La Merle ou le MerleUne rue de Freyming se nomme rue de la Merle mais à Saint-Avold on trouve rue du Merle. est un ruisseau français qui coule dans le département de la Moselle en France. Selon les uns le nom est masculin, selon les autres il est féminin. Les arguments sont nombreux en faveur de chacune des versions. Les deux genres sont employés en français comme en allemand depuis des siècles. C'est un affluent gauche de la Rosselle, donc un sous-affluent du Rhin par la Sarre et la Moselle. Le ruisseau Merle (Merlenbach) a donné son nom à la localité de Merlebach, aujourd'hui réunie à Freyming sous le nom de Freyming-Merlebach ainsi qu’à la revue du cercle d’histoire de L’Hôpital-Carling qui se nomme Entre Lauter & Merle. La vallée de la Merle est également appelée la vallée du charbon en raison de l'empreinte de l'exploitation du charbon lorrain sur la valléeWebdocumentaire de Mathieu Dehlinger, journaliste à FR3, Freyming-Merlebach, la vallée du charbon, 2012.
Étymologie Le nom Merle peut provenir du vieil-allemand Muor qui signifie marais et par extension ruisseau coulant dans un lieu marécageuxÉmile Linckenheld, Archäologisches Repertorium der Kreise Forbach und Saargemünd, article "Spittel" page 145, Verlag der "Stimmen aus Lothringen", imprimerie L'Écho de l'Est (Bürger Zeitung), Forbach 1932.. Pour le ruisseau Merle : die Mörle (1593), die Merel (1602), la Merle (1618), le Merle (1844), le Merle (1868), le Merlebach (1879), le Merle (1887), die Merle (1888). Pour la localité de Merlebach : Merlebourg et Merlebach (1629), Merlenbach (1768), Merlebach (1793), Merlenbach (1801). Pour la localité de L'Hôpital : Merle (1179), Merla im Varand (1210), Merle (1214), Merlen by dem Spidade (début ).
Géographie De , le ou la Merle prend ses sources dans la forêt de ZangCarte géologique de la France à 1/50 000, secteur Boulay-Moselle XXXV-12, réimpression de la du Bureau de Recherches Géologiques et Minières, Saint Lambert imprimeur à Marseille, 1978 (une des forêts domaniales de la ville de Saint-Avold.), à Saint-Avold, à , à côté de la sortie et péage n° 39 de l'autoroute française A4 et au sud de L'Hôpital dans le département de la Moselle en France. Ses sources étaient formées d'étangs disparus (le Dreihausenweiher), de mares (Hasenlach) et de marécages (Am Todtenmannspfuhl). L'une de ses sources était formée par la source de l'ancien lavoir de L'Hôpital. Les sources anciennes ayant été asséchées par les travaux d'exploitation minière, le débit est actuellement assuré par les eaux pluviales de localités avoisinantes (la cité Jeanne d'Arc de Saint-Avold, la ville de L'Hôpital) et de la plate-forme chimique de Carling/Saint-Avold. L'on peut noter également l'apport des eaux d'exhaure de l'ancien puits Vouters.
La confluence en rive gauche de la Rosselle s'effectue sur la commune de Freyming-Merlebach, à près de la station d'épuration.
Communes et canton traversés
Dans le seul département de la Moselle, le ruisseau Merle traverse les trois communes et deux cantons : dans le sens amont vers aval : Saint-Avold (source), L'Hôpital, Freyming-Merlebach (confluence).
Soit en termes de cantons, le ruisseau appelé Merle prend source dans le canton de Saint-Avold-2, conflue avec la Rosselle dans le canton de Freyming-Merlebach, le tout dans l'arrondissement de Forbach. Affluents Le ou la Merle n'a pas d'affluent référencé, son rang de Strahler est donc de un.
L'on peut signaler le Doerrenbach (ruisseau), un affluent non référencé qui prend ses sources en Allemagne (sous le nom de Dörrbach) dans la forêt de Karlsbrunn et sous l'actuel quartier de L'Hôpital Cité La CollineCarte du secteur de Boulay-Moselle à 1/50 000, dessinée et publiée par l'Institut Géographique National avec mise à jour partielle de 1969.. Le cours du Doerrenbach qui se versait directement dans la Merle à hauteur de la cité minière de Sainte-Fontaine a été modifié par les travaux d'exploitation de la carrière Barrois et par l'élévation du terril de Sainte-Fontaine. Il coule désormais en direction des plans d'eau de la Carrière Barrois qui alimentent indirectement le ruisseau Merle.
