vignette|upright=1.2|alt=Plan sommaire du centre historique de la ville de Vence avec un trait rouge circulaire qui représente les remparts.|Les remparts de Vence. Les remparts de Vence, construits probablement au ., constituent une enceinte entourant le centre historique de Vence dans les Alpes-Maritimes.. Ils ont une forme elliptique d'une longueur de et comportent cinq portes. Tout le long des remparts, des immeubles ont été construits. Les crénelages et des éléments constructifs des remparts sont encore visibles sur plusieurs façades.
Le château des Villeneuve, dont la façade est intégrée aux remparts, abrite aujourd'hui le musée de Vence. Il a été édifié au , sans doute sur un logis médiéval datant de la tour du Peyra érigée avec l'enceinte et accolée au château.
Cadre historique
, viguier et baile de Provence.. Après la reprise de Nice, Romée de Villeneuve reçoit de , les terres situées autour de Vence sur lesquelles il construit le château aujourd'hui situé à Villeneuve-Loubet.
L'acte de donation est ainsi rédigé. : .
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Origine de la construction thumb|alt=Les remparts sont complètement intégrés dans la façade des immeubles.|Les remparts intégrés dans la façade des immeubles. La cité médiévale de Vence est entourée d'une enceinte grossièrement rectangulaire avec des angles très arrondis, entourant une surface de par . Dans cette enceinte se trouvent deux édifices importants. D'une part la cathédrale de Vence, au centre de la cité et d'autre part le château des Villeneuve, près de la porte du Peyra.
Il y a peu de textes d'époque permettant de retracer l'histoire de la ville de Vence et de la construction des remparts. Le plus ancien texte disponible est celui écrit en 1860 par l'abbé Eugène Tisserand, mais il n'évoque pas l'origine de la création des remparts..
Jacques Daurelle en 1934 indique : .. Ainsi, la seule source citée est une source de 1762 dont on peut contester la fiabilité.
Philippe Pergola s'interroge sur la période de construction de l'enceinte : ..
Denise Humbert indique :
Finalement, c'est une analyse fine des éléments d'architecture médiévale visibles, réalisée en 2012 par Jean-Claude Poteur, qui lui permet d'indiquer que l'enceinte a dû être construite en 1230 et 1245 sous les ordres de Romée de Villeneuve.
Propriété des remparts Concernant la propriété des enceintes, l'abbé Tisserand écrit que la commune de Vence ..
Le , la Cour royale confirme clairement la décision de 1333, en déclarant que les tours et les murailles appartiennent à la communauté et non pas aux seigneurs. En 1459, des lettres patentes de René d'Anjou adjurent définitivement aux syndics les clés de la ville..
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En 2019, l'enceinte est la propriété de la commune..
Architecture thumb|alt=Parement de l'élévation. Aperçu du crénelage. Présence de fentes de tir dans des merlons. Trous de boulin.|Parement de l'élévation. Aperçu du crénelage. Présence de fentes de tir dans des merlons. Trous de boulin. Vers le sud, les façades des maisons qui forment la limite de la cité médiévale ne laissent apparaître que des grandes portions du parement de l'enceinte. En revanche, côté nord, le parement est visible dans sa totalité et remarquablement bien conservé.
Le parement et le crénelage sont ainsi décrits par Jean-Claude Poteur : .
Vers la base de l'élévation, sont régulièrement percées des fentes de tir, dont la hauteur varie entre et .
La tour du Peyra et le château des Villeneuve
Tour du Peyra La tour du Peyra constituait sans doute un donjon. Haute d'environ , la tour est de plan carré d'un peu moins de de côté. Elle s'élève aujourd'hui sur quatre niveaux, mais l'intérieur de la tour complètement enduit ne permet pas d'analyser la construction. À l'extérieur, mis à part quelques remaniements modernes concernant essentiellement les baies, les parements anciens sont conservés et visibles. Ils sont homogènes et assemblés en bossages de grand appareil. La tour est percée de fentes dont certaines sont des fentes de tir. Robert Doré pense que les étages devaient être desservis ., procédé utilisé pour la tour du château Grimaldi d'Antibes.
