Le Réseau Action-Tortue Foccart, fut créé en 1943 par Jacques Foccart. Ce réseau fait partie du Réseau Action Plan Tortue avec un PC à Rânes dans l'Orne et un centre de liaison à Ambrières-les-Vallées en Mayenne.
Histoire À partir de 1942, plusieurs jeunes dont Clément Letissier, 21 ans, de Couesmes-en-Froulay, se cachent pour échapper au STO. Le camouflage de prisonniers de toutes nationalités devient alors fréquent.
En , Foccart fédère son propre réseau de résistance pour le compte du BCRA à la suite de contacts avec Noël PalaudSous le code Artilleur., adjoint d'André Rondenay, responsable national du Plan Tortue.
Le réseau opère à Rânes, au bois de Brulevin et possède une antenne de liaison à Ambrières. Le réseau reste indépendant, et refuse tout attachement départemental aux réseaux de l'OrnePour André Mazeline, il est impossible, faute de renseignement précis, de s’étendre ici sur le rôle et l’activité de ce groupement qui a fait cavalier seul et qui n’eut que des rapports très indirects avec les autres organisations si ce n’est avec le B.O.A.. ou de la Mayenne. Le but est de former des équipes prêtes à attaquer les Allemands dès le Débarquement. Initialement, Foccart est chargé de la responsabilité du sous Secteur Armée secrète de RânesCela concerne le canton de Rânes.. Sans en référer à ses chefs directs, il est entré en contact avec le Plan Tortue afin d'y jouer un rôle toujours demeuré pour André Mazeline assez mystérieux.
Le groupe fonctionne avec celui de Joseph Brochard à MayenneIl est né à Mayenne le 16 mars 1896. Horticulteur-paysagiste à Mayenne, il est chef de la fanfare d'Ambrières puis directeur, de 1955 à 1977, de la Musique municipale de Mayenne. Ancien combattant 1914-18, il est à l'origine de la résistance dans l'arrondissement de Mayenne ; dès juillet 1940, à Mayenne et Aron, il s'emploie avec d'autres patriotes à faciliter l'évasion des prisonniers français internés à la caserne de Mayran à Mayenne et dans les environs (commandos de travail), puis à accueillir et camoufler les aviateurs alliées abattus, les personnes poursuivies et recherchées par la police allemande. Il travaille en liaison avec les groupes Foccart à Ambrières, André Rougeyron de Domfront, Marcel Guerrier d'Evron. Son groupe effectue des cambriolages de mairie pour obtenir des tickets et des carnets. Ces groupes qu'il appellera groupes franco-anglais opèrent à Mayenne, Ambrières, Gorron, Lassay, Martigné, Sacé..
En , une forteresse volante pilotée par un équipage américain fait un atterrissage de fortune aux Loges à Ambrières. Le réseau local de résistance fonctionna avec l'aide de Casimir RobillardHabitant du Pas.. Deux aviateurs sont hébergés à Écoince, un hameau à Saint-Mars-sur-Colmont chez M. CrétoisL'ensemble de sa famille sera déportée.. Les autres aviateurs séjournent deux jours chez les Letissier à la Mare à Couesmes, puis sont dirigés vers la Suisse avec l'aide de Casimir ChevrierIl est maire de Montreuil-Poulay dans les années 1980..
Foccart va gravir tous les échelons : sous-officier en , sous-lieutenant en février, capitaine en août, commandant en septembre, lieutenant-colonel en .
Organisation Foccart rejoint en 1943 les services secrets de la France Libre à Londres (c'est-à-dire le Bureau central de renseignements et d'action (BCRA)) où il est enregistré sous le nom de Binotréférence au boulevard Bineau, de Neuilly-sur-Seine, où il a habité.
Les actions de Foccart et de son groupe se sont déroulées entre janvier et la fin d'. Avant le débarquement, la tâche est d'organiser les parachutages d'armes, à cacher les aviateurs, à apprendre le maniement des armes, la pose des mines, à ravitailler les groupes. Foccart est alors, pour mener à bien ce travail, secondé par Roger Leguerney, le contremaître de son entreprise forestière qui fait office de recruteur.