Un autre affluent actuellement asséché s'appelait le LebachOrdonnance de M. l'Ingénieur du Génie Rural du 21.8.1879 relative au curage du Lebach et de la Merle.. Le Lebach était cadastré en 1878 section A n° 138, situé au lieu-dit Lebacherseck (ce qui signifie le coin du Lebach) sur la ban de Saint-Avold. Il formait un affluent de la Merle à hauteur de la localité du Moulin de L'Hôpital. En 1879, le Lebach était plus important que la Merle. Il mesurait de 0,40m à 2,05m de large pour une profondeur de 1,10m alors que le Merle avait à l'époque une largeur de 0,30m à 1,80m pour une profondeur de 1mLucien Grill, La vie à L'Hôpital en Lorraine de 1871 à 1918, Cercle d'Histoire de L'Hôpital et Carling, imprimerie Léon Louis, Boulay (Moselle) 2004, page 23..
Hydrologie thumb|right|250px|La vallée de la Merle vue de la carrière Barrois Le ou la Merle est un ruisseau moyennement abondant présentant des fluctuations saisonnières de débit peu marquées. Les hautes eaux se déroulent en saison hivernale. L'on peut noter quelques rares épisodes de crues (1982 et 1986)Vivre à Freyming-Merlebach, n°28, mars 2005.
Qualité de l'eau
Une lagune de 1.5 hectare a été exploitée de 1938 à 1990 par la cokerie de L'Hôpital-Carling : les eaux ammoniacales et polluées de cette cokerie transitaient par cette lagune avant d’être rejetées dans la rivière Merle, ce qui faisait de ce ruisseau l’un des plus pollués de France. On estime que durant cette période 800 000 tonnes ont transité par cette lagune. Cette lagune, située sur le territoire de la commune de L’Hôpital au lieu-dit du "Moulin", reste une zone toujours interdite d’accès et sous surveillanceQualité de l’eau des rivières du bassin houiller en 2006, évaluée au moyen des diatomées : estimation de la pollution organique, trophique, minérale et toxique, publication DIREN Lorraine, Metz, 2006.. En 2012, il n'y a plus d'organisme vivant dans les eaux polluées de la MerleLe Républicain Lorrain, article Économie | projet environnemental biocaptech - Créer des emplois pour endiguer l’eutrophisation de Bernard Kratz du 8 mai 2012.
Toponyme Le ou la Merle a donné son nom à la'ancienne commune de Merlebach fusionnée depuis 1971 à celle de Freyming au sein de l'actuelle commune de Freyming-Merlebach : — Merleburg (1610)Émile Linckenheld, Archäologisches Repertorium der Kreise Forbach und Saargemünd, article "Merlenbach" page 117, Verlag der "Stimmen aus Lothringen", imprimerie L'Écho de l'Est (Bürger Zeitung), Forbach 1932. ; — Merlebourg et Merlebach (1629) ; — Merlenbach (1768) ; — Merlebach (1793) ; — Merlenbach (1801).
Ce nom a également été porté par la localité de L'Hôpital (Moselle) du au : — Merle (1179) ; — Merla im Varand (1210) ; — Merlen by dem Spidade (début ).
Histoire de la vallée de la Merle Époque gallo-romaine : à Sainte-Fontaine s'élevait non loin de la Merle un temple près d'une source sacrée. Les vestiges en étaient encore visibles au Dom Augustin Calmet(1672-1757), Notice de la Lorraine, tome I.
Selon l’historien Henri Hiegel, on note la présence d’une ferme bâtie à L'Hôpital en 1198 au bord du ruisseau du Merle, à la lisière de la forêt du Warndt.
En 1584 on mentionne déjà la Spittlermühle (Moulin de L'Hôpital).
Proche de la Merle, se trouve le lieu-dit Leutenantsgefeldt. Il apparaît déjà sur la carte de Cassini du . Il fait actuellement partie du ban de la commune de Saint-Avold. Son nom vient d'un apanage donné en 1625 au capitaine Guillerme de Boningen (1605-1630) par le prince Louis de Guise, baron d'Ancerville (1588-1631). On y trouve un ancien corps de ferme.
En janvier 1628 une crue de la Merle mine la digue de l'ancien étang du moulin de L'Hôpital et emporte la chaussée du chemin qui relie L'Hôpital à Saint-AvoldSite officiel de la ville de L'Hôpital .
