Les Poncas sont un peuple amérindien d'Amérique du Nord, vivant dans les États actuels du Nebraska et de l'Oklahoma.

Ils font partie de la branche des Dhegihas qui forment avec, entre autres, les Chiweres et les Winnebagos, l’ethnie Sioux. Originaires de la côte atlantique américaine, les Poncas ont migré au à l'intérieur des terres pour finalement s'installer entre la Niobrara et le Missouri. Petite tribu par son nombre d'individus, les Poncas sont néanmoins entrés dans l'histoire des Amérindiens d'Amérique du Nord par l’intermédiaire d'un de leurs chefs, Standing Bear, qui, à la fin du , s'opposa à la politique gouvernementale de déplacement des tribus dans le Territoire indien. En 1879, une cour de justice reconnait qu', ce qui permet à Standing Bear et les siens de jouir de lhabeas corpus. Une partie des Poncas suivra Standing Bear dans le Nebraska tandis que l'autre restera sur ses terres de l'Oklahoma. Ainsi, l'ethnie des Poncas forme aujourd'hui deux tribus distinctes : les Poncas du Nord et les Poncas du Sud.

Depuis les années 1980, les deux tribus essaient de renforcer leurs liens afin de faire perdurer leur culture commune.

Étymologie Le terme « ponca » (pon'ca en omaha-ponca) est un très vieux mot dhegiha dont la signification est inconnue des anthropologues. Ce nom est employé comme nom de clan ou de subdivision de clan dans les autres tribus dhegihas : Osage, Kansa (ou Kaw) et Arkansa (ou Quapaw) sauf chez les Omahas, ce qui laisse penser à l'anthropologue Alice C. Fletcher que les Poncas étaient un clan de la tribu Omahas avant leur séparation.

Langue

Les Poncas parlent l'omaha-ponca, l'une des quatre langues (avec l'osage, le kanza et le quapaw) du sous-groupe des langues dhegiha. Ce sous-groupe fait lui-même partie des langues siouanes. De par leur très grande similarité, le dialecte utilisé par les Poncas et celui des Omahas sont confondus en une seule langue bien que les locuteurs de chacune des deux tribus les distinguent. C'est surtout dans le vocabulaire concernant des mots récents, arrivés avec les Européens ou bien par les innovations du , que la différence entre le ponca et l'omaha se fait le plus ressentir. Par exemple, pour dire « téléphone », les Poncas diront « mán anze uthín », ce qui se peut se traduire par « tapotement de métal » (à l'origine en référence au télégraphe) tandis que les Omahas diront « mónonze íutha » (le « métal parlant »). Mais en général, les locuteurs des deux tribus n'ont aucun mal à se comprendre.

L'omaha-ponca fut largement étudié au par le siouaniste James Owen Dorsey, qui l'appelait Ȼegiha, mais aussi par Alice C. Fletcher et son collaborateur omaha Francis La Flesche ainsi que James Henri Howard. Tous ont fourni de nombreux ouvrages de grammaire et des dictionnaires concernant cette langue.

À l'origine, l'omaha-ponca n'a pas de forme écrite. Mais, depuis quelques années, les deux tribus ont développé une forme écrite de leur langue avec une graphie proche de celle utilisée par Fletcher et LaFlesche. Cependant, lire et écrire en omaha-ponca reste compliqué, notamment parce que les principaux textes, chants et légendes ont été rapportés à l'écrit par James O. Dorsey qui utilisait une orthographe idiosyncratique afin de transcrire au mieux la prononciation des mots. Cette orthographe est plutôt difficile à interpréter pour les néophytes.

L'omaha-ponca est une langue en danger d'extinction.. Bien qu'elle soit de nouveau enseignée dans les écoles des villes où vivent les membres des tribus, au Nebraska et en Oklahoma, il n'y aurait plus que quelques dizaines de personnes pour qui elle serait la langue primaire. L'omaha-ponca n'est plus utilisée que lors des cérémonies traditionnelles, les enterrements, durant des chants ou encore les annonces de pow-wow. Mais même dans ces moments-là, les paroles prononcées en omaha-ponca sont traduites en anglais pour les non-locuteurs. L'enseignement en classe permet tout de même à la jeune génération de comprendre, sinon de parler l'omaha-ponca, mais comme langue secondaire.

