Nidhogg est un jeu vidéo de combat sur le thème de l'escrime axé sur le multijoueur local. Il est conçu par le développeur indépendant Messhof et est commercialisé le pour Microsoft Windows via Steam après quatre ans de développement. Il est porté sur OS X le , puis sur PlayStation 4 et PlayStation Vita le de la même année. La version commercialisée inclut la possibilité de jouer en ligne, un mode de jeu solo et une bande son dynamique composée par Daedelus.

Le jeu se déroule dans un environnement en deux dimensions, à l'aspect rétro et pixelisé. Chaque joueur contrôle un personnage armé d'une épée qui se déplace sur une arène linéaire à défilement horizontal. Pour gagner, il doit atteindre le bord du terrain qui lui fait face ; mais seul le joueur qui est le dernier à avoir tué son adversaire peut se déplacer vers son objectif. Chaque partie est constituée de plusieurs petits combats rapides : en effet, il suffit d'un seul coup pour tuer son ennemi, mais celui-ci réapparaît dans l'arène après quelques secondes.

La qualité de l'expérience de jeu en multijoueur local est unanimement reconnue par la presse spécialisée et il est cité, à l'instar de ou , comme l'un des jeux indépendants participant au renouveau de cette pratique. Sa simplicité, son accessibilité et sa convivialité sont particulièrement saluées, tout comme l'excellence de sa jouabilité et l'équilibre de son . En revanche, elle porte un regard perplexe sur le contenu solo du jeu, considéré comme bien trop maigre, et sur le jeu en ligne qui souffre beaucoup de ses problèmes de latence.

Nidhogg est récompensé par le Nuovo Award lors de l' de 2011 et par le lors de l' de 2013. Une suite, intitulée Nidhogg , est sortie en 2017.

Système de jeu Règles thumb|left|alt=Vidéo de six secondes tirée d'un trailer publicitaire du jeu. Le sol est jaune sale et le ciel est un mélange de tâches oranges-rouges qui défilent. On peut voir de l'eau en avant-plan. Un petit personnage peu détaillé arrive sur la gauche de l'écran, et saute sur le sol depuis une petite plate-forme surélevée, sous les applaudissements de gradins remplis de spectateurs à l'arrière-plan. Il est jaune clair et tient une épée blanche dans sa main droite. Il court en avant, et arrive sur un promontoire. Il saute, et se fait happé en vol par le dragon Nídhögg, arrivé en haut à droite de l'écran. Celui est représenté comme un long serpent rose qui vole; il a une corne sur la tête et la gueule ouverte. On voit le petit personnage coincé entre ses dents. Pour finir, le mot "winner" s'affiche en noir entouré de jaune.|Mise à mort du vainqueur par Nídhögg, un dragon de la mythologie nordique.

Nidhogg est un jeu vidéo d'opposition, dans lequel deux joueurs armés d'épées s'affrontent. Le jeu se déroule dans une arène en deux dimensions à défilement horizontal ; chaque joueur a pour but d'atteindre l'extrémité de l'arène qui lui fait face, où le serpent Nídhögg l'attend pour le manger.

Le défilement du niveau ne se fait que dans le sens du joueur qui est le dernier à avoir tué son adversaire. Ainsi, à chaque moment du jeu, l'un des combattants est en position d'avancer vers son objectif tandis que le second doit essayer de stopper son avancée et de reprendre l'avantage. On peut comparer ce système à celui du football américain ou au tir à la corde. Le personnage occis réapparaît devant son adversaire après quelques secondes, intervalle de temps qui permet à celui-ci de parcourir une petite distance vers son objectif. La même chose se produit si un des personnages sort de l'écran à cause de son défilement.

Le jeu est parfaitement symétrique : chaque joueur a exactement les mêmes capacités — en particulier, il n'y a pas de sélection de personnage comme dans la plupart des jeux de combat — et les deux côtés de l'arène sont identiques, à la symétrie orthogonale près.

Mécanismes de combat thumb|right|alt=Deux épéistes, représentés par des petits personnages peu détaillés, se battent. Celui de droite est orange et celui de gauche est jaune. Les deux adversaires se jaugent et changent plusieurs fois la position de leurs épées, puis le personnage jaune porte un coup d'estoc sous la garde de son adversaire et le tue dans une giclée de sang orange, avant de se mettre à courir vers la droite. Le sol est de couleur grise et le fond est constitué de taches oranges et jaunes mouvantes.|Animation représentant un combat dans Nidhogg. Le joueur jaune réussit à tuer son adversaire et peut donc avancer.

Le mécanisme de combat est simple. L'épée peut être tenue à trois hauteurs différentes : basse, moyenne et haute. Pour tuer son adversaire, il suffit de placer son épée à une hauteur différente de la sienne et de porter un unique coup d'estoc. Il est également possible de désarmer en changeant de garde.

En plus du simple coup d'épée, le joueur peut utiliser un coup de pied plongeant, crocheter son adversaire et éventuellement se battre à main nue. Il a aussi la possibilité de lancer son épée comme un projectile mortel, mais celui-ci peut être paré. Le joueur qui est le dernier à avoir tué son adversaire peut simplement avancer vers son objectif sans se préoccuper de combattre. Pour éviter celui-ci, il peut sauter au-dessus ou bien effectuer une roulade.

Chaque garde a ses propres avantages : par exemple, la garde haute permet de se défendre face aux coups de pied plongeants, la garde basse empêche l'ennemi de dépasser le joueur à l'aide d'une roulade, tandis que la garde moyenne est un compromis flexible entre ces deux solutions.

