thumb|280px|Signature du traité de Versailles dans la galerie des Glaces du château de Versailles en 1919.

Les conséquences de la Première Guerre mondiale sont généralement considérées comme catastrophiques. Près de 9,7 millions de militaires ont été tués, sur 74 millions de soldats mobilisés ; 8,9 millions de civils ont péri., 21 millions de personnes ont été blessées du fait de ce conflit. Des changements politiques, culturels et sociaux radicaux ont affecté l'Europe, l'Asie, l'Afrique, même dans des zones qui n’avaient pas été directement impliquées. Quatre empires (allemand, austro-hongrois, russe & ottoman) se sont effondrés à cause de la guerre, des pays comme le royaume du Monténégro ont disparu, d’autres, rayés de la carte depuis plus d’un siècle comme la Pologne, ont retrouvé leur indépendance, d’autres encore comme la Tchécoslovaquie furent créés, des frontières furent redessinées, des organisations internationales furent mises sur pied, et beaucoup de nouvelles et d’anciennes d'idéologies s’ancrèrent fermement dans l'esprit des populations.

La Première Guerre mondiale eut également pour effet d'amener la transformation politique de l'Allemagne et du Royaume-Uni en apportant le suffrage quasi universel à ces deux puissances européennes, les transformant en démocraties représentatives pour la première fois dans l'histoire (voir élection générale de 1918 au Royaume-Uni et élections fédérales allemandes de 1919).

À GMT, le (plus tard connu comme jour de l’Armistice), les combats de la Première Guerre mondiale prirent fin à la suite d'un armistice avec l’Allemagne. Au cours des années 1919 et 1920, les puissances alliées signèrent avec les vaincus les traités de Versailles, de Saint-Germain-en-Laye, de Neuilly, du Trianon et de Sèvres mettant fin officiellement à la guerre.

Blocus de l'Allemagne

Durant la période s’étalant de l'armistice, le , à la signature du traité de paix avec l'Allemagne le , les Alliés maintinrent le blocus naval de l'Allemagne qui avait commencé pendant la guerre. Comme l'Allemagne était dépendante des importations. L'estimation la plus commune se situe entre 700 000 et 800 000 personnes mortes de faimFORCADE Olivier, « Le blocus en 1914-1918. Histoire et historiographie », Les Cahiers Sirice, 2021/1 (N° 26), p. 5-21. URL : https://www.cairn.info/revue-les-cahiers-sirice-2021-1-page-5.htm. Les estimations les plus basses descendent à 500 000- qui perdirent la vie durant cette période.. N. P. Howard, de l'Université de Sheffield, affirme qu'un autre quart de million de personnes sont mortes de maladie ou de faim dans les huit mois suivant l'issue du conflit.. La poursuite du blocus après la fin des combats, comme l'a écrit l'auteur Robert Leckie dans Delivered From Evil, a fait beaucoup pour . Les termes de l'armistice permettaient d’expédier en Allemagne des denrées alimentaires, mais les Alliés exigeaient que l'Allemagne fournît les moyens (les navires) pour ce faire. Le gouvernement allemand devait utiliser ses réserves d'or, étant incapable d'obtenir un prêt des États-Unis.

L'historienne Sally Marks affirme que si . En outre, Marks indique que, malgré les problèmes auxquels étaient confrontés les Alliés de la part du gouvernement allemand, .. Cette position est également soutenue par Elisabeth Gläser qui note qu’un détachement spécial alliés, pour aider à nourrir la population allemande, avait été créé au début de 1919 et qu’en l’. Gläser affirme en outre que, pendant les premiers mois de 1919, tandis que l'effort humanitaire principal était planifié, la France expédiait des produits alimentaires à la Bavière et la Rhénanie. Elle affirme, de plus, que le gouvernement allemand retarda les opérations humanitaires en refusant de remettre sa flotte marchande aux Alliés. Enfin, elle conclut que ..

Cependant, il est également vrai que huit mois après la fin des hostilités, le blocus était toujours en place, et que selon certaines estimations encore parmi les civils allemands furent causés par la famine, en plus des centaines de milliers qui avaient déjà eu lieu. Les livraisons alimentaires, en outre, étaient entièrement dépendantes de la bonne volonté alliée, causant au moins en partie les irrégularités post-hostilité...

Traités de paix

thumb|Manifestation contre le traité de Versailles devant le bâtiment du Reichstag à Berlin. Après la conférence de paix de Paris de 1919, la signature du traité de Versailles, le , entre l'Allemagne d'un côté et la France, les États-Unis, l'Italie, le Japon, le Royaume-Uni et d'autres puissances alliées mineures de l'autre, la guerre prit officiellement fin entre ces pays. Les exigences, selon lesquelles l'Allemagne acceptait officiellement la responsabilité d’avoir initié la guerre et de payer des réparations économiques, étaient incluses dans les 440 articles du traité de Versailles. Ce traité limitait considérablement les forces armées allemandes : l'armée de terre était réduite à un effectif de , l'aviation militaire est interdite, la marine limitée strictement et le pays fut empêché de posséder de puissants armements militaires comme les chars, l'artillerie lourde et les sous-marins.

D'autres traités mirent fin aux relations belliqueuses avec les autres puissances centrales : le traité de Saint-Germain, le avec la république d'Autriche ; le traité de Neuilly, le avec le royaume de Bulgarie ; le traité de Trianon, le avec le royaume de Hongrie ; le traité de Sèvres, le avec l'Empire ottoman.

