Léo Major, né le à New Bedford Jocelyn Major, « N'oublions jamais », Histomag'44, numéro 57, décembre 2008. et mort le Only Canadian twice awarded Distinguished medal dies, The Canadian Press. Biographie militaire du soldat Léo Major, T. Robert Fowler. à Candiac, est un militaire québécois ayant servi dans Le Régiment de la Chaudière et le Royal Régiment des Forces armées canadiennes.
Surnommé le Rambo québécois, il s'est distingué par ses actes de bravoure lors de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre de Corée.
Dans la nuit du 13 avril 1945, il libère notamment à lui tout seul la ville de Zwolle aux Pays-Bas.
Longtemps tombé dans l'oubli, et .
Enfance
Léo Major est le fils aîné d'Achille Major et d'Amanda Sévigny, une famille franco-américaine. Son père, ouvrier des chemins de fer Canadien National, bénéficie d'une affectation temporaire de travail pour un programme d'échange avec l'American Railroad Company. C'est pendant cette période, le , que naît le premier des enfants de la famille d'Achille : Léo. Après l'achèvement de ses travaux, en , la famille retourne à Montréal — d'où les Major étaient originaires. Sa famille habite successivement au 1351 des Érables en 1924, au 4389 Chambord en 1935, puis finalement sur la rue Frontenac à partir de 1938.
droite|vignette|Maison d'enfance de Léo Major sur la rue Frontenac.
Au cours des 14 années suivantes, les parents de Léo ont 12 autres enfants. Son père étant souvent parti pendant de longues semaines, œuvrant sur un chantier de construction des chemins de fer, sa mère Amanda élève seule les 13 enfants. Léo subit à cette époque l'expérience traumatisante de son père qui, lorsqu'il revient d'un long séjour à l'extérieur, le bat avec sa ceinture à la suite des récits de sa mauvaise conduite que fait sa mère. Pour une raison qui demeure obscure, Léo est l'unique cible des crises de rage de son père. En plus des sévices, Léo est également soumis à de la violence psychologique, alors que son père le réprimande souvent en lui disant qu'il n'est The legendary liberator of Zwolle, The Windmill Herald.. Dans les années 1920, son père Achille devient protestant. Léo va étudier à l'école anglophone jusqu'à l'âge de 14 ans.
À 14 ans, au cœur de la Grande Dépression, Léo quitte le domicile familial après une altercation avec son père pour aller vivre avec sa tante Annie et son oncle Émile Major, également résidents de Montréal (et parents du chanteur Aimé Major). Après un certain temps, il va habiter dans une ferme avec un couple sans enfant qui le traite comme leur fils. Il travaille comme agriculteur dans cette famille.
En 1938, Léo se trouve un emploi comme travailleur de construction à la gare centrale de Montréal, alors en chantier sur le site de l'ancienne gare, près du centre-ville. Il y travaille physiquement et effectue des quarts de 9 à 10 heures par jour, six jours par semaine. Ne ménageant pas ses efforts, Léo force l'admiration de son contremaître, qui remarque vite le penchant du jeune homme pour les missions difficiles et dangereuses ; Léo hérite ainsi du dynamitage de trous dans la roche, afin de consolider les pieux qui doivent soutenir les murs et les planchers du bâtiment.
Seconde Guerre mondiale
Enrôlement
Léo Major s'enrôle en à l'âge de T.R. Fowler, Léo Major, DCM and bar, Canadian Military History, Volume 5, Number 1, Spring 1996, , disponible sur le site de la Wilfrid Laurier University (pdf). Aussi reproduit à : Léo Major, DCM and bar, site de l'Association canadienne des vétérans de la Corée. Une traduction française en a été faite dans Biographie militaire : Soldat Léo Major, DCM avec agrafe, Le Journal de l'Armée du Canada, vol. 11.3, automne 2008.. Il est affecté dans un premier temps au Royal Régiment et deux jours plus tard, lorsqu'il apprend que le Régiment de la Chaudière est le prochain à être envoyé en Europe, il demande et obtient son transfert à cette unité. Il reçoit son premier entraînement à la base des Forces canadiennes Valcartier près de la ville de Québec.
Le , il quitte Valcartier pour Sussex, au Nouveau-Brunswick, et y poursuit son entraînement jusqu’au alors qu’il s’embarque avec le Régiment de la Chaudière à bord du SS Strathmore en route pour la Grande-Bretagne. La traversée dure huit jours et, le , le convoi arrive au port de Gouroch, au nord de l’Écosse. Le Régiment prend ses quartiers à Aldershot le .
Entraînement
Une fois rejoint le Régiment de la Chaudière en Écosse, l'entraînement débute et dure trois ans et demi : de l'aube jusqu'au coucher du soleil, six jours par semaine, cinquante semaines par année. Léo est l'un des rares à maîtriser la langue anglaise, la majorité des recrues du régiment pouvant difficilement parler cette langue. Il progresse rapidement dans les unités d'entraînement de la base militaire. Léo se spécialise dans le tir de précision, la reconnaissance et les opérations de commando. Il se révèle avoir d'excellentes capacités visuelles, auditives, d'infiltration et d'endurance. Durant son temps libre, il s'entraîne à la boxe.
C'est durant cette période qu'il se lie d'amitié avec Willy Arseneault, un soldat canadien-français de Montréal.
Débarquement de Normandie vignette|Quatre pièces de mine Bangalore : deux pièces individuelles et deux pièces attachées ensemble. Léo Major participe au débarquement de Normandie le sur la Juno Beach avec le Régiment de la Chaudière, alors que les troupes canadiennes-anglaises du Queen's Own Rifles of Canada sont clouées au sol. Avec cinq autres soldats du Régiment de la Chaudière, Léo détruit une partie du mur d'un bunker abritant un nid de mitrailleuses allemand en posant une mine Bangalore. Le bulldozer accompagnant son régiment fait une brèche dans le mur et les soldats canadiens surprennent une douzaine de soldats allemands et les font prisonniers.
