L'Inde et le Pakistan sont deux pays de l'Asie du Sud, situé entre les et méridiens et font partie des fuseaux horaires UTC+5:30 et UTC+5. Les deux pays ont accédé à leurs indépendances du Royaume-Uni le provoquant la fin de la colonie britannique des Indes et un des flux de population les plus intenses du siècle. Plus connue sous le nom de partition des Indes, cette séparation est marquée par des violences inter-ethniques et des désaccords territoriaux dans les territoires des États princiers du Junagadh et du Cachemire. Le désaccord sur la région du Cachemire provoque la première guerre indo-pakistanaise. Les relations entre l'Inde et le Pakistan (en hindi : भारत-पाकिस्तान सम्बन्ध; en ourdou: پاک بھارت تعلقات; en anglais: Relations between India and Pakistan) sont régies en partie par cette partition qui reste inachevée comme le montre la soft border mise en place dans la vallée du Cachemire. Les liens entre les deux pays, opposés à trois reprises dans des conflits ouverts, sont une composante importante de la stabilité de l'Asie du Sud.

La relation entre les deux pays change après l'escalade nucléaire de , témoin de six essais nucléaires dans un rayon de . L'Inde et le Pakistan sont alors les deux seules puissances nucléaires en désaccord sur leurs frontières tout en ne faisant pas partie des signataires du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.

Le principal point de crispation se situe dans le conflit opposant les deux nations au sujet la souveraineté du Cachemire. Il est d'autant plus important que ce différend implique autant l'ethnie locale, les cachemiris, mais aussi la communauté internationale avec la Chine, les États-Unis et les Nations unies. En 2011, le magazine anglais The Economist qualifie la frontière entre l'Inde et le Pakistan de ., cette dernière n'étant ouverte que sur un point alors qu'elle couvre une distance équivalente à Paris-Tamanrasset.

Les relations commerciales entre les deux pays suivent les fluctuations diplomatiques avec des arrêts fréquents lors des conflits ou des escalades de violences. La frontière commune n'étant ouverte que sur des points limités, les possibilités d'échanges sont particulièrement restreintes. Les deux pays sont interdépendants dans le domaine énergétique, que ce soit avec le traité de l'Indus ou avec le projet de pipeline reliant l'Iran à l'Inde.

Malgré les tensions politiques, les deux pays partagent une histoire commune et présentent des similitudes culturelles, notamment linguistiques, ethniques et religieuses. Cette histoire est parfois mise à l'honneur et utilisée pour détendre les relations comme le prouve la qui a relancé les échanges malgré la crise du Kargil en 1999, les attentats du parlement indien en 2001 et les attaques à Mumbaï en 2008.

Histoire vignette|Carte des deux pays datant de 1963, avec les deux parties du Pakistan en apparence. Les relations entre les deux pays sont majoritairement influencées dans tous les domaines par la fracture initiale de la partition des Indes qui a suivi l'indépendance des deux pays. Le territoire contesté du Cachemire est la principale pomme de discorde entre les deux pays, provoquant deux guerres et l'installation d'une mission de maintien de la paix de la part de l'Organisation des Nations unies. Il convient de voir les liens entre les deux nations comme étant antérieurs à la date de 1947 étant donné le rôle dans l'indépendance des pères fondateurs de l'Inde et du Pakistan et les idéologies qu'ils suivirent comme la théorie des deux nations.

Période du Raj

Le Raj britannique est une colonie britannique regroupant la région du sous-continent indien de à administrée de manière directe ou indirecte (pouvoir cédé à des maharadjah ou des nawab dans des États princiers) par Londres au moyen d'un gouverneur général des Indes.

Le nationalisme hindou et musulman prend ses racines au siècle dans un mouvement de différenciation en vue de l'indépendance. Le Tariqa-i Muhammadi, initié par Sayyid Ahmad Barelwi avec le soutien du wahhabite Shah Waliullah, fut une révolte menée en 1831 sous forme de en vue de rassembler tous les musulmans d'Inde contre les Britanniques et les Hindous pour établir un ordre religieux au nord-ouest de l'Inde. D'abord arrêtée par des souverains sikhs au Pendjab, la contestation continue sous diverses branches avant de prendre fin en 1857 avec la révolte des cipayes où les communautés musulmanes et hindous se sont unies face aux britanniques.

Après cette date, les britanniques ont eu tendance à accroître les tensions entre ces communautés afin d'éloigner tout rapprochement commun. Les différences entre les communautés sont multiples et se trouvent dans plusieurs secteurs tels que l'éducation, la politique ou encore la part dans la population où les musulmans représentent une minorité. Les tensions entre les hindous et les musulmans sont ravivés lors de la réaction face à la partition du Bengale accordant des droits supplémentaires aux musulmans qui ont alors des élections séparées. La fin du siècle et le début du siècle concentre une séparation de plus en plus large des communautés. Le nationalisme indien né dans le Congrès national indien dans les années 1880 majoritairement hindou, et la Ligue musulmane née en 1906 en sont des illustrations. Déjà à cette époque, le refus des musulmans à intégrer le congrès, comme Syed Ahmad Khan voyant un . Les manifestations anti-musulmanes portées par les hindous telles que le festival en l'honneur de Shivaji ou encore l'utilisation du chant Vande mataram, que le parti d'Ali Jinnah condamna. montrent les divisions irréversibles entre les deux groupes, même après un hypothétique départ des Anglais comme le montre Syed Ahmad Khan : vignette| Ali Jinnah et Gandhi, considérés comme pères fondateurs des nations pakistanaise et indienne, en 1944. Pour Barbara Ward et Khursheed Kamal Aziz, tout en étant un acteur majeur du départ des britanniques, avec la personnalité de Gandhi en tête, le congrès national indien est aussi à l'origine du nationalisme musulman et de la création d'une république islamique dans le sous-continent indien. En effet, la population musulmane étant une minorité, elle se sent menacée par des nationalistes indiens considérant les musulmans au même statut que les Britanniques.

