Michel Barré, né le à Paris et mort le à Neuilly-sur-Seine, est un dirigeant français d'entreprises informatiques et de télécommunications.
Biographie Diplômé de l'École navale, Michel Barré commence sa carrière comme officier de marine (1938-54), en étant capitaine de corvette, ce qui lui vaut la Croix de guerre 39-45, et l'honneur de diriger la mission polaire en Terre-Adélie (1950-1952)Paul-Émile Victor, Les Explorations polaires, tome IV de Histoire Universelle des Explorations publiée sous la direction de L.-H. Parias, Paris, Nouvelle Librairie de France, 1957, ..
En revenant à la vie civile, il est ingénieur à la Société française de radioélectricité (1954), puis part en 1958 à la Compagnie générale de la télégraphie sans fil (CSF), dont il devient le directeur du groupement télécommunications, télévision et radio-navigation, puis le directeur des affaires civiles, professionnelles et spatiales, de 1962 à 1969. Après la fusion de Thomson avec la Compagnie générale de la télégraphie sans fil, il fait partie de la petite équipe chargée d'arbitrer dans les doublons résultant de la fusion, alors qu'il est déjà vice-président-directeur général (1969) de la toute nouvelle Compagnie internationale pour l’informatique (CII), dont il devient PDG en 1970"Un prince des affaires" par Anne de Caumont, Grasset, 1996 .
Il fait face au leader français, la Compagnie des Machines Bull, devenu numéro deux mondial"L'alliance Honeywell-Bull bouleverse la hiérarchie du marché national", dans 01 Informatique d'août 1970 , dont les effectifs sont en 1970 de en France, à la suite du rachat par Honeywell. Michel Barré plaide alors un rapprochement avec Bull"Rival Capitalists: International Competitiveness in the United States, Japan", page 125, par Jeffrey A. Hart , en particulier sur les systèmes d'exploitation offrant de nouveaux concepts comme le temps partagé et le traitement par lots (batch).
Durant cette période, Michel Barré a développé chez la Compagnie internationale pour l’informatique les produits de et , avec l'Iris 80 et Transiris, pour les besoins de la Marine, de l'Armée de terre, de l'Aérospatiale et du programme nucléaire français, qui commençait. Dès 1968, il prend l'initiative de rencontrer les dirigeants d'International Computers Limited (ICL), Siemens et Philips"Rival Capitalists: International Competitiveness in the United States, Japan", page 126, par Jeffrey A. Hart , pour préparer une alliance européenne, Unidata, qu'il défendra contre la volonté d'un de ses grands actionnaires, en particulier de Georges Pébereau, numéro deux de la Compagnie générale d'électricité, qui est par ailleurs aussi l'ami et le camarade de promotion de Jean-Pierre Brulé, PDG de la Compagnie des Machines Bull, principal concurrent de la CII"L'informatique malade de l'État", page 132, par Jean-Pierre Brulé.
Malgré les réticence initiales, il parvient à ses fins en créant Unidata avec Siemens, lorsque ce dernier est mis en difficulté par la décision de RCA, son principal fournisseur informatique et l'un des sept principaux concurrents d'IBM, d'abandonner la construction d'ordinateurs. RCA avait en effet été pénalisé par la décision d'IBM d'infléchir sa politique de compatibilité de l'IBM 360"L'informatique malade de l'État", page 133, par Jean-Pierre Brulé tout en cassant les prix.
Jean-Pierre Brulé lui a succédé en 1976, lors de la fusion entre les deux sociétés, Honeywell-Bull et la CII, négociée par l'un des actionnaires de la CII, Ambroise Roux, sans son aval, et à la suite de laquelle il va démissionner"CII, la solution américaine", par Le Nouvel Observateur du 17 mai 1975 . Michel Barré avait rencontré, auparavant, les dirigeants d'Honeywell, au cours de l'été 1974, mais jugé leur stratégie et leurs motivations contraire aux intérêts de la CII"French ordinateurs", page 178, par Jacques Jublin et Jean-Michel Quatrepoint, 1976, Éditions Alain Moreau. Paul Richard, le PDG de Thomson est, trois mois après, approché par l'autre grand actionnaire, Ambroise Roux, qui le convainc d'écrire le une lettre commune au ministre de l'industrie Michel d'Ornano, pour souhaiter la fusion avec Honeywell, jusque-là rejetée par Paul Richard.
Michel Barré dirige ensuite Gibert Marine (1976-84) puis la société Comapar (1976-84), tout en étant membre du conseil de surveillance de Leroy-Somer (1977-84) et PDG de Philips Systèmes Médicaux (1976-91).
Notes et références
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