Pour Jean-Claude Poteur, la structure de sa base semble montrer qu'elle est contemporaine de l'enceinte.
Château des Villeneuve thumb|alt=Vue du château des Villeneuve et la tour du Peyra accolé au château. Le château apparaît comme un immeuble de 3 étages.|Le château des Villeneuve et la tour du Peyra (côté nord et ouest).
Le château des Villeneuve est réputé avoir été construit au .. Cependant l'analyse fine des parements de l'élévation extérieure et des murs situés à l'intérieur de la cité laisse penser que le château des Villeneuve résulte du réaménagement d'un logis médiéval, accolé au donjon du Peyra.
La tour du Peyra et le château des Villeneuve sont achetés par Émile Hugues, maire de Vence de 1945 à 1959, député, sénateur et ministre qui les lègue à son décès, en 1966, à la ville de Vence. Cet espace devient en 1992 le Centre d'art du château de Villeneuve, Fondation Émile Hugues et en 2014 le Musée de Vence / Fondation Émile Hugues, consacré à l'art moderne et contemporain...
Les portes L'enceinte possède cinq portes : la porte du Signadour ou porte de Saint-Paul ; le portail Levis ; la porte du Peyra ; la porte d'Orient ou porte de Cagnes ou portail du Siège qui date de 1787 ; la porte du Faubourg ou porte Pontis (aujourd'hui porte Alsace-Lorraine) qui date de 1863.
La carte de Cassini, levée en 1778-1779, montre trois chemins quittant Vence : l'un depuis la porte du Peyra vers Tourrettes-sur-Loup, un autre depuis la porte du Signadour vers Saint-Paul et le troisième depuis le portail Lévis en direction de Saint-Jeannet. Un texte rédigé en 1392 pour le gouverneur de la frontière du Var et concernant la garde du château de Vence ne mentionne que deux portes : .
Porte du Signadour thumb|upright=0.7|alt=Vue de détail de la porte du Signadour, appelée également porte de Saint-Paul.|La porte du Signadour ou porte de Saint-Paul. La porte ou portail du Signadour est également appelée porte de Saint-Paul. Jacques Daurelle envisage trois hypothèses à propos de l'origine du nom « Signadour », la première fait référence à un veilleur qui du haut du portail observerait la venue de l'ennemi et en avertirait les habitants par des signaux, la deuxième est en relation avec la petite niche, ou signadour, située au-dessus de la porte, mais la maçonnerie autour de la niche laisse penser que l'ouvrage est postérieur à la porte, enfin, il peut être fait référence à l'évêque de Vence recevant Scipion de Villeneuve et lui donnant l'accolade en signe de réconciliation..
La porte du Signadour et le portail Lévis sont les plus anciennes et sont mentionnées dans un acte de 1392. Jacques Daurelle . En examinant les styles des deux portes, il considère que la porte du Signadour est la plus ancienne : . Denise Humbert considère que la porte de Saint-Paul et le portail Levis sont de la même date..
Les deux portes ont les mêmes dimensions : de hauteur, de largeur et d'épaisseur.
L'élévation extérieure de la porte présente des modes de construction indiquant que la porte a fait l'objet de reconstructions. Néanmoins, les toutes premières assises, en grandes pierres à bosse, pourraient appartenir à l'édifice d'origine.
Pour Denise Humbert, la porte était sans doute protégée par une barbacane, qui devait être déjà démolie en 1513, puisqu'à cette date, les habitants venaient y enlever les pierres, comme l'indique une délibération communale du . :
Concernant le couronnement, Denise Humbert indique : ..
Jacques Daurelle raconte que la démolition de cette porte a été décidée en 1849 par le conseil municipal afin de faciliter la circulation des charrettes ; décision rejetée par le préfet.
La porte du Signadour est inscrite depuis le comme monument historique.
