Édouard Bonnefoy, né le à Saint-Christophe-en-Brionnais, mort le dans la baie de Lübeck, est un haut fonctionnaire et résistant français.
Biographie Administration Il est le fils de Joseph Bonnefoy, tailleur d'habits, et de Marie Bajard. Il se marie le à Marcelle Dubois, originaire de Mâcon. Ils ont un enfant, Jean-Louis, né à Lyon le Solange, sa femme, et sa fille vivent à Lyon en 2013..
Il devient rédacteur à la préfecture de Saône-et-Loire en tout en poursuivant ses études de droit. Licencié en droit, il devient en 1925 chef de cabinet du préfet de Saône-et-Loire, puis en 1929, secrétaire général de la préfecture de l'Ain ; il reste en parallèle à la disposition du préfet de Saône-et-Loire.
À partir de 1932, il est directeur de cabinet d'Achille Villey-Desmeserets, préfet du Rhône. Il est nommé en 1933 sous-préfet de Thonon, et reste en parallèle à la disposition du préfet du Rhône. Le , il est directeur de cabinet d'Achille Villey-Desmeserets, devenu préfet de la Seine. Il devient le , sous-préfet d'Aubusson.
En , il devient préfet de la Haute-Saône.
Seconde guerre mondiale Il reste directeur de cabinet du préfet de la Seine et participe à l'administration de la grande agglomération parisienne jusqu'au . Ainsi fin , il s'oppose à une exposition au Petit Palais sur les secrets maçonniques.
À partir de , il devient préfet de la MayenneIl remplace Pierre Daguerre, nommé préfet délégué à Angers.. Il choisit, en , Paul Haag comme chef de cabinet. Marius Lepage fait partie de ses collaborateurs comme chef des services économiques de la Mayenne. Le sous-préfet est René GoepfertMembre du réseau Ajax d'Achille Peretti de juillet 1942 à février 1945..
En remplacement de M. Dupard, nommé préfet de l'Ille-et-Vilaine, Édouard Bonnefoy est promu préfet de la Loire-Inférieure le . Il est présent lors des bombardements des 16 et 23 septembre 1943 sur Nantes par les Américains. Il reste , avant d'être nommé préfet régional de la région de LyonCouvre : Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire. Il succède à Alexandre Angeli. et préfet du Rhône.
Résistance À partir de sa nomination en Mayenne, son activité préfectorale est liée à son activité clandestine. Il entre dans la résistance intérieure clandestinement, tout en restant en fonction de préfet, pour combattre de l’intérieur les Allemands. Il appartient depuis 1943 aux réseaux Noyautage des administrations publiques et Super-NAPTémoignage de Jean Perreau-Pradier. Rapport favorable de la Commission d’Epuration du ministère de l’Intérieur (ANF1bI 1044).
Suspecté de franc-maçonnerieIl doit fournir une attestation de non affiliation., il prête serment contre son gré au maréchal Pétain, lors de la cérémonie collective du . Il est suspecté à cette période de jouer double jeuIl est dénoncé par Maurice Levillain, membre du RNP, dans une lettre datée du 9 mai 1942, relayée par Georges Albertini à Georges Hilaire : Je le connais fort bien puisqu'il était directeur de cabinet de l'ancien préfet de la Seine Villey, lui aussi anglophile, mais à l'encontre de son directeur, ne dissimulant pas ses sentiments. Il s'agit de M. Bonnefoy, actuellement préfet de la Mayenne, dangereux par son hypocrisie, car je vous le répète, sachant fort bien dissimuler ses sentiments. Il est à l'origine de l'évincement des collaborationnistes du Conseil, et je puis vous assurer que, parmi nos amis, il n'a pas laissé un bon souvenir de son passage à l'Hôtel de ville de Paris.. Tenté de démissionnerIl indique le 23 décembre 1943, lors de sa rencontre avec le commandant du réseau de Résistance Koenig, Durand : ., il reste à son poste.
Paul Haag et lui travaillent avec les réseaux de renseignement de la résistance intérieure aussi bien à LavalPar exemple,la famille juive turque Fresco prendra immédiatement des contacts avec la Résistance par le biais du fils du Préfet qui fréquentait le même collège que Samy Fresco. Le préfet les aidera et les met en contact avec Francis Le Basser, vers Ernée où ils sont cachés par le réseau de Pierre Le Donné. qu'à Nantes, et les services de renseignement britanniques. À son poste de préfet à Nantes, il a comme collaborateur Gilbert Burlot, chef de bureau, qui sera arrêté à la préfecture le . Avec lui, il ne suit pas les instructions, ralentit les réquisitions, veille au ravitaillement de ses administrés. Ils facilitent la délivrance de laissez-passer et la réalisation de faux papiersPar exemple pour Isaïe Schwartz.. À partir de , ils s'attachent principalement à la lutte contre le STO, en recourant alors au sabotage administratif. Bonnefoy pratique une forme minimale de collaboration avec une marge de manœuvre restreinte. À Lyon, il travaille avec le réseau NAP-Préfecture, déjà actif et infiltré dans le cabinet de son prédécesseur Alexandre Angéli.
Il se heurte au fur et à mesure de plus en plus officiellement avec les Allemands, et en particulier avec la Milice, qui provoque son arrestation par la Gestapo après qu'il ait été convoqué dans leurs locaux le 11 ou le 14 , à Lyon. Longuement interrogé, il est ensuite interné à la prison de Montluc à Lyon, puis au camp de Royallieu, à Compiègne.
Edouard Bonnefoy est considéréPar Sonia Mazey et Vincent Wright. Vichy et les français, Paris, Fayard, pp 280-283 et placé parmi les grands Résistants aux côtés de Jean Moulin.
Déportation Il est déporté dans le camp de concentration de Neuengamme, au départ de Compiègne par le convoi I. 247 du au kommando de Brême-Kriegsmarine, matricule 36277doc.sciences-po [Lyon. Le , dans la baie de Lübeck en mer Baltique, il est tué avec autres détenus transférés par les SS à bord du Cap Arcona : le paquebot, visé par un bombardement de la Royal Air Force, coule ensuite..
Hommage vignette|Plaque commémorative-Préfecture de Loire-Atlantique La rue Préfet-Bonnefoy lui rend hommage à Nantes. Un service funèbre est prononcé à la Cathédrale de Nantes, le , à l'occasion de l'inauguration d'une plaque commémorative à la Préfecture de Loire-Inférieure.
Une rue homonyme existe aussi à Laval. Bonnefoy est chevalier de la Légion d'honneur en 1938, Croix de Guerre 1939-1945, et médaillé de la Résistance à titre posthume en 1946.
Notes et références Notes
Références
Bibliographie Élodie Prost, Edouard Bonnefoy, un haut-fonctionnaire sous l'Occupation ( - ), Le devoir de désobéissance Société lyonnaise d'Histoire de la Police, Le préfet Bonnefoy, désobéir, un devoir, 2012-2013
Liens externes Les archives (Pdf) du préfet Bonnefoy sont en partie conservées aux Archives du département du Rhône et de la métropole de Lyon sous la cote 270 J.
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