L'agriculture en Suisse constitue la principale branche du secteur primaire. Cependant, elle occupe une place minime dans l'économie suisse, car les coûts ne permettent pas la vente à l'étranger sans des aides de l'État se chiffrant en milliards de francs.

La grande majorité des produits sont destinés au marché suisse. L'agriculture suisse produit la moitié des denrées alimentaires consommées en Suisse. Certains produits, comme des fromages, sont aussi exportés.

Histoire

vignette|Travail des champs du Plateau suisse au 16 siècle (1576).

Les défrichements culminèrent aux 12 et 13 siècles..

Jusqu'au 19 siècle, les paysans travaillaient avec les ressources disponibles dans leur région. Le 19 siècle apporta de grands changements dans l'agriculture suisse : en particulier assolement continu, engrais et début de mécanisation.

Jusqu'au 19 siècle, l'agriculture est l'activité dominante en Suisse, occupant plus de 80 % de la population. L'agriculture occupait 60 % de la population active en 1800, 50 % en 1850, 31 % en 1900, 20 % en 1950 et 4 % en 2000.

Auto-approvisionnement

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Plan Wahlen vise à augmenter la production agricole pour assurer l'approvisionnement alimentaire du pays.

En 2023, la moitié des denrées alimentaires consommées en Suisse étaient produites en suisse (taux d’auto-approvisionnement de 54 % en 2023). Si on tient compte uniquement de la part produite à l’aide de fourrages indigènes, le taux d’auto-approvisionnement s’élevait à 46 %..

Fermes center|250px|Vache (Brune suisse ou Brune des Alpes) vue sous la Fuorcla Sesvenna en EngadineExploitations agricolesSurface moyenneMain d’œuvre22 hectares personnesSurface agricole totalePrairies et pâturagesGrandes culturesAutre (vin et fruits) hectares58 % des surfaces38 %4 %Source : Office fédéral de l'agriculture, Rapport agricole 2025.. vignette|Élevage bovin dans le Canton de Schwyz (2019). En 2024, la Suisse comptait vaches et cochons.

Nombre en diminution

En 1996, la Suisse compte agricoles..

En 2010, la Suisse compte agricoles, occupant , essentiellement de la main-d'œuvre familiale. Entre 2000 et 2010, l'agriculture a vu disparaître agricoles et .

En 2024, la Suisse compte agricoles, occupant . Entre 2010 et 2024, l'agriculture a vu disparaître agricoles et . En 2025, 800 fermes ont cessé leur activité, soit plus de deux par jour..

Surface

Les terres arables fertiles ne cessent de reculer en Suisse. La statistique de la superficie de 2005 montre qu'entre 1985 et 1997, les surfaces agricoles et alpestres ont diminué de . La plupart (64 %) de ces surfaces a été affecté à l'habitat (urbanisation), le reste s'est transformé en forêt, principalement sur les terrains d'altitude escarpés..

En 2025, la surface moyenne par ferme est de 23 hectares, avec une tendance à l'augmentation.. La surface moyenne a augmenté de 50 % entre 2000 et 2025.

Revenu

Le revenu agricole moyen avoisinait les en 2009. Le secteur agricole est fortement endetté avec un facteur d'endettement – soit le nombre théorique d'année pour rembourser un prêt – qui a augmenté de plus d'un an et demi depuis 2000.

Animaux

En 2024, la Suisse comptait poules, vaches, cochons et moutons.

Agriculture biologique

La consommation de produits biologiques et les restrictions à l'utilisation d'engrais et pesticides commencent par ailleurs à prendre de l'importance. Les contrôles sont très stricts et sont l'un des principaux facteurs bénéficiant à l'image de l'agriculture suisse, qui mise sur la qualité de ses produits, auprès de la population.