Portail Levis Le portail Levis était précédé d'une tour-porte flanquante avec pont-levis. Jacques Daurelle indique .
Jean-Claude Poteur considère que cette porte n'est pas la porte originelle. Par ailleurs devant la porte a été dressée, avant 1392, une tour-porte flanquante munie d'un pont-levis. La tour a été détruite en 1819.
Le portail Lévis est inscrit depuis le comme monument historique.
Porte du Peyra Selon Jacques Daurelle, la porte du Peyra daterait de 1582. Il reprend en effet une mention figurant dans un mémoire écrit en 1762 dans le cadre du procès des Regales (voir plus loin) : .. L'année 1582 est également citée par Denise Humbert.. Mais Oswald Baudot ne retient pas cette date alors trop tardive. Le portail de la tour est mentionné comme point de repère dans un acte de 1510..
Elle est précédée d'une porte antérieure. Ainsi, l'abbé Tisserand écrit : .. Denise Humbert reprend également l'idée d'une porte primitive datant de 1441..
La porte été remaniée en 1810.
Porte d'Orient thumb|upright=1|La porte d'Orient et les remparts. La porte d'Orient est également appelée porte de Cagnes ou portail du Siège. Jacques Daurelle évoque les noms de porte du Levant, porte de la Brèche, porte du séminaire ou portail Saint-Véran..
L'histoire de la porte d'Orient est assez mouvementée. Son origine date de l'ouverture d'une brèche faite dans les remparts par l'évêque de Vence Gabriel François Moreau pour établir un chemin plus direct entre la cathédrale et le grand séminaire Godeau.. Dans une délibération du conseil général du il est décidé . Commence alors ce qu'on appelle le « procès des Regales » (les remparts font partie de ce qu'on appelle Regales mineures). Le Parlement d'Aix , par arrêté du , donne raison à l'évêque. Un appel est demandé auprès du roi, ainsi la requête des consuls de Vence est agréée dans un conseil du roi tenu à Compiègne le qui donne raison à la Communauté de Vence. Suivent d'autre péripéties. En 1763, Gabriel François Moreau est remplacé par l'évêque Michel-François de Couët du Vivier de Lorry qui souhaite faire preuve de conciliation. Le seigneur de Vence fait savoir en 1765 qu'il conteste le jugement royal. L'affaire néanmoins semble s'arranger à l'amiable..
, de ce côté de la ville est réclamée par les habitants, indique Jacques Daurelle.
Finalement, le conseil municipal examine en 1785 le projet d'ouverture d'une porte. La date de 1787 gravée sur la clé de voûte correspond à son ouverture effective.
Porte du Faubourg Malgré l'ouverture du portail du Siège en 1787 et l'existence des trois autres portes, le centre de la ville demeure encore inaccessible aux voitures, indique Jacques Daurelle. Les habitants de la vieille ville ne cessent de réclamer une large ouverture du côté du faubourg. En 1810, le conseil municipal commence à s'occuper de la question et autorise un passage piétonnier qui sera utilisé jusqu'en 1858. C'est à cette date que sont entreprises les études de création d'un passage voûté (pontis)..
La porte du Faubourg est finalement ouverte en 1863.
La porte (ou porche) porte le nom aujourd'hui de porte Alsace-Lorraine.
thumb|upright=0.8|Romée de Villeneuve.
Analyse architecturale globale et hypothèse historique L'analyse architecturale effectuée par Jean-Claude Poteur sur l'enceinte, les deux portes primitives (le portail Levis et la porte du Signadour), la tour du Peyra et le logis médiéval adossé à la tour, permet de déduire que ces constructions constituent un ensemble homogène, dont la construction a été peu étalée dans le temps.
Il remarque que l'enceinte n'est pas flanquée, indiquant par cela qu'elle est sans-doute antérieure à la seconde moitié du . L'enceinte daterait donc au plus de la première moitié du ou du . Par ailleurs, l'analyse des dispositifs militaires laisse penser que l'enceinte est postérieure à 1200.