Culture

Organisation de la société Ponca

Les clans Le lignage chez les Poncas, comme pour la plupart des tribus dhegihas, est patrilinéaire. Le nom des clans remonte à un lointain passé et se donne par le père. Les représentants des clans, les chefs de lignages les plus importants, forment des conseils qui gouvernent les villages et la confédération des villages qui constitue la tribu.

La tribu se divise en clans familiaux qui ont chacun des responsabilités. Certains vont par exemple s’occuper des questions militaires, d’autres religieuses, tandis que d’autres se chargeront de la chasse au bison ou encore des récoltes.

La position hiérarchique d’une personne dépend de sa position parmi sa famille, de la position de cette famille dans le clan, et de la position du clan au sein de la tribu. En effet, certains clans sont supérieurs à d’autres et jouissent de droits et de privilèges que les autres n’ont pas. vignette|Disposition d'un campement ponca. La tribu ponca était composée de sept clans jusqu’au milieu du où le clan des Wa-ge-ziga (Withemen’s Sons, « les Fils des Blancs ») en forma un huitième.

À l'origine, comme les Omahas et les Osages, les Poncas reposent sur une organisation binaire. Les clans de la tribu se séparent en deux moitiés : la terre et le ciel. Pendant la chasse au bison, la tribu dresse deux campements distincts. Lors des cérémonies, chaque moitié s'asseyait du côté qui lui était réservé.

Le camp traditionnel Ponca s’appelle Hu-thu-gah. Il est rond et son entrée est à l’est. On y trouve : les Waça' be ; les Thi'xida (clan du sang) ; les Ni'kapashna (clan des têtes chauves, ou des crânes), qui dirigent les conseils de guerre ; les Pon'caxti, (les vrais Poncas, les Poncas originaux), chargés des principales pipes sacrées ; les Washa' be, qui est le clan dont est toujours issu le chef principal de la tribu ; les Wazha' zhe (référence au serpent) ; les Nu'xe (qui signifie « glace »). Les chefs sont là pour faire respecter la loi tribale. Pour être reconnu comme un bon chef, il faut être considéré comme bon pour les personnes âgées, les orphelins et les nécessiteux.

Bien qu'il n’y ait jamais eu de femme chef depuis que les Poncas sont connus des historiens, l’histoire orale des Poncas stipule que rien n’empêche les femmes d’accéder à ce rang.

Répartition de la propriété vignette|alt=Photographie en noir et blanc de tipis et de tentes.|Campement ponca photographié par Frank Rinehart en 1898. Chez les Poncas, les choses appartiennent soit à une personne, soit à la famille, ou alors à la tribu entière. Une personne peut posséder des objets : une arme, des habits… Si quelqu’un veut emprunter les affaires d’un autre, il doit le demander. Le vol est interdit.

Si les villages et les terres appartiennent à la tribu, les familles possèdent les habitations individuelles (tipis ou maisons). Si le membre d’une famille quitte celle-ci, il perd aussitôt les droits sur l’habitation familiale. Si un homme quitte sa femme, celle-ci conserve l’habitation, et inversement si c’est la femme qui quitte le foyer conjugal. À ce sujet, le divorce est très simple chez les Poncas. Il ne se décide que sur la volonté commune du couple. Les enfants peuvent vivre avec leur père, leur mère ou le grand-père maternel sauf si le père des enfants s’y oppose. L’homme et la femme ont le droit de se remarier s’ils le souhaitent.

