Le séisme de Hōei () est un séisme qui s'est produit le à (heure locale), dans le sud du Japon. Il a été le plus important séisme de l'histoire du pays jusqu'en 2011 où il a été supplanté par le séisme du Tōhoku. Il causa des dommages plus ou moins importants dans le sud-ouest des îles de Honshu et de Shikoku et dans le sud-est de l'île de Kyūshū. Le bilan humain lié au séisme et au tsunami qui s'en est ensuivi est estimé à plus de victimes.

D'une magnitude estimé à 8,6 sur l'échelle ouverte de Richter, le séisme a généré un déplacement généralisé de tous les blocs du chevauchement de Nankai et est le seul événement connu à avoir produit une mécanique d'une telle ampleur. Il pourrait par ailleurs être la cause de la dernière éruption du mont Fuji, qui s'est produite 49 jours plus tard.

Contexte La côte méridionale de l'île d'Honshu est située le long du chevauchement de Nankai, qui marque la subduction de la plaque des Philippines sous la plaque eurasienne. Les mouvements tectoniques dans cette zone de convergence lithosphérique sont à l'origine de nombreux séismes, dont certains rentrent dans la catégorie des mégaséismes. Le chevauchement de Nankai est subdivisé en cinq blocs, nommés de A à E, qui peuvent se rompre indépendamment les uns des autres. Les segments se sont rompus soit séparément ou ensemble à plusieurs reprises au cours des dernières années. Les mégaséismes du chevauchement de Nankai tendent à se produire par pairs, avec un laps de temps relativement court entre eux. En plus des deux séismes de 1854, deux autres similaires se sont déclenchés en 1944 et en 1946. Dans chacun de ces cas, c'est le bloc nord-est qui a rompu avant le bloc sud-ouest. .

Dommages Le bilan total s'élève à plus de bâtiments détruits et plus de victimes. De plus, le séisme a engendré un important glissement de terrain, dans la préfecture de Shizuoka, connu sous le nom de glissement d'Ohya. Il fait partie des trois plus importants glissements de terrain du Japon, concernant une surface de pour un volume estimé à plus de 120 millions de m³. Le bassin de la préfecture de Nara présente des traces de liquéfaction des sols due au séisme.

Caractéristiques La magnitude du séisme de 1707 a été supérieure à celle des deux séismes conjoints qui se sont produits à Ansei-Tōkai en 1854, dont l'estimation est basée sur plusieurs observations. Le soulèvement au cap Muroto, dans la préfecture de Kōchi, a été estimé à pour 1707, contre pour 1854. Dans la plaine de la province de Kawachi, la présence d'une intensité sismique de 6,7 sur l'échelle de Shindo a été observée. Un autre moyen d'estimation de la puissance du séisme est le degré des dommages et de la hauteur des inondations liés à un tsunami et les tsunamis enregistrés dans des lieux éloignés, comme à Nagasaki et à Jeju-do en Corée du Sud.

Conséquences Tsunami Le séisme est à l'origine d'un tsunami qui a touché toute la côte sud-ouest de Kōchi, avec des vagues d'une hauteur moyenne de , et qui ont dépassé les par endroits, avec des maximum de à Kure (Nakatosa, Kōchi) et de à TanezakiAkitsune Imamura.(1938).土佐に於ける宝永・安政両度津浪の高さ, 地震 第1輯, 10, 394-404. en japonais..

Relation avec l'éruption du mont Fuji Le changement de pression causé par un très fort séisme peut être suffisant pour déclencher une éruption volcanique, du fait que le système magmatique impliqué est bloqué à un état critique. Le séisme de 1707 a ainsi pu être à l'origine d'un changement de pression dans la chambre magmatique sous le mont Fuji, qui est entré en éruption le , soit 49 jours après le séisme.

Notes et références

Articles connexes Listes de séismes Éruption du mont Fuji de l'ère Hōei Séisme de 2011 de la côte Pacifique du Tōhoku

Hoei 1707 Hoei 1707 1707 Hoei Catégorie:Mont Fuji Catégorie:Japon au XVIIIe siècle Catégorie:Tsunami du XVIIIe siècle Catégorie:Tsunami au Japon