres lieux bretons tels que le sillon de Talbert, le phare des Héaux de Bréhat et le Sémaphore.

Pleubian fait partie de la "Presqu’île Sauvage", une appellation touristique regroupant sept communes (Pleudaniel, Lanmodez, Trédarzec, Pleumeur-Gautier, Lézardrieux et Kerbors).

Communes limitrophes

Cadre géologique

Située à l'extrémité orientale du plateau du Trégor, Pleubian est localisée dans la partie médiane du domaine nord armoricain, unité géologique du Massif armoricain qui est le résultat de trois chaînes de montagnes successives. Le site géologique de Pleubian appartient plus précisément à l'unité du Trégor-Hague représentée principalement par un complexe volcano-plutonique comprenant le batholite du Trégor s.s. (pluton de granitoïdes calco-alcalins mis en place au sein des gneiss icartiens et qui fait partie d'un ensemble plus vaste, le batholite mancellienDe , nom latin de la région du Maine, domaine structural de la partie nord-est du Massif armoricain dénommé en 1949 par le géologue Pierre Pruvost. Il est caractérisé par un Précambrien récent au sein duquel se sont mis en place des granitoïdes intrusifs antérieurement au dépôt des terrains paléozoïques ; ce domaine surélevé a été épargné par les transgressions marines du Cambrien.) et les « Tufs de Tréguier » (tufs, ignimbrites et laves intermédiaires à acides)..

L'histoire géologique du plateau du Trégor est marquée par le cycle icartien (de ca. -2 200 Ma à -1 800 Ma) dont la géodynamique est mal connue, et le cycle cadomien (entre 750 et 540 Ma) qui se traduit par la surrection de la chaîne cadomienne qui devait culminer à environ . et regroupait à cette époque (avant l'ouverture de l'océan Atlantique) des terrains du Canada oriental, d'Angleterre, d'Irlande, d'Espagne et de BohêmeE. ÉGAL et al., Carte géol. France (1/50 000), feuille Pontrieux-Etables-sur-Mer (204), éditions du BRGM, 1996, p. 5. Cette ceinture cadomienne se suit à travers le Nord du Massif armoricain depuis le Trégor (baie de Morlaix) jusqu'au Cotentin. À une collision continentale succède une période de subduction de l'océan celtiqueLa position de cet océan est suggérée par une importante anomalie magnétique orientée NE-W qui a été reconnue dans la partie médiane de la Manche actuelle et qui pourrait être un corps ophiolitique Cf. . vers le sud-est, sous la microplaque Armorica appartenant alors au supercontinent Gondwana. Des failles de direction N40°-N50°enregistrent un raccourcissement oblique, orienté environ NNE-SSW.. Cette tectonique régionale entraîne un métamorphisme à haute température et basse pression. À la fin du Précambrien supérieur, les sédiments briovériens issus de l’érosion rapide de la chaîne cadomienne sont ainsi fortement déformés, plissés, formant essentiellement des schistes et des gneiss.. Les massifs granitiques du Mancellien (notamment le massif côtier nord-trégorrois, le granite de Plouha, les diorites et gabbros de Saint-Quay-Portrieux), dont la mise en place est liée au cisaillement nord-armoricain. scellent la fin de la déformation ductile de l'orogenèse cadomienne.. À leur tour, ces massifs granitiques sont arasés, leurs débris se sédimentant dans de nouvelles mers, formant les « Séries rouges » qui se déposent dans le bassin ordovicien de Plouézec-Plourivo, hémi-graben limité au nord par la faille de Trégorrois. Les grands traits de l’évolution géologique du Trégor sont alors fixés. L'altération a également transformé les roches métasédimentaires en formations argilo-sableuses. Enfin, au Plio-quaternaire, les roches du substratum sont localement recouvertes par des dépôts récents issus de l’action du vent (lœss, limons sur les coteaux)..

vignette|Carte géologique du Massif armoricain, avec au nord-est le batholite mancellien et ses nombreux plutons de granite cadomien (Trégor, Lanhélin, Louvigné, Vire, Avranches…). Ce batholite dessine une ellipse de (d'Alençon à la Rance) sur (de Vitré à Vire)Carte géologique de la France au 1/50000 Fougères 13-17, éditions du BRGM, 1981, p. 5.

La région de PleubianCarte géologique de la région de Pleubian est ainsi formée d'un plateau granitique (615 Ma) recoupé par un champ filonien extrêmement dense de dolérite du TrieuxFilons métriques de (méta)dolérites, interprétées comme des laves intrusives paléozoïques ayant subi le métamorphisme varisque., roche massive noire, à cristallisation très fine, ayant une composition de basalte tholéitiqueR.A. Roach, G.J. Lees & M.M. Shufflebotham (1990) - Brioverian volcanism and Cadomian tectonics, Baiede St-Brieuc, Brittany : stages in the evolution of a late precambrian ensialic basin. In R.S D'LEMOS, R.A.STRACHAN, C.G. TOPLEY (eds) : "The Cadomian Orogeny". Geol. Soc. Sp. Publ. 51, p. 41-67. Elle correspond à la subduction d'un domaine océanique vers le sud-est sous la marge nord du Gondwana, entraînant un métamorphisme à haute température et basse pression (subduction engendrant un bassin intra-arc ou une zone de chevauchement, les deux hypothèses restant débattues)..