Équilibre homme-femme Le rôle traditionnel des hommes est de chasser, défendre le village, mener des guerres si nécessaire, fabriquer les armes. Les femmes sont chargées d’entretenir le camp, de coudre les habits, de cultiver les plantations, de tanner les peaux et d’élever les enfants. Avant 1750, la tribu ponca, comme beaucoup de tribus amérindiennes semi-nomades, était relativement égalitaire. Les femmes étaient propriétaires de leurs maisons et disposaient du fruit de leur labeur.

À partir de 1750, ce système connaît un changement significatif avec l'arrivée des chevaux et des armes à feu. Importé par les colons et militaires espagnols, le cheval a été très vite adopté par les Indiens des Plaines qui n'en connaissaient jusqu'alors pas l’existence. Ils deviennent très vite des cavaliers émérites. La maîtrise des chevaux coïncide avec l'achat d'armes à feu aux Blancs grâce au commerce de peaux. Ces deux éléments font basculer les tribus des Plaines d'un système principalement d'horticulteurs, à celui majoritairement de chasseurs. L'homme prend alors une place prédominante dans les tribus dhegihas par son statut de maître de la chasse. La chasse au bison se développe beaucoup plus qu'elle ne l'était auparavant.

L'utilisation des chevaux et des armes entraine dans le même temps de nombreuses guerres inter-tribales sous la forme de raids et de contre-raids incessants. Le cheval marque également l'apparition de grandes différences de richesse et de prestige au sein de la tribu. Dans ce qui était à l'origine des sociétés égalitaires, le cheval suscite la création de classes socio-économiques basées sur cette nouvelle richesse apparue.

Justice traditionnelle Les Poncas possèdent un sens de la morale très développé. Peter Le Claire, un historien métis ponca-franco-canadien, a tenté de rédiger les règles dictées encore aujourd’hui aussi bien par les Poncas du Sud que du Nord : n’avoir qu’un seul Dieu ; ne pas tuer ; ne pas voler ; être aimable avec son prochain ; ne pas calomnier ; ne pas être avare ; respecter la pipe sacrée. Presque toutes les lois et les règles sont basées sur les relations familiales. Celles-ci sont centrales dans le système de justice traditionnel. C’est une notion commune aux Indiens des Plaines.

L’adultère est sévèrement puni. Comme punition, un homme ou une femme peut, pour se faire justice, tuer, scalper ou couper les cheveux de la personne qui a couché avec sa (son) concubin(e).

Le meurtre est également prohibé (hormis pour la guerre). En cas de meurtre d’un membre de la tribu, on laisse la famille se charger des représailles. Celles-ci sont souvent vite menées à cause d’une croyance qui dit que . Très souvent, les sanctions religieuses agissent comme un puissant moyen de dissuasion à commettre des actes illégaux.

Les berdaches Également les berdaches sont présents parmi les Poncas. Ni hommes, ni femmes, ils sont une particularité totalement intégrée dans la culture Ponca. Les Poncas croient qu'au moment de la puberté, la Lune apparaît aux jeunes garçons et leur propose de choisir entre un arc et la sangle qui sert aux femmes à porter leurs fardeaux. Si le garçon hésite à prendre l'arc, il reçoit la sangle, qui symbolise le style de vie féminin. Les berdaches tiennent alors le rôle d'une femme toute leur vie. Les berdaches ne prennent pas part aux combats mais ils accompagnent les guerriers pour soigner les blessés. Beaucoup servent de marieurs. Ils deviennent souvent les épouses secondaires des guerriers les plus vaillants, et certains d'entre eux deviennent des artisans de très bonne réputation dans les domaines du tannage des peaux, de la fabrication de vêtements, de la décoration à l'aide de perles ou encore la fabrication des tipis… autant de tâches traditionnellement dévolues aux femmes poncas.

Le mot berdache aurait été apporté par les Français et les Canadiens-français. Il viendrait de l'ancien français « bardache » qui est, selon le Littré, un .. Dans le Dictionnaire de la langue québécoise de Léandre Bergeron, « berdache » est un nom masculin, signifiant .. D'autres lui préfèrent le terme de bispirituel.

Chasse, pêche, plantations