Agustín de Rojas Villandrando, né à Madrid en 1572 et mort à Paredes de Nava (Palencia, Espagne) à une date inconnue située entre 1618 et 1635, est un écrivain et dramaturge du Siècle d'or espagnol. Également acteur, il relate les traditions et les différents types de théâtre — en particulier le théâtre itinérant — des et est un spécialise dans le genre de la .

Son œuvre a influencé de nombreux auteurs tels que Paul Scarron, Théophile Gautier, Pedro Calderón de la Barca, Gerhart Hauptmann ou encore William Shakespeare.

Biographie Agustín de Rojas Villandrando a laissé de nombreuses informations autobiographiques dans ses (1603) et (1611). Il y relate des événements tout autant intéressants qu'invraisemblables, et selon , autorité sur le théâtre de l'époque, il était :

Il fut soldat en France et fut fait prisonnier à La Rochelle, avant d'être un corsaire contre les Anglais. Il vécut dans différentes villes italiennes et fut poursuivi par la justice pour avoir tué un homme à Malaga. Il se réfugia au temple de San Juan, et y acheta sa liberté contre trois cents ducats au travers d'une femme qui était tombée amoureuse de lui et qu'il dut maintenir comme amante en sortant, en travaillant comme nègre d'ecclésiastiques pour lesquels il écrivait des sermons. Il survécut ric-rac comme voleur de capes, chapeaux et de nourriture de longs mois.

Il vécut dans plusieurs villes d'Espagne, telles que Séville et Grenade, où il vécut commodément de sa mercerie, à défaut de pouvoir se consacrer à son art, les comédies étant interdites entre 1598 et 1600. Il vécut également à Valladolid en 1602, sans que l'on sût vraiment de quoi il vivait, ce qui lui valut le surnom de « » (« Gentilhomme du miracle ») ; ce titre donna lieu par la suite au nom d'une comédie du de , inspirée de sa vie.

À partir de 1601, il commença à fréquenter des et à les accompagner lorsqu'ils se produisaient d'un endroit à l'autre.

Il mourut à Paredes de Nava probablement avant 1635 car sa femme, Ana de Arceo, avec qui il s'était marié en 1603, se disait veuve cette année-là. Le dernier document concernant l'écrivain est daté de 1616, et il s'agit d'une demande de confirmation du privilège d'hidalgo faite à ; il y affirmait être greffier du roi.

Œuvre Le métier principal de Rojas Villandrando était celui de comédien, aussi bien comme auteur qu'acteur (cette double facette avait également été la particularité de Lope de Rueda). Dans , il écrit une comédie qui semble annoncer La vie est un songe de Pedro Calderón de la Barca.

Dans (Madrid, 1603), il élabore une à cheval entre des éléments du roman byzantin et des éléments picaresques, rédigée sous forme de dialogue entre Rojas Villandrando et des compagnons de sa compagnie théâtrale. Le livre, d'une valeur inestimable pour connaître la vie théâtrale des réunit beaucoup d'anecdotes sur la vie théâtrale de son époque et des informations sur la composition et les traditions des compagnies théâtrales, aussi bien itinérantes que fixes, en faisant la célèbre énumération des différents types de compagnie d'acteurs ambulants : , , , , , , et la compagnie, forme qui a été conservée de nos jours.

Dans (Salamanque, 1611), il rédige un manuel de bonne gestion de gouvernement, écrit sous forme de lettres que Rojas Villandrando envoie depuis Zamora à deux de ses amis, Salustio et Delio, qui vivent à Séville. Le livre est interdit par l'Inquisition pour être trop crédule sur des questions concernant l'astrologie et pour soupçonner l'auteur d'être juif. Le livre contient beaucoup d'informations autobiographiques, et est un ensemble très hétérogène de thèmes traités avec peu d'originalité. Le titre provient du plan général de l'œuvre, qui traite des bonnes et des mauvaises formes de gouvernement et des relations entre le prince et les sujets.

Rojas Villandrando a également écrit entre 40 et 50 en prose et en vers.

Influence Ces ont été très populaires, et Paul Scarron s'en est inspiré pour écrire Le Roman comique ; le parnassien Théophile Gautier s'en est également inspiré pour écrire Le Capitaine Fracasse.

Certains critiques littéraires estiment que l'un des contes inclus dans intitulé a inspiré La vie est un songe de Pedro Calderón de la Barca, de Gerhart Hauptmann ainsi que le prologue de La Mégère apprivoisée de William Shakespeare.

Notes et références

Liens externes

Catégorie:Naissance en 1572 Catégorie:Naissance à Madrid au XVIe siècle Catégorie:Écrivain espagnol du XVIIe siècle Catégorie:Écrivain espagnol du Siècle d'or Catégorie:Écrivain madrilène Catégorie:Dramaturge espagnol du XVIIe siècle Catégorie:Littérature de la Renaissance Catégorie:Date de décès incertaine (XVIIe siècle) Catégorie:Acteur espagnol du XVIIe siècle