thumb|Couverture d'une traduction en anglais du journal de voyage d'Égérie Égérie (appelée aussi Aetheria, Egeria, Éthérie, Etheria) est une femme qui entreprit, en 380, un pèlerinage jusqu’en Terre sainte. Elle a laissé un récit en latin de son pèlerinage, dont une copie fut retrouvée en 1884 dans la bibliothèque d'Arezzo en Italie. Le manuscrit qui contient son récit, daté du XIe siècle, y est toujours conservé sous la cote Codex Aretinus 405 aux pages 31 à 74.

Le manuscrit L'unique manuscrit, d'abord appelé ou encore Le véritable auteur de la Peregrinatio Silviae, la vierge espagnole Éthéria, est tronqué au début et à la finIl manque également le premier et dernier feuillet du second des trois quaternions, après 16, 4 et 25, 6, mais diverses références médiévales au Voyage ont permis de combler certaines lacunes. En 2005, le professeur Jesús Alturo a indiqué avoir retrouvé le fragment d'un autre manuscritVoir, avec une étude exhaustive sur les références médiévales: Alturo, Jesús. « Deux nouveaux fragments de lItinerarium Egeriae du . » Revue bénédictine, tome 115, fasc. 2 (déc. 2005), p. 241-250..

Identité de l'auteure Le manuscrit est anonyme, mais un ermite galicien du , Valère du Bierzo, indique le nom de l'auteur de l'ouvrage. Valère a écrit une lettre à des moines de la région du Bierzo, dans laquelle il parle avec louange du Voyage, et note qu'Égérie a préparé son voyage Bible en mainLe Monde grec ancien et la Bible, Claude Mondésert.

Dans la copie dont il disposait, il avait pu lire un nom que les manuscrits de sa lettre écrivent sous diverses formes. La forme Egeria a toutes les chances d'être historiqueVoir MARAVAL, ibid., . La Galice où vivait Valère est peut-être aussi la patrie d'origine de la pèlerine, mais il faut reconnaître que les argumentsValère dit qu'elle est apparue "aux extrémités de l'Océan occidental", ce qu'il a pu déduire du passage où Égérie fait dire à un interlocuteur qu'elle est venue "des extrémités de la terre" (19, 5), Voir ibid., , 205, 326 n. 8, 347 sont de peu de poids et que, en toute rigueur, il faudrait se contenter de dire qu'Égérie provient du nord de l'Espagne ou du sud de la GauleCeci d'après une allusion aux eaux impétueuses du Rhône (18, 2), ce qui peut vouloir dire que ce fleuve était connu de "sœurs" à qui l'auteur adresse son récit (ibid., ), d'où elle proviendrait donc elle-même., ou même de n'importe quelle autre région occidentale où l'on parlait latin au Toutefois, avant le , le Voyage n'est connu qu'au nord de l'Espagne et en Gaule du Sud (non en Italie ou en Helvétie, par exemple), v. les allusions citées dans ibid., ..

Datation et contenu du récit La partie conservée du récit comprend deux parties distinctes.

Dans la première partie, Égérie raconte quatre voyages qu'elle fit à partir de Jérusalem, dans la péninsule sinaïtique (chap. 1-12), en Transjordanie (dite à l'époque « région d'Outre-Jourdain ») jusqu'au Mont Nébo (10-12), dans la vallée du Jourdain jusqu'à Carnéas (13-16, avec une lacune au ch. 16), et en Mésopotamie jusqu'à Harran (17-21). De là, elle se rendit à Antioche puis à Constantinople, d'où elle écrivit le récit qu'elle est en train de faire et qu'elle enverra à ses « sœurs » (22-23). Par divers recoupements, il est possible de suivre jour après jour Égérie dans ses pérégrinations, entre le et le mois de , à ConstantinopleVoir le détail de l'argumentation conduisant à la datation de son séjour à Jérusalem entre Pâques 381 et Pâques 384, résumé dans ibid., .

La seconde partie est une description de la liturgie de Jérusalem qui est d'une importance exceptionnelle pour l'histoire du christianisme au début de la période byzantine. Elle décrit d'abord la liturgie quotidienne (24, 1-7), puis la liturgie du dimanche (24, 8 - 25, 6), l'Épiphanie (25, 6 - 26, avec une lacune entre les deux) et les fêtes pascales à partir du carême (27-29) et de la « grande semaine » (30-38) suivi du temps pascal (39-44). La fin du récit conservé revient sur la discipline du carême avec des détails sur la catéchèse auprès des catéchumènes (45-47), puis se conclut brusquement au quatrième jour de la fête de la Dédicace du mois de septembre (48-49). Cette description est donc valable pour les années 381 à 384.

Quant à la partie perdue du document, il est possible de conjecturer son contenu par les allusions de Valère, mais aussi et surtout par des références assez précises de Pierre le Diacre, bibliothécaire de l'abbaye bénédictine du Mont-Cassin, qui écrivit au un De locis sanctis qui s'inspire notamment du récit d'Égérie, et même du manuscrit lui-même, quand il était encore à peu près complet et se trouvait à cet endroit. On sait donc qu'après son arrivée à Jérusalem à Pâques 381, elle se rendit dans le sud de l'Égypte en Thébaïde (fin 381 - 382), revint à Jérusalem et se rendit de là en Samarie et en Galilée (383).

Pèlerine des premiers siècles

Voyage aux sources du christianisme, le récit d'Égérie décrit les pèlerinages visites successives dans les centres vitaux du monachisme d'Orient. Il fournit également de précieux renseignements sur la pratique religieuse des moines, et en particulier pour tout ce qui touche à la liturgie. À ce sujet, il est toujours intéressant de confronter ses informations au lectionnaire de Jérusalem, comme cela est entrepris ici.

Notes et références

Annexes Bibliographie Texte et traduction française Égérie. Journal de voyage (Itinéraire), traduit et édité par P. Maraval, Sources chrétiennes, 296, Paris, 1982 (réimpr. 1997) Valerius du Bierzo : Lettre sur la bienheureuse Égérie. Introduction, texte et traduction par Manuel C. Díaz y Díaz (dans ibid.)

Études Veikko Väänänen, Le journal-épître d'Égérie (Itinerarium Egeriae). Étude linguistique, Helsinki, 1987, 177 p.

Articles connexes Récit de voyage en Palestine Pèlerinage à Jérusalem

Liens externes

Le voyage d'Égérie en Terre sainte Itinerarium Egeriae, texte de la Bibliotheca Augustana.

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