Foccart organise son réseau : le groupe de Rânes, dirigé par André Guillouard, Binot 8 le groupe d'Ambrières-Cigné, dirigé par Guillaume Pollet, puis Edmond Bain ; le groupe de Couesmes-en-Froulay dirigé par Clément LetissierNé à Couesmes le 4 février 1923, cultivateur à la Mare. Son père est un ancien combattant de la Première Guerre mondiale. L'ensemble de sa famille entre en résistance. La ferme subit un pillage en règle des Allemands. Tous les membres de la famille sont emmenés : François Letissier et son épouse Louise, les deux fils Roger et Clément, leur fille Solange et son fiancé Pierre Lemière. Ils ont survécu à la déportation. ; le groupe d'Écouché, dirigé par le docteur Pasquier et Marcel Dionot ; le groupe de Joué-du-Plain, dirigé par Jacques Bachelier ; le groupe de Putanges-Giel-Habloville, dirigé par Pierre Lemasson.
Un herbage de la ferme de Brûlevain appartenant au père de Guillouard situé au sud du bois de Rânes sert aux parachutages. Ce terrain devient Levite pour Londres. Deux tonnes d'armes sont parachutées au mois de . Au début de l'année 1944, la famille Letissier accepte d'abriter un important dépôt d'armes : deux tonnes d'armement et explosifs qui était destiné au débarquement. Les armes sont essaimées dans la région, par exemple à Almire VielVoir: Maquis de Lignières-la-Doucelle..
La lutte armée devient plus vive, et les résistants d'Ambrières, MM. Duchesne, père et fils, Champin, Faris, Le Hec, etc prennent de plus en plus de risques.
Dans la nuit du 7 au , 15 containers et colis sont réceptionnés. Un rapport sur le Plan Tortue montre que quatre mois avant le déclenchement de l'opération, que Foccart a effectué du bon travail : La majeure partie de ses cadres sont en place. Une inspection aux environs du 15 avril permettra de faire le point sur l'organisation, les ressources en matériel, et de se faire une idée sur la valeur des chefs.
En , lorsque Paul Grenier est nommé chef national du réseau Action Plan Tortue, il confie la direction du bloc SudOrne, Sarthe, Mayenne, Calvados, et Manche au commandant Régis des Plas. Des Plas prend alors comme adjoint, Jacques Foccart.
Le nombre d'équipes Tortue est en avril- notoirement insuffisant. Des Plas et Foccart multiplient alors les contacts avec des représentants de l'Organisation civile et militaireJacques Durrmeyer à Flers, Paul Herlemont à Domfront, Almire Viel à La Ferté-Macé et Olivier Challemel du Rozier à Saint-Patrice-du-Désert. pour se renforcer. Trois terrains de parachutageAthis, Berjou et Rânes. spécifiquement attribués au Plan Tortue permettent d'équiper les groupes en armement. En complément, les groupes aident les réfractaires du STO, ou assurent des opérations spécifiques comme le camouflage de Charles MooreAviateur américain..
Chute du réseau Le , Foccart franchit sous les balles un barrage de la Feldgendarmerie dans l'Orne au cours d'un transport nocturne d'armes. Son adjoint, Roger Leguerney le protège de son corps. Touché à la colonne vertébrale, il est transporté par Foccart et le docteur Pasquier d'Écouché à la clinique de docteur Couineau à Argentan. Il est retrouvé par la Gestapo et interrogé. Il meurt après une dizaine de jours d'agonie le à Argentan.
Du 10 au , le réseau Action Tortue de Foccart est frappé par des arrestations et des déportations. Un Français Jean Petit, à la solde de la Gestapo, sous le code Monsieur d'Abreval, ayant infiltré le réseau est à l'origine des dénonciations.