La réalité de la création distincte de deux pays à l'intérieur de l'Inde peut se voir avec la lecture des manifestes des trois grands partis que sont la ligue musulmane, l'Hindu Mahasabha et le Congrès national indien en 1946. Alors que les deux derniers s'opposent à une séparation, qui pourrait affaiblir un futur état face aux voisins soviétique et chinois après l'indépendance, la ligue musulmane milite pour un état musulman sans tenir compte des barrières culturelles et linguistiques. La même année, de nombreux incidents entre musulmans, sikhs et hindous ont lieu, notamment lors des émeutes de Noakhali. ou encore le grand massacre de Calcutta..

Période post-indépendance Partition et premiers conflits

De la dissolution du Raj britannique en résulte la création de deux pays : le dominion de l'Inde et le dominion du Pakistan. À la suite de la loi sur l'indépendance indienne de 1947, les principautés composant le territoire de l'Inde et du Pakistan sont alors libres de rejoindre le dominion de leur choix. Deux provinces se sont divisées à la suite de l'indépendance en raison de manque de majorité distincte : le Pendjab (à la fois indien et pakistanais). et le Bengale (à la fois indien et pakistanais). Cette scission a entraîné un déplacement de population inédit (de 12,5 à 15 millions de personnes) et l'accentuation des violences interreligieuses (homicides, viols, raids dans les villages) provoquèrent la mort de 1 à 2 millions de personnes (aucun chiffre officiel est reconnu).

Junagadh Le , le nawab de la province de Junagadh - dans l'actuel Gujarat - annonce son rattachement au Pakistan, qui affirmera cette décision le . Lord Mountbatten, alors gouverneur des Indes, envoya Lord Ismay à Karachi pour interroger le fondement de la création d'une enclave dans la péninsule du Kâthiâwar. Contestant la décision du cheikh de Mangrol qui rejoignit l'Inde, le nawab de Junagadh envahit le Babariawad. L'armée indienne encercla alors le territoire et mit en place un blocus alimentaire. Le , le nawab et sa famille quitta le territoire pour se rendre à Karachi, la population se retournant alors vers l'Inde. Ce n'est que le qu'un plébiscite de 95 % affirma le rattachement du territoire au nouveau dominion indien.

Le problème du Junagadh est encore d'actualité et le Pakistan clame encore sa souveraineté. Le nawab est considéré dans une situation d'exil à la suite de l'intervention de l'Inde pour la récupération des territoires de la péninsule de Kâthiâwar.

Jammu et Cachemire

alt=Carte des territoires administrés et réclamés par la Chine, l'Inde et le Pakistan.|vignette|206x206px|Carte des territoires administrés et réclamés par la Chine, l'Inde et le Pakistan dans les frontières de l'ancien État princier du Cachemire. L'État princier du Jammu-et-Cachemire, est, à l'inverse du Junagadh, une région majoritairement musulmane, avec un leader hindou, Hari Singh. Avant la date du choix entre le dominion de l'Inde et du Pakistan, ce dernier reçut la visite de Jinnah pour qu'il rejoigne le Pakistan, de Mountbatten pour ne pas choisir l'indépendance, qui est source d'instabilité et enfin la visite de Gandhi, qui lui conseilla de consulter sa population. Bien que 77 % de la population soit de confession musulmane, elle ne souhaite pas automatiquement rejoindre la nouvelle république islamique, le mouvement de Conférence nationale étant partisan d'une indépendance. L'hésitation du maharadjah provoque des heurts dans les districts chiites de Poonch et Muzaffarabad qui sont alors réprimés violemment. En réponse à cette répression, les partisans du rattachement au Pakistan demandent de l'aide aux forces armées pakistanaises qui prennent la direction de la capitale, Srinagar. Alors à 50 km de la capitale, Singh demande alors de l'assistance à New Delhi tout en se déplaçant à Jammu le 24 et signe l'attachement du Cachemire à l'Inde le . C'est alors que les forces armées indiennes entrent dans la région, et la présence des deux armées provoque la première guerre indo-pakistanaise. L'Organisation des Nations unies, lors de cet affrontement fonde la Commission des Nations unies pour l'Inde et le Pakistan (UNCIP) en par la résolution 39 du Conseil de sécurité des Nations unies qui sera étendue en avril de la même année par la résolution 47 du Conseil de sécurité des Nations unies..

Guerre de 1965