Pétrographiquement, le granite de Pleubian représente une micro-granodiorite datée à 615 Ma et interprétée comme du magmatisme associé au fonctionnement d'une marge active.. . Port-Béni permet d'observer le socle icartien constitué de gneiss qui regroupe plusieurs types pétrographiques (gneiss litésSérie litée constituée par une alternance décimétrique à métrique de niveaux sédimentaires et volcaniques transformées en micaschistes, quartzites, leptynites, amphibolites, gneiss en proportions variables d'un affleurement à l'autre. avec niveaux migmatitiquesAu niveau de l'anse de Gouermel près de Port-Béni, le métamorphisme a pu localement atteindre la fusion partielle et donner des roches un peu particulières, appelées migmatites., orthogneiss œillés représentant d'anciens granites porphyroïdes intrusifs dans la série litée)B. Auvray, , p. 5. La foliation des minéraux est généralement parallèle au litage lorsqu'il est présent. Elle se développe dans le plan axial de plis isoclinaux décimétriques à métriques qui affectent la série litée.. Le métamorphisme identifié dans ces orthogneiss .

Touristiquement, les principaux aspects de la géologie dans cette région peuvent être abordés au cours de balades naturalistes et géologiques qui permettent d'observer sur un espace réduit du territoire, des roches d'âge et de nature différents, témoins de phénomènes géologiques d'ampleur (magmatisme, tectogenèse, métamorphisme, érosion…). L'affleurement de Port-Béni est le témoin des trois chaînes de montagnes qui ont façonné le Massif armoricain : . Les gneiss icartiens de Port-Béni qui se présentent sous forme de grands xénolithesEnclaves arrachées à l'encaissant des granites cadomiens du Trégor, elles forment une série de différenciation magmatique depuis des termes basiques (laves pauvres en silice et riches en magnésium) jusqu'à des termes acides (laves intermédiaires plus riches en silice et pauvres en magnésium). (parfois de taille hectométrique, avec une orientation variable de la foliation autour de N140). constituent les plus vieilles roches connues d'Europe occidentale. À l'échelle des temps géologiques, cela correspond à la moitié de l'âge de la Terre.. Un pupitre d'interprétation installé en 2010 sur ce géosite breton signale l’existence des plus vieilles roches de France dans cette localité-type de l'icartienJean Plaine, « La médiation géologique en Bretagne : Etat des lieux, initiatives originales, initiatives critiquables », Bulletin de la Société Géologique et Minéralogique de Bretagne, 2013, (D), 10-11, p.147.

Relief thumb|Paysage au nord de Port-Béni. Pleubian occupe la majeure partie d'une presqu'île comprise entre les rias des deux fleuves côtiers du Jaudy à l'ouest et du Trieux à l'est dont elle est toutefois séparée par la commune de Kerbors pour la première citée et par la commune de Lanmodez pour la seconde citée. Cette presqu'île se termine au nord-est par le sillon de Talbert et, plus à l'est, par la presqu'île de Penlan. Le Sillon de Talbert

L'archipel d'Olonne est situé à l'extrémité nord-est du Sillon de Talbert et est constitué de chaos granitiques, de chicots rocheux et de cordons de galets pour partie recouverts d'une maigre végétation ; ces îlots protègent côté est la Baie Blanche, estran découvert à marée basse, zone ostréicole et mytilicole..

Les altitudes du finage communal sont comprises entre 59 mètres (au sud du hameau de Kervégan, proche de la limite sud de la commune, approximativement à mi-distance entre les deux rias précitées) et descendent progressivement jusqu'au niveau de la mer en s'approchant du littoral de la Manche. Le bourg de Pleubian est vers une cinquantaine de mètres d'altitude.

Le littoral, orienté ouest-sud-ouest est-nord-est pour sa partie située à l'ouest du sillon de Talbert (qui découvre largement à marée basse, laissant apparaître une large plateforme d'abrasion) et nord-sud pour sa partie située à l'est de ce Sillon, est bordé de dunes ou de falaises peu élevées selon les endroits, sauf au nord du hameau de Creac'h Maout où elles atteignent une quarantaine de mètres. Le littoral aux environs de Creac'h Maout

L'Îlot Hadren, d'une superficie d'environ m², situé sur le versant nord de la baie de Laneros a été habité par deux familles de goémoniers au début du ; il est en partie boisé et entouré de murets de pierres sèches..

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Bouillenou, un petit fleuve côtier qui sert de limite communale avec Pleumeur-Gautier, qui coule ouest-est et se jette dans la Manche au niveau de la Baie de Pommelin..

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de PleubianLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Île-de-Bréhat à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .