Les relations entre l'Australie et la Nouvelle-Zélande, parfois appelées relations trans-tasmanes, sont extrêmement proches à la fois par leur héritage colonial britannique commun (les deux pays étaient autrefois deux colonies de peuplement) et de par leur positionnement dans le monde anglo-saxon (Anglosphere en anglais). Durant la guerre des Boers, la Première Guerre mondiale et la Seconde Guerre mondiale, les soldats néo-zélandais se sont battus aux côtés des soldats australiens. Sur le plan économique, les deux pays ont signé en 1983 un accord de libre-échange, le (CER). Sportivement, une s'est développée sur certains sports comme que le rugby ou le cricket.

Cet héritage commun se matérialise politiquement au travers du Commonwealth of Nations : les deux pays sont des monarchies constitutionnelles partageant le même chef d'État avec un régime parlementaire basé sur le système de Westminster. La seule frontière terrestre entre l'Australie et la Nouvelle-Zélande est celle située entre les secteurs antarctiques du territoire antarctique australien et de la dépendance de Ross, deux revendications territoriales non reconnues par la majorité de la communauté internationale mais mutuellement reconnues entre les deux pays. Leur frontière maritime, située en mer de Tasman, est délimitée par un traité de 2004.

En 2017, les résultats d'un sondage mené par le Lowy Institute montrent que les australiens considèrent la Nouvelle-Zélande comme leur diplomatique, une position auparavant occupée par les États-Unis.

Tableau comparatif Blason150x150px120x120pxDrapeau100x100px100x100pxPopulationSuperficieDensité de populationCapitaleCanberraWellingtonForme de gouvernementMonarchie constitutionnelle parlementaire fédéraleMonarchie constitutionnelle parlementaire fédéraleChef d'ÉtatCharles IIICharles IIIGouverneur généralSam MostynDame Cindy KiroPremier ministreAnthony AlbaneseChristopher LuxonLangue officiellesAnglais (de facto)Anglais (de facto)Maori de Nouvelle-ZélandeLangue des signes néo-zélandaiseProduit intérieur brutProduit intérieur brut par habitant

Histoire

Préhistoire L’histoire des Aborigènes d’Australie est généralement considérée comme remontant à au moins 40 000 à 45 000 ans. Les ancêtres des Maoris sont quant à eux arrivés en Aotearoa (nom maori de la Nouvelle-Zélande) par vagues successives, en waka depuis la Polynésie orientale entre environ 1320 et 1350. Il n’existe aucune trace d’une rencontre ou interaction entre Aborigènes australiens et Maoris (ni avec les Moriori, habitants alors des îles Chatham) avant les explorations européennes des et siècles en Australie. Concernant les structures sociales utilisées par les populations autochtones, on peut dire qu’il existe une langue Maori unique et que les iwi (ensemble social des tribus māories) ont pu se présenter comme une population unifiée, représentée par une monarchie. Ces caractéristiques ne s’appliquent toutefois ni aux langues aborigènes australiennes ni aux nombreux groupes qui composent la population aborigène d'Australie.

Exploration européenne

Le premier débarquement européen sur le continent australien eut lieu lors du voyage de Willem Janszoon entre 1605 et 1606. Un autre néerlandais, Abel Tasman, au cours de deux voyages distincts entre 1642 et 1644, est reconnu comme le premier Européen à y avoir exploré plusieurs côtes et régions, notamment la Terre de Van Diemen qui sera renommée plus tard Tasmanie en son honneur. Le premier voyage de James Cook constitue la première circumnavigation de la Nouvelle-Zélande en 1769, ainsi que la découverte européenne et la première navigation côtière de l’est de l’Australie, entre avril et août 1770. La colonisation européenne de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, alors regroupées sous le nom de colonie de Nouvelle-Galles du Sud, débuta avec l’arrivée de la Première Flotte à Port Jackson le 1788, jour de l'Australia Day, la fête nationale australienne.

La Nouvelle-Zélande est séparée de la colonie de Nouvelle-Galles du Sud en 1840. À cette époque, sa population européenne compte environ , principalement des missionnaires chrétiens, des chasseurs de phoques et des baleiniers. En Australie continentale en revanche, c'est la population pénitentiaire qui est particulièrement importante. L'île est utilisée comme colonie pénale de 1788 à 1868 et recevra entre ces dates environ , regroupés dans des localités telles que Botany Bay. Bien que la Nouvelle-Zélande n’ait jamais été une colonie pénitentiaire, certaines colonies australiennes ne l’étaient pas non plus. En particulier, l’Australie-Méridionale fut fondée et peuplée de manière similaire à la Nouvelle-Zélande, toutes deux influencées par les idées du politicien Edward Gibbon Wakefield qui promeut la colonisation de peuplement comme outil d'ingénierie sociale.

Les deux pays ont connu des conflits internes persistants entre les populations autochtones et les colons, bien que ces conflits aient pris des formes bien différentes. En Nouvelle-Zélande, ils se sont manifestés de manière largement visible lors des Guerres maories, tandis qu’en Australie, ils se sont révélés dans les Guerres de la frontière. Alors que les iwi maoris avaient traversé les Guerres des Mousquets entre 1807 et 1839, les Aborigènes australiens n’avaient jamais connu de période comparable de guerres internes impliquant des armes modernes introduites par les Européens, ni avant ni après leurs propres affrontements avec les colons. Les deux pays ont également connu des ruées vers l’or au , rendant particulièrement fréquents les échanges commerciaux et les déplacements entre colonies à cette époque.

