Martin Roumagnac est un film français réalisé par Georges Lacombe, sorti en 1946.

C'est le seul film qui réunit à l’écran Marlene Dietrich et Jean Gabin, alors en couple dans la vie. Ce sera la première et la dernière fois, et ils se sépareront peu de temps après.

Synopsis Dans une petite ville de province, Blanche Ferrand, aventurière aux belles manières — propriétaire d'une graineterie-oisellerie « Elle vend des petits oiseaux, mais les pigeons elle les plume », lance une commère à l'autre. à la suite du décès d'un premier mari, qui est tenue par son oncle — espère épouser un riche consul, , dont la femme est gravement malade. Un soir où elle assiste à un match de boxe, Blanche assise par hasard à côté de Martin Roumagnac, entrepreneur en maçonnerie, laisse tomber une broche représentant un trèfle à quatre feuilles. Martin Roumagnac la ramasse. Lorsque Blanche lui dit que ce trèfle porte-bonheur est en argent, Martin lui réplique « Dommage qu'il soit en argent. » « Pourquoi ? », demande Blanche. Martin répond « Parce que l'argent ne fait pas le bonheur »Réplique qui laisse envisager le drame futur. et il tombe amoureux d’elle. C’est le début d’une liaison passionnelle, à laquelle Blanche se prête d’abord par fantaisie, puis par amour. Martin achète un terrain, lui construit une grande villa, se ruinant peu à peu pour elle.

À la mort de la femme du consul, ce dernier se présente devant Blanche et lui demande de l'épouser. Persuadé qu’elle le quittera, Martin, fou de jalousie ne se contrôle plus frappe et étrangle Blanche qui tombe à terre évanouie. Puis il saccage la pièce, met involontairement le feu à leur maisonUn rideau brutalement décroché de colère tombe dans la cheminée ouverte et s'enflamme. et s'enfuit. Blanche est morte et Martin est accusé. Au procès, Martin est acquitté grâce à un alibi imaginé par sa sœur et par le témoignage tardif de l'oncle déclarant que Blanche ayant repoussé le consul, Martin n'avait ni mobile ni raison d'assassiner Blanche. C'est le type même du crime passionnel pour lequel à l'époque les juges sont indulgentsUn acquittement de crime passionnel n'est pas rare à l'époque.. Cependant, la morale de ces années-là veut qu'un crime ne reste pas impuni : aussi le film se termine par un dernier plan dans lequel le jeune surveillant de collège qui, au début du film, était venu acheter dans le magasin de Blanche un couple d'inséparables et était devenu l'amoureux éconduit par Blanche, est présent un revolver à la main dans la nuit ; Martin ne pouvant ignorer sa présence derrière lui, ni son projet de le tuer. Martin s'effondre peu après les coups de feu.

Fiche technique Titre : Martin Roumagnac Réalisation : Georges Lacombe, assisté de Raymond Lamy Scénario : Pierre Véry, Pierre-René Wolf, Georges Lacombe d'après l'œuvre de Pierre-René Wolf Dialogue : Pierre Véry Décors : Georges Wakhévitch Costumes : Jean Dessès (robes de Marlene Dietrich) Photographie : Roger Hubert Musique : Giovanni Fusco et Marcel Mirouze Son : Jean Putel Montage : Germaine Artus Tournage dans les studios de Saint-Maurice, à Saint-Dizier et ses alentours, à Dreux, et au pont sur la Marne d'Eurville-Bienville, du au . Société de production : Alcina Société de distribution : Gaumont - Compagnie Parisienne de Location Pays de production : Format : noir et blanc — 1,37:1 — — son mono (Western Electric Sound System) Genre : drame Durée : 103 minutes Date de sortie : France : Affiche : Roger Vacher (France)

