vignette|Le château de Chillon
La culture de la Suisse est l'ensemble des signes distinctifs qui caractérisent la société suisse. Elle englobe les traditions, les croyances, le patrimoine commun, les langues, la politique culturelle suisse, les moyens d'encouragement et de diffusion de la culture, les manifestations et lieux de culture ainsi que les arts pratiqués en Suisse ou par des Suisses.
La Suisse, par sa situation géographique et son histoire, est imprégnée des cultures latines et germaniques ; les coutumes locales cohabitent selon les régions linguistiques du pays. En effet, le pays possède quatre langues nationales (l'allemand (64 %), le français (20 %), l'italien (6 %) et le romanche (moins de 1 %)). Cette diversité culturelle, essentielle pour la cohésion du pays, participe de l'identité de la Suisse..
Traditions et Coutumes Patrimoine immatériel
Une liste de 167 traditions et coutumes sélectionnées parmi les 387 proposées par les cantons a été retenue pour figurer sur la liste des traditions vivantes de Suisse, sélection de la Suisse publiée par l'Office fédéral de la culture le 7 octobre 2011. Cette liste est le préliminaire exigé par l'UNESCO pour l'inscription de traditions au patrimoine culturel immatériel de l'humanitéLes 167 traditions qui font la Suisse article du Temps du 7 octobre 2011, consulté le 7 octobre 2011..
Symboles patriotiques Hymne national Jusqu'à la fin du il n'existe aucune tradition d'hymne suisse. Le chant patriotique Ô Monts indépendants a été le premier hymne patriotique et le plus utilisé jusqu'en 1961. À partir de cette date il est en concurrence avec le Cantique suisse qui devient l'hymne national officielle de la Suisse en 1981. Le Cantique suisse est un chant composé en 1841 par Alberich Zwyssig (1808-1854) avec les paroles de Leonhard Widmer (1809-1867)Comment un chant d'église est devenu hymne national article sur Admin.ch consulté le 14 avril 2008..
Figure allégorique nationale vignette|gauche|upright=0.8|Un timbre de 1881 Helvetia est une figure allégorique féminine personnifiant la Suisse. Son nom vient des Helvètes, une peuplade celte qui a occupé le plateau suisse à partir de 100 av. J.-C. environ., et il désigne également la Suisse. Les Helvètes vont être progressivement incorporés à l'imagerie populaire des ancêtres fondateurs de la nation.
Au , la Confédération ne possédait pas encore de représentation symbolique forte. Au , Helvetia et Guillaume Tell sont des symboles patriotiques suisse. Mais à partir de 1848, c'est Helvetia qui devient l'emblème national du nouvel État fédéral. Ce symbole devient alors omniprésent, que ce soit sous la forme d'œuvre d'art, sur les monuments, sur les timbres ou sur les pièces de monnaie..
Mythes fondateurs de la Suisse vignette|upright=0.8|Le serment du Grütli par Jean Renggli.
Un certain nombre de mythes et de légendes sont associés aux épisodes anciens de l'histoire suisse.
La plupart des événements sont situés tout au début du et sont relatés dès les et à partir de récits oraux dans des chroniques comme le Livre blanc de SarnenLe Livre blanc de Sarnen donne raison à la légende Article Swissinfo consulté le 16 avril 2008., la chronique de Petermann Etterlin. ou Le Chronicon HelveticumTschudi et les origines de l'historiographie Article Swissinfo consulté le 16 avril 2008. de Gilg Tschudi.
L'image et la représentation scénique contribuent à répandre ces histoires, tel que la peinture monumentale Die drei Eidgenossen beim Schwur auf den Rütli (Les trois Confédérés faisant serment sur le Grütli), de Johann Heinrich Füssli (1780) ou la pièce de théâtre Guillaume Tell de Friedrich Schiller (1804).
Les chroniques seront mises en doute vers 1760 déjà par la publication du Pacte fédéral de 1291 et par la découverte des racines nordiques de la légende de Tell..
