L'historiographie du procès l'ordre du Temple a pour but d'aborder de manière analytique l'évolution des recherches sur l'ordre du Temple.

Avant le Paru originellement en 1654, l'ouvrage Histoire de l'ordre militaire des Templiers, ou chevaliers du Temple de Jérusalem, écrit par Pierre Dupuy, prend clairement le parti de l'accusation. On peut raisonnablement penser que ce livre, paru pendant la monarchie, ne peut aller à l'encontre de Philippe IV le Bel, surtout venant du conseiller et garde de la bibliothèque du roi de France. En voici d'ailleurs un extrait parlant, provenant de l'avant-propos (pages IV et V):

Il semble donc qu'il existe déjà à cette époque une division parmi les historiens, aussi ténue soit-elle. La fin de l'avant-propos (Page VIII) ne laisse, quant à elle, plus aucun doute sur l'objectif de l'auteur :

Avec le déclin de la royauté et l'émergence des pensées révolutionnaires, on voit apparaître des avis divergents, parmi les plus illustres. Tel VoltaireIl est à noter que Voltaire prend cette position alors qu'il est pourtant très virulent contre la religion, en particulier le christianisme. Il en souhaite d'ailleurs la disparition. En 1767, il écrit à Frédéric II : « Tant qu’il y aura des fripons et des imbéciles, il y aura des religions. La nôtre est sans contredit la plus ridicule, la plus absurde, et la plus sanguinaire qui ait jamais infecté le monde»., dans son Essai sur les mœurs et l'esprit des nations, page 359 :

En 1805, l'ouvrage Mémoire historique sur les Templiers, écrit par Philippe-Antoine Grouvelle, rappelle dans la page II de sa préface ce parti pris ancien porté sur l'accusation, largement majoritaire :

Il analyse ensuite l'effet du temps qui passe sur la manière d'aborder ce type d’événement, et le ton plus neutre qui doit logiquement en découler:

Dans la réédition de 1821 de leur biographie universelle ancienne et moderneBiographie universelle ancienne et moderne, Joseph-François Michaud et son frère Louis-Gabriel ont écrit les lignes suivantes, dans la biographie de Jacques de Molay :

Ils font également état d'une étude menée pour valider les accusations et de son insuccès :

En 1978 paraît ce qui est, à ce jour, l'ouvrage le plus complet sur le procès de l'ordre du Temple. Malcolm Barber, historien anglais enseignant à l'université de Reading, publie The Trial of the Templars, traduit pour la première fois en français aux Presses universitaires de Rennes en 2002 sous le titre Le procès des Templiers. Une édition revue, avec un supplément consacré aux développements historiographiques récents, est parue en 2006.

Il faut également citer Alain Demurger, agrégé d'histoire et maître de conférences honoraire à l'université de Paris I Panthéon-Sorbonne, où il a enseigné pendant de longues années. Son ouvrage Les Templiers, une chevalerie chrétienne au Moyen Âge, publié pour la première fois en 2005, est probablement la référence pour qui souhaite aborder l'ordre du Temple dans un contexte global. Complet, il aborde autant la création ainsi que la chute de l'ordre, mais également son mode de fonctionnement et son organisation. Il est à noter que ce livre est une évolution d'un ouvrage précédent, Vie et Mort de l'Ordre du Temple, publié en 1985, 1989 et 1993. En 2015, A. Demurger publie pour la première fois un ouvrage intégralement consacré au procès, intitulé La persécution des templiers. Journal (1307-1314). Sa lecture est désormais marquée par la nouvelle interprétation de l'affaire proposée par Julien Théry, professeur à l'Université Paul-Valéry Montpellier 3 puis à l'Université Lumière-Lyon-II, dans une série d'articles publiés à partir de 2007. Pour J. Théry, les causes et le sens du procès des Templiers ne sont pas à chercher dans l'histoire de l'Ordre, comme l'ont fait la plupart des historiens, mais dans celle de la royauté capétienne, de sa sacralité particulière et du conflit ouvert entre Philippe IV le Bel et la papauté à partir de 1301. L'invention d'une hérésie des Templiers aurait servi au roi (en particulier sous l'influence de son conseiller Guillaume de Nogaret) à imposer sa supériorité sur le pape en matière de défense de la foi. Après avoir accusé le pape Boniface VIII d'hérésie en 1303, Philippe le Bel et Guillaume de Nogaret voulurent contraindre le nouveau pape Clément V a reconnaître le bien-fondé de cette démarche (et donc la supériorité du roi de France sur la papauté dans la fonction de représentation du Christ sur terre, le vicariat christique). Pour cela, ils exigèrent la condamnation posthume de Boniface (mort dès l') par l’Église et l'exhumation de ses restes pour qu'ils soient brûlés, comme pratiqué par l'Inquisition. Face aux résistances de Clément V, ils auraient ouvert un nouveau conflit en accusant les Templiers (qui ne dépendaient que du pape) d'hérésie. Selon J. Théry, la persécution du Temple prenait de plus un sens mystique en marquant une Nouvelle Alliance entre Dieu et un nouveau représentant, le roi capétien, à la tête d'un nouveau peuple élu, celui des Francs. Dans l'Ancien Testament, en effet, la destruction du Temple de Salomon à Jérusalem (à l'emplacement duquel se trouvait le siège de l'ordre du Temple, fondé au début du ) est le prélude à une Nouvelle Alliance entre Dieu et son peuple.

Parmi les nombreuses publications liées au septième centenaire du procès (2007-2014), il faut signaler en particulier un volume collectif intitulé The Debate on the Trial of the Templars (1307-1314), publié sous la direction de Jochen Burgtorf, Paul F. Crawford et Helen J. Nicholson.

Bibliographie

Jochen Burgtorf, Paul F. Crawford, Helen J. Nicholson, dir., The Debate on the Trial of the Templars (1307-1314), Farnham- Burlington, Ashgate, 2010.

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Audiovisuel « Jacques de Molay et les templiers : du Moyen Âge à la fachosphère », entretien de Julien Théry avec l'historien Philippe Josserand sur Le Média, .

Notes et références

Notes

Références

Catégorie:Procès de l'ordre du Temple Catégorie:Histoire de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem