thumb|Collaboration entre différents services (disciplines) à Liège: VIM du service SMUR (discipline 2), en intervention lors d'un incendie avec les pompiers (discipline 1).

La planification d'urgence en Belgique régit et organise la planification d'urgence (plan catastrophe) dans ce pays, c'est-à-dire qu'elle met en place l'organisation et la prévention relative à un événement (catastrophique ou non) de grande ampleur nécessitant la collaborations de plusieurs services d’urgence différents (comme les pompiers, l'aide médicale urgente ou la police, par exemple).

Historique Le , parait la loi sur la protection civile, qui définit les différentes termes, tels que la protection civile et les services régionaux d'incendie(SRI)..

Le , la loi relative à l'aide médicale urgente en Belgique est votée, transférant la responsabilité de celle-ci des communes vers l'état fédéral.

Le , parait la première directive européenne dite « Seveso », qui impose aux États membres de l'Union européenne d'identifier les sites industriels présentant des risques d'accidents majeurs et d'y maintenir un haut niveau de prévention.

Le , parait une circulaire ministérielle relative aux plans d'urgence et d'intervention en exécution de la loi du concernant les risques d'accidents majeurs de certaines activités industrielles.

Le , parait un arrêté royal fixant les normes de prévention incendie dans les nouvelles constructions..

La Loi du instaure la future réforme des polices de Belgique à la suite de nombreux dysfonctionnements dans l'affaire Dutroux mis en lumière par la commission d'enquête parlementaire débutée en 1996. Cette réforme organise un service de police intégré, structuré à deux niveaux (police locale et police fédérale), qui entrera en fonction le .

La loi du modifiant la loi du à propos de la protection civile a donné obligation aux bourgmestres de chaque commune d’établir un plan général d’urgence et d’intervention qui prévoit les mesures à prendre et l’organisation des secours en cas d’évènements calamiteux, de catastrophes ou de sinistres.

Le , survient la catastrophe de Ghislenghien qui fit et lors de la rupture d'un gazoduc à haute pression qui entraina une explosion sur un zoning industriel. Cette catastrophe met en lumière des dysfonctionnements dans l’organisation et la coopération entre les services de secours. et a pour conséquences, outre la réforme de la sécurité civile belge de 2007, une réorganisation de la planification de l'urgence en Belgique, notamment via la création de cinq disciplines de l'urgence par l'arrêté royal du ..

Le , c'est au tour de la protection civile d'être réformée, réduisant le nombre d'unités de 6 à 2 et redéfinissant les missions qui lui sont attribuées en activités à l'échelon fédéral pour des missions spécialisées et en activités à l'échelon local qui sont alors assurées, depuis lors, par les zones de secours..

Un nouvel arrêté royal parait au Moniteur belge le , précisant le rôle des bourgmestres et des gouverneurs de province en cas d'événements et de situations de crise nécessitant une coordination ou une gestion à l'échelon national..

Organisation

Disciplines thumb|La police belge est l'une des 5 disciplines: la discipline 3. thumb|Camion citerne de 28 000 litres d'eau de l'unité de protection civile de Crisnée.

La planification d'urgence en Belgique détermine 5 disciplines ayant chacune un rôle bien défini et étant abréviées par la lettre « D »:

La discipline 1 (D1) : les services d'incendie concerne les opérations de secours, notamment maitriser la situation d’urgence et en éliminer les risques, rechercher, libérer, secourir, sauver et mettre en sécurité les personnes et protéger les biens, lutter contre les produits dangereux, etc. Ces opérations sont du ressort des services publics d’incendie. La discipline 2 (D2) : l'aide médicale urgente. Il lui incombe notamment de créer la chaîne médicale, d’apporter les soins médicaux et psychosociaux aux victimes et aux personnes concernées par la situation d’urgence, de transporter des victimes et de prendre les mesures en vue de protéger la santé de la population, sous l’autorité administrative de l’Inspecteur d’Hygiène Fédéral. Diverses tâches de la discipline 2 sont remplies par les services de l’aide médicale urgente, renforcés en premier lieu par la Croix-Rouge de Belgique. La discipline 3 (D3) : la police. En cas de catastrophe, la police fédérale et la police locale ont comme mission de maintenir et de rétablir l’ordre public, dégager les voies d’accès et d’évacuation, escorter les services de secours, installer et faire respecter les périmètres, exécuter l’évacuation et/ou le confinement de la population, veiller au confinement de celle-ci, identifier les personnes décédées et assurer l’enquête judiciaire. La discipline 3 recouvre aussi les missions d'appui (hélicoptères de police, forces spéciales...) et les services dont les fonctionnaires ont certaines compétences en matière de police (police des chemins de fer, IBPT, douanes, etc.). La discipline 4 (D4) : l'appui logistique concerne le renfort en personnel et en matériel, le matériel spécifique, les moyens de communications, le ravitaillement en eau potable, etc. Ces missions sont assurées par les services publics d’incendie, la protection civile, certains services publics ou privés et par la Défense si les moyens civils sont dépassés. La tendance actuelle range aussi les Centres de Crise Régionaux (de Wallonie et de Flandre, notamment) dans la discipline 4. Ils sont considérés comme un « renfort logistique », et un point de contact unique permettant de s'assurer de la collaboration des différents services publics qui relèvent de leurs compétences. La discipline 5 (D5) : l'Information. Cet aspect est confié à l’« autorité administrative » (bourgmestre, gouverneur ou ministre), responsable de la phase en cours (communale, provinciale ou fédérale). Le principe est: « Qui gère la phase en cours communique ». L’information est mise en commun par les disciplines et mise en forme, après validation par chaque discipline et par le Parquet. Ainsi, l’ensemble des secours parlent d’une seule voix, ce qui est le gage d’une plus grande cohérence. Cela implique aussi que les différents intervenants doivent éviter les déclarations intempestives. Après la situation d’urgence, des informations sont encore diffusées afin de faciliter le retour à la vie normale. À l'heure où chaque citoyen muni d'un téléphone mobile est un communicateur en puissance, la réalité peut se traduire plutôt par l'adage suivant: « Qui gère la phase en cours tente de coordonner les communicants, et, au besoin, rectifie le tir ». À noter aussi que les missions de la Discipline 5 ont tendance, dans la pratique quotidienne, à s'élargir par la force des choses. Il n'est pas rare de voir des membres de la D5 conseiller l'autorité administrative, participer à des actions de protocole, d'organisation d'événements dans le cadre d'une catastrophe (chapelles ardentes, événements de recueillement, « chaîne de dignité », etc.)., bref, à seconder l'autorité administrative chargée de la gestion de la phase en cours. Pour résumer, la Discipline 5 est devenue, au fil du temps, "l'équipe qui entoure, aide et conseille l'autorité administrative", avec, pour mission primaire, l'information à la population.