Épidémie de grippe Les historiens continuent de débattre de l'impact de la pandémie de grippe de 1918 qui eut lieu à l’issue de la guerre. Il a été postulé que les puissances centrales pouvaient avoir été exposées à la vague virale avant les Alliés. La majorité des victimes dans les puissances centrales ayant été touchée pendant la guerre, par opposition aux Alliés qui ont subi de plein fouet la pandémie après l'Armistice. Lorsque l’ampleur de l'épidémie fut mesurée, les programmes de censure respectifs dans chacun des pays alliés et des puissances centrales limitèrent la connaissance du public sur la véritable étendue de la maladie. Comme l'Espagne était neutre, leurs médias étaient libres de rapporter sur la grippe, donnant l'impression qu'elle avait commencé là-bas. Ce malentendu conduisit les rapports contemporains à nommer cette maladie comme la « grippe espagnole ».

Le travail d'enquête d’une équipe britannique dirigée par le virologue John Oxford de l'hôpital St Bartholomew et de l'Hôpital Royal de Londres, identifia le camp britannique et l'hôpital d'Étaples, en France, comme étant presque certainement le centre de la pandémie de grippe de 1918. Un précurseur significatif du virus avait pour hôte les oiseaux, et muta chez les porcs qui étaient conservés près du front.. Le nombre exact de décès est inconnu, mais on estime à de personnes qui succombèrent à l'épidémie de grippe dans le monde entier... En 2005, une étude révéla que, ..

Conséquences économiques et géopolitiques La dissolution des empires allemand, russe, austro-hongrois et (un peu plus tôt) ottoman créa un grand nombre de nouveaux petits États en Europe orientale. En interne, ces nouveaux États avaient tendance à avoir d'importantes minorités ethniques, qui souhaitent s'unir avec les États voisins où leur ethnie dominait. Par exemple la Tchécoslovaquie avait, en plus des Tchèques et des Slovaques qui ont donné leurs noms à l'État, des Sudètes (Allemands), des Polonais, des Ruthènes, des Ukrainiens, des Magyars (Hongrois), des Ashkénazes et des Roms. La Société des Nations parraina différents traités sur les minorités pour tenter de régler le problème, mais avec le déclin de la Société dans les années 1930, ces traités devinrent de plus en plus inapplicables. Une conséquence de la redéfinition massive des frontières et des changements politiques à la suite de la Première Guerre mondiale fut le grand nombre de réfugiés européens. Ceux-ci et les réfugiés de la guerre civile russe conduisirent à la création du passeport Nansen.

Les minorités ethniques firent que l'emplacement des frontières était généralement instable. Là où les frontières étaient restées inchangées depuis 1918, il y eut souvent l'expulsion d'un groupe ethnique, comme les Allemands des Sudètes. La coopération économique et militaire entre ces petits États était minimale, permettant à l'Allemagne, puissance vaincue, et à l'Union soviétique de conserver une capacité latente de dominer la région. Au lendemain de la guerre, la défaite conduisit l'Allemagne et l'Union soviétique à coopérer, mais en fin de compte ces deux puissances seraient en concurrence pour dominer l'Europe de l'Est.

Révolutions

thumb|400px|L'organisation politique de l'Europe en 1919, après les traités de Brest-Litovsk et de Versailles et avant les traités de Trianon, de Kars, de Riga et la création de l'Union soviétique et des républiques de l'Irlande et de Turquie. L'événement le plus important catalysé par les privations de la Première Guerre mondiale fut la révolution russe de 1917. Une vague révolutionnaire socialiste et souvent explicitement communiste déferla dans de nombreux autres pays européens à partir de 1917, notamment en Allemagne et en Hongrie.

Le Premier ministre britannique, David Lloyd George, écrivit à Georges Clemenceau : « L'Europe tout entière est gagnée par l'esprit révolutionnaire […]. L'ordre établi, sous ses aspects politique, social, économique est remis en question par les masses de la population d'un bout à l'autre de l'Europe ». Le représentant américain en France, Edward House, exprimait les mêmes inquiétudes : « Le bolchevisme gagne partout du terrain […]. Nous sommes assis sur une poudrière qu'une étincelle peut faire sauter à tout moment »Edward Hallet Carr, La révolution bolchevique, 1917-1923, Éditions de Minuit, 1974, pages 137-138.

Allemagne

vignette|lang=fr|Évolution de la valeur d'un mark-or (à la valeur stable) exprimé en mark-papier (connaissant une hyperinflation), entre 1918 et 1923. En Allemagne, il y eut une révolution socialiste qui conduisit à la brève mise en place d'un certain nombre de systèmes politiques communistes dans les régions (principalement urbaines) du pays, à l'abdication de l'empereur Guillaume II, et à la création de la république de Weimar. La tentative de révolution socialiste est finalement écrasée au prix de quelque 20 000 morts. Le , une brigade de plusieurs milliers d'hommes marcha sur Berlin, renversa le gouvernement et désigna pour en assurer la nouvelle direction le haut fonctionnaire conservateur Wolfgang Kapp. Les syndicats de travailleurs appelèrent à une grève générale pour faire échec au putsch. Dans la Ruhr, des milliers d'ouvriers formèrent une Armée rouge qui chassa l'armée nationale. Le putsch est ainsi mis en échec, mais la révolution dans la Ruhr est ensuite brutalement écrasée par l'armée.

Le , la république de Weimar fut contrainte, sous la menace de la poursuite de l’avance de l'Entente (les Alliés), de signer le traité de Versailles. Le traité, dicté par les vainqueurs, plaçait l’entière responsabilité de la guerre sur l'Allemagne (un point de vue jamais accepté par les nationalistes allemands). L'Allemagne était obligée de payer 132 milliards de marks (soit 31,5 milliards de dollars ou 6,6 milliards de livres) en réparations, un montant prohibitif qui empêcherait l'économie allemande de se développer (Le dernier paiement eut lieu en 2010).