En 1749, le duc de Lorraine établit une fonderie près du ruisseau de la Merle, comprenant un haut-fourneau fonctionnant au charbon de bois et une forge. Cet ensemble fut donné en bail à la famille de Wendel en 1759 et exploité jusqu'en 1849. Une fabrique de vinaigre prit la suite et fonctionna jusqu'en 1896Joseph Rohr, Monographies Lorraine, Forbach et son arrondissement, 1957.
En 1752, découverte à Sainte-Fontaine d'une stèle représentant la déesse gauloise Sirona.
Le , naissance probable du général et comte de l'Empire Michel Ordener au moulin de L'Hôpital, une scierie familiale établie sur la MerleLucien Henrion, Le général Michel Ordener, comte de l'Empire, Sénateur : . Michel Ordener est inhumé au Panthéon de Paris. Son nom est inscrit sur l’arc de triomphe de l'Étoile, côté Ouest et une rue du lui est dédiée.
En 1820, 1864, 1867 et 1869 découverte sur le site de Sainte-Fontaine de nombreux vestiges archéologiques gallo-romains : vase en bronze, statuette en bronze du dieu Mercure, bas-relief représentant une déesse, parties de statues diverses en pierre ainsi que des monnaiesRenault, Compte-rendu des travaux de la Société pendant les années 1815-1826, Mémoires de l'Académie de Metz, 1826, page 51.
En 1855 on fonce le puits du Hochwald qui est le premier des trois puits de charbon du Siège V.
En 1862 on construit le Siège II qui comprend le puits (ou puits Neuf), le puits , un lavoir à charbon dont les eaux usées sont déversées dans la Merle.
Le , inauguration de la ligne de chemin de fer Béning-lès-Saint-Avold-Carling qui passe par la vallée de la Merle. On inaugure une petite gare au Siège II.
En 1872 on fonce dans la vallée de la Merle le puits Vouters . Il sera démantelé de 1962 à 1963..
En 1874 on fonce à L'Hôpital, sur la partie qui surplombe la Merle à hauteur de l'ancien moulin, les puits et qui formeront le Siège III.
En 1875 on fonce le puits (également appelé puits Vouters ) qui devient le second puits du Siège V de Freyming-Merlebach. En 1905 on fonce le troisième puits du Siège V qui sera appelé puits Hugo Stinnes (ou puits de Freyming). Le tout sera complété d'un lavoir à charbon dont les eaux usées sont déversées dans la Merle.
En 1908 on fonce sur les bords de la Merle, le puits de Sainte-Fontaine (aussi appelé puits Waldemar Müller) qui restera en activité jusqu'en 1986. Son chevalement est inscrit aux monuments historiques.. De cette époque date le projet de construction de la gare de Sainte-Fontaine dont les fondations requièrent de canaliser et de recouvrir la Merle sur une longueur de 250m.
En 1910 à Sainte-Fontaine, fonçage du puits August Thyssen (également appelé puits Peyrimhoff).
En 1922, à l'Est de l'étang (disparu) établi sur la Merle, découverte d'une stèle en pierre représentant la déesse gauloise Epona. Cette stèle se trouve au Musée lorrain de NancyJ. Colin, Les antiquités romaines de la Rhénanie, Les Belles Lettres, Paris 1927, pages 184-185.
La Cokerie de L'Hôpital-Carling va exploiter de 1938 à 1990 une lagune de 1.5 hectares : les eaux ammoniacales et polluées de la cokerie transitaient par cette lagune avant d’être rejetées dans la rivière Merle. Cette lagune toujours en activité, recueille de nos jours les eaux usées de la plate-forme chimique de Carling - Saint-Avold. Située sur le territoire de la commune de L’Hôpital au lieu-dit du "Moulin", elle reste une zone toujours interdite d’accès et sous surveillance.
Le puits Vouters est creusé dans la vallée de la Merle (aussi qualifiée de vallée du charbon) depuis janvier 1958 jusqu’à (le plus profond de Lorraine). La tour d'extraction du puits a été démolie par dynamitage le ..
En 1967, création dans la forêt de Zang, proche de la Merle, de l'Arboretum de L'Hôpital.
Patrimoine - Curiosités - Tourisme thumb|right|150px|Église Sainte-Thérèse de l'Enfant Jésus de la cité La Colline (L'Hôpital) thumb|La Villa-Louise et son petit temple
thumb|right|150px|Le puits de Sainte-Fontaine (monument historique) thumb|right|150px|Le puits Cuvelette Nord