Le Traité de l'orchestration est un ouvrage rédigé par le compositeur français Charles Koechlin, à Paris, en 1941. Divisé en quatre volumes, publié à titre posthume de 1954 à 1959, il reprend la plupart des éléments abordés dans les précédents traités consacrés à l'orchestration, du Traité d'instrumentation et d'orchestration de Berlioz (1844), modèle du genre, aux ouvrages de Gevaert (1885), Rimski-Korsakov (1912) et Widor (Technique de l'orchestre moderne, 1925).

Esprit libre, indépendant et soucieux de ne jamais tomber dans le dogmatisme, Koechlin adopte souvent le ton de la conversation dans son Traité, qui présente de nombreuses « notes » et digressions sur divers sujets musicaux.

L'ouvrage est abondamment illustré, l'auteur citant des œuvres anciennes de Machaut, Monteverdi, Heinrich Schütz et Jean-Sébastien Bach comme des partitions modernes de Stravinsky, Darius Milhaud et Alfredo Casella. Koechlin cite également ses propres œuvres, qui témoignent de sa double qualité de compositeur et de pédagogue.

De nouvelles possibilités de réalisation sont envisagées dans ce Traité de l'orchestration, notamment pour l'enregistrement de la musique de film.

Charles Koechlin orchestrateur Les qualités de Charles Koechlin dans le domaine de l’orchestre sont appréciées dès ses années d'étude au Conservatoire, et par son propre professeur de composition : en , Gabriel Fauré demande au jeune compositeur d'orchestrer la suite Pelléas et Mélisande qu'il avait écrite comme musique de scène pour la pièce de Maeterlinck. Fauré se déclare , au point d'inviter Koechlin à l'accompagner à Londres pour assister à la première exécution :

Lors de la publication de cette suite, en 1901, Fauré modifie l'orchestration pour un effectif plus imposant, mais conserve .

En 1912, Claude Debussy fait appel à lui pour orchestrer le ballet Khamma, composé en 1910 puis pratiquement abandonné, à la suite d'un désaccord entre le compositeur et Maud Allan, commanditaire de l’œuvre. L'éditeur Jacques Durand revient sur cette expérience dans ses Souvenirs d’un éditeur de musique : — travail qui occupa les deux compositeurs du jusqu'au .

Compositeur et pédagogue Charles Koechlin et ses élèves Selon Aude Caillet, .

Dès 1921, l'enseignement de Charles Koechlin offre une alternative originale à l'enseignement officiel dispensé au Conservatoire de musique et de déclamation ou à la Schola Cantorum. Darius Milhaud affirme qu'à cette époque, Koechlin est .

Francis Poulenc s'adresse également à lui, dans une lettre de : .

Parmi les élèves de Charles Koechlin, on trouve donc les musiciens du Groupe des Six (Milhaud, Poulenc, Germaine Tailleferre), de l'École d'Arcueil (Henri Sauguet, Henri Cliquet-Pleyel, Maxime Jacob, Roger Désormière) ainsi que des compositeurs américains, comme Cole Porter..

Charles Koechlin se révèle .

Ouvrages d’enseignement Le compositeur garde toujours une attitude positive à l'égard de ses activités de pédagogue. .

Charles Koechlin publie une Étude sur l’harmonie moderne en 1920. Suivent une Étude sur les notes de passage (1922), un Précis des règles de contrepoint (1926), une Étude sur le choral d’école (1929) et une Étude sur l’écriture de la fugue d’école (1934). Ces textes devaient préparer le compositeur pour la rédaction de ses deux grands traités : le Traité de l'harmonie, en trois volumes (1927-1930) et surtout le Traité de l'orchestration..

Selon Aude Caillet, .

Sur ce point précis, le témoignage d'Henri Sauguet est éloquent. .

Composition et publication , le monumental Traité de l’orchestration est achevé en 1941. Retouché jusqu'en 1943, il n'est publié qu'à titre posthume par Eschig, de 1954 à 1959 : volume I (322 pages) en 1954, volume II (443 pages) en 1955, volume III (318 pages) en 1956, volume IV (411 pages) en 1959.