Capture d'un Hanomag vignette|Hanomag SdKfz 251.
Plus tard dans l'après-midi, Léo et un soldat sont assignés à une mission de reconnaissance pour explorer le terrain derrière les collines boisées marquant les lignes ennemies. L'objectif de leur mission est de collecter la position des unités allemandes, leurs forces ainsi que leurs armements et de rapporter ces informations au commandant.
Lors de cette mission, ils aperçoivent un Hanomag SdKfz 251, un véhicule blindé allemand semi-chenillé muni d'un canon antichar de , occupé par trois soldats allemands. Les deux éclaireurs quittent la route et se cachent derrière une haie alors que le véhicule arrive sur la route. Ne voyant aucune autre troupe ennemie, ils décident de capturer le véhicule et ses occupants afin de pouvoir les interroger. Au moment où le véhicule passe à leur hauteur, Léo vise et blesse le chauffeur à l'épaule, de sorte qu'il puisse encore conduire le Hanomag pour rejoindre les troupes canadiennes. Au même moment, l'autre éclaireur tire sur le mitrailleur et le tue sur le coup. Le chauffeur blessé et l'autre soldat se rendent alors.
Les soldats canadiens indiquent par la suite au chauffeur de prendre la direction du quartier général des forces canadiennes, à quelque cinq kilomètres de leur position. Sur le chemin, ils repèrent une section de commandos d'un bataillon anglo-canadien se préparant à traverser un pré. L'un des soldats de cette section porte un transmetteur sans fil. Léo et l'autre soldat font alors des signes en criant, afin que les soldats canadiens comprennent que le véhicule allemand est capturé et mené par des troupes amies.
Pendant que les deux soldats racontent la capture du Hanomag, le sergent de la section contacte son bataillon afin de faire préparer des soins médicaux pour le conducteur allemand blessé qui souffre et saigne abondamment. Lorsque Léo arrive au bataillon anglo-canadien avec le Hanomag, les deux soldats sont reçus avec exaltation par la troupe, en raison de la témérité de cette capture.
Le commandant en chef du bataillon demande alors à Léo de leur céder le véhicule capturé. Léo refuse : .. Léo apprend quelques jours plus tard que le véhicule contenait des transmetteurs sans fil et plusieurs livres-codes servant aux communications cryptées ennemies.
Perte de l'œil gauche Le , Léo et quatre soldats sont affectés à une mission de reconnaissance des lignes ennemies lors de la bataille de Caen. Ils arrivent face à face avec une patrouille de la 1re Panzerdivision SS Leibstandarte SS Adolf Hitler composée de cinq soldats allemands.
Les soldats canadiens tirent sur la patrouille et tuent quatre soldats allemands sur le coup. Le cinquième soldat, mortellement blessé, réussit à lancer une grenade au phosphore. Dans l'explosion, Major est blessé à l'œil gauche. Il est par la suite transporté dans un hôpital de campagne afin d'être examiné. Le médecin qui le soigne lui déclare : , ce à quoi Major répond : . Il refuse d'être évacué. Le médecin le renvoie à son unité après lui avoir fait un bandage avec un élégant cache-œil. Selon lui, . Léo continue son service comme éclaireur et tireur d'élite Léo Major, The Hero Workshop..
Pendant la bataille de Normandie, il détruit un char d'assaut Panzer dans le village de Rots et élimine les SS qui tendent une embuscade à une escouade du Régiment de la Chaudière.
Bataille de l'Escaut
Capture de 93 soldats
Dans la nuit du 30 au , lors de la bataille de l'Escaut Tony Atherton, Canadian heroes relive their battles: One-eyed private single-handedly rid Dutch town of Nazi occupiers, The Ottawa Citizen, May 07, 2005. Aussi reproduit à : Divergent Portraits of War: Léo Major, sur le site de l'Association canadienne des vétérans de la Corée. dans le sud des Pays-Bas, Léo Major capture 93 soldats allemands à lui seul.
vignette|Sherman M4A1 76 VVSS.
Afin de retrouver 50 soldats anglais envoyés en patrouille dans l'après-midi et qui ne sont pas revenus le soir, Léo est envoyé seul en reconnaissance la nuit venue. Il repère deux soldats allemands marchant le long d'une digue. Comme le temps est froid et pluvieux, Léo déclare : . Il capture l'un et tue l'autre, qui a tenté d'utiliser son arme. Il utilise son prisonnier comme appât pour se saisir du reste de l'unité.
Major continue sa mission avec comme objectif de capturer le commandant de l'unité et forcer celle-ci à se rendre. La garnison allemande se rend après que trois autres soldats sont abattus par Major. Il ramène les prisonniers et croise une batterie d'artillerie allemande alertée par les tirs de Major. L'artillerie fait feu sur la colonne de prisonniers, en blessant ou en tuant certains. Major, méprisant le feu ennemi, escorte ses prisonniers jusqu'à la première ligne canadienne. Croisant un char M4 Sherman sur le chemin, Léo demande à l'équipage du char de tirer sur la batterie afin de faire cesser leur tir.
Il revient au camp avec près d'une centaine de prisonniers. C'est pour cette action qu'il est nommé pour la Distinguished Conduct Medal (DCM), médaille qu'il refuse car la décoration doit lui être remise par le général Montgomery que Major juge militairement incompétent Leo Major 1921-2008, Trouw.nl..
Dos brisé
vignette|Chenillette Bren Carrier.