Dans la nuit du 9 au , Jacques Vasseur et dix agents de la Gestapo d'Angers procèdent à 23 arrestations sur le groupe d'Ambrières, et de Couesmes-en-Froulay. Après une rafle à Ambrières, ils arrivent à la ferme de la Mare à du matin. Encerclée, la famille Letissier ne peut résister, malgré une tentative de Jacques Foccart, qui est contraint de prendre la fuite. Le dépôt d'armes est découvert. L'ensemble de la famille Letissier est questionnée sur place. Plusieurs autres résistants amboreverains sont aussi amenés : MM. Duchesne, père et fils, Champin, Guillaume Pollet, Gabriel Gallienne. Après des interrogatoires musclés, tout le monde est conduit pour de nouveaux supplices à la mairie d'Ambrières. Au même moment, la ferme subit un pillage en règle des Allemands. Tous les membres de la famille sont emmenés : François Letissier et son épouse Louise, les deux fils Roger et Clément, leur fille Solange et son fiancé Pierre LemièreLa famille Letissier revient au complet après de nombreuses souffrances à la ferme de la Mare en mai 1945.. Ils ont survécu à la déportation.
À partir du , la Gestapo procède ensuite à des arrestations sur le groupe d'Écouché, et de Rânes. Ceci s'amplifie sur le reste du Réseau Plan Tortue de la Zone Centre et les autres organisations liées. Le , les Allemands arrêtent à Flers le commandant Régis des Plas Sylvain, qui avait rendez-vous avec son adjoint Foccart. Trois dépôts d'armes sont découverts.
Foccart échappe de peu aux Allemands et se réfugie à Paris en compagnie d'Henri Tournet. Par la suite, Foccart prend contact avec Paul GrenierSous le code Max. Il est membre de l'ORA. qui a succédé à Noël PalaudCe dernier est arrêté le 22 mars 1944., dont le PC est à La Ferté-Macé. Le , une réunion rassemble entre autres des responsables sarthois mais également Jacques Foccart, le général Allard, et Étienne de Raulin, responsable de la Mayenne. Les débats mettent l'accent sur la pénurie d'armes provoquée par la capture des dépôts et la nécessité de contacter les maquis formés en Mayenne, dotés en armement par les Britanniques.
Le débarquement À partir de juin et , le réseau Foccart mène des opérations de harcèlement de l'ennemi. Foccart revient avec deux instructeurs envoyés de Londres par le Special Operations Executive : Sidéral (Yves Lebigre, dit Yves Le Fur), qui prend le commandement du groupe le . Différentiel (Claude Geisenberger, dit Claude Giraud').
À partir du 6 juin, le jour du débarquement, les armes sont distribuées dans la bois de Brûlevain. Le groupe passe à l'action, et se bat avec acharnement et courage pour retarder les divisions L et Das Reich, et détruire de nombreux camions, citernes à essence, ou autres véhicules. C'est aussi le temps des règlements de comptes, le 16 juin, le cadavre d'Émile Buffon est découvert.
Le réseau participe au camouflage d'aviateurs américainsNorman Beaman et Eugène Benett. qui sont conduits vers les lignes américaines. Jacques Foccart est de tous les gros coups, et y montre un courage qui frise l'inconscience.
La Gestapo, emmenée par Bernard Jardin et Roger Neveu, le traque. Foccart est de nouveau recherché, et se réfugie en Mayenne, pendant que la répression s'abat dans le secteur de Rânes, et de Joué-du-Plain. Plusieurs membres de son réseau tombent : le 17 juillet, Pierre HamonIl est né à Rânes le 14 février 1915. Arrêté par la Gestapo, il est décédé le 7 février 1945 à Holzen. est arrêté et déporté, six résistants sont arrêtés autour de Rânes.
Dans la nuit du 27 au 28 juillet 1944, un parachutage a lieu à Brûlevain sur Levite. Le dernier se déroule dans la nuit du 10 au 11 août. Le 15 août, une bataille terrible oppose les Américains aux Allemands, où le Réseau Action-Tortue Foccartfont force d'appoint, en renseignant les G.I.'s.
Entre la mi-juillet et le 25 août, Foccart et Henri TournetRevenu de Paris à la mi-juin 1944. servent sous l'uniforme américain dans le d'infanterie de la Première Armée Américaine. Foccart fait cependant de constants aller et retour, avec ses groupes, entre l'Orne, la Mayenne et la Sarthe, dans le cadre du Plan Tortue. Il reste en contact avec le commandant Jean-François Clouët des Pesruches, délégué militaire régional pour les Pays de Loire, l'Anjou et la NormandieCe dernier est revenu en France par une opération de parachutage, dans la nuit du 16 au 17 juillet . Renommé Orbite, dans les jours qui suivent, il y rencontre Jacques Foccart..