L'originalité de l’ouvrage tient, en grande partie, à la liberté de pensée de son auteur .

Plan du Traité Le plan adopté par Charles Koechlin est très détaillé :

Chapitre I : — Instrumentation Étude des instruments Ressources et caractères des différents instruments La Voix humaine Instruments anciens Chapitre II : — Équilibre des sonorités Volume et intensité Équilibre des sonorités Gradation des sonorités

Chapitre III : — Écriture des divers groupes Quatuor Les Voix Percussions et instruments à clavier Cuivres Cor Bois Mélange de deux ou plusieurs groupes Doublures

Chapitre IV : — Orchestration proprement dite Étude de la sonorité : Équilibre, Unité, Plénitude, Écriture, Variété Écriture en parties réelles, Écriture avec la réalisation de la basse continue Réalisation par la mélodie, l'accompagnement, les basses Réalisations orchestrales : d'autres manières d'écrire Rôles des divers groupes : cuivres, cors, bois, cordes, mélangesRôle de la percussion et des instruments à clavier mélangés au reste de l'orchestreConcertos

Chapitre IV (suite) : Orchestration avec les voix : soli, ensembles, chœurs Divers suppléments : Orchestration d'un morceau de piano, de harpeDiverses manières de réaliser et d'orchestrer un même passageLes grands Polytonalité, atonalité, les 1/4 de tons Chapitre V : — Diverses formations d'orchestres

Chapitre VI : — I. Couleurs de l'orchestre féérique, lointain, mystère humour, caricatural, fantasque sombre, violent couleur par l'écriture divers effets Chapitre VI (suite) : — II. Caractère des instruments

Présentation Charles Koechlin aborde les instruments selon leur ordre d'apparition dans une partition d'orchestre classique. Instrumentation classique Instruments à vent : Famille des flûtes : grande flûte, petite flûte (ou piccolo) et flûte grave, Famille des hautbois : hautbois, cor anglais, hautbois d'amour, hautbois baryton, Famille des clarinettes : clarinettes, petite clarinette, clarinette basse et clarinette contrebasse, Famille des bassons : basson, contrebasson. Instruments de Sax : Famille des saxophones : saxophone sopranino, saxophone soprano, saxophone alto, saxophone ténor, saxophone baryton, saxophone basse, saxophone contrebasse, Famille des saxhorns : bugles, cornophones, saxotrombas et tuba. Instruments de cuivre : Famille des cors : cor simple et le cor à pistons Famille des trompettes : trompettes et cornet à pistons, Famille des trombones : piccolo, soprano, alto, ténor, basse, contrebasse et trombone à pistons. Instruments de percussion : timbales, grosse caisse, gongs, cymbales, tambour militaire, tambour de Basque, castagnettes, triangle, cymbales antiques, célesta, glockenspiel, cloches, xylophone, marimba et vibraphone. Harpe, piano, orgue, Instruments à cordes : violon, alto, violoncelle, contrebasse et de nouveaux instruments à cordes du dixtuor mis au point par Léo Sir.

Voix Charles Koechlin consacre une très importante section à la voix humaine : sopranos, altos, ténors, barytons et basses.

Nouveaux instruments L'ouvrage de Charles Koechlin est le premier à mentionner des instruments électriques : ondes Martenot, orgue Hammond et piano mécanique.

Instruments anciens Charles Koechlin montre un réel intérêt pour la musique baroque, ce qui le conduit à présenter un grand nombre d'instruments dont il souhaitait un retour en grâce : clavecin, luth, cornet à bouquin, viole de gambe, viole d'amour, mandoline, guitare, cornemuse, biniou et galoubet, accordéon, trompe de chasse, flûte de Pan, cymbalum.

Postérité Dès 1944, Gustave Samazeuilh mentionne le Traité de l'orchestration de Charles Koechlin comme un ouvrage et .

Aude Caillet juge l’ouvrage . En marge de son analyse du Traité d'instrumentation et d'orchestration de Berlioz, Suzanne Demarquez note que l'.

En 2009, Anthony Girard considère le Traité de Koechlin .

Références

Bibliographie Édition

Ouvrages cités .

Liens externes

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