Indépendances

La Nouvelle-Zélande participe au à partir de 1885 et s’investit pleinement aux côtés des autres colonies britanniques autonomes lors de la Conférence de 1890 et de la Convention de 1891, qui mèneront à la création de la Fédération de l'Australie. Finalement, elle décline l’invitation à rejoindre le Commonwealth d’Australie formé en 1901, restant alors une colonie autonome jusqu’à devenir le Dominion de Nouvelle-Zélande en 1907, avec d’autres territoires qui constitueront plus tard le Royaume de Nouvelle-Zélande, ce qui en fit de facto un pays indépendant. Lors des Jeux olympiques de 1908, du 1911 et des Jeux olympiques d'été 1912, les deux pays furent représentés en compétition sportive sous l’entité unifiée d' « Australasie ».

Les deux nations continuèrent à coopérer politiquement au , cherchant chacune à renforcer leurs relations, notamment commerciales, avec le Royaume-Uni. Cette coopération fut facilitée par le développement du transport frigorifique, qui permit à la Nouvelle-Zélande en particulier de bâtir son économie sur l’exportation de viande et de produits laitiers – deux secteurs également abondants en Australie – vers la Grande-Bretagne.

En janvier 1944, les deux nations scellèrent le dans le but de mener à bien la guerre contre les puissances de l’Axe pendant la Seconde Guerre mondiale et d’organiser l’administration de l’armistice ainsi que la gestion de mandats territoriaux après-guerre. Cet accord marque la création d’un Secrétariat permanent Australie - Nouvelle-Zélande, la coordination sur les questions d’intérêt commun, le maintien de commandements militaires séparés et une zone de défense commune dans le sud-ouest du Pacifique.

Selon le ministère des affaires étrangères australien, le volume des échanges entre les deux pays augmente d'environ par an depuis le début des années 1980, grâce notamment à l’accord de libre-échange CER de 1983. Cette évolution est également en partie le résultat de l’adhésion du Royaume-Uni à la Communauté économique européenne en 1973, restreignant ainsi l’accès des deux pays à leur principal marché d’exportation.

Monnaie

Les conditions politiques au lendemain de la bataille de Waterloo en 1815 ont facilité une adoption informelle de la livre sterling en Nouvelle-Galles du Sud, ce qui s'est produit quelque temps plus tard en Nouvelle-Zélande et dans les régions d'Océanie. Après avoir adopté avec succès un étalon-or en 1821, le gouvernement britannique choisit en 1825 d'introduire la livre sterling et son système pré-décimal dans toutes ses colonies. De la seconde moitié du jusqu’au déclenchement de la Première Guerre mondiale, une union monétaire, basée sur le souverain-or britannique, existait dans une partie de l’Empire britannique incluant l’Australie, la Nouvelle-Zélande et leurs dépendances.

En 1910, l’Australie introduit sa propre monnaie avec un taux de change fixe avec la livre sterling. La Grande Dépression de 1929 fut ensuite un catalyseur, forçant des changements spectaculaires dans les taux de change entre les différentes devises dérivées de la livre sterling, et menant à l'introduction de la livre néo-zélandaise en 1933. Les deux monnaies nationales font partie de la zone sterling à partir de 1939, jusqu'à son arrêt en 1972. Toutes deux ont ajusté leur taux de change, maintenant calée sur le dollar américain en 1971, l'Australie puis la Nouvelle-Zélande ayant déjà décimalisé leurs unités monétaires (respectivement le et le ), et remplaçant la livre par le dollar au taux de 1 £ = 2 $. Le dollar australien entre en vigueur en , tout comme le dollar néo-zélandais en .

L'usage du dollar comme base de l'économie des deux pays, qui a rapproché la fusion des banques centrales et des systèmes de régulation économique, a mené à des discussions sur une potentielle conversion en une monnaie commune aux deux nations. Aucun résultat n'a toutefois été atteint à ce jour.

Diplomatie Les deux pays et leurs prédécesseurs coloniaux ont entretenu des relations diplomatiques amicales et ininterrompues tout au long de leur coexistence, du début du jusqu'à nos jours. Ils sont membres fondateurs et permanents des Nations unies et ont été membres fondateurs de la Société des Nations, dont ils sont restés membres jusqu'à sa dissolution. Il existe par ailleurs un degré élevé de similitude entre l'adhésion de l'Australie et celle de la Nouvelle-Zélande à des organisations internationales. Il existe un degré élevé de similitude dans leur co-appartenance à des organisations internationales et leur co-participation en tant que signataires de traités multilatéraux importants. Ils sont membres conjoints d'un certain nombre de blocs commerciaux influents, de forums, d'alliances militaires, d'accords de partage et d'interopérabilité, et d'associations régionales.

Les deux pays sont ainsi membres de l’Organisation mondiale du commerce, de la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique, de l’Agence internationale de l'énergie atomique, du Sommet de l'Asie orientale, du , du Forum des îles du Pacifique, de la zone de libre échange de l'ASEAN, de la Conférence du désarmement, de la Cour pénale internationale, de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, d’Interpol, de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, du Fonds monétaire international, du Groupe de la Banque mondiale, de l’, du Groupe de Cairns, de l’Initiative de sécurité en matière de prolifération, de l’Organisation hydrographique internationale, de l’Organisation maritime internationale, de la Commission baleinière internationale, de l’Organisation internationale pour les migrations, de l’Autorité internationale des fonds marins, du Fonds international de développement agricole, de l’OCDE, du Plan de Colombo, de la Banque asiatique de développement, du Secrétariat de la Communauté du Pacifique, du Programme régional océanien de l'environnement et de l’Organisation mondiale de la santé animale. Tous deux sont observateurs occasionnels auprès de l’ASEAN.