Au moins 7 % du domaine cultivable de chaque paysan du plateau est réservé pour des prairies non cultivées dites extensives pour lesquelles il reçoit de la Confédération jusqu'à par hectare en compensation. En principe, une prairie ne doit pas être fauchée avant le . De plus, depuis 2004, il leur est demandé de prendre des mesures pour limiter l'impact de leurs activités sur la faune et la flore comme faucher en bandes ou en commençant à l'intérieur pour terminer vers l'extérieur et ne pas broyer immédiatement après la coupe.

Néo-paysans

Au 21 siècle, le nombre d'enfants d'agriculteurs reprenant la ferme familiale baisse et le nombre de néo-paysans augmente (représentant environ 20 % des jeunes en formation).. Mais la reprise d'une ferme est légalement deux à cinq fois plus chère pour une personne externe que pour les enfants de la famille. Des travaux de recherche identifient trois trajectoires de néo-paysans : l'achat d'une ferme malgré son prix élevé, la location de terres (fermage) et le maraichage périurbain.

Politique agricole vignette|Champ de colza dans le Canton de Genève (2012).

Subventionnement

Ces aides qui permettent de faire vivre dans des conditions raisonnables bon nombre d'agriculteurs-paysagers, sont définies par un article constitutionnel. Historiquement, cette intégration de la politique agricole au cadre institutionnel suisse s'explique par le besoin d'assurer l'indépendance alimentaire du pays au sein d'un espace géopolitique européen conflictuelLa production de charbon de bois a pour les mêmes raisons longtemps été subventionnée..

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, et plus encore depuis les réformes constitutionnelles de la fin des années 1990, on assiste cependant à une réorientation des aides vers la protection des sols et des paysages, indépendamment des niveaux de production. En dépit de cette tendance, en 2018, la moitié des subventions agricoles fédérales était déversée dans les chaînes de transformation et de distribution, tandis que l'autre moitié était dédiée directement à la paysannerie .

Organismes génétiquement modifiés

La culture d'organismes génétiquement modifiés est interdite par un moratoire depuis 2005. Lors d'une initiative populaire soumise au peuple le , les Suisses votent à 56 % pour un moratoire de cinq ans sur l'utilisation d'OGM, s'opposant ainsi à la volonté d'alors de leur gouvernement. et validant une application du principe de précaution entériné lors du sommet de Rio de 1992Déclaration de Rio sur l'environnement et le développement principes de gestion des forêts, sommet planete terre, Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement, Rio de Janeiro, Brésil 3-14 juin 1992.

Ce moratoire est régulièrement prolongé par le parlement. Un quatrième moratoire a été adopté le 2 décembre 2021 à la quasi-unanimité du Conseil des ÉtatsSwissinfo, 2 XII 2021 : l'utilisation de ces organismes dans l'agriculture reste interdite jusqu'à fin 2025. Les OGM sont encore un sujet de débat.

Initiatives populaires Initiative populaire « Approvisionnement du pays en blé » (1929, rejetée) Initiative populaire « concernant la révision du régime de l'alcool » (1941, rejetée) Initiative populaire « Protection du sol et du travail par des mesures contre la spéculation » (1950, rejetée) Initiative populaire « Ville-campagne contre la spéculation foncière » (1988, rejetée) Initiative populaire « pour une protection des exploitations paysannes et contre les fabriques d'animaux » (1989, rejetée) Initiative populaire « pour des produits alimentaires bon marché et des exploitations agricoles écologiques » (1998, rejetée) Initiative populaire « pour des aliments produits sans manipulations génétiques » (2005, acceptée) Initiative populaire « Pas de spéculation sur les denrées alimentaires » (2016, rejetée)

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

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Filmographie Devenir paysan, documentaire réalisé par Alexia Tissières et Mathilde Vandaele, 92 minutes, 2026 (ISAN 0000-0007-9D4D-0000-0-0000-0000-3). Être paysan·ne, documentaire réalisé par Frédéric Gonseth et Catherine Azad, 90 minutes, 2026 (ISAN 0000-0007-246F-0000-I-0000-0000-K).

Articles connexes

Liens externes

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