Distribution

Jean Gabin : Martin Roumagnac, entrepreneur en maçonnerie Marlene Dietrich : Blanche Ferrand, l'aventurière Margo Lion : Jeanne Roumagnac, la sœur de Martin Jean d'Yd : l'oncle de Blanche Daniel Gélin : surveillant de collège amoureux timide de Blanche Marcel Herrand : , le consul Lucien Nat : , l'adjoint au maire Odette Barencey : Annette, la domestique Colette Georges : la jeune fille Charles Lemontier : , le bistrotier Marcel Perès : Paulo, le chef de chantier Paul Faivre : l'acheteur du magasin de Blanche Marcelle Hainia : , la pompiste Colette Régis : Jane Maguenat : la femme de charge Rivers Cadet : un joueur de belote Georges Bever : un joueur de belote Camille Guérini : , le facteur Jean Darcante : l'avocat Paul Amiot : le président du tribunal Henri Poupon : , le promoteur Jean Heuzé : le procureur du tribunal Eugène Frouhins : un ouvrier Julien Maffre : un ouvrier Maurice Salabert : un ouvrier Frédéric Mariotti : un ouvrier Philippe Olive : le maître d'hôtel Michel Ardan : le conservateur Marcel André : le juge René Hell : un ouvrier Palmyre Levasseur : une dame du restaurant Robert Thomas : un homme au procès Robert Leray Albert Montigny René Marjac Jean Vilmont Maurice Dorléac: , un « client » de Blanche Renée Thorel Marguerite de Morlaye : une bourgeoise au restaurant Mercédès Brare

Production C'est Jean Gabin qui achète les droits du livre de Pierre-René Wolf avant la Seconde Guerre mondiale et qui essaie d'intéresser Marcel Carné et Jacques Prévert à son projet de film. Le duo préfère proposer à l'acteur Le jour se lève. Après le conflit auquel il a participé au sein des Forces françaises combattantes, Gabin espère toujours une adaptation du roman, pour offrir un rôle en français à sa compagne de l'époque Marlène Dietrich, et pour lui permettre de revenir sur le devant de la scène cinématographique.

Accueil Box-office : en France dont à Paris (source : CNC)

Commentaires Il est d'usage de lire, Thierry de Navacelle, Sublime Marlène, Ramsay poche cinéma, 1982, p. 116. et entendre que ce film a été un cuisant échec commercialC'est par exemple le cas du documentaire de Serge Korber Gabin intime, aristocrate et paysan, produit en 2006 dans lequel est dit, à propos de Martin Roumagnac : . Les chiffres ci-dessus démontrent cependant le contraire et en font même un franc succès pour l'époque. De plus il a été distribué dans près d'une dizaine de pays (Martin Roumagnac Autriche / Allemagne, Halálos ölelés Hongrie, Passion Suède, Pro ton enorkon Grèce, The Room Upstairs USA, Torbellino de amor Venezuela, Tuhoava liekki (cinéma) Tuholiekki (TV) Finlande, Turbine d'amore Italie).

Critiques Dans l'Écran français, en 1946, Jean Vidal écrit :

Dans ses mémoires, Dietrich parle ainsi du film :

Dans la biographie de sa mère, Maria Riva écrit :

Jean Tulard écrira :

Autour du film Ce sont des rues (Grande-Rue et rue Rotrou) de Dreux (Eure-et-Loir) que l'on voit au début du film dans le générique. Jean Gabin vivait alors à proximité de cette ville, à Sainte-Gemme-Moronval.

Les scènes qui réunissent Marlène Dietrich et Jean Gabin sur une terrasse de café (L'Industrie) furent tournées à Saint-Dizier (Haute-Marne) place de l'Hôtel de Ville.

Le pont en construction est celui sur la Marne à Eurville-BienvilleTrouvé par comparaison des photos aériennes IGN de 1945 et 1949 et vérification visuelle de l'architecture sur une carte postale prise depuis la passerelle amont (détruite depuis) (le pont avait été détruit en , par faits de guerre, par M. Lespérut alors maire d'Eurville).

La version américaine du film est amputée de quelque trente minutes pour satisfaire les exigences de la commission de censureJean-Paul Bled, Marlène Dietrich, la scandaleuse de Berlin, éditions Perrin, 2019, 380 p., p. 204..

Notes et références

Liens externes

Affiche sur cinememorial

Catégorie:Film français sorti en 1946 Catégorie:Film dramatique français Catégorie:Film policier français Catégorie:Film réalisé par Georges Lacombe Catégorie:Film tourné en Haute-Marne Catégorie:Film tourné aux studios de Saint-Maurice Catégorie:Film en français Catégorie:Film en anglais Catégorie:Film français en noir et blanc Catégorie:Film de Gaumont Catégorie:Adaptation d'un roman français au cinéma Catégorie:Film avec une musique composée par Giovanni Fusco Catégorie:Film avec une musique composée par Marcel Mirouze