Dès lors, dans la seconde moitié du , l'accent a été mis sur le côté idéal de ces différents événements légendaires afin d'inspirer l'amour de la patrie et de fortifier les liens entre les cantons formant le nouvel État fédéral suisse existant dès 1848.
Ces récits légendaires sont encore souvent présentés comme des événements historiques dans les publications peu au fait de l'histoire mais c'est au que ces récits seront remis en cause, notamment par Max Frisch et Friedrich Dürrenmatt, il faut attendre la publication de la en 1982 pour que les recherches des historiens soient portés à la connaissance du grand public.
Ces mythes sont :
Les Romains sous le joug : Ce mythe commémore la victoire de Divico sur les Romains, lors de la bataille d'Agen (107 av. J.-C.).
Le serment du Grütli : Cet accord entre trois communautés situées dans ce qui forme de nos jours la Suisse primitive, a été considéré jusqu'au comme l'acte fondateur de la Confédération suisse et reste de nos jours un élément important de l'imaginaire populaire. Il ne doit pas être confondu avec le pacte fédéral d'alliance perpétuelle de 1291 entre les communautés d'Uri, de Schwyz et de NidwaldPacte fédéral du août 1291 sur Admin.ch "vallée inférieure d'Unterwald" signifie Nidwald.Pacte fédéral du août 1291 sur Cliotexte..
Guillaume Tell : Il aurait vécu dans le canton d'Uri au début du et se serait rebellé contre le bailli autrichien qui l'avait défié de tirer un carreau d'arbalète dans une pomme posée sur la tête de son fils. Au Tell devient le symbole légendaire d’une identité nationale ancestrale.
La destruction des châteaux : La légende de la destruction des châteaux raconte que des petits châteaux en forme de tour construits vers 1300 par les Habsbourg voulant faire administrer leurs biens situés sur le territoire des Waldstätten par des baillis étrangers, se heurtent à la résistance des habitants des vallées et que ceux-ci ont détruit ces petits châteaux peu de temps après, vers 1314.
Winkelried : Arnold von Winkelried est un héros légendaire qui permit aux Confédérés de remporter la victoire sur les troupes du duc Léopold III d'Autriche lors de la bataille de Sempach le 9 juillet 1386, les Suisses n'arrivant pas à percer le front des lances autrichiennes.
La soupe au lait de Kappel : Légende suisse symbolisant l´esprit de neutralité helvétique. Lors de la première guerre de Kappel qui est une guerre de religion ayant opposé les cantons catholiques aux protestants, avant le déclenchement des hostilités, ayant pris connaissance de négociations de paix, les soldats des deux camps auraient partagé sur la frontière qui les séparait une soupe faite de lait et de pain, préparée dans un grand chaudron.
Langues
Pays plurilingue, la Suisse est partagée en quatre zones linguistiques où, dans chacune d'entre elles, une seule langue officielle a cours, soit l'allemand, le français, l'italien et le romanche.
Quatre grands principes sont inscrits dans la Constitution fédérale, ce sont : l'égalité des langues, la liberté des citoyens en matière de langue, le principe de la territorialité des langues et la protection des langues minoritaires. Trois langues officielles (allemand, français et italien) sont égales en droit au niveau fédéral depuis 1848, le romanche est partiellement langue officielle.
En vertu du principe de territorialité, les frontières linguistiques sont fixées par les cantons. Certains cantons sont plurilingues. Le Röstigraben est le nom que l'on donne à la frontière culturelle et linguistique entre l'allemand et le français. Cette frontière trouve ses racines dans l'histoire. vignette|gauche|Les Burgondes et les Alamans vers l'an 1000. En effet, les zones linguistiques telles que nous les connaissons au début du sont nées il y a plus de , avant la naissance de la Confédération, et sont demeurées presque inchangées depuisDroit des langues en Suisse, consulté en mai 2008.. Dès la fin du , avec les premières incursions barbares des Alamans (ou Alémans), la population romaine migre vers le sud. Le territoire suisse est occupé par les Burgondes à l'ouest et par les Alamans à l'est page 44..