Phases Il existe quatre phases d'intervention se différenciant par l'ampleur de l'intervention, par la montée en puissance des moyens engagés, ainsi que par l'importance de sa gestionhttps://centredecrise.be/fr/que-font-les-autorites/gestion-de-crise/coordination-de-la-situation-durgence : Phase 1 (phase de première intervention) : action impliquant l'intervention de plusieurs services de secours mais n'étant pas déclenchée formellement. Phase 2 (phase communale) : phase de renfort nécessitant une coordination des secours et une gestion au niveau communal, déclenchée par l’officier des pompiers ou par le bourgmestre. Phase 3 (phase provinciale) : lorsque l’événement nécessite une coordination entre plusieurs communes, la phase 3 est alors engagée déclenchée par l’officier pompier, par deux ou plusieurs bourgmestres ou par le Gouverneur de la province et est gérée par le Gouverneur. Phase 4 (phase fédérale) : dès lors que l’événement nécessite une coordination entre plusieurs provinces, ou touche à des risques nationaux (comme le nucléaire etc.). La phase est alors gérée par le Service public fédéral Intérieur et plus précisément par le ministre de l'Intérieur.

Depuis l'Arrêté Royal de 2006 relatif à la planification d'urgence, ce sont les terminologie phase communale, phase provinciale et phase nationale qui sont privilégiées : La « phase communale » déclenchée par le Bourgmestre lorsque les conséquences du sinistre restent au niveau exclusivement de la commune et qu’il peut être combattu par des moyens communaux. L’autorité compétente est le bourgmestre qui informe le gouverneur de province et les communes voisines. La « phase provinciale » est déclenchée par le Gouverneur de province lorsque les implications du sinistre dépassent les limites de la commune, lorsque son ampleur nécessite une coordination au niveau provincial ou lorsque le bourgmestre est défaillant. L’autorité compétente est le gouverneur de province qui informe le ministre et les provinces voisines. La « phase fédérale » déclenchée par le ministre de l’Intérieur, ou le ministre de la Santé Publique pour ce qui concerne les secours médicaux, sanitaires et psychosociaux. Elle est mise en œuvre si les conséquences dépassent le territoire d’une province, si l’entièreté du territoire national est concerné, s’il y a une menace grave sur l’environnement, la chaîne alimentaire, les besoins essentiels de la population ou les intérêts vitaux de la nation ou encore s’il est nécessaire de coordonner des départements ministériels ou des organismes fédéraux.

Le déclenchement des phases ne peut pas être délégué, ce qui signifie qu’il est du ressort du seul bourgmestre, du gouverneur ou du ministre selon le cas. Outre l’étendue géographique des conséquences de la situation d’urgence, la phase dépend des moyens à mettre en œuvre, du nombre réel ou potentiel des victimes, les nécessités de coordination, l’impact social des évènements, leur complexité technique et l’évolution des évènements.

À noter que certaines matières relèvent d'office d'un certain type de phase: un accident chimique dans une usine classée "Seveso" fera, a minima, l'objet d'une phase provinciale; un accident de type nucléaire, un black-out électrique ou une action terroriste fera d'office l'objet du déclenchement d'une phase fédérale. En cours de gestion de crise, les autorités administratives (bourgmestres, gouverneurs, ministre de l'Intérieur ou de la Santé) pourront décider de changer de type de phase, en fonction de l'évolution de la situation sur le terrain.

Cellules de sécurité Les Cellules de sécurité sont mises en place dans chaque commune et chaque province. Composées de l’autorité politique, d’un Coordinateur Planification d’urgence (Planu) et d’un représentant de chaque discipline, elles sont chargées d’inventorier et d’analyser les risques, d’établir et d’actualiser les plans d’urgence et d’intervention et d’organiser des exercices. Pour le niveau fédéral, la planification d’urgence est assurée par la Cellule de gestion. Elles permettent aussi aux responsables des différentes disciplines de se connaître et d’acquérir une vision plus large avant la crise.

Coordination

La définition de la situation d’urgence parle de l’indispensable coordination des différentes disciplines. Cette coordination s’établit à deux niveaux.