Pierre Monatte, né le à Monlet. et mort le à Vanves, est un correcteur d'imprimerie et militant français. Figure majeure du syndicalisme, il est l'un des responsables de la CGT au début du . Se référant à Fernand Pelloutier, il ne cache pas ses sympathies anarchistes, mais s'éloigne de ce courant après le Congrès anarchiste international d'Amsterdam (1907). Il est considéré comme l'une des grandes figures du syndicalisme révolutionnaire en France..
Le , il est le principal fondateur de la revue La Vie Ouvrière puis, en 1925, de La Révolution prolétarienne..
Biographie Jeunesse Pierre Monatte est le fils d'André Monatte, maréchal-ferrant, et de Marie Cécile Estac.
Marqué par l'affaire Dreyfus, Pierre Monatte se politise dans sa jeunesse en lisant Émile Zola et Victor Hugo.. Du à sa démission en 1902, il est surveillant dans divers collèges du Nord : Dunkerque, Abbeville, Le Quesnoy, Arras et Condé-sur-l'Escaut où il rencontre Charles Delzant. Il devient ensuite employé de librairie, puis correcteur de presse..
Dans les années 1901-1904, Monatte est très influencé par Charles Guieysse et par l'équipe de la revue Pages libres de ce dernier.
En , à l'enterrement de Louise Michel, Benoît Broutchoux, qui s'attend à être incarcéré, demande à Pierre Monatte de venir le remplacer à Lens pour animer L'Action syndicale.
Dès 1904, il est proche de Charles Delzant qui publie La Voix des verriers, journal national dont la rédaction est située à l'hôtel du syndicat des verriers à Aniche..
Arrestation en 1906 Après la catastrophe de Courrières (1906) et la grève faisant tache d'huile, atteignant la capitale, L'Écho de Paris, affolé, titre « Vers la Révolution ». C'est dans ce contexte qu'à l'approche du , Clemenceau avertit Victor Griffuelhes, secrétaire général de la CGT, qu'il sera tenu responsable pour tout débordement et fait arrêter préventivement plusieurs militants d'extrême-gauche, . Il fait aussi venir à Paris pour que la « fête du Travail », sous haute surveillance policière, se déroule dans le respect de l'ordre et de la propriété.
thumb|upright|Benoît Broutchoux.
Comme il s'y attendait, Benoît Broutchoux est arrêté. Pierre Monatte, qui est d'abord l'objet de perquisitions, est également arrêté et incarcéré à Béthune. Libéré le , Pierre Monatte dénonce un complot dans Les Temps nouveaux du :
À l'Assemblée nationale le Jean Jaurès s'oppose durement à Clemenceau et à Ferdinand Sarrien. Selon Ferdinand Sarrien, président du Conseil, ..
Exil et activité militante thumb|L'équipe rédactionnelle du journal La Bataille syndicaliste en 1911. En bas à gauche, Amédée Dunois et à droite, Pierre Monatte.
À la suite de la grève de Draveil-Villeneuve-Saint-Georges en 1908 où plusieurs grévistes sont tués pendant les manifestations, le « Premier flic de France » fait arrêter 31 dirigeants de la CGT après la manifestation du , dont notamment le secrétaire général Victor Griffuelhes, le rédacteur en chef de La Voix du peuple Émile Pouget, le secrétaire de la Fédération des Bourses du travail Georges Yvetot, le secrétaire de la Fédération des cuirs et peaux Henri Dret qui est amputé d'un bras. Pierre Monatte, responsable du Syndicat général du livre et de la communication écrite CGT, s'exile en Suisse.
Pierre Monatte se marie, le dans le arrondissement de Paris, avec Léontine Catherine Valette (1881-1970)..
Léon Trotski, par l’intermédiaire de Julius Martov, approche Pierre Monatte afin de créer une union avec le monde des syndicats. Comme Trotski, Monatte est opposé à l'union sacrée.. Il démissionne en des instances confédérales. Par la suite, envoyé comme soldat dans les tranchées, il parvient cependant à soutenir l'action contre la guerre.
thumb|Pierre Monatte (assis au centre) avec les délégués de la minorité syndicaliste révolutionnaire au congrès de la CGT de Lyon, septembre 1919.
Leader de l'opposition interne, il crée en les Comités syndicalistes révolutionnaires au sein de la CGT. Il est arrêté en lien avec la grève des cheminots de 1920 et incarcéré quelque temps..
Il rejoint le PCF en 1923, où il est proche de Boris Souvarine et Alfred Rosmer. Comme ces derniers, il est exclu fin 1924 au cours d'une purge de la « gauche » du parti. Il fonde en la revue La Révolution prolétarienne, qui garde une certaine audience morale chez les syndicalistes et militants de gauche entre les deux guerres.
Pseudonyme Il publie parfois sous le nom de Pierre Lémont, anagramme de Monlet, sa ville de naissance.https://maitron.fr/spip.php?article24500, notice MONATTE Pierre, dit LÉMONT Pierre par Colette Chambelland, version mise en ligne le 11 février 2009, dernière modification le 13 juillet 2020..
Œuvres
Notes et références
Annexes Bibliographie Roger Hagnauer, Pierre Monatte, 1881-1960, Le Monde libertaire, , . . . Dictionnaire des anarchistes, « Le Maitron » : . Dictionnaire biographique, mouvement ouvrier, mouvement social : . Articles connexes La Révolution prolétarienne Alfred Rosmer - Charles Delzant - Maurice Chambelland
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