Avec la Confédération des III cantons, l'entièreté du territoire est germanophone mais l'aire d'influence des Waldstätten va s'étendre au sud des Alpes, une région italophone, puis à l'ouest, une région francophone. Au et les liens entre la France et la Suisse étaient forts et le prestige de la culture française valorisa la Suisse romande et la langue française dans les régions germanophones. Néanmoins, l'allemand était considéré comme la langue de la Confédération.
La République helvétique qui suivit, entre 1798 et 1803, apporta la reconnaissance formelle de l'égalité des langues et l'État fédéral de 1848 adopta l'allemand, le français et l'italien comme langues nationales de la Confédération. Ce n'est qu'à partir de 1999, avec l'adoption d'une nouvelle constitution que l'État fédéral soutint les mesures pour promouvoir et sauvegarder les communautés linguistiques minoritaires.
Le Röstigraben est toujours actuel et n'est pas une frontière naturelle nette. À ce titre, l'étude des noms de localités permet de retracer les différentes zones soumises à l'influence plus ou moins avancée des différents langages. Ainsi, si les noms de villages se terminant en -ens ou -ence, curieusement fréquents dans les cantons de Fribourg et Vaud jusqu'au bord du lac Léman, sont d'origine alamande et montrent ainsi des percées larges dans le territoire burgonde, les préfixes Wal- et Walen- (ce qui signifie Welch, soit Roman) se trouvent en nombre dans la zone comprise entre l'Aar et la Sarine, qui fixe la frontière linguistique à partir du .
Les Suisses alémaniques appellent parfois les Romands, les Welsches et la Suisse romande, le Welschland. Le mot Welsch signifiant celte en vieil allemand. Il a ensuite été repris pour qualifier les peuples de langue romane dans les zones majoritairement francophones comme la Romandie (Welschland).
Si le principe de territorialité est primordial, la Confédération protège les langues des minorités italophones et romanches car elles sont particulièrement défavorisées : Les principales hautes écoles se trouvent soit en Suisse romande ou en Suisse alémanique. Aussi ces minorités sont contraintes de parler l'allemand pour défendre leur économie face à la Suisse allemande.
Langues nationales vignette|La répartition des langues Le paysage linguistique en Suisse, recensement fédéral 2000, page 7 consultée le 3 mai 2008. AutresLangues étrangères ou immigrantes non nationales.Le serbe, croate, albanais, portugais, espagnol et anglais sont les principales langues étrangères Le paysage linguistique en Suisse, recensement fédéral 2000, page 11 consultée le 3 mai 2008. : 9 %Office fédéral de la statistique (2002).
Dans l'usage courant des langues la population germanophone parle généralement l'un des nombreux dialectes suisses allemands ou Schwyzerdütsch., lesquels jouissent d'une grande valorisation sociale, y compris dans les centres urbains. Le suisse allemand emprunte certains termes étrangers au français, italien ou anglais. En linguistique on désigne par helvétisme une tournure ou une expression typiques de la Suisse, par exemple : Perron, Kondukteur et Billet au lieu de Gleis, Schaffner et Fahrkarte Allocution prononcée par le conseiller fédéral Christoph Blocher à l’Institut national genevois, le 12 novembre 2007, à Genève : ..
L’usage de l’allemand standard – Hochdeutsch ou « bon allemand » – est limité aux situations les plus formelles ainsi qu’aux journaux et magazines. Dans le milieu scolaire, afin d’élever le niveau d’allemand des élèves qui généralement préfèrent parler le dialecte, plusieurs cantons alémaniques (dont Zurich, Schwytz, Uri et Zoug) ont imposé l’usage systématique du Hochdeutsch, et les professeurs sont tenus de s’exprimer exclusivement dans cette langue.