Modes de jeu thumb|right|alt=Deux épéistes se font face, le premier jaune, le second orange. Deux petites plates-formes grisâtres se trouvent de chaque côté de l'écran à hauteur de leur tête. Le fond est constitué de formes géométriques de couleurs vives : la bande centrale est bleu clair, avec quatre formes vaguement triangulaires jaunes dans le haut de l'écran ; les bords sont rouge foncé.|Écran de départ de l'environnement . Le jeu dispose de quatre arènes différentes, chacune dotée de mécanismes spécifiques :

La première, appelée , est un château. Le personnage peut effectuer des Le terme wall jump, que l'on pourrait traduire par « rebond mural », désigne un saut que fait un personnage en s'appuyant contre un mur. contre ses murs. est un niveau dans les nuages où le sol se dérobe parfois sous les pieds des épéistes ; est constitué de couloirs étroits et de tapis roulants ; Des herbes hautes poussent dans , cachant la position des épées à la vue des joueurs.

Le système de jeu peut être plus ou moins modifié avant le début du jeu dans le menu des options. Par exemple, une variante permet de jouer avec des épées qui reviennent comme des boomerangs et une autre oblige le joueur à se déplacer en sautant.

Le jeu se destine surtout à être joué en multijoueur. À ce titre, il est possible de jouer en ligne. On peut aussi jouer en réseau local et dans ce cas il est possible d'organiser des tournois de huit participants. Il y a également un mode solo, qui consiste en une série de seize combats contre l'intelligence artificielle, qui devient de plus en plus forte au fur et à mesure de la progression.

Développement Équipe de développeurs Nidhogg est conçu par le développeur indépendant Mark Essen — qui se fait appeler Messhof — à l'aide du logiciel . Celui-ci est habitué à créer des jeux aux concepts et aux visuels inhabituels, principalement axés sur le multijoueur local. Ses travaux précédents incluent Cowboyana, un jeu d'opposition se déroulant dans le Far West et , un jeu vidéo d'art expérimental contenant quatre mini-jeux aux graphismes nauséeux. Nidhogg est son premier projet de jeu multijoueur jouable en ligne.

Au départ, Messhof est seul sur le projet, sur lequel il ne peut travailler qu'à temps partiel, puisqu'il doit aussi consacrer ses efforts à ses autres projets dans le domaine des jeux vidéo, à ses études supérieures, puis à son travail d'enseignant au sein de l'Université de Caroline du Sud. Il est par la suite rejoint par Kristy Norindr. Celle-ci est créditée de l'interface utilisateur et de la conception artistique ; de plus, elle l'aide à accélérer le projet grâce à ses compétentes de gestionnaire.

Il s'adjoint également l'un de ses anciens étudiants, Denis McGrogan, pour travailler sur le .

Conception Messhof veut faire de Nidhogg un jeu de combat différent des références du genre. Il souhaite installer une certaine tension par des confrontations au rythme lent, pendant lesquelles chaque joueur essayerait de forcer son adversaire à faire le premier geste, par opposition à des jeux de combat comme où l'accent est mis sur la réalisation rapide de combinaisons de touche au moment approprié. Il indique comme approximation de ce qu'il veut obtenir.

Messhof l'imagine comme un jeu destiné à être joué entre amis et comme eSport ; c'est pourquoi il souhaite qu'il reste clair et simple, car, selon lui, cela le rend agréable à regarder et facile à comprendre, à la fois pour les joueurs et pour les spectateurs. Il accorde donc de l'importance à la simplicité du gameplay et à la minimisation du nombre de boutons nécessaires. Ainsi, il limite la quantité de mouvements disponibles en excluant du panel des coups certaines idées dont l'implémentation était prévue, dont une charge au sol similaire à celle de Yoshi et un coup de pied au crâne inspiré de .

En ce qui concerne le mode solo, Messhof a d'abord observé la manière dont les joueurs combattent et les stratégies qu'ils adoptent pour s'en inspirer pour coder les intelligences artificielles. Il a fait en sorte que chacune d'elles ait sa propre personnalité et privilégie certaines stratégies par rapport à d'autres. Selon lui, cela a pour but de préparer efficacement le joueur au jeu en ligne, en l'obligeant à affronter des adversaires diversifiés.

Le mode en ligne est lui-même conçu comme un entraînement pour le multijoueur local. Il le tient comme important pour le futur du jeu, car il permet aux joueurs de se confronter à de nombreuses manières de jouer différentes, ce qui n'est pas possible dans le cadre limité du jeu entre amis. Il le voit donc comme une manière d'améliorer le niveau global et donc d'assurer l'avenir du jeu comme .

Aspects visuels et sonores thumb|alt=Photo en vue de trois-quart de Daedelus. Daedelus est un homme aux cheveux noirs, avec de larges rouflaquettes. Il porte un costume blanc et une cravate bleue. Il sourit devant du matériel audio et un ordinateur portable floqué du logo d'Apple. Le fond est rouge-mauve et on devine le mot « Daedelus » écrit en larges lettres blanches.|Daedelus est le compositeur des musiques de Nidhogg.

Nidhogg est un jeu en deux dimensions au visuel minimaliste et au style rétro. Il se rapproche des jeux des années 1980 par ses graphismes pixelisés et colorés. Les décors sont dessinés assez simplement et les épéistes sont représentés par des unicolores assez grossiers. Lorsqu'un des personnages est tué, l'arène est repeinte par une giclée de sang de la même couleur que la victime.

La musique a été pensée par Daedelus, compositeur de musique électronique. La bande son est constituée de quatre morceaux, un pour chaque environnement. Elle est mixée de manière dynamique afin de créer un sentiment de renouveau à chaque partie ; en fonction des actions des joueurs, le programme modifie le rythme de la musique ou y ajoute différents éléments. Le développeur du jeu décrit cette idée comme naissant d'une volonté d'amplifier l'action tout en laissant aux joueurs un contrôle sur la tension du jeu.

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