El-Hajj Mohammed Ould El-Hâdj Hammou al-Hrizi, aussi nommé Hajj Hammou, est un caïd de la tribu des Oulad Hriz, fils d'un wali de Dar el-Beida (actuelle Casablanca). En 1907, il se révolta contre les Français, au moment du premier débarquement de l'armée française au Maroc, dans la ville de Casablanca.

Biographie

Début

Jeunesse dans la Zaouïa de Nouaceur Lorsqu'il était jeûne, il étudiera les sciences islamiques à la Zaouïa de Nouaceur. Il était de la confrérie de la « Nasseriyah », où il fît un grand « moqadem » des « Rimaya », une confrérie militaire de Nouaceur. Les moqadem étaient chargés dans les Rimaya d'être des guides militaires, (tels des instructeurs) et de guider les fidèles hors du péché. Sa lignée est al-Hajj Mohamed ould al-Hajj Hammu ben Ahmed ben Jilali al-Allali al-Hrizi.

Contentieux à Casablanca Fils du gouverneur de Casablanca, il compte lui succéder mais les Français lui préfèrent Boûbeker ben Bouzid Slâoui. Avec l'aide des autres tribus de la Chaouïa, il organise dès 1907 une lutte contre les Espagnols, les Français et leurs partisans, lançant des appels au JihadGeorges Guénin, L'épopée coloniale de la France: racontée par les contemporains, 1932, André Adam, Histoire de Casablanca : des origines à 1914, . Il contestera Mohamed Ben Moulay Abdel Salam, caïd des Oulad Hriz partisans du Makhzen. Il le forcera à l'exiler à Fès après avoir acquis le cœur des Oulad Hriz.

Révolte contre le Makhzen

Insurrection de Juillet 1907

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Campagne de la Chaouïa

Ne reconnaissant pas l'autorité de Boûbeker ben Bouzid Slâoui, ni de Moulay Abdelaziz, il se révolte contre le Roi, ainsi que les français le 5 août 1907, il fait déferler dans la ville ces cavaliers, soldats, visant juifs, européens, provoquant l'anarchie dans la ville ainsi que mettant à feu les infrastructures étrangères. Il combattra la France dans la Chaouïa jusqu'en 1908.

En tant que principal chef de guerre face aux français, Hajj Hammou, fut arrêté et jugé par les forces d’occupation. À la suite de ces événements, Moulay Abdelhafid, auparavant allié d'El-Hajj, émit des décrets de confiscation visant les biens du caïd et de son fils, datés du 6 Muharram 1326 H () pour le père, et du 10 Jumada I 1326 H () pour le fils.

Le décret de confiscation répertoriait environ 17 propriétés appartenant à Hajj Hammou à Casablanca, incluant 8 grandes demeures ainsi qu’une dizaine de boutiques et de magasins de stockage.vignette|Boûbeker ben Bouzid Slâoui sur le croiseur français Galilée.

Fin de vie

Arrestation En effet, Mohammed ben ‘Abd Es-Salâm était revenu de Fès pour reprendre l'autorité sur les Oulad Hriz et, montré sa soumission aux Français et au Makhzen. La forteresse que défendait Hajj Hammou n'était plus que ruines. Convaincu que les renforts finiraient par arriver, il demeura dans son domaine avec ses serviteurs, espérant une occasion de reprendre la lutte.

Il fut à l'aube, dans son domaine, le capturé par la cavalerie et fait prisonnier, démuni de munitions pour continuer le combat. Il sera défendu par quelques serviteurs lors de l'arrestation, mais ces serviteurs ont été neutralisés. Traduit en conseil de guerre à Casablanca avec El Hadj Haousin et El Hadj Sliman ben Douh, tous deux des Oulâd Ziyân, que le public désignait avec lui comme investigateurs des massacres de Casablanca, il fut postérieurement condamné à la détention perpétuelle ; il a été déplacé à Oujda pendant l'affaire judiciaire.

Affaire judiciaire contre Hajj Hammou Le , après quasiment un an en détention à Oujda, une ordonnance de dessaisissement a été rendue par le général commandant le corps de débarquement de Casablanca dans le cadre d’une instruction judiciaire ouverte contre Hadj Mohamed Ould El Hammou, également appelé Ould Hadj, et ses co-inculpés. Cette ordonnance a ensuite été annulée par une autorité supérieure. L’annulation visait à corriger une erreur juridique ou de procédure sans que cette décision ne bénéficie directement aux accusés ni n’affecte le déroulement de l’instruction.

Par arrêt du , la Cour de cassation a cassé cette ordonnance, mais seulement dans l'intérêt de la loi. L'ordonnance conservant tous ses effets juridiques, El-Hadj-Hammou et consorts ont dû être remis à la disposition des autorités marocaines, pour être jugés par les tribunaux chérifiens, à la diligence de la légation de France au Maroc.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Catégorie:Caïd marocain Catégorie:Date de naissance non renseignée (XIXe siècle) Catégorie:Date de décès non renseignée (XXe siècle) Catégorie:Personnalité liée à la conquête du Maroc par la France